Congo libre : Patrice Lumumba

Assassinat de Lumumba

Le 17 janvier 1961, il est 16 h 50 à Élisabethville, capitale du Katanga. Le DC-4 d'Air Congo immatriculé 00-CBI en provenance de Moanda, sur la côte atlantique, descend sur l'aéroport de Luano et s'immobilise sur la zone militaire. Sur le tarmac : des éléments de la gendarmerie katangaise et leurs encadreurs belges. Mais aussi quelques ministres du Katanga en pleine sécession, dont celui de l'Intérieur, Godefroid Munongo, et, plus loin, une unité de Casques bleus suédois.

Trois hommes, mal en point, attachés par une corde, sont poussés sans ménagement hors de l'appareil. La foule et les officiels s'excitent en reconnaissant Patrice Emery Lumumba, Premier ministre du Congo jusqu'au 5 septembre 1960, et ses deux compagnons, Joseph Okito, ex-vice-président du Sénat, et Maurice Mpolo, ancien ministre de la Jeunesse et des Sports. En guise d'accueil, les trois prisonniers, traités sans le moindre égard, essuient injures, coups de poing et de crosses de fusils. Et sont jetés dans une Jeep. Un cortège hautement sécurisé s'ébranle en direction d'un lieu sûr, en l'occurrence une maison appartenant à un colon belge. Moïse Kapenda Tshombe, président du Katanga et ennemi juré de Lumumba, arrive sur les lieux vers 18 h 45.
À 22 heures, un convoi quitte le lieu de détention. Tshombe en personne est du voyage. Quarante-cinq minutes et cinquante kilomètres plus tard, il s'arrête à Mwadingusha. Le commissaire de police belge, Frans Verscheure, fait descendre les trois prisonniers de sa voiture et les conduit devant le peloton d'exécution. Placé devant un arbre, Okito est le premier à être fusillé. Puis vient Mpolo et, enfin, Lumumba. Leurs corps sont jetés dans une fosse commune. Il est 23 heures. L'exécution, dirigée par Julien Gat, s'est déroulée en présence de Tshombe et de ses collaborateurs. Le 21 janvier, les trois corps sont déterrés. Deux Belges assistés par des Katangais les découpent en morceaux avant de les jeter dans un fût rempli d'acide sulfurique. Ce que l'acide ne peut dissoudre est brûlé. Les cendres sont ensuite dispersées.

Le crime du Katanga est l'aboutissement d'une crise née le 30 juin 1960. Ce jour-là, le Congo accède à l'indépendance. À Léopoldville, Baudouin Ier, roi des Belges, prononce un discours que les Congolais jugent infantilisant. Lumumba, faisant fi du protocole, énonce dans le sien toutes les humiliations subies durant la colonisation. La Belgique et son roi, choqués, mettent tout en Âœuvre pour que ce crime de lèse-majesté ne reste pas impuni. Le jeune chef du gouvernement au nationalisme ombrageux devient l'ennemi numéro un. Moins d'une semaine plus tard, la Force publique se mutine. Les Belges, sous prétexte de protéger leurs ressortissants, interviennent militairement. Lumumba s'adresse à l'ONU. Elle envoie des Casques bleus, mais son secrétaire général, Dag Hammarskjöld, ne cache pas son hostilité envers le Premier ministre. Le 10 juillet 1960, les Belges poussent Tshombe à proclamer la sécession de sa riche province minière du Katanga pour préserver leurs énormes intérêts.

