José Marti, héros et martyr

JOSE MARTI
(1853 - 1895)

José Martí est certainement l'homme le plus glorifié par le peuple cubain, qui le considère comme le plus grand martyr et l'apôtre de la lutte pour indépendance.
José Martí est né à la Havane le 20 janvier 1853. Rapidement il s'engagea dans la lutte anti-coloniale, à quinze ans, déjà, il fondait un journal nationaliste, à 16 ans il était arrêté pour trahison et condamné à six ans de travaux forcés.
Libéré six mois plus tard et assigné à résidence, il fut déporté en Espagne durant quatre années. Son exil se poursuivit en France, en Angleterre, au Mexique.
Une amnistie des prisonniers politiques lui permet de revenir à Cuba, où il fut de nouveau arrêté et de nouveau renvoyé en Espagne.
Il s'installa à New York, où vivaient de nombreux exilés cubains, et durant les quinze années qui suivirent il se consacra sans relâche à l'activité politique au sein du parti révolutionnaire cubain.
Son objectif était d'obtenir l'indépendance de Cuba en s'appuyant sur le peuple et les masses opprimées, d'obtenir l'égalité raciale, égalité économique et l'égalité des sexes.
Il débarqua sur l'île en 1895, et fut tué lors de sa première bataille contre les Espagnols, le 19 mai 1895.

Mort de Martí sur le champ de bataille: « Nous avons perdu le meilleur de nos compagnons »

« Chacun, à l’heure de la mort, montre au ciel l’œuvre terminée, le livre écrit, la charrue brillante, l’épi récolté. C’est le droit au repos. Il est bien triste, celui qui meurt sans laisser une œuvre ! »

José Hernández Sánchez

C’est ce qu’avait écrit José Marti en 1881, dans une lettre publiée par l’hebdomadaire ‘La opinión semanal’ de Caracas.

Il était pleinement conscient de ses engagements et de l’œuvre qu’il devait accomplir lorsque, le 19 mai 1895, il est tombé, mortellement blessé, sur la terre cubaine qu’il a inondée de son sang. Il pouvait y reposer en paix car sa trajectoire lui donnait ce droit.

Le général Máximo Gomez, chef des troupes indépendantistes cubaines, a marqué l’événement dans son journal de campagne par une phrase courte mais profondément sentie : « C’est le meilleur de nos compagnons que nous avons perdu, nous pourrions même dire l’âme du soulèvement ! »

Cette phrase ne fait pas que résumer la continuité de toute guerre, être aujourd’hui vivant mais peut-être mort demain. C’est la reconnaissance envers celui qui avait tout sacrifié pour se mettre au service de sa patrie et organiser le nouveau mouvement d’émancipation.

Même si l’apôtre de la cause cubaine n’avait pas été un acteur direct des actions qui avaient débuté le 10 octobre 1868, l’étude profonde qu’il avait fait de celles-ci et l’analyse de ses succès et de ses revers lui avaient permis de comprendre sur quelles bases devait recommencer la lutte et quels étaient les étapes nécessaires à la préparation du nouveau soulèvement.

Le prosélytisme à faveur de la cause indépendantiste qu’avait réalisé José Marti sur le territoire nord-américain a été une de ces étapes fondamentales. Elle a permis d’obtenir l’unité nécessaire de tous les combattants des batailles précédentes et de faire renaître la confiance de tous ceux pour qui les échecs passés avaient fait perdre l’espérance. C’est là qu’il a prononcé les discours les plus inspirés de la période antérieure au début de la guerre.

Il a dédié une grande partie de ses efforts à réunir les fonds nécessaires à l’acquisition des moyens nécessaires, mais aussi à convaincre ceux qu’il a appelé « les jeunes pins » afin qu’ils participent avec les plus expérimentés aux futurs combats.

Comme la plus part des officiers qui allaient être à la tête des troupes, lui aussi se trouvait à l’extérieur lorsque la guerre a éclaté. Accompagné de Máximo Gomez, il est revenu à Cuba où il a débarqué dans la zone de Playitas. Il y avait longtemps qu’il n’avait pas pu fouler la terre de sa patrie chérie.

Pour illustrer ce moment, le plus simple est de citer les mots qu’il a écrit dans son journal de campagne : « Nous allons vers la crique. La lune se montre, rouge, derrière un nuage. Nous arrivons à une plage de galets. La Playita (au pied de Cajobabo). Je suis le dernier à descendre de la barque et je la vide. Un saut. Une joie immense ».

