Vénézuela, les vraies causes des pénuries, les vraies fausses raisons des manifestations, et le vrai Leopoldo Lopez

Stratégie de la tension au Venezuela

Tout commence, en apparence, dans l’Etat de Táchira. Le 6 février, au terme d’une manifestation théoriquement convoquée pour protester « contre l’insécurité », un groupe de quelque 80 étudiants cagoulés incendie la guérite de la résidence du gouverneur, brise le portail et s’en prend violemment au bâtiment, avec un solde de onze blessés, dont neuf policiers. Dans les jours qui suivent, réclamant la libération des personnes arrêtées lors de ces désordres, d’autres manifestations se déroulent dans l’Etat de Mérida, débouchant à leur tour sur des actes de violence et de nouvelles détentions. Le 12 février, les événements s’emballent et prennent une tournure dramatique : à Caracas, une nouvelle démonstration se termine, devant l’immeuble du Ministère public (le siège du pouvoir judiciaire), par de violentes échauffourées qui font trois morts par armes à feu et plus de 60 blessés.
Les chocs entre « étudiants » et forces de l’ordre reprennent de plus belle le 15 février, près du Parque del Este, dans la capitale, où la journée de « protestation civique » se termine par de multiples dégradations et la mise à sac, par des groupes de choc, de stations de métro. Le lendemain, c’est sur la place Altamira – bastion emblématique de l’opposition depuis la tentative de coup d’Etat d’avril 2002 contre Hugo Chávez – et devant les locaux de la chaîne nationale Venezolana de Televisión que les contestataires établissent leurs quartiers, avec, en corollaire, pour leur répondre, un classique déluge d’armes non létales – gaz lacrymogènes et balles en caoutchouc.
Ce qui, quelques jours auparavant, avait débuté comme une banale fronde étudiante a, entre temps, changé de nature. Avec pour chefs de file Leopoldo López, coordinateur national du parti Volonté populaire et ex-maire de Chacao (un quartier chic de Caracas), la députée María Corina Machado, très appréciée dans les secteurs les plus radicaux, ainsi que le maire « social-démocrate » du grand Caracas, Antonio Ledezma, les dirigeants de l’opposition appellent au soulèvement contre le régime « autoritaire », « corrompu » et « incompétent » du président Nicolas Maduro. Ce que d’aucuns nomment déjà avec gourmandise « le printemps vénézuélien » vient-il de commencer ?
Le pays traverse une période délicate, nul n’en disconvient. Insécurité, pénuries (dont la très médiatisée absence de papier toilette dans les rayons des supermarchés), marché noir et surtout inflation galopante (56 % en 2013) y ont, ces derniers temps, semé, selon le camp où le citoyen se situe, l’inquiétude ou l’exaspération.
Un contrôle des changes ayant été instauré en 2003 par Chávez pour empêcher la fuite des capitaux, les Vénézuéliens qui ont besoin de dollars pour importer ou voyager à l’extérieur doivent passer par un organisme d’Etat et les acheter à un prix imposé, nommé « préférentiel ». La quantité de dollars disponibles à ce taux étant restreinte, alors que la demande demeure importante, un marché noir a surgi, sur lequel la monnaie américaine se négocie à des prix faramineux – jusqu’à douze fois le taux officiel de 6,3 bolivars par dollar. « Ce qui a réellement poussé l’inflation, il y a près d’un an, explique l’économiste Marc Weisbrot, co-directeur du Center for Economic and Policy Research, à Washington, fut la réduction de l’octroi de dollars pour le marché extérieur. Ceux-ci ont été réduits de moitié en octobre 2012 et pratiquement éliminés en février 2013. De sorte que beaucoup d’importateurs ont dû acheter davantage de dollars au marché noir. C’est de là qu’est venu le pic d’inflation . »
Dans l’analyse du phénomène, beaucoup en sont restés là, pointant du doigt la responsabilité ou l’incompétence des cercles dirigeants au sein desquels, de fait, se déroule un débat – ouverture, poursuite de la même politique, radicalisation ? – sur les mesures à prendre pour mettre un terme à ces distorsions . Mais bien peu ont mis l’accent sur la partie immergée de l’iceberg : comme au Chili, au cours des mois qui ont précédé le renversement et la mort de Salvador Allende, c’est bel et bien une entreprise de déstabilisation économique qui fait tanguer le Venezuela.
En novembre 2013, l’affluence populaire pour acheter « à des prix justes » les produits électroménagers de la chaîne Daka, après que, occupée par le gouvernement, elle ait vu ses biens confisqués à Caracas, Punto Fijo, Barquisimeto et Valencia, a mis un coup de projecteur sur les méthodes utilisées pour spéculer, saboter l’économie, ou les deux à la fois : après avoir obtenu plus de 400 millions de dollars publics, de 2004 à 2012, pour importer ces biens à bas prix, Daka pratiquait une surfacturation pouvant aller jusqu’à 1 000 % en les revendant. Au même moment, une inspection du magasin d’électronique et d’audio-visuel Pablo Electronica détectait une augmentation injustifiée des tarifs (de 400 à 2000 %). On pourrait remplir des pages entières d’exemples, tant ils sont légion. Dès lors, dans son offensive contre « la guerre économique », le pouvoir a mis en place un plan ambitieux de régulation des prix des biens et des services, et en a incontestablement récolté les fruits : le 8 décembre, alors qu’on les disait (ou croyait, ou souhaitait) moribondes, les forces chavistes remportaient les élections municipales, prenant ou conservant 76,42 % des mairies du pays (256 municipios) et devançant la Plateforme d’unité démocratique (MUD : 22,69 %, 76 municipios) de plus d’un million de voix. Depuis, la « Loi organique des prix justes », entrée en vigueur le 11 janvier 2014, limite les marges bénéficiaires sur les biens et les services à 30 %.
De quoi augmenter les pénuries s’insurgent les opposants et les économistes libéraux ! Mais quelles pénuries ? Pas un jour ne se passe sans que, comme le 5 février, dans l’Etat de Táchira, les autorités ne découvrent 939,2 tonnes – 939,2 tonnes ! – de riz, sucre, beurre, lait, café, huile, etc., dissimulés dans des entrepôts et soustraits aux rayonnages des magasins. Pas un jour ne s’écoule sans que, comme le 8 février, dans le Département d’Apure, on ne saisisse 32 tonnes d’aliments – et 4 992 rouleaux de papier hygiénique ! – destinées à partir en contrebande vers la Colombie. Ce même 8 février, le superintendant Luis Mota Domínguez informait que venaient d’être trouvés, dans trois dépôts de la Distribuidoras y Ensambles de Venezuela, située à Valencia (Etat de Carabobo), plus de 49 000 appareils électroménagers – machines à laver, cuisinières, réfrigérateurs, etc. – importés depuis plus de trois ans grâce aux millions de dollars « préférentiels » octroyés par le gouvernement. Alors des pénuries, effectivement, et pour cause, il y en a.
L’opinion ainsi travaillée par ces séquences de film catastrophe, l’opposition peut passer (ou re-passer) à l’action. Regroupée au sein de la MUD, elle n’a pas accepté la victoire de M. Maduro à l’élection présidentielle d’avril 2013, avec 50,66 % des voix. Cette marge étroite incita le candidat battu pour la deuxième fois en six mois , M. Henrique Capriles Radonski, à refuser de reconnaître le verdict des urnes et à lancer ses partisans dans une campagne de « désobéissance civile » qui provoqua onze morts et des dizaines de blessés. Washington ne donnant plus le « la » dans la région, depuis la naissance de l’Union des nations sud-américaines (Unasur) et de la Communauté des Etats latino-américains et caraïbes (Celac), la campagne internationale entreprise sur le thème de la « fraude électorale » ne donna pas les résultats escomptés et cette poussée de violence s’interrompit momentanément.
Toutefois, pariant sur la panique suscitée, y compris au sein des milieux populaires, par la déstabilisation de l’économie, par l’annonce ou l’invention des pénuries, la droite dure pensait pouvoir donner le coup de grâce à la révolution bolivarienne à l’occasion des élections municipales du 8 décembre dernier. Elle les transforma en plébiscite et en vote-sanction contre la gestion de M. Maduro. Pari perdu. Au fil des mois, en gouvernant d’une main ferme, celui-ci a su se vêtir de la légitimité dont il ne jouissait pas forcément au début de son mandat. Après cette quatrième défaite en quelques mois , la perspective de reprendre le pouvoir se ferme à nouveau pour la droite : dans un pays accoutumé à voir se succéder les scrutins, il n’y aura plus d’élections avant les législatives de fin 2015 et un éventuel référendum révocatoire en 2016 !
