Elections au Vénézuela : fin du Bolivarisme ou coup d’état (« zuniens ») en vue ?

Suite à l'élection de Nicolas Maduro, ça bouge au Vénézuela. Certes, les résultats sont beaucoup plus serrés que du temps de Chavez. Certes, même si Jimmy Carter a reconnu que le système électoral vénézuelien est le plus fiable au monde, Capriles, le battu a le droit de contester les résultats. Mais de là à appeler ses électeurs à aller dans la rue manifester... C'est un refus de démocratie que ne pas accepter sa défaite, et de se soulever pour la contester !

Pour commencer, un article d’actualité de l’express (France), qui relate les émeutes en cours.
Puis un autre du site le courrier (Suisse) qui évoque le tassement du socialisme au Vénézuela.
Et un dernier du site investig’action (Belgique) qui voit plutôt un putsch en préparation.

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Vénézuela un partisan de maduro tué lors d'une manifestation pro-Capriles

Les manifestations lancées après l'élection de Nicolas Maduro à la présidence du Venezuela ont fait au moins sept morts et 61 blessés, a annoncé ce mardi le procureur général Luisa Ortega. "Lors de ces violences, sept Vénézuéliens sont morts, parmi eux un fonctionnaire de police de l'Etat de Tachira (ouest)", a déclaré Luisa Ortega, précisant que 135 personnes avaient été interpellées au cours des manifestations.  

Alors que le candidat de l'opposition venezuelienne, Henrique Capriles rejette les résultats de la prédidentielle, un partisan de Nicolas Maduro, successeur d'Hugo Chavez a été tué lundi soir. Le ministre des Affaires étrangères, Elias Jaua, a déclaré que le militant a été assasiné lors d'une manifestation pro-Capriles, qui contestait les résultas du vote. 

Un homme de 45 ans "a été tué par une arme à feu" dans la localité de Baruta, à la périphérie de la capitale vénézuélienne, a annoncé Elias Jaua, précisant que la victime était en train de manifester en faveur de Nicolas Maduro. 

Des violences qualifiées de "fascistes" par le gouvernement

Le ministre a ajouté qu'une femme de 44 ans avait également été blessée lors de l'incident qui s'est déroulé dans la soirée. "Les deux criaient des slogans en faveur de la victoire du président Nicolas Maduro quand est passé un groupe d'opposants, qui ont ouvert le feu", a détaillé le ministre des Affaires étrangères. Il a également qualifié de "fascistes" les violences observées lundi soir, dans le cadre des manifestations contre la victoire de Nicolas Maduro remportée de justesse dimanche. 

Lors d'une réunion avec le personnel diplomatique accrédité à Caracas, le ministre des Affaires étrangères a montré des images "de centaines de violences provoquées par des groupes fascistes", parmi lesquelles des attaques contre des locaux du Parti socialiste unifié du Venezuela au pouvoir, des dispensaires animés par des médecins cubains ou des incendies de pneus dans des rues de Caracas.

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/amerique/venezuela-un-partisan-de-maduro-tue-lors-d-une-manifestation-pro-capriles_1241104.html

Le chavisme sans Chávez ? Pas encore !

Comme attendu, Nicolas Maduro a remporté l’élection présidentielle au Venezuela, tenue cinq semaines après la disparition de Hugo Chávez. Une victoire à l’arraché, moins de 250000 voix (sur près de 15 millions de votants) séparant le candidat socialiste de son adversaire de droite.
Ce constat peut amener deux lectures. D’une part, le score étriqué –bien davantage que ne l’auguraient les sondages et les derniers scrutins– n’offre pas la légitimité rêvée par Nicolas Maduro pour succéder au géant Hugo Chávez. De l’autre, il faut tout de même reconnaître qu’il s’agit du dix-huitième succès électoral du mouvement bolivarien en quinze ans, le premier en l’absence de son charismatique initiateur. Avec près de 80% de participation, un système électoral éprouvé et l’assurance d’une majorité parlementaire, la victoire demeure solide.
Le chavisme est-il pour autant mûr («maduro», en espagnol!) pour vivre sans Hugo Chávez? L’omniprésence du défunt président durant la campagne pourrait en faire douter. Mais pouvait-il en être autrement, alors que la Constitution imposait une campagne extra courte? Nicolas Maduro a désormais six ans (ou la moitié en cas de référendum révocatoire victorieux) pour guider le pays mais aussi imposer un autre style de gouvernement, plus collectif, une autre façon de faire de la politique, moins verticale.
La mise en scène du dernier meeting, regroupant derrière M.Maduro l’ensemble des tendances du bolivarisme, était un signe dans cette direction. Cette volonté d’unité devra être complétée par une revitalisation du débat interne, rouvrant les institutions à toute la base populaire, et pas seulement aux cadres les plus obéissants.
Cela passe d’abord par la reconstruction du Parti socialiste unifié (PSUV), voulu par Hugo Chávez pour porter son projet, mais qui n’a jamais joué d’autre rôle que celui d’ascenseur électoral ou de courroie de transmission. Puis par une plus grande ouverture au mouvement social organisé, même quand celui-ci refuse de se laisser instrumentaliser. C’est une leçon constante de tous les grands processus d’émancipation politique: en l’absence de contrôle populaire, le risque est grand de voir des clans détourner l’appareil d’Etat à leur profit ou le faire sombrer dans d’obscures luttes de pouvoir.
L’avertissement sans frais donné dimanche par les urnes devra aussi susciter une réflexion sur la montée en force de Henrique Capriles Radonski. Car davantage qu’un recul des voix bolivariennes, c’est la poussée des opposants qui impressionne. Si, en nombre de voix, Nicolas Maduro fait le second meilleur score de l’histoire électorale, jamais candidat de droite n’avait dépassé les sept millions d’électeurs.
Lié par sa famille aux grands pouvoirs oligarchiques, compromis dans le coup d’Etat de 2002, le sémillant leader de la droite est parvenu à séduire nombre d’électeurs populaires avec son discours au vernis social-démocrate. Pourquoi? Lassitude de la rhétorique bolivarienne? Fracture grandissante avec le pouvoir? Ou simple coup de semonce?

