Nicaragua et Sandinisme

                         

NICARAGUA

Le Nicaragua est un pays d'Amérique centrale. Il est limitrophe du Costa Rica au sud, et du Honduras au nord. Il est aussi entouré par l'océan Pacifique et la mer des Caraïbes.

 

SANDINISME

sandinistes, (Fronte Sandinista de Liberacíon nacionale), mouvement révolutionnaire et parti politique nicaraguayen d’inspiration marxiste, qui a été l’instigateur en 1979 de la chute de la dictature du clan Somoza, a gouverné le Nicaragua jusqu’en 1990 et représente depuis la principale force politique d’opposition dans le pays.

 

La dictature des Somoza

 

En 1934, Augusto César Sandino, chef des guérilleros qui avaient combattu la présence américaine, est assassiné alors qu'il participe à des négociations de paix. Somoza s'autoproclame président en 1936 et impose au pays sa dictature jusqu'à son assassinat en 1956. Ses fils lui succèdent, Luis jusqu'en 1963 et Anastasio de 1967 à 1979, année où il est renversé. Le détournement des fonds de soutien envoyés à la suite du tremblement de terre qui détruit Managua et provoque la mort de cinq mille personnes environ en 1972 nourrit un fort sentiment d'hostilité à l'égard du clan Somoza et contribue à la montée du Front sandiniste de libération nationale, fondé en 1961 et nommé ainsi en hommage à César Sandino.

Biographie de Sandino ici :http://www.e-monsite.com/forget/rubrique-1078679.html

 

Le pouvoir de Somoza s'apparente à celui d'un caudillo (nom donné aux chefs militaires en Espagne, et plus particulièrement à Franco), fondé sur des liens personnels très forts, une garde nationale étroitement surveillée, un contrôle total des processus électoraux et une forte capacité à coopter de nouveaux-venus dans les réseaux du pouvoir. Parallèlement, Anastasio Somoza apparaît également comme un réformateur : création de l'Institut du développement (1953), de la Compagnie électrique nationale (1956), création d'une sécurité sociale, réforme agraire en 1963. La situation se dégrade pourtant, puisque, d'une part, le népotisme familial et la corruption privent du soutien des classes moyennes le clan Somoza qui gouvernait en alternant les phases de répression et d'ouverture et, d'autre part, de 1960 à 1978, les petits propriétaires fonciers connaissent d'importantes difficultés. Après l'assassinat en 1978 du directeur du principal journal d'opposition, Pedro Joaquín Chamorro, des émeutes éclatent. L'opposition se regroupe alors et l'Église légitime le combat contre le dictateur. Les sandinistes du commandant Eden Pastora prennent d'assaut le palais national à Managua et une guerre civile se déclare. Le 19 juillet 1979, la Garde nationale dépose les armes, et les sandinistes entrent dans Managua. Le 25 juillet, un premier contingent de 2 000 coopérant cubains arrivent au Nicaragua. Les combats auraient provoqué la mort de cinquante mille personnes. Anastasio Somoza, quant à lui, doit s'exiler au Paraguay.

                   

Naissance et victoire d’un mouvement révolutionnaire

Formé en 1961 par Carlos Fonseca Amador, Silvio Maygora et Tomás Borge Martinez et baptisé ainsi en l'honneur du chef guérillero Augusto Cesar Sandino, le Front sandiniste de libération nationale (FSLN) voit ses rangs décimés par la garde nationale à la fin des années 1960. Mais les membres du FSLN se réorganisent et opèrent des raids spectaculaires en 1974, puis en 1978. Ils accumulent des fonds importants pour financer leurs opérations ou pour faire libérer certains de leurs camarades emprisonnés, tout en entravant la politique du régime d'Anastasio Somoza.

Biographie de Ortega ici :http://www.e-monsite.com/forget/rubrique-1078686.html

Dès la fin 1978, la rébellion sandiniste éclate en plein jour. Les sandinistes profitent de l'assassinat de Pedro Joaquín Chamorro, chef de l'opposition conservatrice, pour accélérer la chute de Somoza. En 1979, l'arrêt du soutien américain à Somoza contribue à l'effondrement de la dictature.