Attendre, une fois de plus ? De la démocratie, certains secteurs de l’opposition vénézuélienne ont une conception toute particulière. Tout comme M. Leopoldo López, Mme María Corina Machado considère que, pour provoquer « le naufrage du régime », il n’est plus possible de respecter le calendrier électoral. C’est donc avec le slogan « la salida » (« la sortie ») que l’un et l’autre appellent à l’insurrection. En avril 2002, déjà, M. López a activement participé au coup d’Etat (raté) contre Hugo Chávez et figure sur la liste des signataires du décret qui, à l’instigation du bref dictateur, le patron des patrons Pedro Carmona, a alors dissous le Congrès et tous les pouvoirs constitués. Accusé d’irrégularités administratives lorsqu’il était maire de Chacao, il a été jugé en 2008 et s’est vu interdire toute postulation à une charge publique jusqu’en 2014. Comme lui (qui se voit en « président de transition »), Mme Machado (qui se rêve en « première présidente » du Venezuela), multiplie les contacts, en Colombie, avec l’ex-président Alvaro Uribe ou ses proches, ainsi qu’aux Etats-Unis où la visite qu’elle fit le 31 mai 2005, dans le Bureau ovale, au président George Bush, n’est pas passée inaperçue.
On notera au passage que l’offensive des secteurs extrémistes que l’un et l’autre représentent a, outre l’objectif de chasser M. Maduro du pouvoir, celui de mettre sur la touche M. Capriles, deux fois vaincu à la présidentielle et accusé de mollesse dans ses campagnes et la contestation des résultats. Dans le cadre de la lutte féroce qui se livre au sein de la MUD pour le contrôle de l’opposition, ce dernier fait le grand écart, se montrant (relativement) critique quant à la tactique de mobilisation de Volonté populaire, afin de conserver l’électorat de droite plus modéré, sans se couper totalement – « Nous sommes différents, mais nous sommes solidaires » – des radicaux. Avec même, parfois, quelques éclairs de lucidité : « Si le peuple humble ne participe pas [aux manifestations], a-t-il déclaré lors d’une interview donnée à CNN , ce serait mentir à ceux qui ont un espoir, à ceux qui sortent pour marcher, ce serait leur mentir que de leur dire qu’ils vont trouver la solution [la fameuse « salida »] du jour au lendemain. »
S’il est parfaitement vrai que comparaison n’est pas raison, et que la paranoïa n’est pas bonne conseillère, on ne peut manquer de noter les similitudes entre l’actuelle escalade et l’enchaînement des événements qui ont mené au coup d’Etat d’avril 2002. En ce sens, les trois morts du 12 février attirent l’attention. D’après les premiers éléments de l’enquête, tous trois, comme nombre des victimes d’il y a douze ans, ont été abattus d’une balle dans la tête ; politiquement aux antipodes, deux d’entre eux, l’opposant Bassil Da Acosta et le militant chaviste Juan Montoya, ont été tués, à proximité l’un de l’autre, par la même arme, dans le quartier de La Candelaría. On se souvient que le 11 avril 2002, des francs-tireurs tirant à la fois sur les manifestants de l’opposition et sur les « bolivariens » avaient chauffé les esprits à blanc, créé la confusion, et permis au groupe d’officiers félons ayant organisé cette opération de type militaire de renverser Chavez, accusé d’avoir donné l’ordre de tirer sur ses opposants .
Comme à l’époque on accusait les Cercles bolivariens – organisation populaire, d’essence pacifique, soutenant la révolution – d’être à l’origine de ces assassinats et d’agir comme les chemises noires de Mussolini, les « colectivos » (collectifs), organisations de base issues des quartiers populaires, sont aujourd’hui mis en cause, présentés comme des « bandes de délinquants protégées et armées par le chavisme » – quand ce n’est pas comme des « Tontons macoutes », ainsi que l’a fait El País, le 18 février .
Imité par beaucoup, ce quotidien espagnol avait, à l’époque, pendant l’incarcération de Chávez, du 11 avril au soir au 13 en fin d’après-midi, célébré le coup d’Etat : « L’armée, poussée par la rue, a mis un point final au rêve d’une rhétorique révolution bolivarienne menée par un ex-golpiste qui, après avoir gagné les élections, s’est transformé, depuis le pouvoir, en un autocrate dangereux pour son pays et le reste du monde (…) La goutte qui a fait déborder le vase et a soulevé les militaires a été la répression déclenchée par la police et les francs-tireurs fidèles à Chávez, qui ont causé quinze morts et une centaine de blessés au troisième jour d’une grève générale qui a uni paradoxalement syndicats et patrons . »
Douze ans plus tard, unie dans sa même détestation de la gauche latino-américaine, en général, et de la vénézuélienne en particulier, l’internationale médiatique a été rejointe par la nébuleuse des « réseaux sociaux » qui, de tweet en retweet, à coups de photos de répression sanglante et de torture prises sous d’autres cieux, mais attribuées au gouvernement bolivarien, s’activent à le délégitimer .
Enfin, mais faut-il le préciser, ce n’est plus le président George W. Bush qui y va de son coup de pouce aux séditieux, mais l’administration de M. Barack Obama. En réponse au secrétaire d’Etat John Kerry, qui a condamné la « violence insensée » exercée contre les manifestants, le ministre des Affaires étrangères Elías Jaua a notifié le 17 février à trois diplomates américains en poste à Caracas – au… service des visas – qu’ils avaient 48 heures pour quitter le pays au motif de leur participation « à l’organisation et la promotion de groupes qui ont tenté de générer de la violence au Venezuela ». « Ce sont des fonctionnaires qui vont dans les universités, a précisé le président Maduro. Nous les avons surveillés pendant des réunions dans des universités privées, ces deux derniers mois . »
Alors que, deux jours auparavant, dans le centre de la capitale, des dizaines de milliers de Vénézuéliens, parmi lesquels des colonnes de jeunes et d’étudiants des Universités publiques, défilaient pour l’appuyer, le chef de l’Etat a assuré qu’il ferait poursuivre de la même manière « les opposants et les chavistes qui recourraient à la violence  ». Sous le coup d’un mandat d’arrêt pour celles du 15 février et pour ses appels à la sédition, et passé à la clandestinité, M. López est réapparu le 18 février, à la tête de manifestants « vêtus de blanc », pour aller déposer une pétition au ministère de l’Intérieur et de la Justice. Au terme de cette manifestation non autorisée, qui s’est néanmoins déroulée sans incidents dans l’est de Caracas, il s’est spectaculairement rendu à des fonctionnaires de la Garde nationale, avant d’être emmené dans un véhicule de police, non sans avoir dénoncé « une justice injuste et corrompue ».
Au même moment, les travailleurs de la compagnie pétrolière nationale PDVSA manifestaient eux aussi dans le calme, jusqu’au palais présidentiel de Miraflores, où M. Maduro appela à la paix. Toutefois, la production de « martyrs » permettant de dénoncer « la répression » et de se poser en victime devant l’opinion internationale, nul ne peut exclure que de futures provocations n’endeuilleront pas le pays. C’est ainsi que, au cours de la manifestation précitée, M. Maduro a lancé une très grave accusation – « Nous avons reçu l’information que la droite, la plus extrême droite de Miami et du Venezuela (…) a mobilisé des groupes pour le [Leopoldo López] chercher et le tuer afin de créer une crise politique et déclencher une guerre civile au Venezuela. » – avant de préciser que le gouvernement garantit l’intégrité physique de l’opposant. Trouvant l’histoire « trop belle pour être vraie », d’aucuns, sans aucun doute, hurleront à la loufoquerie ou à la manipulation. Toutefois, devant une caméra de CNN, l’épouse de M. López n’a pas démenti l’information : « Le gouvernement s’est montré préoccupé par cette situation et a pris contact avec la famille pour assurer la sécurité de Leopoldo [alors dans la clandestinité], et c’est ce qui a été fait. » Qu’on se souvienne du 11 avril 2002 : pour arriver à leurs fins, les factieux n’ont pas hésité à faire tirer sur leurs propres partisans, utilisés comme chair à canon.
En attendant, dans l’après-midi du 18 février, des groupes criminels ont tiré sur une coopérative textile « chaviste », à Los Cortijos (Etat de Miranda), faisant un mort et plusieurs blessés. A Valencia, c’est une marche de l’opposition se dirigeant vers la Plaza de Toros qui s’est terminée avec huit blessés par balles. A Barquisimeto, le central téléphonique a été incendié…

