Libye, liberté et démocratie

Aout 2014 : Libye: Des raids aériens non identifiés sur Tripoli

Des avions non identifiés ont survolé lundi avant l’aube Tripoli où de fortes explosions ont été entendues, ont indiqué des habitants de la capitale libyenne, théâtre d’affrontements armés entre milices rivales. Les premiers survols ont eu lieu lundi vers 2h locales, et selon un habitant une forte explosion a été entendue, sans qu’il ne soit possible d’identifier les avions ni le lieu de la déflagration, qui a été suivie par d’autres.
«Les explosions ont été clairement entendues dans les quartiers de l’est de Tripoli», à quelque 15 km du centre de la ville, a indiqué un habitant. La chaîne de télévision locale «Libya awalan» (La Libye d’abord), proche du général dissident Khalifa Haftar, a indiqué que «l’aviation militaire a bombardé différentes positions» près de Tripoli, sans plus de précisions. Le général Haftar conduit une opération contre les «groupes terroristes», qui font la loi à Benghazi (est), depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011.
Affrontements entre les nationalistes et les milices de Misrata
Aucune précision n’a été donnée de source officielle sur ces survols qui interviennent alors que des miliciens de Zenten (ouest), des nationalistes qui auraient les faveurs du général Haftar, et des milices de Misrata (à l’est de Tripoli), proches des islamistes, s’affrontaient pour le contrôle d’un pont, un verrou de l’aéroport, situé dans le sud de Tripoli et aux mains actuellement des milices de Zenten. Les affrontements ont baissé d’intensité dimanche, les miliciens de Misrata ayant affirmé avoir pris le contrôle du pont et d’un QG de l’armée, une information impossible à confirmer de source indépendante.
La Libye est en proie à des combats meurtriers entre milices rivales depuis la mi-juillet, poussant le Parlement élu le 25 juin à demander mercredi une intervention étrangère pour protéger les civils. Depuis la chute de Kadhafi, les autorités transitoires ne sont pas parvenues à rétablir l’ordre et la sécurité en Libye.

Source : http://www.20minutes.fr/monde/1429507-20140818-libye-dais-raids-aeriens-non-identifies-tripoli

Aout 2014 : UE: hausse du flux de migrants en provenance de la Libye

Les migrants sont toujours plus nombreux à tenter de rejoindre l'Europe, les migrants africains en particulier. C'est le constat de l'agence européenne de gestion des frontières, Frontex. Leur nombre a augmenté de 500 % en un an. Plus de 78 000 personnes sont arrivées par le centre de la Méditerranée en Italie, mais aussi à Malte, depuis le début de l'année. La route entre la Libye et l’Italie reste la plus empruntée.

Les migrants affluent de plus en plus en Libye. La plupart viennent de Syrie, d’Érythrée, de Somalie, ou bien encore du Soudan. Ils veulent rejoindre Lampedusa ou Malte dans un premier temps. Puis, arrivés sur ces deux îles, les migrants prennent la direction de la France et du Royaume-Uni.
D’après Frontex, les migrants sont toujours plus nombreux. Au premier semestre de 2013, ils étaient 12 915 à vouloir tenter leur chance. Cette année, sur la même période, ils étaient 78 300. Ce chiffre est déjà supérieur aux 64 300 recensés lors du « printemps arabe » en 2011.

L’instabilité de la Libye en cause

Selon Izabella Cooper, la porte-parole de Frontex, « la Libye est très instable en ce moment, ce qui veut dire que les filières clandestines de passeurs sont florissantes. »
Contacté par RFI, le chercheur et spécialiste des migrations Antoine Pécoud, met en avant l’émigration des Libyens eux-mêmes. « Avant la chute de Kadhafi, la Libye était seulement un pays de transit où les migrants s’arrêtaient et s’installaient pour travailler. » Désormais, les migrants d’Afrique subsaharienne et de la Corne de l’Afrique ne restent plus en Libye. Et avec le conflit actuel, « les Libyens sont de plus en plus à essayer de traverser la Méditerranée. »

Une route maritime plus favorable

Antoine Pécoud souligne également que l’accès à l’Europe par l’Italie est plus aisé que par les pays du sud-est du continent. « Face à l’afflux de migrants, la Grèce, la Roumanie, la Bulgarie ont peu à peu fermé leurs frontières. L’Italie est considérée, à tort ou à raison, comme plus accommodante que des pays où les autorités prennent moins de gants pour se débarrasser des sans-papiers qui arrivent par les routes du sud-est de l’Europe. »
Mais cette route maritime demeure dangereuse. Dernier exemple en date : le 30 juillet dernier encore, plus de vingt migrants sont morts et des dizaines d’autres ont disparu dans un naufrage au large de la Libye.