http://www.lecourrier.ch/107779/le_chavisme_sans_chavez_pas_encore_maduro

Venezuela : l’opposition et les USA tentent-ils un coup d’Etat ?

 Supporters de Capriles manifestant après le résultat des élections : "Obama, Shimon Peres, au Venezuela, la démocratie a été victime d'un coup d'Etat. Nous avons besoin d'aide, s'il vous plaît."
 
1. Maduro a vraiment gagné. Comme tous les observateurs internationaux qui ont déjà surveillé les votes vénézuéliens, l’ancien président US Jimmy Carter a déclaré que le système électoral vénézuélien était le plus fiable au monde. Et l’article de mon ami Romain Migus, qui vit à Caracas, décrit avec précision le contrôle neutre des opérations électorales. Dans cette commission siègent des représentants de Capriles, et ils ont tous reconnu que le système était fiable.

2. Pourquoi un score si étroit ? Plusieurs facteurs sans doute : il n’est jamais bon d’annoncer trop tôt une victoire confortable, cela a sans doute démobilisé une partie des chavistes, croyant que la victoire est assurée. Mais il ne faut pas se leurrer : certains problèmes du pays traînent à trouver leur solution, il y a – et je peux en témoigner avec une expérience personnelle - un véritable sabotage de la bureaucratie et souvent un problème de corruption. Les gens faisaient confiance à Chavez pour quand même surmonter ces obstacles. Pour convaincre, Maduro devra engager rapidement une lutte très dure et prolongée contre la bureaucratie. En s’appuyant sur la base et le contrôle populaire.

3. Contester la victoire est un truc classique pour manipuler l’opinion et préparer la déstabilisation. Le livre de l’avocate Eva Golinger « Code Chavez – CIA contre Venezuela » expose de nombreux documents US : ils prouvent l’activité intense de la CIA au Venezuela avant et pendant le coup d’Etat militaire de 2002 (qui avait emprisonné Chavez, mais échoua suite à la résistance populaire massive). La CIA n’a évidemment pas cessé d’agir dans ce pays, comme dans tous les pays où des gouvernements résistent aux multinationales : des coups d’Etat ont aussi été préparés en Bolivie, en Equateur (échecs) et au Honduras (succès).

4. Les médias européens présentent Capriles comme « centre droit ». Son programme est en réalité d’extrême droite et sa famille est une des plus riches du pays. Leur passeport est peut-être vénézuélien, mais leur cœur est aux USA.

5. Ce lundi, les milices de Capriles ont attaqué des sièges du parti chaviste, des centres de médecine sociale et la télévision publique, tuant plusieurs personnes. En fait, Capriles et les agents US avaient préparé des incidents violents pour créer un climat justifiant un nouveau coup d’Etat. Cette stratégie fut déjà appliquée dans divers pays.

6. Si vous craignez que tout ceci soit une « théorie du complot », écoutez John Perkins, qui a travaillé toute sa vie pour les services secrets US avant de les dénoncer dans le livre « Confessions d’un assassin financier ». Dans cette interview vidéo, il commente la façon dont la CIA a organisé des incidents violents pour préparer le coup d’Etat qui a renversé le premier ministre iranien en 1951 (le pétrole, déjà !). C’est à 02’ 47, mais toute l’interview est ultra importante. (voir ci-dessous)

7. Le fond du problème reste : à qui doivent servir les richesses naturelles ? Aux multinationales comme Exxon (45 milliards $ bénéfices annuels) ou à éradiquer la pauvreté ? L’Afrique, riche, crève de faim parce que les multinationales, la banque mondiale et le FMI y décident de tout. Dans le monde arabe, les Frères musulmans affronteront de plus en plus la colère populaire car leur programme économique très à droite se met à genoux devant les intérêts des Etats-Unis et le peuple reste donc dans la pauvreté. Par contre, l’Amérique latine est en train de se libérer depuis que Chavez a dit NonL’Amérique latine est en train de se libérer depuis que Chavez a dit Non.

8. La tentative de coup d’Etat réussira-t-elle au Venezuela ? Cela dépend de la résistance et du sang froid des Vénézuéliens, mais aussi de notre responsabilité pour faire circuler l’info contre les médiamensonges.


 

 
Quel avenir voyez-vous pour le Vénézuela ? Une continuité du programme de Chavez ? Un coup d'état électoral pour mettre fin au bolivarisme ? Des émeutes populaires manipulées à distance comme en 73 sous Allende (avec le même résultat escompté) ? Une statégie plus "discrète", en essayant de sousdoyer Maduro ? Un amalgamme des 3 précédentes propositions ? Ou non, non, c'est le cours de l'histoire, tout le reste n'est que paranoïa et complotisme ?

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Date de dernière mise à jour : 18/04/2013

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