Ce qu’on appelle la stratégie de la tension.

Maurice Lemoine / http://www.legrandsoir.info/strategie-de-la-tension-au-venezuela.html

Brévissime leçon de journalisme pour ceux qui croient encore à l’information

Dans le cadre de la formation permanente de la génération actuelle de journalistes européens dont l’Histoire retiendra qu’ils n’ont pas hésité à appuyer, à quelques milliers de kilomètres de distance, une enième tentative de renverser un gouvernement de gauche démocratiquement élu en Amérique Latine, l'heure est venue d'un modeste bilan sous la forme de dix questions...

1 – Pourquoi affirmer que le Venezuela est en proie à une “guerre civile” alors que les violences sont circonscrites à la frontière avec le paramilitarisme colombien et à 18 municipalités – gouvernées par l’opposition – sur 335 ?
2 – Si la majorité de la population a voté pour un programme de gauche lors d’élections validées comme “transparentes” par les observateurs de l’Union Européenne, de l’Organisation des États Américains, de l’UNASUR, de l’Association des Juristes Latino-américains et qualifiés de “meilleur mode de scrutin du monde” par l’ex-Président Jimmy Carter, pourquoi faire passer l’idée que le gouvernement bolivarien représente une minorité et que les violences sont le fait d’une majorité ?
3 – Pourquoi, alors que la presse écrite et les ondes de radio et télévision, du local à l’international, sont sous l’hégémonie de grands groupes privés opposés aux politiques du gouvernement bolivarien et qui ont co-organisé un coup d’État meurtrier en avril 2002, faut-il faire croire depuis quatorze ans que le gouvernement bolivarien "contrôle les médias" ?
4 - Pourquoi occulter les images et les voix de la majorité des citoyen(ne)s qui ont manifesté pacifiquement – coordinations étudiantes, syndicales, travailleurs vénézuéliens, mouvements sociaux latino-américains comme les Travailleurs Sans Terre du Brésil, et que la quasi-totalité des gouvernements du continent expriment leur soutien au gouvernement bolivarien du Venezuela ?
(Même la chancelière María Angela Holguin, ministre du gouvernement de droite colombien, a rappelé ce 21 février que Nicolas Maduro a été "élu par une majorité populaire et a maintenu un caractère démocratique").
5 - Si la pénurie d’aliments est telle qu’on le dit, comment expliquer que les secteurs populaires ne participent pas aux incendies et aux destructions ? Comment comprendre les chiffres de la FAO et de l’OMS qui confirment que le Venezuela a pratiquement éradiqué le problème de la faim et qu’il est un des pays souffrant du taux le plus élevé d’enfants et de jeunes obèses ?
6 – Pourquoi l’épicentre des manifestations contre la “pénurie” est-il la Plaza Altamira, coeur des résidences huppées d’habitants de peau blanche, et non, comme ce serait logique, les quartiers populaires et de population métisse, le Venezuela possédant la plus grande proportion d’afro-descendants de l’Amérique du Sud si on excepte le Brésil ?
7 – Pourquoi le “porte-parole” des manifestations est-il Leopoldo López, héritier d’une des familles les plus riches du pays et dont le groupuscule "Voluntad popular" est impliqué dans les tentatives de coup d’État de 2002 et de 2013 ?
8 - Pourquoi alors que les étudiants et syndicats des pays néo-libéraux défilent contre les privatisations, contre le chômage, pour plus de droits sociaux et d’égalité, n’a-t-on entendu parler ici d’aucune revendication à ce sujet de la part d’une fédération étudiante ?
9 – Pourquoi si nous sommes en présence d’un “mouvement social” issu d’une lutte populaire, celui-ci se sent-il obligé de retwitter des photos de tortures ou de répression prises en réalité au Chili, en Espagne ou en Syrie ?
10 - Pourquoi, alors que les étudiants de l’éducation supérieure dépassent les 2 millions 600 mille, et que l’UNESCO reconnaît le Venezuela comme le 5ème pays mondial en nombre d’universitaires (ce chiffre ayant cru de plus de 800% depuis la révolution), les manifestations ne regroupent-elles que quelques centaines de personnes ?

Matias Bosch CARCURO, Thierry DERONNE / http://www.legrandsoir.info/brevissime-lecon-de-journalisme-pour-ceux-qui-croient-encore-a-l-information.html

Qui est Leopoldo Lopez, version medias français

VENEZUELA. Leopoldo Lopez, la bête noire de Maduro. Arrêté par la police, le chef du parti d'opposition Voluntad Popular est devenu un héros pour de nombreux manifestants anti-gouvernement. Portrait.

"Mon emprisonnement infâme sera utile" s'il permet au "Venezuela de se réveiller définitivement" et à la "majorité des Vénézuéliens et des Vénézuéliennes qui veulent des changements (de) les obtenir démocratiquement". Juché sur la statue du libérateur cubain, José Marti, belle allure, vêtu de blanc, sourire facile mais un peu nerveux, le leader de l'opposition vénézuélienne Leopoldo Lopez, a, par son discours, forcé le respect. Car juste après, il se rendait à la police qui le recherchait pour homicide et incitation à la délinquance depuis qu'une manifestation a causé la mort de trois personnes à Caracas.
Celui qui n'a eu de cesse de dénoncer les dérives autoritaires du président Nicolas Maduro depuis la mort d'Hugo Chavez, est passé en quelques minutes de simple leader de l'opposition au statut de martyr aux yeux de ses partisans. Le descendant de Simon Bolivar, dont, ironie du sort, se réclame l'actuel président, est devenu le héros de toute une frange de la population lassée par les pénuries, l'inflation, l'insécurité et la corruption. Depuis plusieurs semaines, ils descendent dans la rue, poussés par les étudiants à l'origine de la fronde, pour exprimer leur mécontentement parfois au prix de leur vie. "Antichaviste" acharné, Leopoldo Lopez n'a pas hésité à profiter du mouvement de contestation pour se dresser comme un leader et obtenir le soutien d'une partie de la jeunesse.

