EDF, AREVA, Proglio et atomes

Y a-t-il un pilote dans l’avion atomique national ?

26 décembre 2012 Par Patrig K
 

Proglio et le don de brevets atomiques à une puissance étrangère !

C’est du grand n’importe quoi à la direction de la filière nucléaire française, à lire et si l’on en croit les révélations du Canard Enchainé qui y consacre un long papier du jour [*]. Le verset de l’aboutissement de palabre et de combat d’égo délirant. Est ce seulement l’unique occupation du complot, l’idylle des atomes crochus des élites dirigeantes et directions d’EDF et d’AREVA que révèle cette chinoiserie d’Henri ? Une rivalité sous tension extrême ! Ou alors, est-ce plus l’état de leurs comptes et résultats financiers, qui expliqueraient cette compétition permanente des deux frères ennemis, au décompte négatif pour l’actionnaire principal, l’État. La cause d’une guérilla fratricide, la confrontation secrète de deux entreprises appréciées à de graves obstacles financiers, guerres commerciales secrètes et livrées à tous. Mais quid de l’endettement environnemental des industriels, le sujet tabou, ce dont personne ne parle plus, et ce n’est qu’un début.  D’ailleurs, les investisseurs avisés ne s’y trompent pas, et les cours de bourse selon la jauge en rendement du CAC à la gloire de la corbeille, le constat est patent, les valeurs des deux opérateurs, fondent comme grêlons en plein soleil de Mai.

Tout semblait donc permis aux yeux de Proglio, pour tenter de sauver ce qui peut l’être du coté d’Edf, au pire de doubler son voisin Areva, jusqu’à léguer le savoir faire national, secret de fabrication négocier au plus offrant sans en avoir le mandat officiel. Une trahison, ou quasi pour conquérir les territoires de Chine. Prendre une option d’avance sur le plus gros marché atomique mondial annoncé pour les décennies qui viennent. Selon les prospectives de l’AIEA (50%),  en matière de nucléaire dit civil [...Au passage, cette filière PWR et ou EPR, sert aussi à fournir la matière militaire, la Chine 1ére puissance mondiale, ne pourra s’en passer inévitablement, en quantité à l’égal des USA ? N’est elle pas là, la vraie et objective raison de ces constructions, l’électricité issue de ce programme (30 réacteurs) qui ne dépassera pourtant jamais plus que les 3% des besoins de cet Empire ...]

Edf pourra de même, s’appuyer sur ses nouveaux amis et puissants financiers chinois de la CGNPC, son partenaire qui est aussi majoritaire dans la gestion et commandement, sur le chantier Taishan en Chine, là bas ou deux EPR sont actuellement en construction. Une réalisation quasi spontanée et inquiétante, deux fois moins de temps que les funestes expériences finlandaise et normande, c’est dire si les contrôles peuvent être réalisés in situ, le principe en gage de sécurité maximum pour la phase construction. [Le maître d’ouvrage Taishan Nuclear Power Joint Venture Company (TNPJVC: co-entreprise détenue à 70% par CGNPC et à 30% par EDF), avec le support technique des équipes locales d’AREVA.]. Un riche partenaire, qu’Edf souhaiterait voir associé, pour financer et construire également des réacteurs en Grande Bretagne. Tenter une fois encore, à rentabiliser les 15 milliards d’euros investis par Gadonneix en 2008, une dépense de l’ex Pdg d’Edf, lors du rachat du groupe local British Energy, dans l’ultime but de la stratégie de l’électricien atomiste national, le foncier étant acquit, d’y construire des réacteurs nucléaires, mais plus encore, le modèle de réacteur de la nouvelle maison, Edf et CGNPC, sous influence et financement, bien évidemment.

Mais qui est donc le pilote dans l’avion atomique national ?

Ne nous enquiquinons plus ! Car comment produire les sommes à combler les trous atomiques, des 2 milliards par ci, ou 3 autres par là, 15 milliards et plus pour le centre à Bure, Itout Iter ! Toutes ces  pertes ou encore les surcouts des chantiers EPR. Des surcouts à venir pour des centaines d’années, Cigéo à 35 milliards au lieu des 15 budgétisés !  

Dans l’article du Canard enchainé, le journaliste Didier Hassoux évoque les tentatives de Proglio a se raccrocher au pouvoir en place, bon genre faisant mauvaise fortune, celui-ci, passe une bonne part de son temps, à rendre visite à l’Élysée et Matignon, et toutes dispositions utiles à sauver sa tète. Pour ma part, il ne faut pas trop vite tourner la page et de se souvenir des déclarations magistralement médiatisées il n’y a pas si longtemps, par ce pourvoyeur de pub de  cette envergure qui peut bien s’offrir à bon prix, la page immaculée du précieux Henri.