Le régime sandiniste

Les sandinistes s’imposent au sein du gouvernement de Reconstruction nationale que leur leader, Daniel Ortega, coordonne à partir de 1981. S’inspirant de la doctrine marxiste et, dans une moindre mesure, de la théologie de la libération, celui-ci engage le Nicaragua sur la voie du socialisme, en mettant notamment en place un vaste plan de nationalisations, une réforme agraire — comprenant, entre autres, la confiscation des terres des Somoza (1 million d'ha) —, un système sanitaire et un programme de lutte contre l’analphabétisme. Cette politique s’accompagne toutefois d’une limitation des libertés démocratiques.

Aux élections de 1984, le FSLN remporte les deux tiers des sièges de l’Assemblée nationale et Daniel Ortega accède à la présidence de la République. Mais son autorité est rapidement contestée par une opposition armée, les contras, soutenue par les États-Unis. Face à une guérilla de plus en plus coûteuse pour les sandinistes, le FSLN consent à organiser des élections libres en 1990 en contrepartie du désarmement des contras. Cette élection présidentielle, remportée par la candidate conservatrice Violeta Barrios de Chamorro, met fin au régime instauré par Ortega, qui se solde par une guerre civile meurtrière et une situation économique catastrophique. Évincés du pouvoir, les sandinistes restent toutefois très influents au sein de la police et de l'armée, avec l'accord de la nouvelle présidente.

                         

Du socialisme révolutionnaire à la social-démocratie

À partir de 1995, Ortega transforme le FSLN en un parti social-démocrate, mais cette nouvelle orientation ne lui permet pas de vaincre le candidat de la droite libérale, Arnoldo Alemán, à l’élection présidentielle de 1996. Le FSLN continue cependant de disposer d’une très grande capacité de mobilisation dans le pays, comme en témoignent les manifestations organisées en 1997 afin de faire renoncer le président Alemán qui entend rendre à leurs propriétaires les terres confisquées pendant la révolution.

Le FSLN semble gagner une première étape dans sa reconquête du pouvoir à l’occasion des élections municipales de 2000, où il remporte 40 p. 100 des suffrages, en s’emparant de douze des dix-sept principales villes du pays, dont la capitale, Managua. Toutefois, cet élan ne se confirme pas lors de l’élection présidentielle de novembre 2001. À l’issue d’une campagne axée par Ortega sur les thèmes de la paix civile et de l’amour, ainsi que sur la lutte contre la corruption et la défense des plus démunis, le candidat de la gauche sandiniste est battu par son adversaire du Parti libéral constitutionnaliste (PLC) Enrique Bolanos. Au terme des élections législatives qui se déroulent le même jour, le FSLN dispose de 41 députés et le PLC de 48, sur un total de 92.

Cette défaite met en lumière la question de la légitimité de l’ancien dictateur Ortega à représenter le FSLN et celle du bien-fondé de son orientation centriste sur la scène politique nicaraguayenne. Toutefois, conformément à une forme de pacte préélectoral conclu entre le FSLN d’Ortega et le PLC d’Alemán, les deux principales formations du Nicaragua s’apprêtent de fait à gouverner ensemble.

Dernières élections : le président est l'ancien révolutionnaire sandiniste, Daniel Ortega, élu au 1er tour de l'élection en novembre 2006 contre Eduardo Montealegre (candidat de l'Alliance libérale). Les États-Unis d'Amérique ont réagi prudemment à la victoire de l'ancien marxiste. "Les États-Unis (…) travailleront avec leurs dirigeants sur la base de leurs engagements et de leurs agissements en faveur de l'avenir démocratique du Nicaragua", a déclaré le porte-parole du Conseil de la sécurité nationale, Gordon Johndroe. Les dirigeants vénézuélien, Hugo Chavez, et cubain, Fidel Castro, se sont, quant à eux, félicités de cette "victoire grandiose".

                           

 

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