Commandant Marcos

 

"Moi aussi, si j'pouvais, j'irais bien jusqu'au Mexique, boire de la téquila avec le commandant Marcos..."       (Didier Wampas) 

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Le sous-commandant Marcos

Le Sous-commandant Insurgé Marcos (en espagnol : Subcomandante Insurgente Marcos) (1957 - ) qui se fait appeler désormais "El Delegado Zero", le délégué zéro, est le principal dirigeant et le porte-parole d'un groupe révolutionnaire mexicain constitué par plusieurs milliers d'indiens du Chiapas appelé l'Armée zapatiste de libération nationale (EZLN) dont les effectifs sont les plus actifs au Chiapas depuis leur soulèvement en 1994. L'EZLN est un des rares mouvements révolutionnaires qui a su se tourner peu à peu vers une démarche non dogmatique de dialogue d'abord avec les indiens puis la société mexicaine, innovant sur le plan politique, culturel et pacifiste. Il a su tisser des liens avec l'altermondialisme sans renoncer à la radicalité et à l'originalité de son combat pour la cause indienne et la justice sociale.


Son adversaire de Mexico sur la scène médiatique a brisé son anonymat, mais il persiste à employer un passe-montagne : la portée symbolique du geste, lié à son engagement auprès des collectivités indigènes, figure dans ses écrits et communiqués.

En 1995, le président mexicain de l’époque, Ernesto Zedillo, révélait que le sous-commandant Marcos était en fait l’ancien professeur de l'Université autonome métropolitaine de Mexico (en espagnol : Universidad Autónoma Metropolitana ou UAM), Rafael Sebastián Guillén Vicente.

Selon les dires de sa famille, qui refuse de confirmer qu'il est Marcos, Rafael Sebastián Guillén Vicente serait né en 1957 dans la ville de Tampico (au nord du Mexique) dans une famille suffisamment aisée pour qu'il puisse poursuivre des études. Son père, Alfonso Guillén, simple vendeur de journaux fît fortune grâce à un commerce de vente de meubles qu'il développa.

C’est à l'Institut Culturel de Tampico que Guillén Vicente s'intéressa aux enseignements de la Théologie de la libération et commença l'élaboration de son " compromis social ". A 20 ans, en 1977, il décide de poursuivre des études de philosophie et de lettres dans la capitale mexicaine. Motivé et talentueux, il termine sa licence en trois ans (au lieu de cinq habituellement) et reçoit la médaille Gabino Barreda, honorant le meilleur étudiant de l'UNAM. Cette récompense lui fut remise en mains propres par le président mexicain José López Portillo. C’est aussi à cette époque que Guillén Vicente définit et affirme ses idées sociales-démocrates à partir de l'étude des écrits d’Althusser, de Marx et de Engels.

Durant les années 1980, il fit quelques séjours au Chiapas afin de travailler à l’organisation de projets de santé et de syndicats de travailleurs et à la mise en place de cours de premiers soins et de communication radio. Il fit par ailleurs un voyage à Cuba pour y effectuer divers stages de formation politique.

En 1983, Guillén Vicente se voit offrir un poste de professeur en Sciences et Arts. On dit qu'à cette époque s'était constitué au sein de l’université un noyau de professeurs révolutionnaires qu'il fréquenta. Ses idées révolutionnaires le poussent dès février 1984 à remettre sa démission et à s’engager résolument dans ce qu’il pense être la praxis.

Lors de la formation de l’EZLN en 1984, Marcos y occupait le cinquième poste en importance dans la hiérarchie militaire zapatiste. l’EZLN était alors conduite par Fernado Yáñez, alias Raúl o Germán. En janvier 1993, le commandement des forces zapatistes le nomme chef de l’armée zapatiste, responsable de la guérilla. Depuis le soulèvement zapatiste de 1994, il est de surcroît le porte-parole des forces zapatistes et du Comité Clandestin Révolutionnaire Indigène, Commandement Général de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale.

À titre de porte-parole, le sous-commandant Marcos doit son renom international, en particulier auprès de la gauche intellectuelle européenne, à son talent littéraire, ses formules poétiques et son sens de l'humour. Par exemple, afin de faire prendre conscience de la situation sociale extrêmement précaire des indiens il relate dans l'anecdote suivante comment un indien du Chiapas, qui ne connaissait de l'espagnol que les mots "oui" et "non" et qui s'était trompé en répondant lors de son interrogatoire, fut emprisonné pour paricide, cependant l'homme qui venait lui apporter des vivres chaque jour était bel et bien son père ! Lors du soulèvement de 1994 les zapatistes le libérèrent et le remplaçèrent en prison par ses gardiens.

Marcos a fait évoluer son discours au fil des années, passant du marxisme à l'altermondialisme sans pour autant déposer les armes. Ses communiqués sont lus comme des histoires, des contes. Récemment, il a publié un polar à quatre mains avec l’auteur mexicain Paco Ignacio Taibo II, Commission d’enquête.

Le personnage de Marcos repose également sur son insistance à ne se présenter en public que masqué de son célèbre passe-montagne. Il est aussi connu pour son goût prononcé pour la pipe, lors d'une rencontre lui et José Bové ont échangé leurs pipes.

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Selon les zapatistes, le passe-montagne qu’ils arborent sert autant à leur protection personnelle que de symbole pour leur mouvement, rappelant ainsi qu'ils luttent pour les "citoyens aliénés", ceux qui n’ont "ni voix, ni visage pour personne". Ils mentionnent également que les indiens utilisent eux-mêmes des paliacates, foulards colorés traditionnels du pays maya, notamment pour se cacher des photographes.

 

Sur le sous-commandant Marcos et l' EZLN

  • EZLN : 20 et 10, le feu et la parole. Gloria Muñoz Ramírez, ed. Nautilus, Paris, 2004.
  • Marcos, le Maître des Miroirs, Manuel Vázquez Montalbán, Mille et une nuits
  • Sous-commandant Marcos, la géniale imposture, Bertrand de la Grange, Maite Rico, Plon/Ifrane, 1998
  • Le rêve zapatiste, Yvon Le Bot entretien avec le Sous-Commandant Marcos, ed. du Seuil, Paris, 1997
  • Marcos, la dignité rebelle - Entretien avec le sous-commandant Marcos, Ignacio Ramonet avec le Sous-Commandant Marcos.

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La révolte du Chiapas, autodétermination régionale depuis 1994, a instauré le drapeau de l'EZLN en lieu et place des couleurs nationales de l'État.

 

Liens Site officiel de l'Armée zapatiste de libération nationale

 

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Commentaires (2)

Chien Guevara
  • 1. Chien Guevara | 19/05/2007
Petit mot à l'anonyme partisan de l'EZLN ...
J'ai reçu ce matin le colis : merci !! (l'est super le T-shirt ! je mettrais le stickers sur ma voiture !!).
Anne Wolff
Je découvre ton site, quelle mine d'informations intéressantes.
Marcos c'est vraiment un grand bonhomme parmi toutes celles et ceux qui se lèvent en Amérique pour défendre la liberté du monde. C'est fabuleux ce qui ce passe là-bas, une nouvelle civilisation est en train de naître. Nous avons beaucoup à apprendre d'elle.
Anne

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