Rappel d’une provocation à la face directe d’une promesse emblématique du Président Hollande, la fermeture en 2016 de la centrale de  Fessenheim.   

Le clan restreint des dirigeants du capitalisme français, c’est bien connu, est pourvu d’un nombre considérable de mégalos, des surdoués nous dit-on, des mutants aux cerveaux d’or, tant leurs salaires et rémunérations gonflent à démesure. Henri Proglio, est l’un de ces joyaux patronaux,  depuis que son ami n’est plus là, celui-ci n’hésitait pas, contrairement aux apparences du jour et il y a peu, son souci principal à provoquer son principal actionnaire, l’État Français. Plutôt que de se mettre au vert, de tenter de préserver ses gros salaires, Henri Proglio avait alors de nouveau relancé cette idée folle de négocier avec son patron et actionnaire majoritaire, pour la prise en charge des pertes financières, chiffrées par et selon ce Pdg Henri Proglio, étant qu’elles seraient liées à la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim en 2016. Une et si elle a lieu à cette date tardive, suivant la promesse électorale de François Hollande.

Des discussions avec l’État pour obtenir des indemnités afin de rétribuer, indiquait le PDG, ses partenaires financiers qui ont participés à la construction de cette vieille centrale de 30 ans d’âge déjà. Donc du principe capitaliste, avec retour sur investissement réalisé et déjà rentabilisé. Des indemnités en paiement des participations, de la compagnie d'électricité allemande EnBW à hauteur de 17,5%, et des suisses Alpiq, Axpo et BKW, à hauteur de 15%. Des montants avoisinants  les 2 milliards d’euros à rétrocéder. Partant du principe affirmatif, ce que l’absolutiste Proglio, préjuge que l’accident majeur, serait impossible avant 2027.

D’ailleurs, pourquoi 2027, et pas 2127, tant qu’on y est ?

« EDF a investi jusqu'en 2027, est prématurément fermée », s’insurgeait Monsieur Proglio, l’aveu que ces bécanes ne seraient donc pas amorties, comme cela nous avaient été répété depuis toutes ces années. Ce faisant, le Pdg ignorait l’injonction du gendarme du nucléaire français, qui lui imposait de renforcer les bétons du radier de ces réacteurs.  Le président de l'Autorité de sûreté nucléaire, André-Claude Lacoste, avait affirmé que si les travaux de renforcement du réacteur de Fessenheim ne sont pas achevés en juillet 2013, «on ferme» !De 2013 ou 2027, Mais alors c’est que ces travaux seraient déjà achevés !  

Avez-vous lu le moindre article, vu reportage démontrant de la réalité de ces travaux. L’affaire réalisé, les communicants d’EDF ne se priveraient pas d’en faire la publicité, ou alors, c’est encore un oubli ou peut être le secret de fabrication remisé dans les cartons. À Pekin, on dit tout, à nous autres rien du tout !Du génie civil hors norme réalisé en moins de deux, quelle prouesse, élargir un radier béton sur plus d’un mètre d’épaisseur, et sous un réacteur pesant des milliers de tonnes. Une faille qui était connue depuis des années, et qui n’a jamais fait l’objet de la moindre attention ni de réactivité pour parer à ce défaut majeur. Laissons le temps faire son temps.

Mais qui est donc le pilote dans l’avion atomique national ?

Coté minier, rien n’est plus brillant. L’affaire Uramin, qui a contraint Areva d’apporter les provisions dans son dernier bilan, une coquette somme à combler les surestimations bénéficiaires et minières.

Des Mines et des Pieds Nickelés !

Le rêve de l’uranium dans l’Oasis au Trésor, en plein milieu du Centre Afrique ! Mais ! Comme son « son » en nom ne l’indique pas forcément, patatras et perte nette, roulage dans la farine, de la dynamite. Autant d’argent en moins, ce qui n’aide pas, à convoyer les grosses machines et toute l’armada mécanique à soulever des millions de mètres cube de terre, et les pompes à nappes phréatiques, juste pour en retirer 1% de ces produits nocifs, le reste des montagnes de scories partiellement polluées livrées aux vents, les effluents uranies creusant sillons. Ainsi, les probables retards à libérer les financements pour cet investissement situé au nord du Sahara.