Depuis l’instant où il a débarqué jusqu’au moment de sa mort, Marti a accompagné les troupes du Général Gomez, qui se déplaçait dans la zone orientale. Il savait peu de la manière de combattre, même s’il savait beaucoup de guerres, car il avait étudié patiemment toutes les principales actions guerrières réalisées sur le sol de l’Amérique du Nord, et tout particulièrement les mémoires du général nordiste Ulises Grant.

C’est au moment de tracer la stratégie future que se produisit la première rencontre des principaux chefs à la Méjorana. Cette polémique réunion a permis à Martí de mesurer toute la grandeur, le courage et la résolution de Maceo, mais aussi sa noblesse de caractère.

Martí avait déjà été nommé Major Général de l’Armée de Libération de Cuba et il était conscient de l’importance de sa mission. Il l’a expliqué dans une lettre adressée à son ami Manuel Machado, mais qu’il ne pourra pas terminer.

C’est au matin du 19 mai que se produisit la sanglante rencontre des troupes de Gómez avec une colonne espagnole de plus de 800 hommes et bien qu’il ait reçu l’ordre de rester dans le campement, il n’a pas obéi et poussé par le désir d’entrer en action, il se lança dans le combat. C’est alors qu’il tomba, très vite atteint par le feu ennemi.

Il lui a été impossible de voir conclure son œuvre. Une balle l’a privé de ce droit légitime. Mais lorsque ses yeux se fermèrent et qu’il cessa de percevoir l’infinité du bleu du ciel, ce n’était pas la mort qui arrivait, car, comme lui-même l’écrivit un jour, « la mort n’atteint pas ceux qui ont apporté un bien à la science et à la patrie ».

 

Les idées de Marti sur les États-Unis sont toujours d’actualité

Cent quinze ans après qu’ils aient été écrits, les textes de José Marti continuent de nous livrer leur message et, sur de nombreuses questions qui, à un moment donné, ont été l’objet de son attention, le critère qu’il exprime conserve aujourd’hui toute son actualité. C’est par exemple le cas du texte « La vérité sur les États-Unis », publié dans le Journal ‘Patria’ le 23 mars 1894, et qui a ensuite donné naissance à une section fixe de ce journal, intitulée « Notes sur les États-Unis ». Aux dires du propre Marti, cette section servait à faire connaître à notre Amérique toute la vérité sur ce pays. 

Dans les premiers paragraphes, il nous révèle les débuts de l’histoire de cette nation qui, après plus de trois siècles de vie commune, n’avait toujours pas réussi la fusion de ses éléments constitutifs et de ses différentes tendances, tandis que les différences s’exacerbaient et convertissaient la fédération en un état brutal et marqué par la violence.

Marti opinait qu’une caste de privilégiés d’origine européenne fermait le passage à la population naturelle du pays, considérée comme différente car, malgré la diversité de ses constituants, tous avaient été les victimes d’une politique de conquêtes et de massacres.

Comme élément commun entre les peuples cubain et nord-américain, Marti citait l’esclavage qui avait existé avec les mêmes caractéristiques dans les états du sud de l’Union Américaine, à Cuba et dans d’autres colonies espagnoles et avait déterminé la condition d’un bon nombre de ses habitants.

Il répondait ainsi à ceux qui avaient honte de tout signal de métissage et admiraient les cheveux blond ou les yeux bleus comme un attribut personnel naturel, afin de masquer leur origine.

L’article constitue aussi une réponse aux annexionnistes qui admiraient aveuglement le progrès et pensait qu’ils trouveraient les solutions de leurs problèmes aux États-Unis, sans se rendre compte que « les idées, comme les arbres, doivent avoir de profondes racines qui plongent dans un sol adéquat pour qu’elles puissent s’y fixer et prospérer ».

Marti démontre également sa prémonition du futur. Pour cela, il se base sur les expériences des luttes antérieures durant lesquelles s’étaient déjà affrontées les idées de ceux qui recherchaient le progrès mais qui agissaient comme des ennemis de l’indépendance du pays.

Pour une personne qui, comme lui, réalisait les préparatifs d’une guerre de libération afin d’apporter à son pays la véritable indépendance, il se devait d’expliquer et de prévenir. Cela constituait une partie de la lutte d’idées à laquelle il devait également se livrer afin d’éviter que se répètent les lamentables erreurs ou les absurdes ingénuités d’autres temps.

