La chanson engagée...

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Dis, c’est quoi la chanson engagée ?

FESTIVAL . Quelle place pour la chanson engagée ? À l’approche du Printemps de Bourges, artistes et chercheurs en ont discuté à l’occasion d’un colloque avec Zebrock.

Lors de sa création, le Printemps de Bourges apparaissait comme le lieu de la chanson contestataire, engagée, celle qui-ne-passe-pas-à-la-radio. Trente printemps plus tard, la philosophie qui préside à la programmation du Printemps n’est plus du même ressort. Et pourtant, la chanson, engagée, désengagée, dégagée ne cesse de parcourir les allées de Bourges, en dépit du formatage consensuel. Quelques jours avant le festival, un colloque organisé par Zebrock à la Dynamo de Pantin, 93 (c’était le 5 avril dernier), s’est intéressé à cette problématique .

La chanson, un art majeur ? Intitulée " Chansons d’aujourd’hui : soumission ou subversion ? ", la rencontre organisée par Edgar Garcia se voulait " dans l’air électoral, bien sûr, mais en poursuivant un travail de longue haleine. Ces " Rencontres amplifiées " sont les sixièmes du genre. Cécile Prevost-Thomas, sociologue, y rappelle le " pouvoir symbolique " des chansons. Elle cite l’Internationale et son drôle de parcours : Paris, Moscou, Pékin... On pense à la Marseillaise, recette socialiste contre la dilution de l’identité ! La chanson impacte les foules, suscite les passions sociales. Cécile Prevost-Thomas cite une interview de Maxime Le Forestier juste après les émeutes de novembre 2005 : " On aurait dû mieux écouter les rappeurs "...

La chanson, un art social ? Edgar Garcia pose la question : " Les chansons parviennent-elles à subvertir l’ordre ambiant ? " De son côté, le philosophe Jean-Paul Jouary rappelle que " l’art commence où s’arrête la copie ". Qu’un message politique n’a jamais suffi à faire une oeuvre d’art : " Chaque fois qu’on essaie de rapprocher pouvoir et politique, il y a quelque chose qui coince. " Subversion et soumission, ordre et désordre, sont intriquées dans l’oeuvre d’art. Ce qui fait du chanteur une bête politique à plusieurs visages.

Une autre table ronde réunit les chanteurs D’, Ignatus, Christian Olivier et Agnès Bihl. Pascale Bigot anime et lance une première question : " Êtes-vous des chanteurs engagés ? " Ignatus le malicieux la saisit au vol : " La chanson est un tout. Je travaille à la fois la mélodie, le son, la poétique des mots, le sens. Certaines chansons sont nées d’une idée, d’autres d’un son. La vache folle m’a inspiré : face aux vétérinaires, aux journalistes, aux politiques, aux éleveurs, etc., j’ai fait une chanson pour faire parler une vache ! La première concernée, mais consultée par personne. " Les chanteurs seraient-ils des vaches sacrées ? D’ se dit gêné par l’engagement : " Je me bats contre les étiquettes depuis quinze ans. Avec mon groupe Kabal, on nous -appelait "rappeurs conscients". J’ai fait du théâtre avec Mohammed Rouabi, j’étais un "jeune rappeur de Bobigny". Depuis quelque temps, je suis un "slameur"... Un chanteur engagé, c’est un artiste en boîte. Si je veux donner dans le convenu, j’appellerais les jeunes à voter... Mais j’ai envie d’aller plus loin. " L’engagement rendrait-il claustrophobe ? Ignatus rapporte cette chronique de Bob Dylan de la fin des sixties : " Pendant plusieurs années, il a arrêté de chanter. Il ne supportait plus cette image de porte-parole... "

Les chanteurs engagés ont-ils tort ? Face à cette fronde, l’" engagé " Christian Olivier (Têtes raides) se - rebiffe et parle du " plaisir " de " sortir un peu du bois, d’aller sur le terrain " lorsqu’on sent " une urgence " sociale, telle celle qui l’a amené à s’engager dans le KO Social, dans les soirées de soutien aux sans-papiers. Une chanson peut-elle être engagée ? Christian Olivier n’en est pas sûr : " Une chanson a toujours plusieurs sens. On peut y comprendre le contraire de ce que l’artiste a voulu y mettre. À un moment donné, la chanson ne vous appartient plus. " Les orateurs s’accordent : le premier engagement du chanteur est dans la création d’un imaginaire fertile, indépendamment des partis qu’il prend.

