Jean Moulin

 

Jean Moulin (né à Béziers dans le Languedoc-Roussillon le 20 juin 1899 et mort dans un train aux environs de Metz le 8 juillet 1943) fut un résistant français qui dirigea le Conseil National de la Résistance durant la Seconde Guerre mondiale. Souvent considéré comme un des principaux héros de la Résistance, il est inhumé au Panthéon des grands hommes de la République Française .

                       

Biographie

 

Avant la guerre

Né à Béziers le 20 juin 1899, de Blanche et d'Antoine-Émile Moulin. Il est né au no 6 de la rue d'Alsace, en face du Champ-de-Mars. Son père, professeur d'histoire-géographie, Conseiller Général radical-socialiste, humaniste aura une très grande influence sur lui. Durant son enfance heureuse, aux côtés de son frère Joseph et de sa sœur Laure, il développe son talent pour le dessin, qui lui sera utile plus tard.

Bachelier en 1917, il s'inscrit à la faculté de droit de Montpellier et entre parallèlement en franc-maçonnerie par l'intermédiaire son père et, comme attaché au cabinet du Préfet de l'Hérault, sous la présidence de Raymond Poincaré.Mobilisé le

17 avril 1918, il est affecté au régiment de 2e génie basé à Montpellier. Après une formation accélérée il arrive dans les Vosges à Charmes le 25 septembre et s'apprête à monter en ligne quand l'armistice est proclamé. Il est envoyé successivement en Seine-et-Oise, à Verdun, puis à Chalon-sur-Saône; il sera tour à tour menuisier, terrassier, téléphoniste, affecté au dépôt démobilisateur, etc. Il est démobilisé début novembre 1919 et se présente de suite à la préfecture de Montpellier, où il reprend ses fonctions le 4 novembre.

La qualité de son travail le fait nommer chef-adjoint de cabinet fin 1920. Il obtient sa licence de droit en 1921. Parallèlement, il devient vice-président de l'Union générale des étudiants de Montpellier et membre des Jeunesses laïques et républicaines.En

1922, il entre dans l'administration préfectorale, comme chef de cabinet du préfet de la Savoie, poste très important pour son âge, sous la présidence d'Alexandre Millerand.

De 1925 à 1930 il est sous-préfet d'Albertville. Il est à l'époque le plus jeune sous-préfet de France, sous le présidence de Gaston Doumergue.En septembre

1926, il se marie avec Marguerite Cerruti, dont il divorcera deux ans plus tard, en 1928.

En 1930, il est sous-Préfet de Châteaulin dans le Finistère. Il y fréquentera des poètes locaux comme Saint Pol Roux à Camaret et Max Jacob à Quimper. il fut également illustrateur du morlaisien Tristan Corbière. Parallèlement, il publie des caricatures et des dessins humoristiques dans la revue Le Rire sous le pseudonyme de Romanin.En

1932, Pierre Cot homme politique radical-socialiste, le nomme chef adjoint de son cabinet aux Affaires Etrangères en décembre 1932 sous la présidence de Paul Doumer.

En 1933, il est sous-préfet de Thonon-les-Bains et occupe parallèlement la fonction de chef de cabinet de Pierre Cot au Ministère de l'Air sous la présidence d' Albert Lebrun.En

1934 il est sous-préfet de Montargis et secrétaire général de la préfecture de la Somme à Amiens.

En 1936, il est à nouveau nommé chef de cabinet au Ministère de l'Air du Front Populaire d'où il aide les résistants Républicains Espagnols anti-franquistes en leur envoyant des avions et des pilotes.En janvier

1937 il devient le plus jeune préfet de France d'Aveyron, à Rodez à l'âge de 38 ans.

En 1938, il est préfet de Charente.

 

 

La Résistance

En 1939, il est nommé préfet d'Eure-et-Loir à Chartres. Sergent de réserve, il veut s'engager, mais l'administration l'oblige à conserver son poste de préfet d'où il s'emploie à assurer la sécurité de la population.