De centre gauche

Le quadra est un des symboles de la nouvelle génération politique du pays, à l'instar de son ancien mentor Henrique Caprilès, candidat malheureux lors de la dernière élection présidentielle. Très populaire, Leopoldo Lopez qui se réclame du centre gauche, est dangereux pour le chavisme car il constitue une alternative crédible.
Qualifié de "fasciste" par l'actuel pouvoir, il est devenu une cible à étouffer. De passage à Paris, il y a quelques mois, il expliquait au "Nouvel Observateur" : "C'est important pour nous que le monde sache ce qui se passe au Venezuela en réalité. Il y a une vrai dérive autoritaire, beaucoup plus qu'à l'époque de Chavez. La nature du régime a changé, il y a une cooptation totale, tout est phagocyté. Il y a des prisonniers politiques, des tortures, des violations de la liberté d'expression, des fermetures de radios et de télévisions, des députés sont frappés... Le Venezuela n'est pas une démocratie et on s'approche de la dictature".

Systématiquement poursuivi par la justice

Leopoldo Lopez est combattif, veut "maintenir la flamme de l'alternative pour que les gens ne soient pas désenchantés" et trouver des "luttes non-violentes, à la façon de Martin Luther King". Systématiquement attaqué par la justice pour des faits présumés de détournements de fonds et de corruption, il a passé son temps à essayer de répondre à toutes les poursuites, accusant le pouvoir de vouloir le salir. "Mes ennuis [avec le gouvernement, ndlr] ont commencé lorsque j'ai voulu me lancer dans la course pour la mairie de Caracas [en 2001, ndlr], deuxième poste le plus important dans le pays après celui du président. J'allais gagner et devenir l'opposant de Chavez". La justice lui barre la route et le prive de ses droits politiques pour trois ans, l'empêchant par la même occasion de concourir pour la présidentielle de 2012.
Depuis toujours, il explique qu'on lui "cherche des poux". Accusé en 1998 d'avoir reçu des fonds de la compagnie pétrolière publique PDVSA pour financer sa première fondation Primero Justicia, il avait été interdit en 2008 d'assumer toute fonction élective pendant un an. Seule victoire : il a gagné son procès devant la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) contre Hugo Chavez, qui lui avait interdit d'exercer tout mandat. Une décision qui n'a pas pu être appliquée car l'ancien président s'est retiré de l'institution européenne.

Intello

Briguer la mairie de Caracas n'est pas son premier fait d'armes politique. Ambitieux, Leopoldo Lopez a déjà une très longue carrière derrière lui. A 22 ans, il a déjà fait le Kennedy School, l'école la plus prestigieuse de la gouvernance, l'équivalent de l'ENA, à Harvard. En 2000, à 29 ans, il se présente à la mairie de Chacao, un quartier central et aisé de Caracas. La victoire est immédiate. Issu d'une famille aisée et cultivée, l'époux modèle et père de deux filles, présente bien et son charisme l'aide.
La résistance à l'oppression et la lutte pour l'égalité, il y est tombé dedans tout petit. Son père travaillait dans l'Education nationale et a élaboré un programme de bourse d'étudiants. Son grand-père a participé au premier gouvernement démocratique du Venezuela en 1945 avec Romulo Betancourt, ancien président et considéré comme "le père de la démocratie vénézuélienne". Et puis il y a ce lien sacré avec Simon Bolivar. "Dans la maison de la famille de Bolivar, il y a un arbre généalogique et je suis dedans", confie Leopoldo Lopez qui dit préférer rester discret sur ce détail familial. "Il ne la ramène pas sur ça, mais finalement le plus bolivarien de tous, c'est Leopoldo, c'est dans son sang!", assure un proche.

Homme de terrain

Pendant huit ans, le maire de Chacao fait ses preuves. "Notre gestion a été appréciée. Transparency international a désigné Chacao comme la zone la plus transparente du Venezuela", se félicite Leopoldo Lopez. En mai 2008, il se dédie à la création d'un parti politique de "centre gauche progressiste", dit-il, Voluntad Popular dont il devient le coordinateur, devenu en quelques années le "second parti d'opposition" au sein de la coalition Mud. Très proche de l'autre figure de l'opposition Henrique Caprilès, il estime faire partie de "l'avant-garde de la politique". "C'était très facile pour Chavez de présenter l'opposition comme de vieux croûtons de l'extrême-droite. Mais avec nous qui sommes jeunes, c'est plus difficile".
Sur la forme, comme sur le fond, Leopoldo Lopez est plutôt brillant. Sa force : le terrain. "Cela fait cinq ans que je travaille en politique sans être en poste. J'ai été un articulateur, formateur de réseau et j'ai eu du temps pour parcourir le pays en permanence." Coordinateur national de la campagne d'Henrique Caprilès, plus à droite que lui, il a également su tisser un bon réseau de soutiens. Pour Paula Vasquez Legama, chargée de recherche au CESPRA (attaché au CNRS et à l'EHESS), Leopoldo Lopez a une "hauteur intellectuelle" certaine. "C'est quelqu'un qui est bien dans l'articulation des idées sur la société, il n'est pas dans le slogan et fait des propositions", ajoute-elle, "celui qui est écouté au Venezuela c'est celui qui peut parler de la situation économique du pays."

