







De quoi a-t-on parlé cette semaine, de manière quasi exclusive, loin, si loin des réalités de la vie quotidienne ? D’une pseudo-émission de télévision taillée sur pièce pour un chef de l’État plus manipulateur que jamais dans le corps à corps verbal et la mystification. D’un procès pipolisé réduit à un duel, une guerre plutôt, entre Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin, procès qui, manifestement, pas fini d’occuper les blablateurs qui se complaisent du soupçon permanent et ne perdent jamais une occasion pour rabaisser l’idée d’engagement public. D’une énième ignominie de Georges Frêche, qui, du haut de son potentat local qu’il gère en autocrate décrispé, se permet décidément n’importe quoi et donne à voir la vraie nature de son tempérament. Assez !
Et quoi d’autre ? Des suites du débat sur le voile intégral, pardi, tandis que nos gouvernants, Sarkozy, Besson, Fillon, Hortefeux et les autres continuent d’insinuer avec un plaisir quasi maladif, comme pour mieux ressouder l’électorat ultradroitier, que les interrogations soulevées par l’odieux « débat » sur « l’identité nationale » sont liées d’une manière ou d’une autre aux difficultés d’intégration des immigrés… Et quoi encore ? Des profanations de cimetières. Des insultes. Des rhétoriques de caniveaux. Des discriminations qui déchirent le pacte républicain. Bref l’implacable signature des bas-fonds de la vieille France… Assez !
Le climat actuel, qui installe insidieusement une espèce de dictature de l’émotion, vise à éloigner les Français de l’essentiel, de l’épouvantable casse sociale, de la limitation des droits, de la décomposition du vivre ensemble, etc. Ceux qui souffrent ne s’y trompent pas. Après plus deux ans en Sarkozye et autant de fêlures à l’éthique de notre société, de nombreux Français sont en recherche d’alternatives et veulent non seulement exprimer leur colère mais lui donner de la force. Ne nous trompons pas. La campagne électorale qui vient de débuter est une occasion de décréter, partout, que seule l’urgence sociale doit nous préoccuper. Une manière indispensable de répliquer au gouvernement. Et de dire une bonne fois pour toutes : assez !

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