Il est arrêté en juin 1940 sous le Régime de Vichy par les Allemands parce qu'il refuse d'accuser une troupe de tirailleurs africains de l'Armée Française d'avoir commis des atrocités envers des civils à La Taye, un hameau près de Saint-Georges-sur-Eure, en réalité victimes de bombardements Allemands. Maltraité et enfermé pour refus de complicité avec les Allemands, il tente de se suicider en se tranchant la gorge avec un débris de verre. Il évite la mort de peu et gardera à vie une cicatrice qu'il cachera sous une écharpe.À cause de ses idées républicaines marqué à gauche comme

radical-socialiste et de son appartenance maçonnique, il est révoqué par le Régime de Vichy du Maréchal Philippe Pétain le 2 novembre 1940 et placé en disponibilité.

Il s'installe dans sa maison familiale de Saint-Andiol (Bouches-du-Rhône) d'où, suite à l'appel du 18 juin 1940 par le Général de Gaulle depuis Londres, il prend contact et entre dans la Résistance Francaise.En septembre

1941, il rejoint Londres en passant par l'Espagne et le Portugal, par ses propres moyens, sous le nom de Joseph Jean Mercier et est reçu par le général de Gaulle à qui il fait un compte-rendu de l'état de la Résistance en France et de ses besoins notamment financiers et en armement. Son compte-rendu donnera lieu à de nombreuses controverses de la part des mouvements de résistance comme perturbant les actions de renseignements au profit de l'armée anglaise, le financement et la fourniture d'armes au profit de chacun d'entre eux.

Misant sur l'intelligence et les capacités de Jean Moulin, le général de Gaulle le charge d'unifier les mouvements de résistance et tous leurs différents services (propagande, renseignements, sabotage, entraide, etc ...) sur le territoire francais et notamment le plus important mouvement Combat dirigé par Henri Frenay, afin d'en faire une armée secrète des forces françaises libres complètement placée sous ses ordres. Avec des ordres de mission, des moyens financiers et de communication direct avec le général de Gaulle à Londres, il est parachuté dans les Alpilles dans la nuit du 1er janvier 1942 et prend le pseudonyme de Rex puis de Max.Il utilise ses dons artistiques pour sa couverture de marchand d'art. En février

1943, il retourne rendre compte de sa mission à Londres avec le général Delestraint, le chef de l'Armée Secrète communément choisi par les mouvements de résistance et par de Gaulle pour uniquement diriger leurs actions militaires sous l'ordre direct de ce dernier. Ceux-ci considèrent alors la reconnaissance du Général de Gaulle et de son délégué unique Jean Moulin en tant que chefs politiques de la Résistance comme prématurée.Il retourne en France le 21 mars 1943, chargé de créer le CNR (Conseil National de la Résistance), tâche complexe, car il reste mal reconnu par les mouvements de résistance. La première réunion du CNR se tient à Paris, au domicile personnel de Jean Moulin le 27 mai 1943. Il travaille avec les trois grands chefs des groupes résistants tels que Henri Frenay, Jean-Pierre Lévy et Emmanuel d'Astier.

Il ouvre une galerie d'art à Nice, la galerie Romanin, qui lui sert de couverture.

En février 1943, Jean Moulin retourne à Londres rendre compte de sa mission au général de Gaulle qui le décore de la Croix de la Libération.Fin mars

1943 il revient en France toujours sous le pseudonyme de Max désigné par le Général de Gaulle comme grand chef de la Résistance Française et seul interlocuteur du général de Gaulle. Cependant, pour lui, seul de Gaulle était le chef incontesté de cette Résistance.

Il parvient non sans mal à se faire admettre en tant que chef du CNR (Conseil National de la Résistance) qui réunit les chefs de tous les groupes de résistance francaise. Le CNR représente alors l'unité des forces militaires secrètes françaises reconstituées aux yeux des alliés et la légitimité de la France et du général de Gaulle comme seul chef de cette armée et chef politique de la France.Il favorise avec les mouvements socialistes et communistes la création du grand

maquis du Vercors également controversé par les mouvements de résistance comme constituant un groupement militaire trop important et trop vulnérable pour être compatible avec des activités de guerilla et qui sera détruit en 1944.

