Les 10 inventions qui peuvent révolutionner l'écologie

Par Ariane Nicolas | Rue89 | 29/09/2009

Energie photovoltaïque, hydroliennes, voitures hybrides… en France, ces innovations débarquent à peine. Dans la Silicon Valley, elles sont déjà has been, et les chercheurs planchent sur de nouvelles « technologies vertes » destinées à réduire notre consommation d'électricité.

Rue89 fait un inventaire -non exhaustif- des inventions les plus surprenantes, glanées dans l'ouvrage « Révolution verte : enquête dans la Sillicon Valley » de Michel Ktitareff, qui paraît le 7 octobre chez Dunod.

Et vous propose des liens pour en savoir plus sur ces technologies prometteuses, leurs atouts et leurs limites.

1Des satellites pour chauffer la terre

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Quitte à se servir de l'énergie solaire pour créer de l'électricité, autant aller la chercher à la source. La start-up Solaren, déjà spécialisée dans le photovoltaïque, prévoit donc de déployer, d'ici à 2016, des satellites comportant des panneaux solaires.

L'idée n'est pas de faire tourner les micro-ondes de la station spatiale internationale, mais de connecter les panneaux à notre hémisphère via une onde radio. La station terrestre se charge ensuite de la transformer en chaleur, puis en électricité.

2

 

Des nano-capteurs pour économiser l'eau

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Les fuites d'eau sont l'ennemi de l'environnement tout autant que des factures. Pour préserver les ressources d'eau douce de la planète, des chercheurs développent des capteurs indétectables à l'oeil nu à installer au coeur des canalisations.

Par un procédé complexe qui les rend sensibles aux vibrations sonores, ces capteurs seraient capables de transmettre à un terminal des informations concernant les variations de la consommation d'eau. Idéal en cas de fuite.

Ces capteurs s'inscrivent dans la lignée des « smart grids » (littéralement, des « grilles intelligentes »), ces outils qui utilisent les systèmes d'information comme Internet pour réguler différents type de réseaux, que ce soient les réseaux électriques, routiers ou informatiques.

3

Des autoroutes intelligentes

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Autre terrain d'application des « smart techs » (« technologies intelligentes »), les autoroutes de Californie, où de plus en plus de ces capteurs sont installés le long de voies. Ils permettent entre autre de compter le nombre de voitures passantes, et donc d'établir une carte précise du trafic sur le secteur couvert.

Reliés par satellite à un boîtier spécial glissé sur le tableau de bord de la voiture, ils peuvent guider en temps réel le conducteur en cas de bouchon, d'accident ou autre. Au final, cela crée de petites économies d'énergies… multipliées par un très grand nombre d'utilisateurs.

4

Des panneaux solaires souples et fins comme du papier

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La nouvelle avait fait grand bruit : Google recouvrant entièrement son toit de panneaux solaires, en 2007. Pourra-t-il un jour en recouvrir ses ordis ? Si l'on en croit l'entreprise Nanosolar (ou ses concurrentes Miasolé et Solexant), c'est envisageable.

Ces start-ups cherchent à réduire au maximum l'épaisseur des panneaux (ceux en vente aujourd'hui peuvent atteindre 1 cm environ) grâce à la technologie CIGS (pour « cuivre, indium, gallium et sélénium », les noms des composants du matériau). L'objet final ne serait pas plus épais que du papier.

Si elles parviennent à produire cette innovation à grande échelle, ce qui reste encore incertain, il serait alors possible de coller ces films un peu partout comme n'importe quel film plastique. A l'extérieur de sa maison, de préférence.

5

Des serveurs informatiques « off shore »

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Selon une étude américaine, les serveurs informatiques (ou « data centers ») utilisés pour stocker les données numériques consommeraient 1,5% de la totalité de l'électricité du pays. Plus gros client : le géant Google, dont le nombre de serveurs est estimé à un demi-million (un record mondial), répartis sur toute la surface du globe selon le site pingdom.com.

Plutôt que de laisser ces centres s'accumuler en bordure des villes, comme c'est le cas à présent, Google aurait l'intention de « construire ses prochains centres de données dans des endroits où ils pourront être facilement reliés à des énergies renouvelables pour assurer leurs besoin en électricité », selon l'auteur du livre.

Ils pensent donc naturellement… à l'océan. Parqués à quelques dizaines de kilomètres du rivage, les serveurs puiseraient leur énergie dans la force marémotrice, un peu à la façon des hydroliennes.

6

Du fer sur l'océan pour absorber le CO2

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Pour capter les excédents de CO2 dans l'atmosphère, la firme Climos propose de lâcher sur l'océan des tonnes de poussière de fer. Cela aurait pour conséquence de favoriser le développement du phytoplanction, particulièrement friand de dioxyde de carbone.