Déjà des jalousies ?

L'opposant peut se targuer d'une solide connaissance dans le domaine économique. Après avoir travaillé pour l'entreprise publique de pétrole PDVSA où travaillait sa mère, sa thèse à Harvard portait sur le cadre institutionnel de l'industrie pétrolière, puis fût professeur à l'université catholique de Caracas toujours dans l'industrie pétrolière. Son anti-modèle économique : celui de Cuba qui selon lui, tend à s'étendre au Venezuela. "On va être cubanisé !", s'inquiétait Leopoldo Lopez.
Petite ombre au tableau, sa franche confrontation au pouvoir, qu'il incarne grâce à son mouvement "La Sortie", déplaît aux plus modérées de la Mud, dont le gouverneur Henrique Caprilès. Certains goûtent moyennement à sa nouvelle médiatisation. Ferait-il des jaloux ? Quand, il y a quelques mois on lui posait la question, il répondait "Il n'y a pas de bataille de leadership maintenant. Il y a des différences idéologiques entre nous, c'est logique. Mais nous avons beaucoup plus à gagner en restant unis".

Sarah Diffalah - Le Nouvel Observateur / http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20140221.OBS7201/venezuela-leopoldo-lopez-la-bete-noire-de-maduro.html

Leopoldo Lopez version plus … réfléchie !

