Janvier 2010 ou comment encombrer les médias avec des broutilles

Assez !

Edité le 29 janvier 2010.

« Identité nationale », guerre Villepin-Sarkozy, délires de Frêche… Le « spectacle » politique actuel vise à éloigner les Français de l’essentiel.

« L’homme a inventé le pouvoir des choses absentes », disait Paul Valéry, qui ne manquait jamais une occasion pour sonder le fracas des tourments humains rapportés à l’essentiel. Autant se le dire. Le « spectacle » offert depuis quelques semaines par la plupart des « acteurs » politiques de la « scène » médiacratique nous afflige autant qu’il nous inquiète. Tandis que le pouvoir s’efforce à enfoncer la France dans un univers de contre-révolution idéologique, sociale et politique, assortie d’un affaissement des repères symboliques qui encadraient jadis notre chemin en citoyenneté, tout est organisé pour réduire l’engagement public à des exhibitions abêtissantes. Postures, déclarations, manœuvres, effets d’annonce, occupations des médias, livres nauséeux, tout cela sous le feu nourri des communicants. L’agenda idéologique actuel, ou voisinent démagogie et populisme, mensonges et serviabilité, racisme et xénophobie, ne sert que la division et l’atomisation de la République… Assez !

De quoi a-t-on parlé cette semaine, de manière quasi exclusive, loin, si loin des réalités de la vie quotidienne ? D’une pseudo-émission de télévision taillée sur pièce pour un chef de l’État plus manipulateur que jamais dans le corps à corps verbal et la mystification. D’un procès pipolisé réduit à un duel, une guerre plutôt, entre Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin, procès qui, manifestement, pas fini d’occuper les blablateurs qui se complaisent du soupçon permanent et ne perdent jamais une occasion pour rabaisser l’idée d’engagement public. D’une énième ignominie de Georges Frêche, qui, du haut de son potentat local qu’il gère en autocrate décrispé, se permet décidément n’importe quoi et donne à voir la vraie nature de son tempérament. Assez !

Et quoi d’autre ? Des suites du débat sur le voile intégral, pardi, tandis que nos gouvernants, Sarkozy, Besson, Fillon, Hortefeux et les autres continuent d’insinuer avec un plaisir quasi maladif, comme pour mieux ressouder l’électorat ultradroitier, que les interrogations soulevées par l’odieux « débat » sur « l’identité nationale » sont liées d’une manière ou d’une autre aux difficultés d’intégration des immigrés… Et quoi encore ? Des profanations de cimetières. Des insultes. Des rhétoriques de caniveaux. Des discriminations qui déchirent le pacte républicain. Bref l’implacable signature des bas-fonds de la vieille France… Assez !

Le climat actuel, qui installe insidieusement une espèce de dictature de l’émotion, vise à éloigner les Français de l’essentiel, de l’épouvantable casse sociale, de la limitation des droits, de la décomposition du vivre ensemble, etc. Ceux qui souffrent ne s’y trompent pas. Après plus deux ans en Sarkozye et autant de fêlures à l’éthique de notre société, de nombreux Français sont en recherche d’alternatives et veulent non seulement exprimer leur colère mais lui donner de la force. Ne nous trompons pas. La campagne électorale qui vient de débuter est une occasion de décréter, partout, que seule l’urgence sociale doit nous préoccuper. Une manière indispensable de répliquer au gouvernement. Et de dire une bonne fois pour toutes : assez !

Par Jean-Emmanuel Ducoin

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

×