Les chanteurs engagés sont-ils riches ? Ignatus aborde la question de la " pose engagée, un passage obligé de beaucoup d’artistes ". Et de régaler l’auditoire à la lecture d’une chanson de Leslie, qui décrit un sentiment de révolte, sans objet, un pur trépignement. D’, le " slameur conscientisé de Bobigny ", remporte la palme avec sa " bombe " posée dans le milieu rap : " J’ai fait un album solo l’an dernier, que j’ai mis à télécharger sur mon site. On a extrait un morceau, Don-Juan-les-Pins, illustré d’une vidéo scandaleuse, visible uniquement sur le Net. Une satire. Un clip de machos qui se pavanent... sans femme. Juste des mecs baraqués à l’esthétique gay, qui se montrent leurs tatouages. Déflagration dans le milieu hip-hop hexagonal, l’album s’est énormément téléchargé ! "

Les chanteurs de droite sont-ils bêtes ? La table ronde s’achève, c’est de bonne guerre, par l’heureux débinage des absents. Michel Sardou ? " Voilà un chanteur engagé ! C’est pas ma tasse, mais il prend position. " Dany Brillant ? " L’autre soir à la télé, je l’ai entendu dédier une de ses chansons aux victimes du tiramisu ! " La politique taraude, la chanson interpelle, les chanteurs font parler d’eux : difficile de croire que ça les gêne.

Liens :

http://www.zebrock.net/journal/

http://www.printemps-bourges.com/fr/index.php

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Commentaires (4)