Source : http://www.rfi.fr/europe/20140814-ue-hausse-flux-migrants-provenance-libye/



Octobre 2011 : Mort de Mouammar Kadhafi

Le déroulement exact des circonstances du décès de Mouammar Kadhafi reste confus. La version la plus probable est qu'un drone Predator américain aurait repéré, à l'aube, un convoi d'environ 75 véhicules tentant de quitter Syrte, sans que la présence de Kadhafi à son bord ne soit connue. Ensuite, une patrouille d'avions français serait intervenue. Vers 8 h 30 (heure locale), le convoi aurait été arrêté par des tirs de missiles du drone et par un bombardement d'un Mirage 2000D de l'escadron de chasse 3/3 Ardennes, détruisant une vingtaine de véhicules, puis aurait été assailli par des combattants du CNT originaires de Misrata.
Mouammar Kadhafi et ses gardes du corps se seraient alors réfugiés dans un tunnel de drainage des eaux passant sous la route où leur convoi a été intercepté, après quoi il aurait été capturé et désarmé par les combattants du CNT. Il aurait alors été frappé par les combattants rebelles et sodomisé avec un bâton ou possiblement une baïonnette. Selon Mahmoud Jibril, numéro deux du CNT, Mouammar Kadhafi a été mortellement blessé lors d'échanges de tirs. Il pourrait avoir été ensuite victime d'une exécution sommaire9. Il est transporté, mort ou agonisant, à l'hôpital de Misrata.
Réactions

La communauté internationale salue quasi-unanimement la mort de Mouammar Kadhafi, et appelle à l'instauration de la démocratie et à la réconciliation des Libyens, même si certains pays expriment un point de vue plus réservé (Afrique du Sud, Russie, Chine, Venezuela, Cuba).

Le président des États-Unis, Barack Obama, déclare que la disparition de Kadhafi marque « la fin d'un chapitre long et douloureux » pour les Libyens et appelle les autorités à bâtir un pays « démocratique » et « tolérant ». Pour le président français, Nicolas Sarkozy, « la disparition de Mouammar Kadhafi est une étape majeure dans la lutte menée depuis plus de huit mois par le peuple libyen pour se libérer du régime dictatorial et violent qui lui a été imposé pendant plus de quarante ans ». Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, affirme qu'il s'agit d'« une transition historique pour la Libye », tout en estimant que « le chemin à parcourir pour la Libye et son peuple va être difficile et rempli de défis ». Le président de l'Union européenne, Herman Van Rompuy, et le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, saluent « la fin d'une ère de despotisme ». La Pologne, quant à elle, y voit « un avertissement pour d'autres dictateurs dans la région et dans le monde », tout en regrettant « que le colonel Kadhafi n'ait pas été jugé pour ses crimes par un tribunal en Libye ou à la Haye ».
De son côté, le président vénézuélien Hugo Chávez condamne l'« assassinat » de Mouammar Kadhafi, un « martyr » et un « grand combattant ». L'ancien dirigeant cubain Fidel Castro utilise également le terme d'« assassinat » et dénonce l'action « génocidaire » de l'OTAN.

Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Mort_de_Mouammar_Kadhafi


Avant 2011 : Pourquoi les Libyens aiment le colonel Kadhafi

Nombre d’observateurs en Occident totalement (auto)-intoxiqués par la propagande anti-Kadhafi ne parviennent pas à comprendre comment le dirigeant libyen conserve toujours l’appui de sa population malgré une campagne inique de bombardements menée par l’OTAN depuis mars 2011. Comment les Libyens ne soutiennent-ils pas plus les “courageux” insurgés du CNT ?