Il se devait de montrer quelle était la véritable nature d’un pays qui montrait déjà des signes de sa rapacité mais qui arrivait à éblouir certains. Cela était encore un aspect de la guerre qui se livrait en faveur d’une véritable indépendance pour son pays, et en faveur de la cause de tout un continent qui se devait de créer et non de copier.

La meilleur leçon donnée par Martí au monde à cette époque a été précisément la recommandation qu’il a faite d’organiser la lutte à partir de formules et d’éléments propres afin de défendre un projet durable qui garantisse le bonheur de ses enfants et qui permette d’éviter que, par ses prétentions expansionnistes, les États-Unis puissent frustrer l’émancipation de l’Amérique Latine.

Divulguer aujourd’hui ces idées, c’est continuer le combat que Marti avait entrepris en son temps en faveur du progrès et de la paix dans tout le continent. Sa pensée et ses préceptes ont gardé toute leur actualité malgré le nombre des années passées.

 

Quelques-uns de ses poèmes:

 

Cultivo una Rosa Blanca

 

Cultivo una rosa blanca
En junio como en enero,
Para el amigo sincero,
Que me da su mano franca.

Y para el cruel que me arranca
El corazón con que vivo,
Cardo ni ortiga cultivo
cultivo una rosa blanca.

 

Yugo y Estrella

 

Cuando nací, sin sol, mi madre dijo:
-Flor de mi seno, Homomagno generoso,
De mí y de la creación suma y reflejo,
Pez que en ave y corcel y hombre se torna,
Mira estas dos, que con dolor te brindo,
Insignias de la vida: ve y escoge.
Este, es unyugo: quien lo acepta, goza:
Hace de manso buey, y como presta
Servicio a los eñores, duerme en paja
Calente, y tiene rica y ancha avena.
Ésta, oh misterio que de mí naciste
Cual la cumbre nació de la montaña,
Ésta, que alumbra y mata, es una estrella:
Como que riega luz, los pecadores
Huyen de quien la lleva, y en la vida,
Cual un monstruo de crímenes cargado,
Todo el que lleva luz se queda solo.
Pero el hombre que al buey sin pena imita,
Buey vuelve a ser, y en apagado bruto
La escala universal de nuevo empieza.
El que la estrella sin temor se ciñe,
Como que crea, crece!
Cuando al mundo
De su copa el licor vació ya el vivo:
Cuando, para manjar de la sangrienta
Fiesta humana, sacó contento y grave
Su propio corazón: cuando a los vientos
De Norte y Sur virtió su voz sagrada,-
La estrella como un manto, en luz lo envuelve
Se enciende, como a fiesta, el aire claro,
Y el vivo que a vivir no tuvo miedo,
Se oye que un paso más sube en la sombra!
Dame el yugo, oh mi madre, de manera
Que el puesto en él de pie, luzca en mi frente
Mejor la estrella que ilumina y mata.

 

Versos Sencillos

 

Yo soy un hombre sincero
De donde crece la palma.
Y antes de morirme quiero
Echar mis versos del alma.
Yo vengo de todas partes,
Y hacia todas partes voy:
Arte soy entre las artes,
En los montes, monte soy.
Yo sé los nombres extraños
De las yerbas y las flores,
Y de mortales engaños,
Y de sublimes dolores.
Yo he visto en la noche oscura
Llover sobre mi cabeza
Los rayos de lumbre pura
De la divina belleza.
Alas nacer vi en los hombros
De las mujeres hermosas:
Y salir de los escombros
Volando las mariposas.
He visto vivir a un hombre
Con el puñal al costado,
Sin decir jamás el nombre
De aquella que lo ha matado.

 

 

La Niña de Guatemala

 

Quiero, a la sombra de un ala,
Contar este cuento en flor:
La niña de Guatemala,
La que se murió de amor.

Eran de lirios los ramos,
Y las orlas de reseda
Y de jazmín: la enterramos
En una caja de seda.

...Ella dio al desmemoriado
Una almohadilla de olor:
El volvió, volvió casado:
Ella se murió de amor.

Iban cargándola en andas
Obispos y embajadores:
Detrás iba el pueblo en tandas,
Todo cargado de flores.

...Ella, por volverlo a ver,
Salió a verlo al mirador:
El volvió con su mujer:
Ella se murió de amor.

