Bob Geldof

 



 

 


Bob Geldof : Artiste anti-pauvreté
Entretien avec la rock star

Bob Geldof, artiste engagé depuis une quinzaine d’années pour la lutte contre la pauvreté en Afrique, a participé à l’élaboration du rapport de la Commission pour l’Afrique. Afrik l’a rencontré pour lui parler bien évidemment de culture.

Afrik.com : Dans le rapport de la Commission pour l’Afrique, vous insistez sur l’importance de la culture...
Bob Geldof :
La culture, ce n’est pas seulement la musique ou quelque autre expression artistique. Nous développons des systèmes politiques et économiques qui sont le résultat d’une réflexion intellectuelle. Une réflexion qui est elle-même inspirée par notre culture. L’Afrique développe un cadre socio-politique adapté à ses réalités. Aussi, quand nous imposons notre façon de voir, inspirée d’une culture, à d’autres qui, eux, sont soumis à d’autres influences, ça ne marche pas. Nous le savons et devons, par conséquent, prendre en compte ce paramètre comme cela a été fait dans ce rapport.

frik.com : Vous allez organiser des concerts simultanés dans les grandes villes des pays développés pour promouvoir les recommandations du rapport de la Commission pour l’Afrique. Un évènement hautement culturel...
Bob Geldof :
Non, encore une fois, c’est politique (sourire) parce que ces concerts sont motivés par des raisons politiques. On utilise juste un aspect de la culture pour mettre l’accent sur un autre.

Afrik.com : Vous pensez pouvoir atteindre ainsi les gens...Car en définitive, ce ne sont pas eux qui vont faire doubler l’aide au développement. A moins de vouloir les convaincre d’être réceptifs à une taxation éventuelle sur leur prochain billet d’avion ?
Bob Geldof :
Les gens sont conscients des maux de notre planète et jouissent du libre arbitre. Evidemment que nous les atteindrons, des milliards de personnes verront ces concerts. C’est un acte politique (sourire).

Afrik.com : Pourquoi Bob Geldof s’engage-t-il autant depuis plus d’une décennie pour l’Afrique ?
Bob Geldof :
Nous avons le pouvoir de changer les choses. Ce n’est pas normal qu’une partie du monde soit laissée dans la pauvreté. Je me serai de toute façon engagé pour lutter contre la pauvreté quelque soit la région du monde concernée. Il se trouve que j’aime l’Afrique. Si le Canada avait été pauvre pour quelque raison que ce soit, j’aurai fait ça pour le Canada.

 

"love like a rocket"



Bob Geldof


Bob Geldof en concert à Rock am Ring en 1987
Bob Geldof en concert à Rock am Ring en 1987

Robert Frederick Zenon Geldof, dit Bob Geldof est un chanteur, auteur-compositeur, acteur et activiste politique irlandais. Né le 5 octobre 1951, à Dún Laoghaire dans le comté de Dublin, il est surtout connu pour les concerts de charité qu'il a organisé. Son père était vendeur ambulant, et sa mère est morte alors qu'il avait sept ans, mort qu'il décrira plus tard comme étant « l'expérience la plus formatrice de sa vie ».

Les débuts

Il fit ses études au Blackrock College, près de Dublin, mais de son propre aveu il n'était pas un brillant élève. Sa première expérience professionnelle fut d'écrire dans un journal rock underground au Canada, tout en rêvant de devenir une star de rock. En 1975, il retourne à Dublin où il fonde un groupe avec ses amis : les Nightlife Thugs qui deviendront finalement les Boomtown Rats, groupe duquel il est le chanteur. En 1977, ils signent chez Mercury Records, au moment même où le mouvement punk explose au Royaume-Uni. En s'inscrivant dans ce courant, les titres Rat Trap et I Don't Like Mondays rencontreront le succès dans les charts britanniques, mais aussi la controverse.

Version Boomtown Rats :

 

I Don't Like Mondays faisait référence à Brenda Ann Spencer, une jeune fille de 16 ans qui, grâce au 22 long rifle offert par son père pour Noël, ouvrit le feu fin janvier 1979 dans la cours d'une école primaire à San Diego en Californie. Elle blessa huit enfants, un officier de police et tua deux adultes. A son arrestation, elle justifia son acte en disant : « Je n'aime pas les lundis » (I don't like mondays). Ce fait divers et surtout l'absence de motivations poussant la femme à tuer ont inspiré les paroles de la chanson devenue n°1 des charts britanniques, dont le refrain était:

« Tell me why?
I don't like Mondays.
I want to shoot
The whole day down. »

« Dis-moi pourquoi ?
Je n'aime pas les lundis
Je veux tirer
Toute la journée. »

 

 

Version  solo en live au Live 8

Après cela, Bob Geldof se fit connaître comme un porte parole haut en couleur de la musique rock. A la première apparition de The Boomtown Rats dans l'émission irlandaise The Late Late Show diffusée sur Telefís Éireann, une pluie de protestations des spectateurs s'est abattue. Il fut aussi occasionnellement acteur, mais avec un rôle phare : l'interprétation de Pink, le héros du film Pink Floyd The Wall, adaptation cinématographique de l'album The Wall du groupe Pink Floyd.

