La faim du monde

Les émeutes de la faim sur notre Google Map

A suivre sur la carte les principaux lieux touchés par les manifestations contre l'envolée mondiale des prix des céréales.

L'envolée mondiale des prix des céréales crée dans plus d'une trentaine de pays pauvres une grave situation d'urgence allant jusqu'à des émeutes. Voici les principaux lieux touchés.

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L'Europe ne lâche pas les agrocarburants
Malgré leur responsabilité dans la crise alimentaire mondiale, sans compter les énormes subventions dont ils bénéficient, les carburants dits verts bénéficient toujours du soutien de l'UE.
"Crime contre l'humanité", "menace pour l'environnement": les biocarburants sont de plus en plus critiqués, notamment pour leur rôle dans la crise alimentaire mondiale, mais les responsables européens refusent de les abandonner, par crainte de remettre en cause tout leur plan de lutte contre le réchauffement climatique.
"Il n'est pas question pour l'instant de suspendre l'objectif fixé pour les biocarburants", a affirmé lundi Barbara Helfferich, porte-parole du commissaire européen à l'Environnement, Stavros Dimas. Les dirigeants européens, qui veulent montrer l'exemple contre le réchauffement climatique, se sont engagés à réduire les émissions de gaz à effet de serre de l'UE de 20% d'ici à 2020.

Pour ce faire, les euroresponsables veulent porter à 20% la part des énergies renouvelables et imposer 10% de biocarburants pour les transports. Ils espèrent trouver un accord pour mettre en oeuvre ce plan d'ici à la fin 2008: "On ne peut pas changer un objectif politique sous peine d'avoir un débat sur tous les autres objectifs", avance un responsable européen sous couvert de l'anonymat.

Emeutes de la faim

Face à l'envolée des prix alimentaires et la multiplication des émeutes contre la faim dans les pays en développement, les critiques se font pourtant de plus en plus dures contre les biocarburants. "Leur fabrication est aujourd'hui un crime contre l'humanité", a tonné ce matin le Suisse Jean Ziegler, rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l'alimentation.

De son côté, l'Agence européenne de l'environnement, un organisme relevant directement de la Commission européenne, a recommandé vendredi de "suspendre" l'objectif pour les biocarburants en raison des "menaces pour l'environnement".

Trop gourmands

Si les dirigeants européens sont conscients de ces critiques, ils ont décidé de conserver leur objectif , "à la condition d'assurer une durabilité de cette production et la promotion des biocarburants de la seconde génération", souligne Stavros Dimas.

Le problème est que "les procédés de fabrication pour la seconde génération ne sont pas complètement au point", a confié ce week-end la secrétaire d'Etat française à l'Ecologie. "Cela peut prendre entre dix et vingt ans", a souligné Nathalie Kosciusko-Morizet.

Les carburants "verts" de la première génération - biodiesel et éthanol - sont produits avec des graisses et des sucres tirés de végétaux - blé, colza, maïs, betterave - également cultivés pour l'alimentation humaine et animale. La seconde génération de biocarburants, comme l'éthanol cellulosique, utilise elle les résidus, comme les fanes des betteraves, la paille du maïs, grâce à la thermochimie et à la gazéification.

Des cultures très subventionnées

Les 27 pays de l'UE devraient approuver le 7 mai des critères très stricts pour la production de ces biocarburants, selon la Commission.
Plusieurs dirigeants européens avaient fait part de leurs préoccupations face aux biocarburants lors du sommet européen de mars.

Le chef du gouvernement italien, Romano Prodi, avait dénoncé le fait que les "cultures énergétiques" bénéficient de subventions. "Accorder d'énormes subventions pour produire les biocarburants est inacceptable moralement et irresponsable", s'était insurgé fin mars le patron du géant agroalimentaire Nestlé, Peter Brabeck. Si cela continue, "il n'y aura plus rien à manger", avait-il averti. "La production agricole à des fins alimentaires doit être clairement prioritaire", a renchéri aujourd'hui le ministre français de l'Agriculture , Michel Barnier.

La Commission européenne a entendu le message: "Nous allons proposer aux Etats membres de supprimer ces subventions", a confirmé lundi le porte-parole à l'Agriculture, Michael Mann. Il faut dire que l'aide est consistante: "90 millions d'euros pour 2 millions d'hectares". Soit 45 euros l'hectare.

Sur le même sujet, lire aussi : Agro-carburants, les retombées catastrophiques.

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Commentaires (1)

Mengneau Michel
  • 1. Mengneau Michel (site web) | 13/07/2009
Tu as bien fait de mettre le lien avec cet article très explicite, merci du coup de main.

Michel

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