Il est arrêté suite à une dénonciation le 21 juin 1943 à Caluire-et-Cuire (Rhône), dans la banlieue de Lyon dans la maison du docteur Dugoujon, où se tenait une réunion avec les principaux chefs de la Résistance. Après avoir été identifié et interrogé par le chef de la Gestapo Klaus Barbie au Fort Montluc de Lyon, il est transféré à la Gestapo de Paris où il est torturé. Il meurt le 8 juillet 1943 aux environs de Metz, dans le train Paris-Berlin qui le conduit en Allemagne pour être de nouveau interrogé.

 

 

La légende

Il a d'abord été inhumé le 11 février au cimetière Parisien du Père Lachaise, puis ses cendres ont été transférées au Panthéon, vingt ans plus tard pour commémorer le vingtième anniversaire de la Libération, le 19 décembre 1964 sous la présidence du général de Gaulle.

                    Monument Jean Moulin à Chartres

Le discours d'André Malraux

Un discours solennel et émouvant fut prononcé lors de la grande cérémonie officielle où le Ministre de la Culture, grand homme de lettres, intellectuel et philosophe de la République Francaise, héros de la Résistance et compagnon de Résistance de Jean Moulin, André Malraux fait entrer Jean Moulin au Panthéon des grands Hommes de la République Francaise. Il fait de lui à cette occasion « le symbole » de l'héroïsme francais, de toute la Résistance à lui seul en l'associant à tous les Résistants francais, héros de l'ombre, connus et inconnus, qui ont permis de libérer la France au prix de leur souffrance, de leur vie, et de leur idéologie de Liberté. Ce discours composé et dit par André Malraux fait partie des plus grands discours de la République Francaise et de l'Humanisme : (Le discours prononcé par André Malraux lors du transfert des cendres de Jean Moulin au Panthéon)).

« Comme Leclerc entra aux Invalides, avec son cortège d'exaltation dans le soleil d'Afrique et les combats d'Alsace, entre ici, Jean Moulin, avec ton terrible cortège. Avec ceux qui sont morts dans les caves sans avoir parlé, comme toi ; et même, ce qui est peut-être plus atroce, en ayant parlé ; avec tous les rayés et tous les tondus des camps de concentration, avec le dernier corps trébuchant des affreuses files de Nuit et Brouillard, enfin tombé sous les crosses ; avec les huit mille Françaises qui ne sont pas revenues des bagnes, avec la dernière femme morte à Ravensbrück pour avoir donné asile à l'un des nôtres. Entre, avec le peuple né de l'ombre et disparu avec elle - nos frères dans l'ordre de la Nuit... »
« C'est la marche funèbre des cendres que voici. À côté de celles de Carnot avec les soldats de l'an II, de celles de Victor Hugo avec les Misérables, de celles de Jaurès veillées par la Justice, qu'elles reposent avec leur long cortège d'ombres défigurées. Aujourd'hui, jeunesse, puisses-tu penser à cet homme comme tu aurais approché tes mains de sa pauvre face informe du dernier jour, de ses lèvres qui n'avaient pas parlé ; ce jour-là, elle était le visage de la France... »

Ce discours légendaire fut suivi de facon magistrale et grandiose par le chant des Partisans interprété par une grande chorale devant le Panthéon.

Il fut prononcé dans des conditions rendant difficile la prise de son et fut notamment retransmis en direct dans de nombreux lycées. Des enregistrements ont été réalisés, on peut notamment l'écouter à l'audiothèque du centre Georges-Pompidou.


Plusieurs écoles, collèges (Sannois, 95, Villefranchr-sur-Saône, 69...), lycées (à Béziers, sa ville natale, à Albertville où il fut sous-préfet de 1925 à 1930...), et une université (Lyon III) portent le nom de Jean Moulin. Son nom figure dans les premiers rangs des appellations de rues dans le pays.