Tout est bon pour affaiblir Lumumba. Pour l'Occident, en particulier la Belgique et les États-Unis, il représente un danger en cette période de guerre froide. D'où le projet de l'éliminer. La CIA et les services belges y travaillent. L'élimination se déroule en plusieurs étapes. Le 5 septembre, le président Joseph Kasa-Vubu, cédant aux pressions belges et américaines, limoge Lumumba. Qui refuse de partir. Le 14 septembre, le colonel Joseph Mobutu, chef d'état-major de l'armée, entre en scène en annonçant la « neutralisation » des deux têtes de l'exécutif. Le but est clair : isoler Lumumba et l'écarter définitivement du pouvoir. Placé en résidence surveillée dès le 10 octobre, le leader du Mouvement national congolais (MNC) s'échappe de Léopoldville le 28 novembre. Il veut rallier Stanleyville, son fief de la province Orientale, où Antoine Gizenga, ancien vice-Premier ministre, a décidé d'installer le gouvernement déchu. Une perspective redoutée par les Belges, l'ONU, les AméricainsÂ…
Le 2 décembre, Lumumba est finalement arrêté à Lodi, dans le Kasaï. L'éliminer au plus vite devient une obsession. Bruxelles remue ciel et terre pour y arriver. À Léopoldville, Kasa-Vubu et Mobutu s'inclinent. Ils l'envoient à Tshombe. La volonté belge est faite.


 

Études et vie active

Patrice Lumumba est né à Onalua (territoire de Katako-Kombe au Sankuru, Congo belge (actuel République démocratique du Congo)). Il fréquente l'école catholique des missionnaires puis, élève brillant, une école protestante tenue par des Suédois. Jusqu’en 1954 (année de la fondation d'un réseau d'enseignement laïque et de la première université) la Belgique coloniale n’a que peu développé le systéme d’éducation, entièrement confié aux missions religieuses, l'école ne donne qu’une éducation rudimentaire et vise plus à former des ouvriers ou des clercs, mais Lumumba autodidacte, se plongera dans des manuels d’histoire pour étudier plus en profondeur la Révolution française, l’histoire d’Haïti, des États-Unis et de la Russie.

Il travailla comme employé de bureau dans une société minière de la province du Sud-Kivu jusqu’en 1945, puis comme journaliste à Léopoldville (aujourd'hui Kinshasa) et Stanleyville (Kisangani), période pendant laquelle il écrivit dans divers journaux.

En septembre 1954, il reçoit sa carte d’«immatriculé», réservée par l'administration belge à quelques éléments remarqués du pays (200 immatriculations sur les 13 millions d'habitants de l'époque).

Il découvre en travaillant pour la société minière que les matières premières de son pays jouent un rôle capital dans l’économie mondiale, mais aussi que l’administration coloniale cache aux Congolais ce potentiel présent dans les frontières - par ailleurs arbitraires - du pays. Il milite alors pour un Congo uni, se distinguant en cela des autres leaders indépendantistes.

En 1955, il crée une association "APIC" (Association du personnel indigène de la colonie) et aura l’occasion de s’entretenir avec le roi Baudouin en voyage au Congo, sur la situation des Congolais.

Le ministre du Congo de l'époque, Auguste Buisseret veut faire évoluer le Congo et notamment mettre en place un enseignement public. Lumumba adhère au parti libéral avec d'autres notables congolais. Avec plusieurs d'entre eux, il se rend en Belgique sur invitation du premier ministre.

Le combat pour l'indépendance

En 1956, il est emprisonné un an. Libéré par anticipation, il reprend ses activités politiques et devient directeur des ventes d'une brasserie.

Le gouvernement belge prend quelques mesures de libéralisation : syndicats et partis politiques vont être autorisés en vue des élections municipales qui doivent avoir lieu en 1957. Les partis politiques congolais sont parrainés par ceux de Belgique et Lumumba est d’abord inclus dans l’amicale libérale.

En 1958, à l'occasion de l’exposition universelle, des Congolais sont invités en Belgique. Mécontents de l'image peu flatteuse du peuple congolais véhiculée par l'exposition, Lumumba et quelques compagnons politiques nouent des contacts avec les cercles anti-colonialistes. Dès son retour au Congo, il crée le Mouvement national congolais (MNC), à Léopoldville le 5 octobre 1958 et, à ce titre, participe à la conférence panafricaine d’Accra. Il peut organiser une réunion pour rendre compte de cette conférence au cours de laquelle il revendique l'indépendance devant plus de 10 000 personnes. Premiers démêlés politiques en octobre 1959 : le MNC et d'autres partis indépendantistes organisent une réunion à Stanleyville. Malgré un fort soutien populaire, les autorités belges tentent de s'emparer de Lumumba - ce qui provoque une émeute qui fait une trentaine de morts. Lumumba est arrêté quelques jours plus tard, est jugé en janvier 1960 et condamné à 6 mois de prison le 21 janvier.

