André Trocmé

 

                                

                        

André Trocmé, (Saint-Quentin 7 avril 1905 - Genève 5 juin 1971), est un pasteur connu pour avoir organisé avec sa femme la protection d'un très grand nombre de juifs contre le nazisme par les habitants du Chambon-sur-Lignon, village d'Auvergne reconnu dans son ensemble Juste parmi les Nations en 1990. Il était un des dirigeants de la branche française du Mouvement international de la Réconciliation.

" Des pressions païennes formidables vont s’exercer sur nous-mêmes et sur nos familles pour tenter de nous entraîner à une soumission passive à l’idéologie totalitaire. Si l’on ne parvient pas tout de suite à soumettre nos âmes, on voudra soumettre tout au moins nos corps. Le devoir des chrétiens est d’opposer à la violence exercée sur leur conscience les armes de l’Esprit ", encourageait, dès le 23 juin 1940, le pasteur André Trocmé.Aidé par son adjoint,Edouard Theis, et le directeur de l’école, Roger Darcissac, il va être à la fois la conscience et la cheville ouvrière de la mobilisation de la population en faveur des juifs réfugiés sur le Plateau. Personnage hors du commun, André Trocmé était arrivé au Chambon-sur-Lignon au milieu des années trente. Une sorte de mise au placard pour ce pacifiste et non-violent, dont les options déplaisaient fortement aux autorités officielles d’alors du protestantisme français. Par ses racines familiales (sa famille maternelle était allemande), le pasteur du Chambon connaissait parfaitement l’idéologie nazie et ses dangers. Il avait vécu de près également la montée du fascisme en Italie puisque Magda, son épouse, était d’origine italienne. André Trocmé avait aussi des liens avec l’Eglise confessante allemande : L’Echo de la Montagne, publication locale protestante, donnait régulièrement de ses nouvelles.

 

En 1940, ce village de 3000 habitants réussit sous l’impulsion de son pasteur et de sa femme : André et Magda Trocmé a sauver près de 5000 juifs.

Il faut lire la vie de cet homme et de sa femme pour comprendre qu’un être humain se forme dans l’amour qu’il a reçu. Qu’un être humain devient humain par l’humanité qu’on lui a donné. Qu’un être humain acquiert l’autonomie et la liberté, autrement dit le courage et la loyauté en conjuguant le travail qu’il fait sur lui même et l’éducation qu’on lui donne. Le refus de toute compromission morale que les Trocmé ont réussi a transmettre à tout leur village témoigne de consciences lucides, solides et formées.

Aucune compromission, en effet, au point de se culpabiliser de devoir accepter la fabrication de fausse carte pour sauver des vies. Ce mensonge, pour eux, participait au Mal qu’ils voulaient combattre. Et s’ils acceptèrent, c’est sans bonne conscience, seulement parce qu’il en ressortait un plus grand bien, à savoir sauver la vie humaine. Irremplaçable vie, donnée à chacun d’entre nous.

La décision de sauver des vies fut une décision individuelle et collective. Elle fut prise en conseil paroissial. Une sorte d’émulation au Bien fut ainsi mis en place et chacun après la guerre n’en fit guère état. Et c’est seulement en 1972 que Magda Trocmé, veuve, reçu en Israël la Médaille de la justice. Et jusqu’à ce jour, on a fait plus de publicité autour de personnalité à la " conscience servile " (Hegel) qu’autour de ceux qui manifestèrent de la fermeté morale.

Ces hommes et ces femmes de caractère (les protestants cévenoles ont de tout temps fait de la résistance civile), croyants comme incroyants ont agi dans un esprit de solidarité, d’amour du prochain, simplement. Autant pour certains, il est naturel d’être égoïste, autant pour d’autres, il est naturel de ne pas l’être.

On a la nature que l’on se forge. Mais à cette forge là, travaille toute une communauté de vivants et de morts dont nous sommes les héritiers. Cela ne veut pas dire que nous ne sommes pas responsables de ce que nous sommes. Cela veut dire qu’il est important qu’un jour quelqu’un décide de changer afin que ceux qui viendront après lui, puissent franchir une autre étape. C’est ça l’évolution.

Nous ne partons pas avec les mêmes " talents " en poche, mais peu importe, l’important est de les utiliser

Le Bien comme le Mal ont des effets à très long terme de la même façon que nos erreurs écologiques ont non seulement un effet aujourd’hui, mais aussi dans 20, 50, 100 ans. Et les effets se cumulent. Il n’y a pas, à cet égard, que des catastrophes écologiques à craindre. De véritables catastrophes spirituelles sont aussi possibles.

