Marisol Valles, au nom de la loi mexicaine

C’est vraiment le job dont personne ne voulait. Mais Marisol Valles Garcia a bien voulu relever le défi. A 20 ans et un enfant de 7 mois, elle est devenue la plus jeune chef de police d’une des villes les plus dangereuses au monde, Praxedis Guadalupe Guerrero, dans l’Etat du Chihuahua, au nord du Mexique et à la frontière du Texas.

Un job à très haut risque si l’on considère que ses deux prédécesseurs s’étaient fait descendre en 2009 par les cartels des narcotrafiquants qui règnent en maîtres depuis quelque temps dans la vallée de Juarez.

Le poste était resté vacant depuis tout ce temps. Pas un type ne voulait reprendre le flambeau. Il faut dire que les narcos savent y faire pour décourager toute vocation. Cela va du meurtre de sang-froid au kidnapping suivi d’une décapitation, en passant par l’éradication de familles entières, histoire de rendre le message clair et net. Mais la jeune étudiante en criminologie, qui visiblement n’a pas froid aux yeux, a tout de même accepté de risquer sa vie pour le bien de sa petite ville, ravagée par une guerre entre deux gangs notoires du cartel de la drogue.

"Mes hommes vont faire du porte-à-porte à la recherche de tout criminel"

Ces derniers s’affrontent sans merci pour le contrôle d’une autoroute qui mène droit au Texas. Une lutte à mort, sachant que cette trajectoire va leur permettre d’inonder le marché américain. En effet, 90 % de la cocaïne consommée aux Etats-Unis provient du Mexique. Alors, pour contrecarrer les cartels, la jeune femme a pensé à un truc très simple: "Mes hommes vont faire du porte-à-porte à la recherche de tout criminel. Le projet est simple, basé sur des valeurs et des principes qui relèvent de la prévention en matière criminelle."

Le gouvernement mexicain a déclenché une guerre féroce contre les trafiquants et déployé 50.000 hommes, surtout des militaires, dans les zones les plus touchées par le trafic. Depuis, la violence n’a fait qu’augmenter: 28.000 morts en trois ans. Ces dernières années, près d’une trentaine d’élus ont été ainsi abattus dans la vallée de Juarez. Et plus de 7.000 personnes sont déjà mortes assassinées en 2010, l’année la plus meurtrière pour le président mexicain Felipe Calderon.

Marisol Valles Garcia doit son poste à un homme: le maire José Luis Guerrero, qui voulait une femme à la tête de sa police. Le profil de cette jeune femme fluette lui a tout de suite plu. Elle est du cru et vient d’une famille qui n’a pas cédé devant les assauts des narcotrafiquants ces dernières années. En outre, les études de criminologie qu’elle poursuit lui donnent une bonne connaissance des différents types de délinquance. Marisa a quand même demandé l’avis à son père, à son jeune mari mécanicien, à sa mère et à ses trois sœurs. Tous, assure-t-elle, l’ont encouragée ou, en tout cas, ne l’ont pas dissuadée. La jeune femme a donc pris ses fonctions sous le feu des projecteurs, mercredi, et posé pour la postérité comme la femme la plus courageuse du moment.

Source : http://www.lejdd.fr/

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Commentaires (1)

alain portin
  • 1. alain portin | 01/12/2010
Dans EL PORVENIR du 30/11/2010
http://www.elporvenir.com.mx/notas.asp?nota_id=450630

Assassinat de la chef principale de la police de Chihuahua


Les pistoleros (hommes armés) l'ont intercepté dans la ville de Los García, situé à 10 kilomètres de la municipalité et où elle avait sa résidence.

Meoqui, Chihuahua - « Celui qui ne doit rien ne craint rien », était généralement la réponse de Hermila García Quiñones quand on l'interrogeait pour la quelle raison elle ne portait pas d'arme et n'avait pas d'escorte de sécurité.

Ce lundi un commando a assassiné La Jefa (The Boss, la chef), comme l'appelaient ses subalternes, quand elle arivait à son bureau pour entamer une nouvelle journée en tant que directeur de Sécurité Publique de la commune de Meoqui, en Chihuahua.