Jean Moulin est devenu le résistant le plus célèbre et le plus honoré de France. Comme l'explique son biographe Jean-Pierre Azéma, c'est le seul dont pratiquement tous les Français connaissent le nom et le visage, en particulier grâce à sa célèbre photo en noir et blanc, celle à l'écharpe et au chapeau mou. Cela au risque de faire parfois oublier d'autres grands organisateurs de l'armée souterraine, et de reléguer dans l'ombre d'autres martyrs héroïques de la lutte clandestine tels que Pierre Brossolette, Jean Cavaillès ou Jacques Bingen. Jean Moulin est ainsi devenu le symbole et le visage même de la Résistance.

 

Le portrait de Jean Moulin

Dessin inspiré par la photographie de Bernard.
Dessin inspiré par la photographie de Bernard.

La célèbre photographie de Jean Moulin, portant un chapeau, réalisée en noir et blanc, est prise par son ami Marcel Bernard en octobre 1939 à Montpellier en contre-bas du chateau d'eau du Peyrou.

Le photographe est un ami d'enfance et voisin, résidant au 4 de la rue d'Alsace, en face du Champ-de-Mars, à Béziers. Jean Moulin est né au numéro 6 de la même rue. Bernard habite au n°4 jusqu'à sa mort en 1991. Par ironie de l'histoire, des résistants du Maquis de Fontjun (venus des villages des environs, Capestang, Montady, Puisserguier, etc.) ont été fusillés sur la place du Champ-de-Mars, le 5 juin 1944 par l'occupant allemand.

 

Une source d'inspiration

Son histoire a également inspiré le scénariste Dan Franck qui a permis à Yves Boisset de réaliser le téléfilm Jean Moulin, diffusé sur France Télévisions et récompensé d'un FIPA en 2002. Charles Berling y interprète le résistant français. Le scénariste Pierre Aknine a également réalisé un film sur le combat de Jean Moulin, intitulé Jean Moulin, une Affaire Francaise. Le film, très controversé sur un plan historique, est interprété par Francis Huster, Maruschka Detmers, Micheline Presle et Bernard Fresson (2003).

Décorations

  • Chevalier de la Légion d'honneur
  • Compagnon de la Libération - décret du 17 octobre 1942 (sous le pseudonyme de caporal Mercier)
  • Médaille militaire
  • Croix de guerre 1939-1945
  • Chevalier du Mérite Agricole
  • Médaille commémorative de la guerre 1914-1918
  • Médaille de l'Education Physique
  • Médaille d'Honneur des Assurances sociales (Ministère du Travail)
  • Médaille de la Prévoyance Sociale
  • Médaille de l'Assistance (Ministère de la Santé Publique)
  • Chevalier de l'Ordre de la Couronne d'Italie (1926)
  • Ordre de Jade (Chine, 1938)

voir aussi, la retouche d'image de TDL, ici :http://img413.imageshack.us/img413/6851/jmoulho1.th.png

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Commentaires (2)

temmermann
  • 1. temmermann | 31/08/2007
je suis pour la survie des animaus a fons et jecrie dans tous les suite je voudrer que il puisse vivre eureus et ses pour sa que je mante un suite alore que j'ai 12 ans mes se nes pas une folie que des gamine de 4 ans font des quille voi un chien mourir devant eux mes ses exasperans
je voudrer pour les jans qui lisse que si vous savais un chien et que vounent vouler plus vous ne les jetais plus dans la rue ses de la folie furieusse car il meur ou vou les donner a quelle quin qui en veus mes ne les jetais po vous pouver mecrire a sete adresse ninieves95@hotmail.fr pour me dire se que vousent pancer je feurer mon suitte et je conte din an voiler l'adresse je ne c po a coi serre se suite mes jespere et jatendrer une reponsse merci et peus taitre a bientot les erreur dortograffe ses pour ma disslexie et je feurer une liste de seus qui sont dacore avec moi a++
BOURQUIN Christian
  • 2. BOURQUIN Christian | 04/05/2010
Bonjour,
J'aimerais avoir la photo du mémorial Jean MOULIN de Chateaulin.
Merci
C. BOURQUIN BEZIERS

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