Ministère de l’Ecologie : Nicolas Hulot doit prendre la relève

Ministère de l'Ecologie : Nicolas Hulot doit prendre la relève
39 % des Français aimeraient voir Nicolas Hulot prendre la succession de Jean-Louis Borloo au ministère de l'Ecologie. Le père du Pacte écologique n'a cependant pas son pareil pour se faire désirer...

L’initiateur du Pacte écologique arrive nettement en tête du classement des personnalités préférées des Français pour succéder à Jean-Louis Borloo au ministère de l’Écologie.

 Le remaniement ministériel n’est a priori plus qu’une question de jours. Le remplacement de François Fillon à Matignon ne fait plus guère de doute. Reste à savoir qui succédera à l’ancien disciple de feu Philippe Séguin.

D’après son entourage, des sources proches du dossier et le « dissident » Dominique de Villepin, selon lequel il aurait « reçu des assurances du chef de l’État », M. Borloo tiendrait la corde. Homme de consensus, l’actuel ministre de l’Écologie est autrement plus épargné que le gouvernement par les critiques, comme le montrent les résultats d’un sondage réalisé les 4 et 5 octobre derniers par Opinion Way pour Terra Eco. 49 % des personnes interrogées jugent ainsi son action positivement voire très positivement. C’est même un véritable plébiscite chez les sympathisants de droite, qui sont 75 % à évaluer favorablement sa politique.

Si nos concitoyens sont nombreux à apprécier le dynamisme, la gouaille et l’implication de celui qui le porte depuis trois ans et demi, ils sont paradoxalement beaucoup plus critiques à l’égard du Grenelle de l’environnement. L’oeuvre « verte » du gouvernement est en effet perçue comme un échec pur et simple à 74 %. Le report sine die de la taxe carbone dans la foulée de l’échec de la majorité aux élections régionales, l’ajournement d’un an de l’éco-redevance sur les poids lourds, les obstacles imprévus auxquels doit faire face l’éco-étiquette l’adoption tumultueuse de la deuxième loi du Grenelle - laquelle a été autrement plus discutée que son aînée , le « l’environnement, ça commence à bien faire » de Nicolas Sarkozy lors du Salon de l’Agriculture et la réévaluation à la baisse des niches fiscales écologiques le mois dernier expliquent sans doute en grande partie ce désaveu cinglant. Les électeurs de droite sont eux aussi sceptiques puisque malgré des avancées significatives 37 % à peine considèrent que le vert est véritablement dans le fruit.

Loin devant Yann Arthus-Bertrand, « NKM » et Chantal Jouanno

 L’intronisation de M. Borloo à Matignon plus que probable, qui pour conduire la politique environnementale à la place l’ancien maire de Valenciennes ? 39 % des sondés souhaitent voir Nicolas Hulot prendre les commandes du ministère de l’Écologie. Le co-réalisateur du virulent Syndrome du Titanic, qui avait manifesté son mécontentement devant le retardement de l’entrée en vigueur de la taxe carbone en claquant provisoirement la porte du « Grenelle », est en particulier dans les petits papiers des sympathisants de gauche, qui sont 46 % à réclamer son entrée au gouvernement.

Il devance nettement Yann Arthus-Bertrand (26 %), lequel est cependant le chouchou des électeurs des Verts/Europe écologie, l’actuelle maire de Longjumeau (Essonne) et secrétaire d’État chargée de la Prospective et du Développement de l’économie numérique Nathalie Kosciusko-Morizet (NKM) (16 %) et l’ancienne ministre de l’Environnement Corinne Lepage (16 %). Pourtant pressenti pour succéder à son collègue de la majorité à un poste qu’il avait brièvement occupé en 2007, Alain Juppé, lui, n’est le candidat idéal qu’aux yeux de 12 % des sondés. L’inamovible et entreprenant maire de Bordeaux ne jouirait-il d’une forte popularité « qu’ » à l’échelle locale ? Il ne fait en tout cas pas plus le poids que les autres face à celui qui, malgré la ferveur populaire, avait au bout du compte choisi de ne pas se présenter au scrutin présidentiel de 2007, mais devance la navigatrice Maud Fontenoy (9 %), la secrétaire d’État à l’Écologie Chantal Jouanno (8 %) et la ministre de la Santé et des Sports Roselyne Bachelot (3 %).

Apolitique… au moins de façade

Ainsi Nicolas Hulot est-il le meilleur ministre de l’Écologie possible aux yeux des neuf cent quatre vingt-dix personnes interrogées. Problème : « Sain Nicolas », comme l’a surnommé notre consoeur d’Europe 1 Bérengère Bonte dans une biographie riche en révélations, a toujours refusé d’être politiquement étiqueté. En contact avec Dominique Strauss-Kahn et Cécile Duflot, il a jadis conseillé Laurent Fabius et, ne s’estimant pas à la hauteur, aurait surtout opposé une fin de non-recevoir à la proposition de Jacques Chirac de devenir ministre de l’Écologie en 2002. Officiellement ni de droite, ni de gauche ni du centre l’instigateur de la Charte de l’environnement est « capable de porter loin et courageusement ses convictions. Simplement, à un moment, il lâche et disparaît », analyse la journaliste. Et de souligner qu’il est « celui qu’on admet en jean au milieu des costumes », avant de pronostiquer que, « parce qu’il déteste trancher et fâcher », « il calera avant l’arrivée ».

Publiée en milieu d’année, cette prophétie n’a peut-être plus lieu d’être. Seul l’éternel ado Nicolas Hulot est à même de savoir s’il est disposé ou non à franchir le Rubicon politique, étant entendu que rien ne filtre sur ses intentions du moment et qu’un autre Nicolas pourrait tout aussi bien lui préférer une personnalité du sérail. Sans doute trop apprécié des Français pour ne pas susciter l’ire de certains partisans de la décroissance qui dénoncent le fait qu’il batte monnaie auprès de certaines grandes entreprises jugées peu respectueuses de la planète,  perçu trop timoré par certains et trop moralisateur par d’autres, le présentateur-vedette d’Ushuaïa Nature dispose tout de même d’un capital sympathie qui malgré les années et la démarginalisation des problématiques environnementales ne s’est jamais érodé.

Cette cote de popularité toujours au zénith finira-t-elle par lui donner l’envie d’occuper une fonction ministérielle ? Nicolas Hulot continue-t-il de penser qu’il se fourvoierait en intégrant l’appareil décisionnaire ? Il sait en tout cas mieux que personne que ne pas céder aux injonctions populaires ne diminue pas toujours la capacité de séduction. Dans son cas c’est même exactement le contraire.

par Guillaume Duhamel : zegreenweb

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Commentaires (1)

Clode
  • 1. Clode | 06/11/2010
T'as pas un vrai gauchiste à nous proposer que ces bouffeurs de caviar.

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