Le fonctionnariat à deux vitesses

Actualité :
Elle n'a pas résisté à la polémique, mais elle a déjà un nouveau point de chute. L'ancienne présidente de l'INA, Agnès Saal, démissionnaire après la révélation de ses onéreuses notes de taxis, vient de réintégrer le ministère de la Culture, rapporte l'AFP, jeudi 21 mai, confirmant une information de Monde.
Agnès Saal retrouve ainsi son corps d'origine. "Il s'agit d'une réintégration automatique, comme le prévoit la fonction publique, déclare-t-on au ministère de la Culture. Cette réintégration ne l'exonère pas des procédures disciplinaires qui seront engagées en temps voulu."
Selon Le Monde, Agnès Saal est rattachée au "secrétariat général de ce ministère" et a un titre de "chargée de mission sur les questions de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences", "sans avantage attaché à la fonction". Interrogé à ce sujet, le ministère n'a pas commenté ces informations.
Le 28 avril, elle avait démissionné, à la demande de la ministre de la Culture Fleur Pellerin, après la révélation de frais de taxi dépassant 40 000 euros en dix mois, dont 6 700 euros pour son fils, alors qu'elle disposait d'une voiture de fonction avec chauffeur.
http://www.francetvinfo.fr/faits-divers/affaire/agnes-saal/apres-sa-demission-de-l-ina-agnes-saal-reintegre-le-ministere-de-la-culture_914475.html

Histoire :
Si le programme du CNR ne comportait pas de disposition prévoyant de doter les fonctionnaires d’un statut législatif, il n’en reste pas moins que la loi du 19 octobre 1946 « relative au statut général des fonctionnaires » peut être regardée comme l’un des grands textes démocratiques et progressistes du lendemain de la seconde guerre mondiale. Son élaboration, initiée par le général De Gaulle et reprenant les acquis de la jurisprudence du Conseil d’État, sera essentiellement le résultat d’un travail réalisé sous l’impulsion de Maurice Thorez, alors ministre d’État chargé de la Fonction publique, impliquant activement des représentants de la CGT et de la CFTC. Le statut, qui ne concernait que les fonctionnaires de l’État, prévoyait le cadre juridique du système de rémunération, l’organisation des carrières dans les différents niveaux de qualification, l’institution d’un régime spécifique de sécurité sociale et d’un nouveau régime de retraites.
Premier statut général républicain des fonctionnaires, ce texte voté à l’unanimité par l’assemblée constituante et préparé par Maurice Thorez, alors vice-président du conseil communiste chargé de la fonction publique, prévoyait entre autre l’emploi à vie du fonctionnaire.
http://anicetlepors.blog.lemonde.fr/2009/11/03/le-statut-general-des-fonctionnaires-une-histoire-republicaine-francaise-seminaire-du-snep-fsu-%E2%80%93-chatenay-malabry-4-novembre-2009/

On ne pouvait donc pas radier Agnès Saal, on était juste obligé de la recaser.
Et pour ceux qui la défendent, en disant qu’elle a été mise « au placard », je leur conseille d’aller en débattre avec ceux qui vont pointer à pôle emploi, et qui fantasment sur les placards dorés de nos hauts fonctionnaires.
Et entre le secteur privé brimé, et les hauts fonctionnaires ultra-protégés, il existe une grande masse de petits fonctionnaires, qui ne sont pas à la même enseigne que les hauts perchés.
Juste sur un cas bien précis, je vous laisse apprécier la différence entre les deux espèces dites « protégées » :

La réalité du petit fonctionnaire

Recruté par concours en catégorie C au sein de la DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence, Consommation et Répression des Fraudes), il faut n’avoir aucun commerçant dans la famille proche (ascendants, descendants, conjoint, fratrie, et même cousins, neveux et oncles).

Les faits du haut fonctionnaire

Nathalie Kosciusko Morizet est nommée secrétaire d’état à l’économie numérique le 15 janvier 2009.
Son frère Pierre est cofondateur et PDG de Priceminister (vous connaissez ? le concurrent direct d’Amazon).
Ministre de l’économie numérique avec un frangin qui vit de cette même économie numérique ? Mais comment est-ce possible ?

La fonction publique à deux vitesses

Donc, moi, niveau des pâquerettes (payé le SMIC + 30 euros), on m’a demandé de signer une charte de neutralité, comme quoi aucun membre de ma famille … (voir plus haut).
Une ministre (payée 15 fois le SMIC + X euros de primes, indemnités, compensations, remboursements, cadeaux, …) ne signe même pas une charte pour arbitrer un domaine dans lequel son frère se fait des c……. en or ?
La fonction publique qui coûte cher, c’est un fait. Mais pour y remédier, il serait peut-être plus opportun de supprimer des postes de hauts fonctionnaires, surpayés, improductifs et corrompus, plutôt que de supprimer des postes d’exécutants actifs sous-payés, au sein des services publics de proximité.

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Date de dernière mise à jour : 22/05/2015

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