Fini les maths et l'histoire-géo ...

Inquiétudes autour de la réforme du lycée

Tronc commun, suppression de l’histoire-géo et des maths en première… Le projet de Xavier Darcos, révélé par la presse, suscite la polémique. Le Snes-FSU a annoncé qu’il se retirait de la discussion, exigeant le maintien de la voie technologique et refusant la réduction des horaires des lycéens.

Bruits de couloirs ou échos d’antichambre ? Quoi qu’il en soit, les informations concernant les projets de réforme du lycée publiées par le Journal du dimanche (JDD) font parler d’elles. Soit pour être critiquées. Soit pour être démenties. La réforme, en elle-même, n’est pas une surprise. Lancée en mai, son élaboration a démarré en juin et les syndicats d’enseignants ont plusieurs fois rencontré Jean-Paul de Gaudemar, recteur de Marseille, qui pilote le chantier. La seconde phase de discussion a repris hier et devait se conclure le 15 octobre. Mais ce week-end, donc, le JDD révélait ce qui pourrait bien être les conclusions des travaux.

Module exploratoire

Comme attendu, les trois filières actuelles (S, L et ES) seraient supprimées et refondues en un seul tronc commun. En seconde, année de « découverte », tous les élèves suivraient cinq disciplines - lettres, histoires-géo, deux langues vivantes et sport. Les autres matières seraient divisées en deux modules : l’un dit « exploratoire » (25 % des enseignements), l’autre dit « d’accompagnement » (15 % des enseignements). Autrement dit, les sciences expérimentales (physique, chimie, sciences naturelles) et l’éducation civique ne feraient plus partie de l’enseignement obligatoire.

Et ce n’est pas tout. En première et en terminale, années de « spécialisation », le tronc commun ne compterait plus que pour 45 % des enseignements, afin de laisser plus de place au module exploratoire (45 %), les 10 % restants étant consacrés au module d’accompagnement. Ce système permettrait aux élèves de s’orienter vers l’une des quatre dominantes - humanités et arts, sciences, sciences de la société et technologie - qui remplaceraient les actuelles filières. Un tel dispositif nécessite de mordre sur des matières obligatoires : ainsi, l’histoire-géographie et les mathématiques seraient à leur tour sorties du tronc commun et deviendraient, de fait, facultatives dès la classe de première.

On imagine - et surtout on entend - les inquiétudes que cela provoque. La fin de la biologie et de la physique-chimie ramènerait l’enseignement des sciences à la seule théorie, redoute-t-on. Quant à sortir l’histoire-géo et les maths des programmes de première, cela fait hurler à l’appauvrissement déclaré des savoirs.

« Rien de définitif »

Reste que ces informations sont pour l’heure démenties par le ministère de l’Éducation. Pas tant sur le fond que sur leur actualité. « Rien n’est définitif et avéré, explique Xavier Darcos. Concernant, par exemple, la disparition supposée des mathématiques et de l’histoire et autres inventions, je nie absolument que ceci soit arrêté. » En bref, ce n’est pas que ce soit absolument faux, c’est surtout que ce n’est pas encore vrai. « Supprimer les sciences expérimentales en seconde serait absurde, mais rien n’est arrêté à ce jour », confirme de son côté Thierry Cadart, secrétaire général du SGEN-CFDT.

Le retrait du SNES-FSU

Le ministre de l’Education Xavier Darcos va poursuivre les discussions sur la réforme du lycée, en dépit du retrait jeudi du principal syndicat d’enseignants Snes-FSU des discussions, répétant que "rien n’est arrêté".

Le Snes-FSU, principal syndicat enseignant des collèges et lycées, a annoncé jeudi qu’il se retirait de la discussion sur la réforme du lycée, exigeant le maintien de la spécificité de la voie technologique et refusant une éventuelle réduction des horaires des lycéens.

Le Snes estime en particulier que la réforme se fait dans la précipitation et lance une pétition pour en réviser le calendrier.

« Quant au tronc commun de terminale, nous n’avons pas encore commencé à y travailler, donc on ne peut rien en dire. » Pour le syndicaliste, ces fuites visent à faire échouer une réforme nécessaire à l’amélioration du système. À moins qu’elles ne servent à focaliser l’attention sur un point, pour que les autres glissent mieux.

Marie-Noëlle Bertrand

  • Article paru dans l’Humanité du 9 octobre 2008

Le point sur la réforme, par le SNES :

Document PDF - 243.2 ko

Et les propositions du SGEN-CFDT :

Document PDF - 748.3 ko

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