Débat autour d'une polémique

 

Ingrid Betancourt libérée: à quel prix?

Accueillie à Paris par Nicolas Sarkozy, Ingrid Betancourt a raconté le «monde absolument hostile» où elle était retenue. Infiltration ou reddition camouflée? La thèse officielle du gouvernement colombien est de plus en plus contestée.Après avoir remercié Sarkozy, l’ex-otage se rendra au Vatican pour être reçue par le pape. Mais pas en Suisse.

A peine le président français Nicolas Sarkozy a-t-il accueilli, hier après-midi, Ingrid Betancourt à l’aéroport militaire de Villacoublay, que la guerre des scénarios a fait rage. Notre journal a livré, hier, le récit de l’opération. Mais de nombreuses zones d’ombre restent à éclaircir sur les dessous de l’affaire.

Selon le gouvernement colombien, ses services auraient infiltré en quatre mois le groupe de guérilleros qui détenait les otages, prélude à l’intervention de mercredi. Cette version est aujourd’hui contestée par d’autres explications, tout aussi sujettes à caution. Voici les hypothèses les plus couramment évoquées.

Le scénario de la reddition camouflée. Selon le site d’information français Mediapart, il n’y a eu aucune infiltration des FARC par les services colombiens. Ceux-ci, avec l’aide technologique des Etats-Unis, ont localisé le groupe détenant les quinze otages. Ils ont alors entamé des négociations avec les responsables de ce groupe et mis au point le scénario d’une intervention surprise de l’armée colombienne. En contrepartie, le gouvernement du président Uribe a accepté que ces guérilleros prennent refuge un peu plus tard en France. D’ailleurs, le président Sarkozy a régulièrement promis d’accorder l’asile aux rebelles qui déposeraient les armes.

Le scénario de la reddition camouflée version franco-suisse. Il est défendu par le site basque Eitb24 qui prétend que cette libération est due aux transactions menées par les émissaires des gouvernements suisse et français, respectivement Jean-Pierre Gontard et Noël Saenz. Mais le négociateur helvétique a déclaré lui-même à notre journal (une quinzaine de minutes après l’annonce de la libération d’Ingrid Betancourt et des quatorze autres otages mercredi soir) que l’heureux dénouement était le fruit d’une opération purement «militaire».

Le scénario McCain. Les hypothèses impliquant les services américains se révèlent nombreuses. Celle-ci a pour originalité de mettre l’accent sur le rôle tenu par le candidat républicain à la présidence des Etats-Unis, John McCain. Elle est formulée par le correspondant à Washington de l’hebdomadaire français Le Point. A la surprise de son entourage, McCain s’est promptement envolé pour la Colombie. La veille de la libération des otages, lors d’une rencontre à Carthagène, le président colombien Uribe et son ministre de la Défense ont donné au candidat républicain les détails de l’intervention. McCain admet avoir eu cette conversation tout en niant avoir participé, de près ou de loin, à l’opération.

Le scénario israélien. Selon la radio militaire de l’Etat hébreu, deux généraux en retraite (Shlomo Dor et Israël Ziv) ont activement participé aux préparatifs de l’opération.

Le scénario du retournement à 20 millions de dollars. C’est la Radio suisse romande (RSR) qui l’avance. Par l’intermédiaire de l’épouse de l’un des guérilleros, le groupe chargé de garder les quinze otages a accepté la «mise en scène» de la libération contre le versement de 20 millions de dollars. Les Etats-Unis (dont trois ressortissants faisaient partie des otages) seraient à l’origine de cette manœuvre. D’ailleurs, la Colombie dispose d’un fonds
spécial de 100 millions de dollars servant à «retourner» les guérilleros des FARC.

 

Qui dit vrai ? Où est le bien, où est le mal ?

De Chavez aux States, des Farc aux milices d'extrème droite, d'Uribe à Sarkozy ...

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