La lecture de l’article intitulé “Quelques vérités sur la Libye” rédigé par Helen Shelestiuk et publié dans le n°165 du mois de mai 2011 de la revue B.I (ex-Balkans Infos) aurait très probablement éclairé leur lanterne.
Que dit Helen Shelestiuk : “Lorsqu’on a demandé à l’ex-ambassadeur russe en Libye, Vladimir Chamov, si Kadhafi opprimait ses concitoyens, il a répondu : “Quelle oppression ? Les Libyens bénéficiaient d’un crédit de 20 ans sans intérêts pour construire leurs maisons, un litre d’essence coûte environ 14 cents, la nourriture est gratuite, et on peut acheter une jeep KIA sud-coréenne neuve pour 7500 dollars“.
Et Helen Shelestiuk de poursuivre : “Quels sont les autres faits et chiffres que nous connaissons de la Libye et de son leader ?
Le PIB est de 14192 dollars. Chaque membre d’une famille reçoit une subvention de 1000 dollars par an. Les chômeurs sont payés 730 euros par mois. Le salaire d’une infirmière d’hôpital est de 1000 dollars. Pour chaque nouveau-né, on reçoit 7000 dollars. Les nouveaux mariés reçoivent 64000 dollars pour acheter un appartement. Pour créer une affaire privée, on bénéficie d’une aide financière de 20000 dollars. Les taxes et impôts lourds sont interdits.
L’éducation et la médecine sont gratuites. L’éducation et la formation médicale à l’étranger sont payés par le gouvernement. Il y a des supermarchés pour les familles nombreuses avec des prix symboliques pour l’alimentation de base. La vente des produits au-delà de leur date de consommation est punie de fortes amendes, parfois même de prison. Beaucoup de pharmacies offrent des fournitures gratuites. Diffuser de faux médicaments est un crime majeur. La population ne paie pas l’électricité. La vente et la consommation d’alcool sont interdites, la “prohibition” est une loi. Les prêts d’achats d’une voiture ou d’un appartement sont accordés sans intérêts. Les affaires immobilières sont interdites. Si quelqu’un veut acheter une voiture, jusqu’à 50% du prix est réglé par l’État, 65% pour les miliciens de la garde. L’essence est moins chère que l’eau. Un litre coûte 0,14 dollar. Les bénéfices de la vente du pétrole sont consacrés au bien-être de la population et à l’amélioration des conditions de vie. Beaucoup d’argent a été dépensé pour irriguer le pays avec l’eau des aquifères souterrains. Par son échelle, le système a été appelé “la huitième merveille du monde”. Il fournit cinq millions de mètres-cube par jour à travers le désert et a considérablement augmenté le territoire irrigué. 4000 Kms de pipelines sont profondément enterrés pour les protéger de la chaleur. Tout ce qui a été nécessaire au projet a été accompli par la seule Libye.”
Et Helen Shelestiuk vante également les mérites de la “réelle démocratie” libyenne : “La propagande occidentale a diabolisé Muammar Kadhafi en le décrivant comme un tyran pathologique et un ennemi implacable des aspirations démocratiques de son peuple. Ce n’est pas vrai. Il existe en Libye des mécanismes de contrôle populaire et de démocratie : des conseils élus de citoyens et des communautés autonomes (communes). Tout cela sans une nomenklatura de parti de style soviétique, sans bureaucratie pléthorique, mais avec un haut niveau de vie et de sécurité sociale pour les citoyens. Une sorte de société qui par beaucoup d’aspects ressemble au communisme.”
Question pertinente d’Helen Shelestiuk : “Est-ce pour cela que la Libye a été diabolisée et attaquée par les vieilles puissances impérialistes?”
Et cette dernière de conclure : “Permettez-moi de citer un passage de l’article de Sigizmund Mironin “Pourquoi la Libye est-elle bombardée?” : La Libye, qu’on décrit comme une dictature militaire de Kadhafi est en réalité l’Etat le plus démocratique du monde. En 1977 y a été proclamée la Jamhiriya qui est une forme élevée de démocratie où les institutions traditionnelles du gouvernement sont abolies, et où le pouvoir appartient directement au peuple à travers ses comités et congrès. L’État est divisé en de nombreuses communautés qui sont des “mini-États autonomes” dans un État ayant autorité sur leur district, y compris l’allocation des fonds budgétaires. Récemment Kadhafi a émis des idées encore plus démocratiques : distribuer les revenus du budget directement et de façon égalitaire aux citoyens… Ces mesures selon le leader de la révolution libyenne, devant éliminer la corruption et la bureaucratie parasite.”
Il n’est évidemment guère étonnant que les média dominants ne fournissent au public aucune de ces données extrêmement révélatrices sur la nature réelle du régime libyen car il est probable que tous les “indignés” à travers l’Europe réclameraient des avancées sociales calquées sur la Libye du colonel Kadhafi.
Ce qui serait pour le moins embarrassant pour les si “brillants” et si “compétents” dirigeants du Vieux Continent.