Soutenue par bon nombre de chercheurs, Climos souhaite mener cette expérience à moyenne échelle (10 000 mètres carrés). Mais pour cela elle a besoin de l'accord de l'Organisation maritime internationale, ce que l'institution ne semble pas encore disposée à donner

7

De l'énergie au coeur des volcans

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C'est peut-être l'innovation la plus farfelue du moment. En quête d'enzymes capables de créer de l'énergie à partie de la biomasse, le laboratoire Sandia Lab n'a pas trouvé mieux que de fourrer ses pipettes au coeur des volcans.

Elle espère y trouver des organismes contenant de la cellulose, une matière que l'on peut ensuite transformer en sucre -et donc en éthanol, le carburant « vert », pour en faire de l'éthanol « cellulosique ». Sandia Lab cherche en fait des sources d'énergies alternatives aux céréales produites pour être transformé en éthanol (15% de la production de céréales aux Etats-Unis).

Le laboratoire a donc testé différents types de déchets agricoles et résidus forestiers. Mais comme ces matériaux ont été abimés au cours du circuit de production, ils ne réagissent pas toujours de façon optimale aux transformations auxquelles ils sont soumis. A l'inverse, les particules jouxtant les volcans sont très résistantes.

Cette étude soulève néanmoins de nombreuses questions : à supposer que l'on autorise l'exploitation des volcans à grande échelle, leurs ressources naturelles seraient-elles suffisantes pour alimenter des millions de véhicules ?

8

Des appareils ménagers branchés sur Internet

Compteur électrique (DR)

Après le frigo RFID, capable de déterminer quand les yaourts sont périmés, voici le frigo écolo. Le dispositif a été testé dès 2006 lors d'une étude menée près de Seatle. Via une puce, les outils ménagers (réfrigérateur, lave-vaisselle, micro-ondes…) sont reliés avec le compteur d'électricité, lui-même connecté à Internet.

En parallèle, les maisons produisent elles-mêmes une partie de leur électricité grâce aux énergies renouvelables (éolienne, panneaux solaires…). Mais imaginons maintenant que le prix de l'électricité varie en temps réel en fonction de la production. Conséquence : plus il fait beau et venteux, et moins l'électricité est chère.

Dans cette affaire, l'habitant peut donc adapter chaque jour sa consommation d'énergie en fonction de ces variations. Le coût augmente ? Je relève légèrement la température du frigo. Reste à savoir si ce procédé est viable à grande échelle, a fortiori dans les endroits où les énergies renouvables sont peu performantes.

9

Des ballons dans le ciel pour créer de l'énergie

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Petite touche de poésie pour continuer cet inventaire. Le projet de Cool Earth Solar, une start-up de la Silicon Valley, ambitionne de créer des « fermes de ballons » flottant à une dizaine de mètres du sol. Gonflés à l'helium, ils seraient recouverts du film CIGS et permettraient de capter le soleil plus largement.

Mais la start-up ne s'arrête pas là. Elle propose, à terme, d'envoyer ces ballons bien plus haut, par-delà les nuages, où l'ensoleillement est à la fois plus fort et plus constant. Les ballons seraient reliés au sol, comme dans les fermes, par un simple câble.

Un dispositif identique, baptisé « éolienne zeppelin », a également été testé par la société Magenn Power, basée dans l'Ontario. Même principe, sauf que le ballon est rectangulaire.

10

Des véhicules électriques enfin pratiques

Voiture électrique (Alan Trotter/Flickr)

C'étaient les stars du salon de Francfort.Les voitures électriques sont le nouveau joujou eco-friendly desingénieurs. Pour les recharger, une simple prise suffit, à brancherdirectement sur le véhicule (sur le capot ou sur les côtés selon les modèles).

Quoi de neuf par rapport aux modèles déjà fabriqués il y a près de quinze ans (par Peugeot notamment) ? Une batterie plus compacte avec une autonomie plus longue (à présent, elle est de 150 km en moyenne) et qui, surtout, se recharge bien plus vite, en moins d'une heure.

Les bornes de recharge créées par la mairie de Paris vont peut-être enfin servir à quelque chose : Toyota annonce la sortie en 2010 d'une Prius qu'on pourra brancher sur le secteur comme une vulgaire machine à laver. Les constructeurs se sont par ailleurs mis d'accord pour adopter un même modèle de prise électrique.

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Commentaires (1)

pierrot de la niche
  • 1. pierrot de la niche | 10/10/2009

Eh ben !
Entre les technologies actuelles, peu efficaces, coûteuses, voire ...polluantes : parce qu'une batterie, ce n'est pas recyclable et c'est une pollution à vie, et ces technologies surprenantes, qui ne verront pas le jour de sitôt, on n'a pas fini de polluer!
Il n'est venu à l'idée d'aucun chercheur de fabriquer des appareils solides, fiables et durables, pour commencer ?
Il est vrai que les industriels vendraient moins !
Des SOUUUUUS !


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