Des "Ho !" et débat

Quand le Ferry tangue ...

Trois associations déposent plainte et l’ex-patron des RG pourrait être interrogé après les déclarations du philosophe accusant un ancien ministre de relations pédophiles.

Luc Ferry 

Luc Ferry, vendredi, à la sortie de son audition par les enquêteurs de la brigade de protection des mineurs. (Reuters)

Une semaine après les déclarations fracassantes du philosophe Luc Ferry, qui, sur Canal+, avait accusé, sans le nommer, un ancien ministre d’actes de pédophilie à Marrakech, les associations de défense des droits des enfants montent au créneau. Après avoir déposé, vendredi, une plainte contre X au Maroc pour "exploitation sexuelle des mineurs victimes de viols et d’atteintes sexuelles", Me Jean Chevais devrait en déposer une seconde mercredi à Paris en présence de Najat Anwar, présidente de l’association marocaine "Touche pas à mon enfant".

"L’ancien ministre de l’Éducation nationale qu’il est ne peut pas se cacher derrière son petit doigt", explique Me Jean Chevais, joint samedi au Maroc. "Il en a dit plus au micro de Canal+ qu’aux enquêteurs de la Brigade des mineurs alors qu’il déposait sous serment. Qu’il donne les noms des responsables avec qui il a parlé de cette affaire et nous saurons reconstituer le puzzle, dater les événements et ainsi savoir de qui il s’agit. En France, comme au Maroc, les enquêtes préliminaires peuvent prendre beaucoup de temps. Cela peut être une manière élégante d’enterrer un peu le dossier."

Il n’a toujours pas donné le nom de l’ex-ministre suspect

Selon Me Chevais, les associations de lutte contre la pédophilie dans le royaume estiment que "les années 1990 et le tout début des années 2000 ont constitué un pic en matière de tourisme sexuel sur mineurs au Maroc". Deux associations marocaines basées à Lille (Les amis de l’association marocaine des droits humains et Mémoire vive agir pour la citoyenneté au Maroc) ont annoncé, samedi, vouloir s’associer, elles aussi, au dépôt de plainte. Selon le président de la première, Imad Abdelatif, il n’est "pas exclu" que soit également déposée une plainte pour "non-dénonciation de crime" contre Luc Ferry ainsi que contre "tout responsable politique au courant qui aurait dissimulé l’infraction". Une hypothèse battue en brèche par Me Chevais, qui rappelle que la prescription en la matière se monte à trois ans. Or les faits, d’après l’avocat, dateraient d’il y a dix ans environ.

Sur LCI, Luc Ferry avait précisé, mardi, que ces actes de pédophilie auraient eu lieu "à une époque bien antérieure aux années 2002". Ce qui laisse planer la menace d’une éventuelle prescription. Interrogé vendredi, par la Brigade de protection des mineurs (BPM) de Paris dans le cadre d’une enquête préliminaire, ce membre du Comité consultatif national d’éthique (CCNE) aurait réédité ses déclarations télévisuelles et n’aurait pas livré le nom du ministre suspect. Selon l’AFP et Le Figaro, il aurait déclaré avoir entendu parler d’une enquête des Renseignements généraux (RG) portant sur les agissements pédophiles d’un ancien ministre. Interrogé en 2008 et 2009 sur RMC, Yves Bertrand, ancien patron des RG, avait effectivement parlé d’une affaire de ce type qu’il aurait signalée à sa hiérarchie.

"Cela n’avait rien à voir avec Marrakech", assure l’ancien samedi à la retraite, joint hier par le JDD. "J’avais entendu parler des agissements d’un ministre avec un enfant de 13-14 ans qui se seraient déroulés à Cannes à la fin des années 1990. Je l’avais signalé à deux magistrats de Nice et de Grasse. L’affaire n’avait pas eu de suite, cela pouvait vouloir dire que l’information n’était pas bonne." Yves Bertrand assure qu’il n’a eu, ces derniers jours, aucun contact avec la BPM. "Mes carnets de brouillon ont été saisis dans le cadre de l’affaire Clearstream, il y a peut-être des références à cette affaire, ajoute-t-il. Une chose est sûre : je n’ai rien à voir avec Luc Ferry et il est un peu facile de se défausser sur les RG."

Dans leur logique d’enquête, les policiers pourraient également entendre prochainement le ou la journaliste du Figaro Magazine qui a rédigé, dans le numéro du 28 mai, l’article (signé "FM", soit Figaro Magazine) titré A Marrakech, un ex-ministre “s’amuse” , cité en référence par Luc Ferry lors du Grand Journal de Canal+. Ils pourraient également interroger les diplomates français en poste à Marrakech et Rabat au moment présumé des faits.

Votre avis sur l'affaire : en a-t'il trop dit, ou pas assez ? Qui serait donc ce ministre pratiquant le tourisme sexuel ? D'après un avocat de l'affaire, ils seraient même deux ministres ...

  

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