Evo Morales expulse l'Usaid de Bolivie

Source : Le Monde.fr | 01.05.2013 

Le président bolivien, Evo Morales, a annoncé, mercredi 1er mai, l'expulsion de Bolivie de l'United States Agency for International Development (Usaid), l'agence américaine pour le développement international, en l'accusant d'ingérence dans les affaires intérieures boliviennes.

"Nous avons décidé d'expulser l'Usaid de Bolivie. L'Usaid s'en va de Bolivie", a lancé M. Morales lors d'un discours prononcé à l'occasion d'un rassemblement public pour la fête des travailleurs, sur la place d'Armes de La Paz. L'Usaid, présente en Bolivie depuis 1964, se trouverait dans ce pays "pour des objectifs politiques et non pour des objectifs sociaux", selon M. Morales. L'Usaid et d'autres institutions liées à l'ambassade des Etats-Unis à La Paz "conspirent contre le peuple, et particulièrement contre le gouvernement national", a accusé M. Morales, qui dirige la Bolivie depuis 2006.

En 2008, pour des motifs similaires, la Bolivie avait expulsé l'ambassadeur des Etats-Unis et la Drug Enforcement Administration, l'agence anti-drogue américaine.

Il y a un an jour pour jour, il avait annoncé la nationalisation de la fililale de l'entreprise espagnole Red electrica español. Une décision qui s'inscrivait dans une ligne politique de mainmise de l'Etat sur les ressources naturelles et des domaines régaliens tels que l'éducation, la santé ou l'énergie.

Une politique de nationalisation

Depuis l'arrivée au pouvoir d'Evo Morales, la Bolivie a lancé un plan de nationalisation des hydrocarbures, des télécommunications et des ressources minières auparavant détenus par des multinationales.

Ainsi, en février, les autorités boliviennes avaient-elles annoncé la nationalisation de l'entreprise de services aéroportuaires Sabsa, filiale des compagnies espagnoles Abertis et Aeropuertos Españoles y Navegación Aérea (AENA). Sabsa gérait les aéroports de La Paz, Cochabamba et Santa Cruz, qui ont été placés sous administration de l'armée. M. Morales avait justifié cette nationalisation, la troisième concernant une entreprise espagnole en un an, par "la défense de l'intérêt public".

En décembre 2012, c'était au tour des compagnies espagnoles d'électricité Electropaz et Elfeo de passer sous le giron de l'Etat bolivien. Tout comme le géant minier suisse Glencore, qui subissait, il y a un an, le même sort.


Le président Evo Morales expulse l’USaid de Bolivie

Source : http://america-latina.blog.lemonde.fr

Lors du traditionnel meeting du 1er mai à La Paz, le président bolivien, Evo Morales, a annoncé l’expulsion du pays de l’agence américaine de coopération internationale, l'USaid. Depuis qu’il est arrivé au pouvoir, en 2006, Evo Morales profitait de cette date pour annoncer des nationalisations. La première année, il avait étatisé les hydrocarbures, principales richesses de la Bolivie. Les années suivantes, il avait annoncé des expropriations de diverses entreprises.

« Aujourd’hui, nous allons nationaliser seulement la dignité du peuple bolivien », a déclaré Evo Morales, mercredi. Il accuse l’USaid de conspiration et d'ingérence, et lui reproche de dresser des dirigeants syndicaux contre le gouvernement. En 2011, lors de la mobilisation des indigènes de l’Amazonie bolivienne contre le tracé d’une route qui devait traverser leurs terres, Evo Morales les avait accusés d’être manipulés par l’ambassade des Etats-Unis.

« Nous ne devons pas avoir peur de l’impérialisme américain », a affirmé le président bolivien.

En 2008, il avait déclaré persona non grata l’ambassadeur américain Philip Goldberg, objet d’allusions homophobes, et avait expulsé du pays l’agence antidrogue des Etats-Unis, la DEA (Drug Enforcement Administration).

Washington a rappelé que les aides d’USaid s’inséraient dans le cadre du Plan national de développement adopté en 2008 par le gouvernement bolivien. Ils concernaient des programmes de santé, d'éducation ou de protection de l’environnement.

Le président bolivien autorisé à briguer un troisième mandat

L’antiaméricanisme est une seconde nature chez Evo Morales, depuis le temps où il était le dirigeant des cultivateurs de la feuille de coca du Chapare (département de Cochabamba). Les autorités boliviennes de l’époque avaient tenté vainement d’éradiquer les plantations, avec l’aide des Etats-Unis.

Evo Morales a une bonne raison pour relancer l’antiaméricanisme. L’opposition a décidé de recourir à l’Organisation des Etats américains (OEA) contre la décision du Tribunal constitutionnel, datée du 29 avril, qui autorise le président bolivien à briguer un troisième mandat.

La Constitution de 2009 interdit formellement un troisième mandat présidentiel consécutif. Evo Morales a été élu à la présidence de la République en 2006, avec 53,7 % des voix. Fin 2009, il a été réélu avec 64 % des suffrages. Ses partisans prétendent que le premier mandat ne compterait pas, puisqu’il est antérieur à la nouvelle Constitution.


USAID : déstabilisation et espionnage, des piliers de la guerre globale

Un milliard de dollars investis chaque année dans des opérations d’ingérence USAID/CIA

Par Jean-Guy Allard / Mondialisation.ca, 02 octobre 2012

Les États-Unis investissent un milliard de dollars annuellement dans des opérations « humanitaires » en Amérique Latine et les Caraïbes par le biais de leur Agence pour le Développement International (USAID), a révélé Mark Feierstein, administrateur de l’organisme d’état nord-américain accusé d’être une façade de l’intelligentsia nord-américaine. Feierstein, un fonctionnaire fédéral avec un passé lié à des activités d’ingérence a dit à Miami que Haïti -où l’USAID a réalisé des activités controversées – que la Colombie, le Mexique, l’Amérique Centrale et le Pérou sont dans “la liste des priorités” de cet organisme.

