Pesticides, le grand bluff !

On oublie souvent que les pesticides représentent une large palette diverse et variée de produits chimiques destinés à la protection des cultures et récoltes.

Parmi ceux-ci figure en bonne place des poisons contre les parasites, des désherbants et fongicides destructeurs de champignons et mauvaises herbes, genre de potion apparentée à une sorte de bouillon de onze heure. On a donc compris que ces tambouilles étaient réservées d’utilisation qu’à une petite partie de la population, les agriculteurs, qui, en s’empoisonnant à petit feu, empoisonnent par la même occasion le reste de la planète. Malheureusement, il y a aussi quelques apprentis jardiniers du dimanche qui succombent à cette facilité de faire la culture. On peut dire facilité car indéniablement il est moins fatiguant de passer le pulvérisateur que de se pencher pour arracher la mauvaise herbe ; la terre est basse n’est-ce pas !

Mais là n’est pas l’unique raison. La grande raison est avant tout économique. Le leitmotiv des sociétés productivistes étant le rendement il est évident que l’emploi des produits de chez Monsanto et consort favorise le rendement et diminue la "pénibilité". Mais voilà, il y a un revers à la médaille car ce sont pour la plupart des poisons. Alors, le peuple s’émeut, et les politiques s’en mêlent pour faire semblant de compatir avec l’opinion publique. Résultat, beaucoup de brassage d’air, maints mensonges, et des faux-semblants pour affirmer une bonne volonté de circonstance.

L’un des moins évident, tant il peut paraître le fruit d’une politique en apparence stricte avec tous les produits nouveaux arrivant sur le marché, c’est en effet la réduction en volume puisque il y a eut une diminution de 99 600 tonnes depuis 2000. Le chiffre peut paraître éloquent, seulement voilà, il y a un hic. Si on ne peut nier la réduction du tonnage l’on ne peut déterminer exactement l’impact car on oublie souvent que pendant cette période, les multinationales qu’il ne faut pas prendre pour des imbéciles, ont donc concentré leurs produits, parfois réduit par dix, ce qui fait diminuer le tonnage mais ne nous donne pas à savoir si l’utilisation des pesticides a diminuée. Il serait sans doute plus intéressant de s’intéresser aux surfaces traitées ce qui serait plus significatif.

A fortiori, le réflexe pesticide n’a pas diminué et si l’on veut bien en croire les derniers chiffres, plutôt augmenté. Les pourcentages de l’année 2008 sont tombés, impitoyables. La hausse du chiffre d’affaire pour cette année là est alarmante, 2 079 milliards d’euros, soit la bagatelle de 14%. Sans entrer dans les détails, à la lecture de tels chiffres on reste un instant pantois, effaré, et on se demande, mais qu’est-ce qu’il nous raconte Borloo avec son Grenelle de l’environnement !

Eh oui, la grande mascarade, la croissance verte de Sarkozy, c’est du bluff, de la poudre aux yeux et aussi malheureusement des résidus toxiques de pesticides qui détruisent les poumons, désagrègent les estomacs, s’attaquent aux yeux, à la peau, etc., engendrant cancers et autres maladies graves.

Quand ce gouvernement parle écologie, méfiez-vous, la couleur verte n’est qu’une couche superficielle servant à camoufler les méfaits du capitalisme pour qui le profit est le seul moteur sociétal. Vous pouvez crever, ils s’en foutent…peut-être pas tout à fait car ça fait aussi le beurre des hôpitaux privés, rien n’est laissé au hasard dans la société ultralibérale !

Michel Mengneau : http://le-ragondin-furieux.blog4ever.com/blog/lirarticle-261457-1339977.html


 

Trois herbicides de Monsanto pour le jardin mis en cause

Vaporisation de désherbant dans une rizière de tHaïlande (Sukree Sukplang/Reuters).

Après le Gaucho et le Régent, certains Round Up bientôt interdits ? C'est ce qu'espère une coalition de militants écolos réunie autour du Mouvement pour les droits et le respect des générations futures et d'un agriculteur bio. Après avoir passé beaucoup de temps à vérifier le contenu des coups qu'ils risquaient de porter au géant Monsanto via un de ses produits-phare, désherbant le plus vendu en France et dans le monde, ils viennent de mettre en demeure le ministre de l'Agriculture de retirer les autorisations de mise sur le marché de trois herbicides, les Round Up Express, Round Extra 360 et Round Up GT Plus. Sans réponse du ministre sous deux mois, ils porteront l'affaire devant le Conseil d'Etat.