 

                          

Le Chambon-sur-Lignon, village des "Justes"

 Le Chambon-sur-Lignon est un petit village niché à 1000 mètres d’altitude, aux confins de la Haute-Loire et de l’Ardèche. Un coin sympa pour passer une belle journée si vous ne connaissez pas avec même une belle retenue d’eau pour se baigner et des activités pour s’occuper. Mais ce billet ne saurait être touristique tout comme les enfants juifs qui arrivaient à la gare n’étaient pas là en vacances.

Si maintenant ce village accueille touriste et clubs de foot en stage pendant l’été, le Clermont Foot et bien d’autres clubs et sélections y ont leur habitudes, il fut surtout un refuge pour les persécutés par la barbarie. En 1914, le village héberge des réfugiés alsaciens, et de 1936 à 1940 des républicains espagnols. De 1939 à 1944, le Chambon et les villages alentours du Mazet Saint-Voy, Freycenet Saint-Jeures, Fay-sur-Lignon, Devesset, Tence, Saint-Agrève, deviennent une nouvelle terre d’asile pour les réfugiés et les maquisards.

Dans cette région protestante, marquée par le souvenir des persécution subies par les ancêtres, le pasteur André Trocmé et le co-pasteur Edouard Theis, suivis par les pasteurs des 12 autres paroisses de la région, ont aindi appelé leurs fidèles à "obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes". Dès l’automne 1940 ils leur demandent d’accueillir les persécutés du régime nazi.

A partir de 1941, des organisations internationales, l’Oeuvre de secours aux enfants (OSE) et le Secours suisse, entre autres, y envoient des enfants et adultes extraits des camps d’internement de Gurs et de Rivesaltes, dans le sud. Ils sont hébergés dans des pensions ou des maisons de vacances et fréquentent la Nouvelle école cévenole, créée en 1938 par le pasteur Trocmé.

Le Chambon-sur-Lignon a ainsi sauvé entre 3000 et 5000 Juifs, ce qui lui vaut la récompense collective et exceptionnelle de "Juste". C’est le seul le seul à avoir reçu ce titre collectivement avec un village des Pays-Bas. 2725 Français ont été reconnus officiellement comme "Justes parmi les Nations" par le Mémorial de Yad Vashem, en Israël, pour avoir sauvé des juifs persécutés, au péril de leur vie, pendant la seconde guerre mondiale. Le titre de Juste est décerné sur la foi de témoignages de juifs sauvés par ces anonymes qui les ont aidés en toute connaissance du risque qu’ils prenaient. Ils sont rarement reconnus ou simplement recensés.
Jacques Chirac et Simone Veil participaient aujourd’hui au Panthéon à l’hommage aux quelques 2700 "Justes de France". La date du 18 janvier n’a pas été choisie au hasard : elle correspond à l’entrée des troupes soviétiques dans le camp d’Auschwitz,en 1945.

Avec cette cérémonie, le chef de l’Etat veut mettre l’accent sur le caractère toujours actuel du combat contre l’extrémisme : "Vous, Justes de France, vous avez transmis à la nation un message essentiel, pour aujourd’hui et pour demain: le refus de l’indifférence, de l’aveuglement".

Ces Justes restent cependant bien peu présents dans les manuels d’histoire…

 

 

La lettre de André Trocmé  et Edouard Theis à leurs paroissiens (23 juin 1940) :

http://pharisienlibere.wordpress.com/2007/01/22/lettre-de-andre-trocme-et-edouard-theis/

 

 

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Commentaires (2)

TdL
  • 1. TdL | 23/07/2007
Si on cherche un peu, on en trouve partout de belles âmes, discrètes, comme ce pasteur, son épouse et les gens du village. ........."Elle fut prise en conseil paroissial. Une sorte d’émulation au Bien fut ainsi mis en place et chacun après la guerre n’en fit guère état. ".......... Pour ces êtres humains, faire le bien en sauvant d'autres êtres humains, ce fut naturel ........
Chien Guevara
  • 2. Chien Guevara | 23/09/2007
TdL a écrit "Pour ces êtres humains, faire le bien en sauvant d'autres êtres humains, ce fut naturel".
Comme pour d'autres, faire le mal est un quotidien ....

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