Source : http://www.enquete-debat.fr/archives/pourquoi-les-libyens-aiment-le-colonel-kadhafi


Conclusion :

L’occident est intervenu en Libye pour rétablir la démocratie et la liberté de son peuple : échec !
La France a pris les devants sans avoir l’autorisation de l’ONU pour intervenir : mais de quel droit ?
Nicolas Sarkozy, décideur principal de l’intervention en Libye : n’y aurait-il pas un compte personnel à régler ?
Bernard Henry Levy, grand « philosophe de guerre » français, a une fois de plus, été suivi lorsqu’il a demandé l’intervention en Libye : écoutez une courageuse journaliste qui le dénonce :

Et le peuple libyen dans tout ça ? Mais quand cesserons-nous enfin l’ingérence ? Ce chaos actuel n’était-il pas voulu ? Tout comme celui de la Syrie ? De l’Irak ? De l’Afghanistan ?
Que cherchent les atlantistes ? Installer Goldman Sachs même en Afrique ? Même au moyen-orient ?

Pour le fun :

Total compte investir près de 100 millions d'euros en Libye
AFP 22 avril 2013

Cet investissement permettra de réaliser le forage de deux puits d’exploration de gaz dans le champs maritime d’Al-Jurf. Les travaux devraient commencer à la mi-mai.
Le géant pétrolier français Total compte investir 130 millions de dollars en 2013 (environ 100 millions d'euros) dans l’exploration de gaz en Libye, a indiqué lundi à Tripoli Bernard Avignon, directeur de la filiale libyenne de la compagnie.
 Selon Avignon, cet investissement permettra de réaliser le forage de deux puits d’exploration dans le bloc offshore exploité par la compagnie en Libye. Il a précisé que les travaux de forage dans le champs maritime d’Al-Jurf devraient débuter mi-mai. «Nous espérons découvrir plus de gaz. Nous avons déjà découvert du gaz dans cette zone là,» a-t-il indiqué.
Total, qui exploite sur terre le champs Mabrouk, compte en outre y débuter des études sismiques «dans l’idée de faire des forages d’exploration fin 2014 début 2015». «Nous essayons d’avoir une vision plus précise sur les parties de la concession que nous n’avons pas encore explorées», a ajouté Avignon.
Il a précisé par ailleurs que la production d’hydrocarbures de Total en Libye s’élève à 76 000 barils par jour au total, dont 41 000 sur le champs offshore d’Al-Jurf. Total opère en Libye en partenariat notamment avec la Compagnie nationale libyenne de pétrole (NOC).
Le ministre libyen de pétrole, Abdelbari al-Aroussi, a répété lundi que son pays allait accorder de nouvelles concessions fin 2013 et demander une hausse de son quota à l’Opep, fixé actuellement à 1,5 mbj (Million de barils (de pétrole) par jour). En mars, le ministre avait précisé que le but était d’atteindre un quota de 1,7 mbj.
La production de pétrole en Libye, qui dépassait les 1,6 million mbj, est presque tombée à zéro durant le conflit de 2011. Mais après la chute du régime de Mouammar Kadhafi, elle a en quelques mois retrouvé quasiment son niveau d’avant-guerre, malgré un climat d’insécurité.

Je pense que beaucoup de lecteurs vont rester incrédules à la lecture du chapitre « Avant 2011 » : je vais donc y aller de l’expérience sur le terrain d’un membre de ma famille.
L’oncle de ma compagne, Abellardo, est ingénieur de l’équivalent « ponts et chaussées » français, en Espagne. En bref, il construit des ponts des aqueducs, et autres structures gigantesques. De par ce fait, il est appelé à collaborer avec les pays du monde entier. Et, je vous le donne en mille ! Oui, je vous jure ! Il est allé en Libye sous le régime de Kadhafi.
Et il ne croit pas une seconde en une insurrection du peuple libyen, car, comme il me l’a raconté, tel qu’il l’avait vu :
« Les Libyens sont presque tous des cadres, très bien payés, à se ballader avec une feuille de papier à la main ; la main d’œuvre ouvrière est pratiquement à 100% étrangère : Bengladesh, Inde et Pakistan, essentiellement. Les libyens les dirigent ; il n’y a pas de pauvres en Libye. La révolte ne peut pas être populaire ; donc pas libyenne».

