La prime à Renault et Peugeot

Après l'automobile, la prime aux talons aiguilles

Christine Clerc développe une politique de relance économique simple et pas chère. Une prime gouvernementale pour promouvoir l'achat de produits français...compensée par des taxes sur leur utilisation !

MôsieurJ. - Flickr - CC
Et moi qui croyais que la voiture, c’était fini ! Quand Bertrand Delanoë, sous l’influence des Verts, bâtissait des murets de béton en travers des boulevards parisiens pour m’ empêcher de circuler, quand Brice Hortefeux mettait la pression sur les policiers pour qu’ils m’enlèvent un point de permis chaque fois que je roulais à 54 kms heure sur les quais de la Seine ou que j’atteignais 114 kms heure sur l’autoroute à travers le Morvan, quand Nicolas Sarkozy, en émule de Nicolas Hulot, promettait de me punir par une Taxe Carbone si je prenais le volant pour aller à la campagne, je me figurais que c’était pour m’inciter à descendre attraper la grippe A dans un métro bondé et pollué et pour me contraindre à chanter «  Adieu, l’auto ! »

J’avais donc fini par me résoudre à remiser ma petite Diesel en attendant de pouvoir la changer, dans deux ou trois ans, pour une «  tout électrique ». Eh bien, je n’avais rien compris ! Toutes ces mesures anti-bagnole visaient justement à faire renaître mon désir ! L’interdit, c’est bien connu… «  C’est si bon, que c’est presque un péché ».

J’aurais dû m’en douter, car la manœuvre était cousue de fil blanc : tout en réprimant les automobilistes de la main droite, le gouvernement ne s’évertuait-il pas, de la main gauche, à en multiplier le nombre ? Il allait jusqu’à proposer à chaque candidat à l’achat d’une voiture neuve une prime de 1000 euros !

Le résultat dépasse toutes les espérances : 2, 6 millions de voitures neuves ont été vendues en France en un an. Du jamais vu depuis vingt ans ! Les patrons de Renault et Peugeot jubilent. Les syndicats respirent : même si près de la moitié des voitures achetées dans ces conditions sont fabriquées à l’étranger, cela donne du travail pour plusieurs mois aux OS de Sandouville et de Poissy. La Ministre de l’Economie peut annoncer un taux de croissance supérieur à celui qu’elle prévoyait. Le Premier ministre lui-même en oublie de parler «  faillite ». Quant aux actionnaires, ils vont pouvoir s’envoler vers des plages au soleil : divine surprise, la Bourse remonte ! Enfin, une bonne raison – consensuelle – de se réjouir : nous n’arrivons pas à vendre notre TGV aux Chinois, notre nucléaire aux Emirats et nos Rafale au Brésil, mais nous vendons des voitures françaises aux Français !
Alors, pourquoi ne pas étendre cette magique politique de relance par la consommation à d’autres secteurs ?

D’abord au vélo, tellement moins polluant que la voiture : si des millions de Français touchaient un bonus pour devenir chacun propriétaires de leur petite reine, ils n’auraient plus besoin d’emprunter et de casser ces Vélibs qui coûtent si cher aux municipalités. Puis, à l’agriculture : puisque Bruxelles interdit de subventionner davantage les éleveurs, pourquoi ne pas lancer une prime à l’achat du litre de lait et du rôti de bœuf ? Le problème des excédents serait aussitôt réglé. Le textile, maintenant : l’industrie française a presque disparu, victime du tsunami asiatique. Mais il nous reste quelques PME très performantes. Que l’Etat lance donc une prime au manteau de lainage ! Vous verrez aussitôt les Françaises se débarrasser de leur doudoune «  made in China » pour adopter la mode du petit manteau gris façon Carla. Enfin, l’industrie de la chaussure : des milliers de salariés d’autrefois, au savoir-faire réputé, il ne reste plus que quelques centaines de survivants et survivantes, du côté de Romans. Mais ils n’attendent qu’un signe pour remettre leur tablier de cuir. Imaginons une prime aux talons aiguille. Ce n’est pas de 40%, comme le marché automobile, que s’envoleraient les ventes d’escarpins, mais de 400% !

« Mais vous voilà cigale, me dit la fourmi. Etes-vous devenue folle ? Faire subventionner vos caprices par le contribuable ! Creuser les déficits à coups de talons aiguille ! Comme si nos caisses n’étaient pas déjà vides ! Comme si nos enfants n’étaient pas déjà condamnés à travailler plus toute leur vie pour rembourser vos fantasmes ! » C’est vrai. Je rêvais. J’allais danser. Ce n’était pas sérieux. Mais au fait, combien vont coûter au budget de l’Etat les 2, 6 millions de voitures achetées en 2009 à coups de primes de 1000 euros ? De quel montant vont-elles accroître notre monstrueux endettement ? Combien vont-elles produire de tonnes de CO2 ? Et combien d’accidents de la route, qui aggraveront le déficit de la Sécurité Sociale ? Heureusement, si l’on ose dire, l’Etat a son plan pour faire rentrer l’argent dans les caisses : multiplication des radars qui permettront d’encaisser toujours plus de contraventions à plus de 100 euros, taxe sur les produits pétroliers, taxe carbone…Vous rêviez ? Eh bien, payez, maintenant !   

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