Leopoldo López tel que le caractérise Ivina Cardinale est un « néonazi de confession, fasciste génétique putschiste de profession, qui offre un financement à de jeunes Vénézuéliens pour des stages d’entraînement paramilitaire à Miami ». Participant actif aux actions violentes du coup d’état de 2002 dont il un est des co-auteurs, Lopez était un des candidat aux primaires présidentielles de la MUD du 12 février 2012, mais sa candidature n’eut pas de succès et l’élection fut remporté par Henrique Caprilès Radonski.
Quelques mois auparavant, en décembre 2011, notre candidat malheureux, alors plein d’espoir, s’était rendu en Colombie pour y rencontrer l’ex-président Uribe afin de conclure avec lui un contrat de Conseil en Sécurité, pour sa future présidence.
En cette occasion López avait déclaré : « La Colombie est une référence absolument nécessaire et inégalable de ce que signifie le succès en matière de sécurité ». Alors qu’Uribe encensait ce candidat tout à fait à son goût : « Cela me préoccupe beaucoup que notre sœur Venezuela puisse se consolider en tant que dictature, un empire de destruction de la production, et aussi comme un refuge de la criminalité, c’est pourquoi, nous nous sommes réunit avec ce grand leader ».
Il avait alors mis à la disposition de López deux de ses « bras droits », Le premier José Obdulio Gaviria, avocat, cousin de l’ex chef du Cartel de Medellin Pablo Escobar, écrivait les discours d’Uribe et lui servait de conseiller politique chargé de donner une cohérence aux « théories » uribistes, surtout en matière de soutien et justification du paramilitarisme. Allant jusqu’à nier l’évidence des quelques 2000 cadavres victimes de ces escadrons de la mort retrouvés en 2O1O à La Macarena et les sordides assassinats de civils, faux positifs, tués pour que les militaires remplissent leur quota de guérilleros morts en les revêtant, après leur assassinat, de l’uniforme de la guérilla. Plusieurs mouvements populaires colombiens estiment que par ses liens actifs avec le paramilitarisme et le narcotrafic Obdulio Gaviria devrait être mené droit devant les tribunaux internationaux pour crime de lèse-humanité.
L’autre conseiller que Uribe mit à disposition de López est Alfredo Rangel, un défenseur inconditionnel du Plan Colombia et du leadership étasunien dans la mise en œuvre de ce plan dont il a été dit qu’il constituait une ingérence et une dépendance accrue de la Colombie vis-à-vis des EU qui fournissent les armes alors que les Colombiens, eux, fournissent les morts.
Un des objectif de López était de créer immédiatement des groupes paramilitaires légaux au Venezuela pour « lutter contre l’insécurité » en utilisant les méthodes colombiennes. Il n’est pas inutile de rappeler ici, que dans le cadre de cette lutte contre l’ « insécurité régionale » incarnée pour les yankees par le Venezuela bolivarien en général et son président Hugo Chavez en particulier, les Colombiens (et leurs maîtres militaires) avaient jugé bon d’infiltrer au Venezuela pas moins de 56 paramilitaires Colombiens, capturés en mai 2004, dans la propriété d’un membre de l’opposition, Roberto Alonsa, alors que revêtus de l’uniforme et des insignes de l’armée vénézuélienne, ils préparaient une tentative d’assassinat du président Hugo Chavez et de déstabilisation du pays, en se faisant passer pour des membres de l’armée nationale du Venezuela, la FANB.
On peut rappeler également que plusieurs groupes de paramilitaires avaient infiltrés le pays en Avril dernier, au moment des élections, encore une fois revêtus d’uniformes de la FANB, manque de bol, certains avaient été capturés parce qu’ils ne portaient pas le bon uniforme au bon moment. Actuellement des paramilitaires, en soutien aux teranientes, sèment la terreur dans la région frontalière, s’en prenant en particulier aux indigènes et petits paysans qui voudraient récupérer les terres dont ils ont été spoliés et qu’ils devraient récupérer dans le cadre de la Réforme Agraire entamée par Chavez. Fidèles à la bonne vieille méthode « sécuritaire » colombienne, qui, en semant la terreur, réduit les populations à l’impuissance, ils ont commis quelques meurtres et proférés pas mal de menaces contre les impudents qui voudraient faire valoir leurs droits, cette méthode à présent bien connue des mouvements sociaux d’Amérique Latine, du Pérou au Mexique en passant par le Honduras, porte le nom de Colombisation des Forces de Répression, et López en est un adepte inconditionnel. Nous verrons par la suite que des paramilitaires colombiens jouent également un rôle dans les processus de guérilla de la tentative de coup d'état actuel.
Mais là ne s’arrête pas les avancées de López dans la marche vers un conflit armé fratricide au Venezuela, puisqu’il a - il y a quelques mois - lancé un appel aux jeunes qui voudraient bénéficier d’une bourse pour participer à des stages de formations aux techniques paramilitaires à Miami. Stages qui ont effectivement lieu, et lors desquels les participants s’entraînent au tir de précision sur des cibles à l’effigie du Président Nicolas Maduro. Tout cela bien sûr sous prétexte de contribuer à établir la paix dans le pays et de créer un réseau de solidarité avec les « victimes du terrorisme marxiste ». Question "naïve", est-ce conforme aux règles du droit international, qu'un pays héberge et facilite l'entrainement de terroristes qui se préparent à renverser un gouvernement démocratiquement élu ? Rappelons qu'une enquête menée par un ensemble d'organisations non gouvernementales des EU, d'Amérique Latine, du Canada, établi que 87% des vénézuéliens ont confiance en leur démocratie, certainement un des chiffres les plus élevés au monde.
Miami, on ne présente plus, c’est le lieu où sont fomentés les complots qui visent à renverser les président(e)s progressistes d’Amérique Latine, le lieu ou depuis des décennies s’entraînent les terroristes qui les servent, le lieux où se réfugient les criminels recherchés dans leur pays, anciens bourreaux de Condor ou financiers corrompus, et c’est aussi un haut lieu du blanchiment de l’argent du narcotrafic auquel tout ce « beau monde » est plus ou moins liés et source de la fortune de plusieurs d’entre eux. Les liens en sac de nœuds qui lient entre eux dans des zones d’indiscernabilité, narcopoliticiens aux ordres, oligarchie vassale, DEA, « répresseurs nationaux et internationaux » de l’armée aux paramilitaires, comme les AUC, Autodéfenses Unie de Colombie. Une procédure judiciaire internationale est actuellement en cours contre Uribe, pour son rôle directeur de ces groupes de meurtriers – tortionnaires – violeurs. C’est aussi le lieu ou convergent et se nouent les associations avec le pouvoir de "Washington" qui par l’intermédiaire de diverses fondations et organismes subventionne la déstabilisation, les uns agissant ouvertement, les autres clandestinement.