meriam
  • 1. meriam | 05/07/2007
je veux les paroles de la chanson une phelosophi
Chien Guevara
  • 2. Chien Guevara | 05/07/2007
Faut présicer, là, Meriam, si tu veux que je t'aides... chanson de qui ? titre exact ?
pseudonyme
  • 3. pseudonyme | 14/09/2011
il faudrait allégé le texte:c'est beaucoup trop long et ca ne me donne pas vraiment la definition de la chanson engagée!
Jean Cendent
  • 4. Jean Cendent | 16/05/2016
Bonjour,
En 2007 vue de la face B d'un CD on pouvait se poser la question c’est quoi la chanson engagée ? Pour un nombre "incertain" de personnes vue de la face A d'un CD la question, c'était déjà la chanson dégagé d'avance de tout contrat c'est quoi ou plutôt c'est qui ?
En 2016 avec ou sans CD la question est toujours pour un nombre toujours aussi "incertain" de personnes, c'est encore la chanson dégagé d'avance de tout contrat ou même de la survie c'est quoi ou plutôt c'est qui ?.
Petite réponse :
Donc ballade en France et sans Show Bizz ?
La censure bien sûr qu'elle existe dans le domaine de la chanson, de la musique et plus que jamais !
Elle est dictée et basée sur les forces de l'argent, le népotisme et ses cohortes de pistonnages multiples ( les relations /ou pas en lien et appartenance à ses origines sociales, fils ou filles à papa ou les enfants de la baballe, le bon goût / le mauvais goût , ce qui est bien / ce qui ne l'est pas, ce qui est tendance / ou pas , à la mode / ou ringard, etc ... ). Bref, le capitalisme dans sa version la plus putréfiante : l'ultralibéralisme, avec un plus socialo-bobo : les « aides » aux associations génétiquement compatibles ( c'est à dire qui ont toutes une incroyable et très similaire vision artistico-culturelle ) qui sous le prétexte d'un rééquilibrage en faveur de la jeunesse, de la création etc ... enfoncent encore plus le clou à droite dans la gorge de ceux qui n'ont pas l'esthétique du moment ou de convenance . ( un des "monuments" en matière d'hypocrisie sélective et du bon goût temporel, institutionnalisé , ex : le festival des bourges )
Pour pouvoir être écouté quand tu fais de la musique il faut être entendu , si cela n'est pas le cas, tu crèves . La musique qui est distribuée / écoutée en France n'a rien à voir avec ce qui est crée réellement dans l'hexagone . Il faut faire un tour dans les centaines de studios de répétitions de notre pays pour s'en faire une idée . Je vous y encourage, si bien évidement le coeur vous en dit et pas que dans la région parisienne.
2)Bon, pour les personnes qui croient que le talent émerge toujours quoiqu'il arrive, cela revient à penser que les délocalisations sont dû au manque de talent des ouvriers et employés français et que oui Madame! moi je vous le dis les ouvriers chinois ont eux ; vraiment un immense talent car eux aux moins ils vendent leurs produits partout dans le monde , c'est bien du talent ça?!!!!
Et le talent en fait, c'est quoi cette chose étrange? Qui en a ou en n'a pas ? Qui en décide? Des experts? Es ce un jury? Des juges ? Et qui juge les juges et experts, sur leurs compétences en matière de talent ?
Blah, blah , blah , la doctrine du fameux talent ( donc en l'occurrence pour notre sujet ceux ou celles qui savent faire une bonne musique ou une bonne chanson ) n'est qu'un pis aller pour exécuter artistiquement les gens du peuple et au contraire encenser les personnes de la classe dominante .
C'est simple, regardez les chanteurs/chanteuses, dans une large majorité de quel milieu nous arrivent ils ?
3)Ah oui, mais enfin il ya des EXCEPTIONS regardez intel ou intel, leurs parents étaient des ouvriers et même qu'en plus, ils étaient d'origines émigrés alors vous voyez bien qu' il y a égalité des chances dans la chansons .
Ah bon? Alors ( le peuple, cet étrange inconnu ) les plus nombreux doivent se satisfaire des miettes nommées EXCEPTIONS, bien vue pour l'égalité de la déveine et la soumission d'un peuple mais pour l'égalité de ce même peuple devant la vie, zéro pointé .
Et oui maman, tout pour les mêmes que dalle pour les autres , l'argent va à l'argent, l'air est connu les paroles aussi, c'est la rengaine du capitalisme .
4)Qui en toute logique peut penser que la musique , les chansons que nous écoutons arrive à nos oreilles par magie, apporté par le vent ?
Et bien, non ! comme pour n'importe quel produit il y a tout un réseau pour arrivé jusqu'au consommateur ( hou la la !on dit amateur de musique , amoureux de l'art et de la mélodie ). Et dans cette entreprise «  musicale » il y a les mêmes problèmes que dans le reste de la société industrielle sauf que chut...silence .... il faut faire rêver le bon peuple tout doit rester caché , tabou, pour que les artistes reconnues nous éclairent de leur magnificence . Alors que dans leur immense majorité les artisans musiciens, les faiseurs de chansons issu du peuple sont des précaires ; aux chômages , aux RSA ou font un autre travail pour vivre et survivre . Comme un prolétaire « ordinaire ».
5)La question est quand les ouvriers de PSA , de RENAULT, de ARCELOMITTAL , de Michelins, etc ... avec 1000 RAISONS, sont en grève, ils font venir qui dans un concert de soutien? Lavilliers, Renaud , Zebda , Agnés bihl, Didier super , les Têtes Raides etc ... mais pas les fils ou les filles de leurs voisins ou de leurs collègues de boulot qui jouent dans un groupe de
Punkhardcoretrashbluesrock / chansons pourtant sympa et cool ayant les même difficultés économique qu'eux ( le chanteur est au chômage , la batteuse au RSA , le guitariste est intérimaire, etc ... ) qui composent des chansons qui reflètent leurs vies, leurs perceptions du monde, celles de leurs amis , de leurs parents ( ouvriers, employés ). Étonnant n'es ce pas ?
La solidarité de classe devrait être émanant dans le « fameux » peuple de gauche et pourtant....
Mais bon comme le dit mon voisin s'ils ne passent pas à la TV c'est qu'ils sont mauvais , comme lui aussi d'ailleurs, puisse qu'il est au chômage depuis que les Chinois font de bien meilleurs TV que lui €€€€€€€€...
Une question très basique, Les français aiment-ils la musique populaire autant que les Anglais ou les Cubains ?

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