Les pistoleros l'ont interceptée vers 19 heures 20 dans la ville de Los García, situé à 10 kilomètres de la municipalité où elle avait sa résidence.

La fonctionnaire venait de prendre ses fonctions le 9 Octobre dernier et avait sous son commandement 90 policiers, qui étaient chargés de la sécurité de cette municipalité agricole située à 70 kilomètres au sud de la capitale.

Selon le maire Jesus Salvador García, Hermila García n'avait pas reçu de menaces de mort, ni avait eu à faire face à des confrontations avec des membres des bandes du crime organisé qui opèrent dans la région.

Hermila García Quiñones était une des deux femmes qui occupaient le plus haut rang dans les services de sécurité gouvernementaux locaux de l'état.

Le 19 octobre dernier, Marisol Valles García, 20 ans et étudiante en criminologie, a été autre femme qui a été nommé responsable de la Sécurité Publique Municipale à Guadalupe dans le district de Bravos, dans la Vallée de Juárez, une zone très marquée par la violence des bandes du crime organisé.

En plus de ces deux femmes, le 8 novembre Verónica Ríos Ontiveros et Olga Herrera Castillo, femmes au foyer, se sont transformées en titulaires du poste de commissaires de la ville de El Vergel et de de celle de Villa de Luz de Ciudad Juarez, devant le refus des hommes d'occuper ces responsabilités en raison du climat de violence.

Contrairement à la jeune Marisol Vallées, qui a été assigné à son poste après que aucun homme n'ai voulu accepter la charge par crainte, La Jefa (The Boss, Hermila García Quiñones) avait été le premier choix du maire de Meoqui.

«C'était une femme extraordinaire, j'étais proche d'elle car elle restait pour moi la petite fille dont j'avais été son professeur quand elle a suivi le second degré de l'enseignement primaire, c'était une fille très intelligente et très courageuse, qui a toujours montré son désir de servir la Communauté à travers la sécurité et c'est pour cela que nous l'avons invité à collaborer avec nous », a déclaré le maire.

Agée de 38 ans, la victime avait deux titres professionnels : un diplôme en Informatique et l'autre en Droit Pénal.

Elle avait mené sa carrière professionnelle durant les dernières années dans les services de sécurité du gouvernement fédéral et son dernier poste avait été comme procureur du Ministère Public dans la ville de Ciudad Delicias.

Après son entrée en fonction, Hermila García a commencé une restructuration de la police municipale qui comprenait une remise à neuf des installations selon les normes du Secrétariat de la Défense nationale, la fourniture de nouveaux uniformes et d'armes pour les agents, grâce à l'appui du gouvernement fédéral et un processus de "nettoyage" des mauvais éléments.

« Nous allons travailler de manière coordonnée avec les différentes services, nous essayerons d'améliorer les conditions et d'en terminer avec la psychose qu'a la population d'ici dans cette juridiction, voulons que revienne la sécurité et la tranquillité, nous avons un travail très difficile à faire », avait déclaré le jour de sa prise de fonction la directrice assassinée.

Elle était célibataire, sans enfants, la plus jeune de sa famille et vivait avec ses parents, qu'elle soutenait financièrement.

Zone de violence depuis le milieu de 2009 à ce jour, Meoqui est devenu une région avec forte présence de groupes armés criminels.

Depuis le début de 2010 ont été enregistrées au moins 40 exécutions, chiffre qui dans une autre époque d'y il y a quelques années équivalait au total d'homicides d'environ sept années.

Le maire Jesus Salvador Esquivel a informé que l'enquête sur l'attentat de la fonctionnaire a été renvoyé au procureur général de Chihuahua pour qu'il se charge des recherches.

Il a mentionné que le sous-commandant Vincent Serrano prendra la relève comme directeur par intérim de la police.

Le gouverneur de Chihuahua a renforcé la sécurité du maire de Meoqui, a dit la secrétaire générale Graciela Ortiz.

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