Le plan de relance (débat / sondage)

Sarkozy a annoncé 26 milliards pour doper l'économie

 

Nicolas Sarkozy a dévoilé jeudi à Douai son plan de relance, qui prévoit d'injecter 26 milliards d'euros en 2009, financés par le déficit et donnant priorité à l'investissement, pour tenter de faire repartir une économie française au bord de la récession.

Le plan de relance de l'économie présenté jeudi par Nicolas Sarkozy était jugé sévèrement, vendredi, par l'essentiel de la presse française, globalement déçue que la relance par l'investissement ait été préférée à l'amélioration du pouvoir d'achat.

On trouve peu d'éditorialistes pour soutenir franchement les annonces présidentielles .Pour la majeure partie des autres éditorialistes, c'est la déception qui l'emporte. Le reproche principal est de ne pas encourager suffisamment la consommation des ménages et le pouvoir d'achat.

L'Assemblée nationale devrait examiner, dès la reprise de janvier, un projet de loi intégrant des mesures de ce plan de relance, a-t-on appris jeudi soir de sources parlementaires et gouvernementales concordantes. Dans un discours d'une heure, le chef de l'Etat a détaillé un arsenal décrit comme "audacieux" et "ambitieux", avec lequel il espère "surmonter la crise au lieu de la subir", voire en "sortir plus fort".

Parmi ces armes figure en bonne place la relance des investissements de l'Etat, des entreprises publiques et des collectivités locales pour 11,5 milliards d'euros, au profit de grands travaux d'infrastructures, comme les lignes TGV, ou des universités et la défense.

Pour soutenir l'industrie automobile, qui multiplie les mesures de chômage partiel et les plans sociaux, Nicolas Sarkozy a confirmé le versement d'une "prime à la casse" de 1.000 euros en échange de l'achat d'un véhicule neuf peu polluant. Et pour le bâtiment, un plan de construction de 100.000 logements sociaux et le doublement du prêt à taux zéro.

Tirant les leçons de la timidité persistante des banques, il a en outre dit que l'Etat allait rembourser par anticipation 11,5 milliards d'euros de dettes (crédit impôt-recherche, TVA, impôt sur les sociétés) aux entreprises afin "d'améliorer (leur) situation de trésorerie".

En réponse à ceux qui, comme les syndicats, l'ont exhorté à privilégier le soutien à la consommation, Nicolas Sarkozy a longuement justifié sa décision d'accélérer des projets "qui dormaient dans les cartons des ministères". "Notre réponse à la crise, c'est un effort d'investissement massif", a plaidé le président, "parce que c'est la meilleure manière de soutenir l'activité pour sauver les emplois d'aujourd'hui (et) préparer les emplois de demain".

Pour soutenir l'emploi, alors que le chômage est reparti à la hausse au troisième trimestre, il a annoncé une exonération totale des cotisations sociales pour les entreprises de moins de 10 salariés qui embaucheront en 2009.

Le gouvernement va également débloquer 500 millions d'euros pour accompagner les salariés qui ont déjà perdu leur emploi, notamment avec les contrats de transition professionnelle (CTP), ou victimes du chômage partiel. "Je préfère l'activité partielle au chômage total", a dit M. Sarkozy.

Au titre de la "justice sociale", il a annoncé le versement d'une prime de 200 euros aux 3,8 millions de bénéficiaires potentiel du futur revenu de solidarité active (RSA).

Sans surprise, l'enveloppe de 26 milliards (1,3 point du produit intérieur brut) sera pour une bonne part financée par un accroissement du déficit budgétaire de la France, qui frôle déjà la borne de 3% du PIB fixée par Bruxelles. Le chef de l'Etat a promis que ce dérapage, évalué à 15,5 milliards d'euros en 2009, serait limité à l'année prochaine.

Le Premier ministre François Fillon a confirmé dans la soirée un déficit à 3,9% en 2009, mais a jugé que le plan apporterait un point de croissance en plus la même année.

"Nous n'avons pas le choix (...) aucune des dépenses que nous allons faire n'est récurrente et elles fabriquent de la croissance pour demain", a justifié Nicolas Sarkozy. Au passage, il a lancé une nouvelle pique contre les règles de concurrence défendues par Bruxelles, qui tarde toujours à donner son feu vert au plan français de soutien des banques.

Jugeant son plan "cohérent" avec les recommandations de la Commission européenne, il a promis qu'il serait scrupuleusement suivi par un ministre, qui sera placé auprès de Matignon.

Le plan a été salué par le numéro un de l'UMP, Patrick Devedjian, qui espère qu'il aura "un effet d'entraînement au plan intérieur, en redonnant confiance aux acteurs économiques".

A l'inverse, la première secrétaire du PS Martine Aubry l'a jugé "pas à la hauteur de la crise qui s'installe", réitérant la demande des socialistes d'une relance du pouvoir d'achat.

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