La mainmise par les corporations sur les richesses des pays du Sud, par appropriation de la Terre est une réalité qui gagne du terrain et tue, affame, assoiffe, terrorise ou désespère,  chaque jour, des dizaines de millions de gens - et beaucoup de jeunes enfants chez qui un taux de suicide croissant cause une grande inquiétude -  cela  pour mener des projets d’agro-industrie, d’extractivisme, de tourisme « écologique », de zones franches, des projets de soustraction de territoire à la souveraineté nationale qui connaissent leur forme la plus aboutie dans les projets de « Cités Modèles » actuellement programmées au Honduras, et qui ont pour but de se répandre dans la région,… et dans le monde (voir la victoire contre Eurovegas en Espagne). De véritables enclaves néolibérales ayant leur propres lois, leurs propres services de répressions, leurs propres règlements d’esclavage des travailleurs et dont une association « sans but lucratif » fait la propagande dans le monde, entre chantage à la dette et promesse de création d’emplois.
C’est à la promotion de tels projets que travaille López, un gamin qui a grandit dans les quartiers réservés de l’Olympe Vénézuélienne, avant d’être envoyé au Kenyon Collège (haut lieu de recrutement pour la CIA) et à Havard au Kennedy School of Government dont un des célèbres anciens est le général Petraeus en personne…
Stella Calloni et Eva Golinger ont mené des enquêtes de grande ampleur pour démonter la toile d’araignée de l’invasion silencieuse de la CIA en Amérique Latine à travers des ONG de façade dont l’USAID est la plus connue, mais est loin d’être la seule - y sévit aussi sous le nom de JAVU, le programme de OTPOR/CANVA de Gene Sharp - et à travers lesquelles des milliards de dollars  ont été et sont consacrés à la déstabilisation de l’Amérique Latine Rebelle à la néo colonisation, tant peuples que gouvernements ; c’est dans cette mouvance qu’il faut placer López, Uribe ainsi que d’autres agents actifs de la déstabilisation régionale, comme le conseiller (d’origine vénézuélienne) des politiciens d’extrême-droite, JJ Rendon, qui après avoir dirigé la plus monstrueuse fraude électorale jamais menée au Honduras en décembre dernier, s’est retrouvé au Salvador pour la prochaine échéance présidentielle du continent, il n’est donc pas surprenant qu’il ait également été le conseiller de Capriles, une de ses spécialité consistant à salir les adversaires avec les plus ignobles mensonges « plausibles » que sa sinistre imagination produit.
On peut sans grand risque de se tromper considérer López, ou Caprilès, et d’autres comme fer de lance de la reprise en main du Venezuela par les pilleurs de planète, pour lesquels les morts d’une guerre civile sont autant de bouches inutiles à nourrir en moins, et les « interventions humanitaires » l’occasion de juteux contrats léonins, de même que les fumigations de Round Up et autres mortelles saloperies, plutôt en Amérique Latine qu’aux EU font partie de cette irréprochable logique économique énoncée sans détour par Lawrence Summer (ex-directeur du FMI et conseiller économique de Bush puis d’Obama de la première heure à la fin 2013), qui postule que les entreprises polluantes doivent être placées là « où les gens ont moins de valeur » (marchande..).
Ce qu’il faut retenir de López dans le cadre de la tentative de coup d’état actuel : son appartenance à une oligarchie vénézuélienne qui a en permanence un pied au Venezuela et l’autre à Miami et qui fait fait partie des serviteurs zélés de transnationales, qui leurs permettent en échange de participer aux modes de vie de l’Olympe apatride.
Que ce monde est profondément raciste, élitiste, méprisant le peuple et estimant que toute dépense pour lui accorder éducation, soin de santé, logement et autres composantes de la bonne vie, qui sont amplement mises en place au Venezuela, sont des gaspillages éhontés qui risquent de les priver des moyens d’acheter le dernier modèle de grand couturier de quelques cents mille dollars, la dernière voiture du plus grand luxe ou une nouvelle nième résidence, avec marina. C’est une réalité dont s’est plaint Manuel Zelaya, victime d’un coup d’état après avoir violé la règle de "tout pour l’oligarchie rien pour le peuple" et récemment le nouveau président du Paraguay a fait une déclaration en ce sens… encore un qui prend la mauvaise pente du socialisme du 21ème siècle ? une histoire d’humanité tout simplement ?
Comme je disais précédemment, malgré la mort de Chavez, tellement souhaitée et appelée (et provoquée ?) par ces pilleurs sans conscience, la révolution bolivarienne tient bon, et les échéances électorale qui devait en être les étapes de déstabilisation ont au contraire démontré sa solidité, sa large et profonde implantation. Si Chavez était grand, c’est qu’il s’était hissé, sur les épaules d’un peuple auquel il avait tendu la main pour qu’il se lève et se dresse de toute la hauteur de sa dignité nouvellement conquise, ne consentant à mettre « genou à terre » que pour faire allégeance non pas à un homme ou une femme mais bien à la Révolution de tout un Peuple. Chavez est un nom, "nous sommes tous Chavez", c’est cet ensemble où un peuple porte sur ses épaules celui qui a la vue la plus perçante, une vision d’avenir à long terme, mais aussi ce talent stratégique qui lui a permis de voir l’ennemi venir de loin et de construire la défense dissuasive du Venezuela contre ceux qui veulent en faire la proie de leurs pillages.
Chavez est bien sûr irremplaçable mais chacun s’efforce d’endosser l’héritage collectif - qui à travers les communes et autres mouvements sociaux sont la construction en acte du socialisme du 21ème -   que la révolution bolivarienne poursuive son chemin, conduisant vers la bonne vie, tous ceux qui sont prêt à participer à ce projet, fondé dans l’amour, la paix, le partage et la joie et aussi un immense pouvoir créatif d’intelligence collective.