Par contre maintenant …

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Commentaires (1)

Chien Guevara, Webmaster
  • 1. Chien Guevara, Webmaster | 17/09/2014
TUNISIE : Les réfugiés libyens affluent et témoignent

Le nombre de Libyens qui se réfugient dans la Tunisie voisine ne cesse de croître. Ils déplorent la perte de leur pays livré à des combats entre différentes milices assoiffées de pouvoir.

The New York Times | Carlotta Gall /16 Septembre 2014

Depuis la révolution et la chute du colonel Kadhafi il y a trois ans, près de 1,8 million de Libyens - soit presque un tiers de la population du pays - ont trouvé refuge en Tunisie.

Ces derniers mois, une nouvelle vague de migrants a déferlé sur le pays, chassée par la violence qui s'est emparé de la capitale, Tripoli, les bombardements, les échanges de tirs ainsi que la pénurie de carburant, le manque d'argent et les pannes d'électricité. [Entre le 13 juillet et le 23 août, des combats ont opposé une coalition de groupes islamistes, dont les milices de Misrata et le groupe Ansar Al-Charia ("Les défenseurs de la religion"), à des brigades affiliées au courant nationaliste-libéral, dont les milices originaires de Zintan qui contrôlent l'aéroport depuis 2011.]

"Ce pays a complètement sombré", déplore Jomaa Abdullah, paysan de 68 ans vivant dans les environs de Tripoli. Il est venu pour faire soigner son fils, blessé par balles. "C'est fini, ajoute-t-il. Ce sera dur de s'en remettre." Depuis le mois d'août, des centaines de combattants blessés - et de camps adverses - viennent ainsi se faire traiter dans les cliniques privées de Sfax, en Tunisie. Leurs proches patientent en fumant des cigarettes, le dos courbé, sur les parkings des hôpitaux. Il y a aussi des civils, pris entre des tirs croisés ou victimes des bombardements.

"Ces hommes disent que nous n'avons pas de Seigneur"

La plupart des blessés appartiennent aux unités de l'armée de Tripoli et aux milices de la région de Zintan, dans l'ouest de la Libye, et qui étaient chargées de protéger des infrastructures comme l'aéroport ou le dépôt de carburant aujourd'hui détruits. Attaqués par les bandes rivales de la puissante cité-Etat de Misrata et de leurs alliés islamistes, ces combattants ont été contraints d'abandonner leur poste. La capitale est désormais entre les mains des miliciens de Misrata. "J'étais chargé de garder les réserves de carburant. J'ai reçu deux balles dans le ventre et un éclat d'obus dans le dos", explique Munir Ahmed, 34 ans. Il faisait partie d'une unité de seulement dix hommes gardant les grandes réserves de pétrole de Tripoli lorsque des miliciens les ont attaqués.

Leurs assaillants, des islamistes vêtus de noir, les ont accusés d'être des infidèles, alors même qu'ils étaient tous musulmans, raconte Ahmed. "Nous voulons la stabilité, poursuit-il. Ces hommes habillés de noir nous disent que Dieu est leur Seigneur et que nous, nous n'avons pas de Seigneur." Dans la bouche des victimes civiles, le conflit se résume à une lutte de pouvoir entre milices.

Dans l'attente d'une intervention extérieure

"Trois ans après la libération de la Libye, les milices de Zintan veulent le pouvoir, et celles de Misrata aussi. C'est une lutte pour le pouvoir, affirme Muhammad Meftah Essid Feres, 33 ans, blessé aux jambes alors qu'il rentrait chez lui en voiture, non loin de l'aéroport. Maintenant, il n'y a plus d'aéroport. Les gens doivent conduire pendant des heures jusqu'à la frontière." Certains avaient placé leur espoir dans le nouveau Parlement, élu le 25 juin. D'autres attendaient une intervention internationale, comme en 2011.

"Nous savons que si la situation ne se calme pas, nous n'aurons pas de stabilité ici non plus, explique Ridha Kallel, administrateur de la plus grande clinique privée de Sfax. Il faut une intervention des puissances occidentales. C'est ce que tous les Libyens attendent."

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Date de dernière mise à jour : 15/09/2014

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