Syndicats caca !

Quand Xavier Mathieu (CGT) et Anne Hidalgo (PS) parlent d’Edouard Martin (CFDT)

Photo : Xavier Mathieu, Marie-Georges Buffet, Jean-Luc Mélenchon. Harlem Désir et Arnaud Montebourg ne sont pas visibles (mauvais cadrage ?).

Poursuivi pour des faits commis dans le cadre de la lutte contre la fermeture de l’usine Continental en 2009 et pour refus de donner ses empreintes ADN, le délégué CGT Xavier Mathieu est condamné à 4000€ d’amende, puis relaxé en appel. Le parquet fait alors appel et l’amende est fixée à 1200 euros.

Le 5 novembre 2013, le parquet a requis un mois de prison avec sursis à l’encontre des Xavier Mathieu et de 4 de ses camarades de la CGT. Le 17 décembre, le tribunal correctionnel de Roanne les a relaxés.

Depuis le début de la lutte des Conti, Xavier Mathieu aura aussi connu le tribunal administratif et le tribunal des prud’hommes.

Continental lui a proposé un poste d’agent de sécurité sur le site de Clairoix (60) aujourd’hui désaffecté. Il réclame sa réintégration pure et simple afin de retrouver son poste de délégué du personnel.

Par le lien ci-dessous, vous entendrez Xavier Mathieu donner son avis dans le Grand Journal de Canal + sur la promotion annoncée du militant CFDT de Florange. Il est assis à côté d’Anne Hidalgo, candidate PS à la mairie de Paris.

A la question : « Edouard Martin est-il un traître ? », il répond avec une indulgence scellée dans des combats communs : « C’est un des miens… un frère de lutte » qui n’a pas fait le bon choix et pour qui je ne voterai pas. Et (ce n’était pas prévu comme ça) il prononce 15 fois les mots traîtres, trahison, ou le verbe trahir en les destinant… au PS.

Pas mal !

Théophraste R. (et Jérôme Cahuzac, on a des nouvelles ?). Source :

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Ici, on peut lire un autre avis, et surtout des commentaires qui ouvrent largement le débat sur le sujet : Malek Boutih nous donne son avis sur Edouard Martin : 

Les syndicats et l'apolitisme

En France, la notion d'apolitisme a souvent été associée à la charte d'Amiens, adoptée lors du congrès de la C.G.T., en 1906, bien que le mot ne figure pas dans le texte de la charte. À une époque où le Parti communiste n'existe pas encore, la charte d'Amiens donne comme objectif au syndicalisme une lutte, « en dehors de toute école politique », visant l'émancipation intégrale du prolétariat au moyen de l'action révolutionnaire et tout particulièrement de la grève générale. Il ne s'agit donc nullement, en l'occurrence, d'une attitude de prudence ou de réserve à l'égard de la chose publique, mais au contraire d'une volonté autonome de transformation de la société, sans « se préoccuper des partis et des sectes qui, en dehors et à côté, peuvent poursuivre en toute liberté la transformation sociale »

http://www.youscribe.com/catalogue/dictionnaires-encyclopedies-annuaires/savoirs/definition-et-synonyme-de-apolitisme-2267226

1er point : partout, on traite de traitre Edouard Martin, car il était, en tant que représentant syndical, en lutte contre une décision gouvernementale, et on lui reproche aujourd’hui, en se présentant sous l’étiquette PS de « retourner sa veste ».
 A ce qu’il me semble, l’affaire Arcelor-Mittal, dont il était l'acteur, date du gouvernement Sarkozy ; et si actuellement le gouvernement PS (que je ne défend pas, loin s'en faut) ne peut rattraper le coup de « prostitution » d’une entreprise française envers le grand capital international, il ne faut quand même pas accuser Martin de rallier ceux contre qui il luttait, car il luttait contre les prédécesseurs (pour les citer, l’UMP) , restons quand même  honnêtes quant aux faits !

Je conçois qu’en France, on puisse donc prendre cela comme une trahison ; moi même je le pense. Mais …

2ème point : je pense sincèrement et profondément que le syndicalisme français est relativement faible et improductif, car il est victime de la charte d’Amiens, qui, sans l’imposer, sous-entend fortement l’apolitisme des syndicats.
Et là, je suis absolument contre. Car comment défendre des travailleurs, pions du système capitaliste, sans faire de politique ?
La preuve en est là tous les jours : un gars de la CGT (interdit de le dire, mais syndicat quand même plutôt proche du PC... !) a pris sa carte au FN … ; aujourd’hui, on reproche à Edouard Martin, de « s’allonger » devant ses bourreaux, en s’engageant sur une liste PS aux prochaines élections européennes. Et le CGTiste qui va au FN, c'est un gentil fidèle au fil directeur de son syndicat ? Désolé mais entre le choléra et la peste, je préfère encore le PS ...

3ème point : un peu plus loin que notre nombril franco-français, il y a des pays qui connaissent ça quotidiennement, et depuis longtemps ; et tellement quotidiennement et depuis longtemps, qu’ils ont même eu des présidents anciens syndicalistes.
Pour ne citer que ceux que tout le monde connaît : Lech Walesa, leader du syndicat solidarnosc, qui a quand même fini président de la république polonaise après sa sortie de prison. (merci de noter au passage, que je n’en voudrais jamais comme exemple, vu qu’il n’était qu’un pion de la guerre froide états-unienne). Il n’en reste pas moins que syndicat et politique, ça peut coller à merveille.
Deuxième exemple, beaucoup plus glorieux (ouf, j’ai failli auto-saborder mon article) : Lula, au Brésil !
Et vu le contexte actuel de l’amérique du sud, prise dans un éternel étau de coups d’états, de dictatures imposées, de manipulations US permanentes, de guerres civiles made in CIA, finalement, l’ex syndicaliste Lula, qui a remis en course sa succession avec Dilma Rousseff, représente quand même un moindre mal, pour ce pays si « ressourcifère », et donc convoité par de proches rapaces sournois.

L’avis du Chien Gué :

Oui, je pense comme Xavier Mathieu, donc comme Théophraste : bien sur que c’est une trahison, et bien sur qu'Edouard Martin en est plus victime que responsable (récupération politique ou médiatique, quand tu nous tiens…).
En plus, il n’a pas choisi le bon parti pour se recycler dans sa carrière politique ; et il est clair que vu que le PS poursuit la même ligne politico-sociale que son prédécesseur UMP, ce représentant de la lutte des travailleurs n’a en effet pas choisi la liste qui aurait dûe s’imposer à lui, bien plus à gauche.
Par contre, je pense vraiment, et j’en suis prêt à accepter les critiques, voire insultes, qu’un syndicat apolitique ne peut pas fonctionner de façon efficace... Juste pour preuve supplémentaire :  un délégué FO qui se présente sur une liste UMP
Il faut quand même savoir, que tous les congrés FO, (même si la charte d’Amiens, etc, etc, ...) , se terminent par l’internationale chantée a capella et le point levé…
Ce syndicaliste de FO Florange, a t’il assisté à un congrés de son syndicat ? A t’il levé le poing ? Et contre qui ?

Trahison, l’Edouard Martin ? Sans doute… Mais si les syndicats avaient les « cojones » de choisir un camp, peut-être qu’il y aurait moins de trahisons, et en tous cas, plus de clarté pour les syndiqués !

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Date de dernière mise à jour : 26/12/2013

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