Une contrée pas très éloignée du champ de tir, des autres obscurantistes d’Aqmi au Mali, mais aussi des rebellions du MNLA, les militants Touaregs pour l’autodétermination de l’Azawad, ce territoire qui couvre partiellement, les limites de certaines concessions pour la recherche d’uranium dans le Sahara. Une situation géopolitique critique. De plus en plus critique et éloigné en résolution, le rassemblement politique au Mali du Sud, étant de nouveau aussi fragile que brin de plume.  Le Président Nigérien et ancien cadre d’Areva, était pourtant venu demander, se rassurer des intentions du nouveau patron parisien, au mieux d’accélérer le programme, une demande quasi officielle au nouveau président Hollande, une réunion hâtive programmée en pleine élections nationales, juste dans l’intervalle du Président sans Assemblée. Le chant du cygne du Roy Atomique ?

Combien même la demande croissante d’uranium sur le marché mondial, ne semble pas avoir été affectée à la suite des arrêts techniques et de sécurité des centrales nucléaires au Japon.   (projections de l’AIEA) Pourtant, l’empressement d’Areva à entamer un nouveau et gigantesque chantier d’exploitation et d’extraction de l’uranium au Niger, ne semble plus être la priorité du directoire d’Areva. La situation politique et l’incertitude, de fait la non-communication à ce sujet, serait presque un aveu, vu aux usages du milieu. Alors, est le commencement de la prudence ? Notons d’ailleurs, que le groupe Areva a également stoppé tous les investissements, ainsi que le développement de certains gisements en Namibie. Une activité minière qui suppose de plus en plus de très lourds investissements, les ressources comme ailleurs, se raréfiant, les infrastructures de ce type pèsent très lourd sur les choix de développement de longs termes. Hors, tous les économistes s’accordent, que la recapitalisation du Groupe Areva, serait toujours plus ou  moins en souffrance. Ce que revendiquait depuis longtemps l’ex patronne, Anne Lauvergeon. Le Qatar, toujours partant, souhaitait y intégrer de ses capitaux, notamment dans le secteur minier, un actionnaire chez Areva. Pour l’heure, les mauvais chiffres, les retards de chantier, les surcouts, le manque de capitaux, ne permet pas d’envisager de telles aventures sur les zones à risques géopolitiques, sur les nouvelles concessions du Niger qui sont situées au nord du pays, non loin des limites frontalières de l’Algérie et du Mali.

Ce qui justifierait peut être, à réaliser quelques arrhes de circonstances en réparation de retard et de promesses. Bien mal en a prit à L’Observatoire du Nucléaire, oser d’avoir évoqué ces versements peu courants chez les bonnes gens. Des faits pourtant confirmés par plusieurs déclarations publiées par l’AFP, des propos venant tant de l’opposition, que du parti au pouvoir au Niger. Seul le donateur supposé de ces avances sur résultats futurs, conteste formellement la réalité des faits. En menant justice, à l’encontre de Stéphane Lhomme, le rédacteur et unique salarié de l’Observatoire du nucléaire. http://blogs.mediapart.fr/blog/patrig-k/191212/niger-mines-duranium-areva-menace-lobservatoire-du-nucleaire-de-poursuites [ L'Observatoire du nucléaire a été créé par Stéphane Lhomme qui en est l'unique salarié depuis le 1er juin 2012, grâce à une aide attribuée par "Un monde par tous" et une autre par "Terre Humaine". Le salaire versé est le SMIC. La Présidence de l'association est assurée depuis le 16 avril 2012 par M. Patrick Destruhaut.]

Proglio surveillé, scandale Uramin, saucissonnage rocambolesque d’une syndicaliste Cfdt employée chez Areva, judiciarisassions de tous communiqués, surtout ceux des alambiqués, et faisant état de cette réalité, de l’empire à contre sens des pouvoirs et des turpitudes dans la filière nucléaire française.  

Mais qui est donc le pilote dans l’avion atomique national ?

[*] Les inspecteurs de Bercy enquêtent sur les aventures chinoises de Proglio – Didier Hassoux

Source : http://blogs.mediapart.fr/blog/patrig-k/261212/y-t-il-un-pilote-dans-l-avion-atomique-national

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Commentaires (1)

patrig k
  • 1. patrig k | 06/01/2013

Une vidéo satirique ...

les Voeux pieux de FH, en lien à la faillite à venir de ce secteur énergie français...
http://www.youtube.com/watch?v=VsFbXuA2XY0

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Date de dernière mise à jour : 12/01/2013

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