Bob Geldof dans the wall :    

Il est également le personnage principal du court-métrage "I am Bob"(2007), de Donald Rice, prix du rire Fernand Raynaud au festival internationnal du court-métrage de Clermont-Ferrand en 2008.

 

Les concerts de charité

Le Band Aid

En 1984, la carrière des Boomtown Rats est sur le déclin. En novembre, Bob Geldof voit à la BBC un reportage de Michael Buerk sur la famine en Éthiopie, déplorant le manque d'aide internationale. Bob réagit et contacte Midge Ure, chanteur du groupe Ultravox et ils écrivent ensemble la chanson Do They Know It's Christmas?. Toujours en novembre, il est invité à BBC Radio one, mais au lieu de faire la promotion de son nouvel album comme prévu, il use du temps d'antenne pour faire valoir l'idée d'un single de charité en faveur de l'Éthiopie. Les médias furent vite intéressés par cette générosité.

Pour interpréter le morceau, Bob Geldof et Midge Ure ont alors mis sur pied le Band Aid, un groupe réunissant les plus grandes stars de rock britanniques et irlandaises de l'époque, soit 45 personnes en tout : en faisaient partie Bono, George Michael, Simon Le Bon (chanteur du groupe anglais Duran Duran), Sting, David Bowie, Paul McCartney, Phil Collins pour les plus connus.

Geldof s'attendait à un succès modeste (il espérait 70 000 livres), au lieu de cela, les recettes furent très importantes. Au Royaume-Uni, le single s'était vendu à un million d'exemplaires en une semaine, et resté cinq semaines numéro un des charts et plus de trois millions d'exemplaires ont finalement été écoulés, faisant du titre la deuxième meilleure vente de tous les temps.

C'est ce succès qui a donné l'idée de la chanson We are the world (enregistrée le 28 janvier et sortie le 7 mars 1985), toujours dans le but de lever des fonds pour lutter contre la famine en Éthiopie. Co-écrite par Michael Jackson, Stevie Wonder et Lionel Richie, elle rencontrera également un immense succès mondial. Geldof y chante quelques paroles à la fin du morceau.

Le 29 novembre 2004, un nouveau single est mis en vente (mêmes paroles, même musique, seuls les chanteurs changent), mais cette fois-ci contre la famine au Soudan. Le groupe est rebaptisé Band Aid 20 et reste composé de stars du rock de l'époque : Thom Yorke, Dido, Robbie Williams etc.

Le concert Live Aid

Fort du succès du Band Aid, Bob Geldof et Midge Ure décidèrent d'organiser une série de concerts, toujours pour recueillir des fonds afin de lutter contre la famine en Éthiopie. Il y eut des initiatives à Sydney ou à Moscou, mais les principaux concerts eurent lieu au stade de Wembley à Londres (environ 72 000 spectateurs) et au stade JFK à Philadelphie (environ 90 000 spectateurs).

L'ensemble a été retransmis en direct à la télévision dans plus de cent pays, pour un total cumulé de 1,5 milliard de téléspectateurs.

A cette occasion, les téléspectateurs étaient invités à téléphoner et à faire des promesses de dons. Au final, on estime que ces concerts ont rapportés environ 150 millions de livres sterling de l'époque (à peu près 245,4 million de $).

C'est suite à cela que Bob Geldof fut décoré de l'Ordre de l'Empire britannique (KBE) par la reine Élisabeth II.

Les concerts Live 8

Le 31 mars 2005, Bob Geldof annonce la tenue d'une série de concert le 2 juillet 2005 nommés « Live 8 ». Le 8 faisant référence aux G8 sur lequel il entend faire pression en vue d'annuler la dette des pays pauvres, notamment ceux d’Afrique. Les concerts se tiennent à Londres au Royaume-Uni, Berlin en Allemagne, Rome en Italie, Tokyo au Japon, Johannesburg en Afrique du Sud, Moscou en Russie, Philadelphie aux États-Unis, Barrie au Canada et Versailles en France le 2 juillet et quelques jours plus tard à Édimbourg en Écosse. Le G8 se tient le 6 juillet à Perthshire, en Écosse.

 

 

 

 

 

 

"inside your head"


BOB GELDOF DISCOGRAPHIE

Singles


Titre Label Release
This Is The World Calling Mercury 1986
Love Like A Rocket Mercury 1986
The Great Song Of Indifference Mercury 1990
 
 Albums


Titre Label Release
Deep In The Heart Of Nowhere Phonogram 1986
The Vegetarians Of Love Mercury 03/07/1990
The Happy Club Vertigo 1992
Great Songs Of Indifference (Bob Geldof & The Boomtown Rats) Columbia / Legacy 1994
Loudmouth - The Best Of (Bob Geldof & The Boomtown Rats) Vertigo / Phonogram 1994

Site officiel  (click): 

 

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