En même temps les autorités belges organisaient des réunions avec les indépendantistes auxquelles participe finalement Lumumba, qui est donc libéré de facto le 26 janvier. À la surprise générale, la Belgique accorde au Congo l'indépendance qui est fixée au 30 juin 1960. Lors de la cérémonie d'accession à l'indépendance du pays, le 30 juin 1960, il prononce un discours virulent dénonçant les abus de la politique coloniale belge depuis 1885. Au lieu de s'adresser au roi présent à la cérémonie, Lumumba commença son allocution par une salutation "aux Congolais et Congolaises, aux combattants de l'indépendance..." Son discours proclamait vivement que l'indépendance marquait la fin de l'exploitation et de la discrimination, le début d'une ère nouvelle de paix, de justice sociale et de libertés.


 

Discours de Patrice LUMUMBA le 30 juin 1960

La Barbarie Blanche

Discours de Patrice LUMUMBA le 30 juin 1960

 

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Discours de Patrice LUMUMBA, Premier ministre et ministre de la défense nationale de la République du Congo, à la cérémonie de l’Indépendance à Léopoldville le 30 juin 1960.

"Congolais et congolaises, combattants de l’indépendance aujourd’hui victorieux. Je vous salue au nom du gouvernment congolais...

...A vous tous, mes amis qui avez lutté sans relâche à nos côtés

... Nous avons connu les ironies, les insultes, les coups que nous devions subir matin, midi et soir, parce que nous étions des nègres

...nous avons connu que la loi n’était jamais la même, selon qu’il s’agissait d’un blanc ou d’un noir...

Qui oubliera, enfin, les fusillades où périrent tant de nos frères, ou les cachots où furent brutalement jetés ceux qui ne voulaient pas se soumettre à un régime d’injustice, d’oppression et d’exploitation ?..."


Patrice Emery Lumumba

AVANT LE DISCOURS DE PATRICE LUMUMBA

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Le roi Baudoin fait un discours, un discours raciste de colonisateur impitoyable et diabolique dans lequel il magnifie le rôle de la Belgique et il dit tout ce que la Belgique aurait apporté au Congo. Et il dit aussi que l’on est arrivé à un moment où la Belgique décide de donner l’indépendance au Congo et qu’il est venu pour ça et que c’est très bien.


Roi Leopold II

Au discours pro-colonial du roi Baudoin répondra le discours officiel insignifiant du président du parlement, Joseph Kasa Vubu qui remercie le roi et en appelle à dieu. Kasa Vubu fait un discours dans lequel il remercie le roi Baudoin ( Ya Bon Blanc ! ), il parle du Congo, il parle de l’avenir, très bon discours aussi pour les Blancs... :

"...Dans une attitude de profonde humilité j’ai demandé à dieu qu’il protège notre peuple et qu’il éclaire tous ses dirigeants...". Discours du président Kasa Vubu,le 30.06.1960 à Léopoldville

LIEN : LE DISCOURS INTEGRAL DE PATRICE LUMUMBA (un grand moment d'histoire...)

 


Lumumba (le film)

Lumumba

Date de sortie cinéma : 4 octobre 2000
Film disponible en DVD depuis le : 5 septembre 2001

Réalisé par Raoul Peck
Avec Eriq Ebouaney, Alex Descas, Maka Kotto, plus

Long-métrage suisse, haïtien, français, belge. Genre : Historique
Durée : 1h56 min  Année de production : 2000


Synopsis : Patrice Lumumba, heros de l'independance congolaise, n'a pas trente ans lorsque les premiers soubresauts d'une decolonisation baclee le propulsent sur le devant de la scene politique internationale.

Cliquez sur l'affiche du film pour le voir (version française intégrale) Cool

 

 

 

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Commentaires (1)

wembo
Chers compatriotes
Lumumba avait tracer le chemin pour les congolais,mais le chemin ne pas suivi par les congolais, nous devons tous suivrent le chemin tracer par lumumba, cela la vraie vie qui est la notre l'unite nationale et l'amour du patrie un congo libre.
merci wembo

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