 Dans un moment de joie excessif pour fêter les “succès” de cette filliale du département d’Etats, Feierstein a ouvertement déclaré que “cinq millions” seront dédiés à la “démocratie” au Venezuela cette année. Pourtant, l’USAID s’est retirée du pays par peur de la Loi de Défense de la Souveraineté Politique et l’Autodétermination Nationale. Cette loi interdit depuis fin 2010 le financement externe des partis politiques. Un “secteur très important pour cette agence est celui qui est en relation avec la démocratie et pour cela des programmes sont mis au point pour fortifier les institutions dans la plupart des pays de la région”, a t-il justifié sans référence à la violation de la loi. Pour le cas du Venezuela, cinq millions de dollars seront destinés à l’assistance technique pour “promouvoir et protéger la démocratie et les droits humains“, a insisté Feierstein.

“Stratège” de candidat assassin

En 2002, ce chef régional de l’USAID, spécialiste de l’ingérence, servit de stratège dans la campagne électorale de l’ex-président bolivien Gonzalo “Goni” Sánchez de Lozada et son Mouvement Nationaliste Révolutionnaire (MNR). “Goni” est celui qui a ordonné le massacre durant la fameuse “Guerre du gaz” en octobre 2003. Bilan : 67 morts et 400 blessés, majoritairement des civils. Fugitif de la justice bolivienne, il se trouve maintenant aux États-Unis.

Les idéaux de Feierstein sont tellement humanitaires qu’il fut successivement nommé dans les années 90 comme “Responsable de Projet” au Nicaragua, dans l’opération réalisée pour la National Endowment for Democracy(NED), filiale de l’USAID ; directeur pour l’Amérique Latine et les Caraïbes de l’Institut Démocratique National, autre instrument d’ingérence impérial subventionné par l’USAID ; et Conseiller Spécial de l’Ambassadeur des USA dans l’Organisation des États Américains (OEA).

Le jour-même de la conférence de presse du fonctionnaire nord-américain, le président bolivien Evo Morales a dénoncé que les États-Unis, par le biais de l’USAID, espionne “la Bolivie et d’autres pays latino-américains”. “Je suis convaincu que certaines ONG, plus particulièrement celle financées par l’USAID, sont la cinquième instance de l’espionnage, non seulement en Bolivie, mais dans toute l’Amérique latine”, a accusé Evo Morales durant une conférence de presse dans la ville de Oruro.

Au Mexique, l’impact potentiel pour les Etats-Unis

En ce qui concerne la Colombie et le Mexique, Feierstein admet que son organisation “fournit de l’assistance pour les thèmes de sécurité”, sans être explicite. “Au Mexique, poursuit-il, la bataille se livre contre le trafic de drogue”, tandis que la Colombie cherche “à consolider ses progrès en terme de sécurité”. “Ces sujets sont devenus maintenant des priorités pour l’USAID”, a confessé Feierstein. Au Mexique, l’organisme étasunien multiplie les opérations “parce que l’impact potentiel peut être important pour les Etats-Unis quand il y a de l’instabilité dû à la violence criminelle”. Il n’a pas mentionné l’omniprésence dans le pays aztèque, confirmée par ces mêmes organismes de sécurité, du FBI, de la DEA et… de la CIA. L’USAID alloue environ 180 millions de dollars à la Colombie et entre 50 à 60 millions de dollars au Pérou, Mexique, Honduras et Guatemala, selon le fonctionnaire. “Nous sommes très satisfaits” du progrès obtenu a Haïti, dit-il en affirmant que “dans le domaine de la production agricole, où l’USAID a travaillé avec les agriculteurs” (sic) l’USAID “a pu doubler, ou même tripler, la production durant les deux dernières années“. Il afficha beaucoup d’enthousiasme pour un parc industriel qui sera inauguré dans le nord d’Haïti avec des entreprises étasuniennes. Cependant, il évita de rappeler que l’USAID, avant et après le tremblement de terre, a organisé, orienté et financé plusieurs des organisations politiques haïtiennes du pays, en coordination avec le Département d’État et parallèlement à la présence de 10 000 hommes du Comando Sur.

L’USAID a également joué un rôle-clé dans le renversement du Président Jean-Bertrand Aristide, en 2004.

A Cuba, où l’USAID dépense ses millions en opérations de déstabilisation qu’elle confie à des entrepreneurs, ces fonds sont distribués par Mark Lopes, sous administrateur adjoint, qui fut “représentant personnel” du Sénateur cubano-américain Bob Menendez, digne représentant de la mafia cubano-américaine au Capitole de Washington, complice de chaque “initiative” législative hostile à Cuba et au Venezuela. Ces dernières années, on a signalé pour Amérique latine la présence de l’USAID en Bolivie, au Brésil, en Colombie, à Cuba, en Equateur, El Salvador, au Guatemala, a Haïti, au Honduras, au Mexique, au Nicaragua, à Panama, au Pérou, en République Dominicaine et au Venezuela. En de multiples occasions, il a été prouvé que l’USAID, en plus de fournir une couverture à des officiels de la CIA, a recruté, préparé et financé des éléments qui ultérieurement se sont présentés comme des agents au service des intérêts nord-américains

Traduit de l’espagnol par Henri Azar pour Investig’Action

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Date de dernière mise à jour : 27/05/2013

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