A retenir donc, en ce qui concerne Lopez, son organisation de stages de paramilitarisation pour former des paramilitaires opposants sont la claire évidence d'une volonté de déstabilisation programmée. Des faits hautement condamnables lorsque ils ne sont pas menés avec l'aide, la bienveillance, et la collaboration active de "Washington". Mais qui avec son soutien et sa stratégie multimillionnaire de "diabolisation de l'ennemi" renverse les rôles et fait des bourreaux de peuples les chouchous de l'opinion publique internationale... pas tout à fait heureusement et un large mouvement de solidarité avec le vaillant et pacifique Peuple Bolivarien de Venezuela se fait entendre dans le monde entier...

Anne Wolff / http://les-etats-d-anne.over-blog.com/article-venezuela-mais-qui-est-donc-leopolo-lopez-122572472.html

Et juste parce que ça m’énerve …

Je viens déjà de sortir un article traitant du grand journal de canal plus qui m’a exaspéré, en se la jouant « sérieux », avec grand reporter sur le terrain, et le tout pour reproduire la même désinformation que les autres médias. Pour des journalistes affichés « de gauche », tomber dans le moule de la merdiatisation, est un véritable gachis (trahison ?) . Voir plus particulièrement ces deux caricaturales investigations propagandistes :
http://www.canalplus.fr/c-divertissement/c-le-petit-journal/pid6381-les-extraits.html?vid=1023629&sc_cmpid=SharePlayerEmbed
http://www.canalplus.fr/c-divertissement/c-le-petit-journal/pid6381-les-extraits.html?vid=1024858&sc_cmpid=SharePlayerEmbed

Et l’article qui accable ces dérives honteuses : http://forget.e-monsite.com/pages/la-liberte-francaise/quand-canal-plus-ratrappe-les-merdias.html

Et voilà t’y pas qu’un autre gauchiste affirmé, Laurent Ruquier, se met lui aussi à croire à la bonne parole occidento-hypocrite, et à répéter les mêmes mensonges que les confrères dont il essaye pourtant de se démarquer :
 L’émission du 26 février dernier en intégralité ; le passage nous concernant débute à 14’22 et se termine à 17’15.
http://www.france2.fr/emissions/l-emission-pour-tous?gclid=CPuov7Kj7bwCFWLHtAodqiMASg

Je suis absolument révolté de voir aux heures de grande écoute, des journalistes ou animateurs socialistes tomber dans le propagandisme de masse anti-gauche, sans s’en rendre compte ( ?).
Sans doute sont-ils trop jeunes pour se souvenir que ce même scénario qu’ils décrivent comme émancipateur, a déjà été joué en 1973 au Chili, aboutissant à une des pires dictatures de la planète.

CONDAMNER MADURO, C’EST CAUTIONNER PINOCHET …

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Date de dernière mise à jour : 01/03/2014

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