En cause, le POEA, une substance active bien présente dans la formule mais jamais analysée lors de la mise sur le marché des Round Up. En France, une autorisation de commercialiser de tels produits « phytosanitaires » est donnée par le ministère de l'Agriculture après avis de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA). Cette dernière joue donc un rôle capital dans l'évaluation des risques. Or, dans ses différents avis, l'agence n'a étudié la dangerosité que d'une composante du Round Up, le glyphosate, élément principal mais pas unique de l'herbicide.

De plus, l'autorisation des Round Up a été donnée pour l'agriculture, où ceux qui pulvérisent les champs sont protégés, alors que les Round Up concernés sont utilisés par des particuliers et donc sur des pelouses où jouent des enfants, plus fragiles à l'exposition à de tels produits chimiques.

Les autorisations de mise sur le marché données à la légère ?

Etonnemment, deux des trois avis de l'AFSSA ayant débouché sur l'extension de
l'autorisation de ces trois Round Up des champs vers les parcs et
jardins (le http://asset.rue89.com/files/avis AFSSA 16 avril 2007 RU EXPRESS.pdf« >Round Up Express, et le http://asset.rue89.com/files/avis AFSSA 16 avril 2007 RU GT PLUS.pdf“>Round Up GT Plus) d'où a découlé, par extension, l'autorisation pour les particuliers, n'analysent que les effets du glyphosate, seule substance mentionnée par Monsanto et présentée comme la principale. La firme, leader mondiale des OGM, n'a pas répondu à nos sollicitations.

Monsanto, comme tous les fabricants d'insectisides, a droit de conserver ses secrets de fabrication, c'est ‘légal mais anormal’, commente Gilles-Eric Séralini, président du conseil scientifique du CRIIGEN, centre de recherche indépendant cofondé par Corinne Lepage et milite pour la transparence sur les OGM.

Une substance dangereuse ?

Mais ce n'est pas tout. Les études menées ces dernières années par le même Gilles-Eric Séralini, professeur de biologie moléculaire, notamment dans la revue Chemical Research in Toxicology
montrent que le polyoxyéthylène amine (POEA), adjuvant présent dans le Round Up est une substance non seulement active mais potentiellement dangereuse. Il explique que celle-ci ‘rentre dans les cellules embryonnaires, un peu comme des grains de sable’. Des études de laboratoire sur les œufs d'oursins et les rats ont montré de possibles perturbations génétiques. Gilles-Eric Séralini
décrit des ‘nécroses, asphyxie, dégradation de l'ADN’ induites par
la formule du Round Up.

Les recherches du professeur Séralini ont été prises si au sérieux qu'elles ont conduit à une nouvelle saisine de l'AFSSA pour avis. L'intérêt de celui-ci est surtout de forcer l'agence à reconnaître la présence de POEA… sans conclure pourtant que ces effets seraient inquiétants. Seulement, ‘les résultats diffèrent d'une lignée à l'autre sans que l'on puisse en tirer des conclusions claires’, écrit l'AFSSA, qui n'a pas répondu à nos sollicitations.

Pas de ‘conclusions claires’, mais une législation qui ne bouge pas, déplore Séralini :

« L'AFSSA ne veut pas mettre en cause ses avis précédents mais ses arguments relèvent soit de la mauvaise foi soit de l'incompétence. »

A-t-on prévu les effets sur les enfants dans les jardins ?

Enfin, la lettre des plaignants s'appuie sur un autre argument de taille : l'absence de certains tests sur l'usage en jardin, ce qui est une entorse à la législation.
Il suffit de regarder deux des trois avis rendus par l'AFSSA pour lire, notamment en page 3 de http://asset.rue89.com/files/avis AFSSA 16 avril 2007 RU EXPRESS.pdf‘>ce document que
le risque pour les personnes (enfants par exemple) pouvant pénétrer sur les surfaces traitées n'a pas été évalué’.

Or, souligne Jacques Maret, l'agriculteur bio qui porte la démarche avec le MDRGF, ‘une fois qu'une autorisation de mise sur le marché agricole a été obtenue, une autre autorisation pour l'usage en jardin doit être demandée, et les actions sur le public concerné, donc aussi les enfants, doivent être étudiées’.

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