Copé : c'est Proglio ou l'URSS, ya pas le choix!

Invité de France Inter, Jean-François Copé a été durement apostrophé par les auditeurs sur le cas Proglio. Le député-maire de Meaux n'a rien lâché, usant de références historiques parfois douteuses et tâchant de convaincre l'auditeur des dures réalités de l'économie de marché.


Copé tentera bien de trouver une échappatoire vers d’autres thématiques. En vain, à 8h40, Nicolas Demorand lui annonce avec une certaine gravité : « il y a é-nor-mé-ment, E-NOR-ME-MENT, de questions au standard sur Henri Proglio ».

Effectivement, les assauts se multiplient, mais Copé ne plie pas, assurant une défense inflexible du nouveau PDG d’EDF et sa double rémunération : « C’ est un homme qu’on est en train de jeter aux Piranhas. Je trouve ça très inquiétant car on a besoin d’hommes capables de présider aux destinées d’une grande entreprise. Ill n’y en a pas tant que ça et cela justifie le salaire qui est le sien».

« Deux emplois, deux salaires ? » demande Demorand. Copé enchaîne mordicus sans jamais dévier de sa ligne : « Il a été président de Veolia, il est aujourd’hui à EDF, il y a des synergies entre ces deux maisons, ce n’est pas aberrant qu’il y ait un lien. C’est le dispositif qui a été retenu pour un homme qui a des journées qui ne font pas 35 heures (sic)».

Veolia, seule alternative au stalinisme selon Copé ?

Rien n'y fait : pour les auditeurs, Henri Proglio incarne dès lors le cumulard : « les cupides, les rapaces, qui ont provoqué la crise qu’on connaît, dont vous êtes aussi Monsieur Copé d’une certaine manière avec votre fonction d’avocat. Ce serait bien d’ailleurs de joueur un peu la transparence là dessus » dira Ahmed

« Economie de la cupidité ? »
ajoute le présentateur de la matinale qui cite Michel Rocard. Copé, visiblement las de ces questions assène les banalités premières : « On a besoin de chaque Français, notamment des meilleurs, et qu’il en est. Tout cela se fait dans un marché et forcément ça veut dire des salaires plus élevés. Après tout, pour arriver là où il est, il a donné beaucoup de lui-même, il a atteint un niveau de compétences que peu d’autres personnalités ont, et ça justifie le salaire qui est le sien. Et je me permets d’ajouter que son salaire est inférieur à celui d’entrepreneurs qui ont des responsabilités comparables en Europe ».

Jospin en avait pris pour son grade en 2000 au moment de licenciements chez Michelin lorsqu'il avait expliqué que « l'Etat ne peut pas tout », actant ainsi l'impuissance publique... Dix ans plus tard, en pleine crise financière, alors qu'on a cessé de fustiger les bonus des uns, de seriner qu'il était plus que temps de mettre un peu d'ordre dans la planète finance, sinon de changer de monde, l'impuissance publique semblae passer à droite. Au premier coup de semonce, voici qu'on nous explique, comme avant, qu'il serait inconcevable qu'un Etat s'autorise à limiter le salaire du patron d'une entreprise publique.

Incapable ou refusant de voir l’indignation qui monte face à l’obscénité de certains salaires, le député-maire s’en tirera pas un subterfuge  des plus étonnants: « C’est trop tout ça (soupir)… dans le passé, il y a des régimes qui ont essayé de faire autrement, c’était il y a une soixantaine d’années. On a vu ce que ça a donné de mettre tout le monde au même niveau de salaire ».
Proglio ou le stalinisme, « ya pas le choix ».

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