Como de bronce candente
Al beso de despedida
Era su frente la frente
Que más he amado en mi vida!

...Se entró de tarde en el río,
La sacó muerta el doctor:
Dicen que murió de frío:
Yo sé que murió de amor.

Allí, en la bóveda helada,
La pusieron en dos bancos:
Besé su mano afilada,
Besé sus zapatos blancos.

Callado, al oscurecer,
Me llamó el enterrador:
¡Nunca más he vuelto a ver
A la que murió de amor!

 

 

Pensées de José Martí

 

AMOR

Amo la vida porque me fue permitida conocerla. No merece escribir para los hombres quien no sabe amarlos. ¡Qué culpa tan grande es la de no amar y mimar nuestros ancianos! En Pueblos sólo edifican, los que perdonan y aman. De amar las glorias pasadas, se secan fuerzas para adquirir las glorias nuevas. Las dificultades se resuelven mejor entre los que se aman que entre los que no se aman.

 

AMISTAD

Amigos fraternales son los padres, no implacables censores. Sólo hay una cosa comparable al placer de hallar un amigo: el dolor de perderlo. ¿Dónde después del amor de una mujer hallas tú nada más hermoso que la amistad. No se puede hacer grandes cosas sin grandes amigos. La amistad nos premia, es otro modo del amor.

 

HONOR Y MORAL

¡Qué poder el de la palabra honrada !Es profanación el vergonzoso olvido de los muertos. Jamás preferí mi bienestar a mi obligación. Son de casa real los que vienen a un pueblo a vivir honradamente, con el arado al hombre. Unos hombres iensan en sí más que en sus semejantes, otros aman a sus semejantes, más que a sí propios.

 

EDUCACION

Todo hombre tiene el deber de cultivar su inteligencia con respeto a sí propio y al mundo. Ser culto es el único modo de ser libre. La grandiosidad del lenguaje invita a la grandiosidad del pensamiento. No hay joya como un libro. No dudes, hombre joven. No niegues, hombre terco. Estudia y luego cree.

 

NIÑOS

Todo niño lleva en sí un hombre dormido. Para los niños trabajamos, porque los niños son los que saben querer, porque los niños son la esperanza del mundo. Los niños no se les ha de decir más que la verdad, y nadie debe decirles lo que no sepan. Hay que dar al niño hombros para que sustente el peso que la vida le eche encima. Las niñas deben saber lo mismo que los niños, para poder hablar con ellos como amigos cuando vayan creciendo: como que es una pena que el hombre tenga que salir de su casa a buscar con quien hablar porque la mujer de su casa sólo hable de modas. 

 

MUJER

Hay tanta bondad en las almas de las mujeres que, aún luego de engañadas, de desesperanzadas, de encallecidas, dan su perfume. Mujer: Es una palabra mucho más bella que “señorita” y “señora”. Las mujeres aman tanto como pueden: Los hombres tanto como quieren. Cuando la mujer culta y virtuosa unge la obra con la miel de su cariño, la obra es invencible. Sin sonrisa de mujer no hay gloria completa de hombre.

 

HOMBRES

¡Qué inmenso es un hombre cuando sabe ser caballero! Construir: De ahí la gran labor del hombre. Los hombres van en dos bandos: Los que aman y fundan y los que odian y destruyen. Hasta hermosos de cuerpo se vuelven los hombres que pelean por ver libre a su patria. Los hombres honrados no necesitan discutir mucho un acto de honor.

 


 

LIBERTAD

La esclavitud de los hombres es la gran  pena del mundo. ¡Mientras haya en América una nación esclava, la libertad de todas las demás corre peligro! No puede quejase de la esclavitud, quien no tiende la mano para romper sus hierros. La libertad espléndida es mentira si se goza en extranjero suelo. La sangre de un tirano es el único abono digno del árbol sagrado de libertad. Donde se ha alzado el patíbulo de un déspota el zarzal del despotismo no renace.

 

SOCIALISMO Y DEMOCRACIA

La tiranía es una misma en sus varias formas, aún cuando se vista en algunas e ellas, de nombres hermosos y de hechos grandes. En una república un hombre que no vota, es como en un ejército un soldado que deserta. Imponerse es de tiranos, oprimir es de infames. Esa futura esclavitud es el socialismo. Democracia no es el gobierno de una parte del pueblo o una clase del pueblo sobre otra, porque eso es tiranía

 



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