Total et la junte Birmane

La Belgique relance
une enquête sur Total

Le parquet fédéral a rouvert une enquête pour crimes contre l'humanité, visant le groupe pétrolier français en Birmanie. Le dossier contiendrait des preuves d'une "aide financière, logistique et militaire" apportée à la junte.

 

Le parquet fédéral de Belgique a annoncé la réouverture d'une enquête pour crimes contre l'humanité visant les activités du groupe pétrolier français Total en Birmanie, selon les médias belges. Total n'a pas souhaité faire de commentaire.
C'est une plainte de quatre Birmans, déposée en 2002, qui est à l'origine de la procédure, grâce à la loi de compétence universelle. Cette législation belge permet en effet à Bruxelles de juger les auteurs de crimes contre l'humanité commis en dehors de son territoire.
Selon un avocat des plaignants, le dossier contient "des preuves matérielles de la complicité de Total, non seulement une aide morale et financière à la junte, mais aussi une aide logistique et militaire". Des accusations que le groupe Total dément.

Torture et travail forcé

Les plaignants veulent faire entendre devant la justice Thierry Desmarest, le président de la firme, et l'ancien responsable des activités du groupe pétrolier en Birmanie, Hervé Madeo, pour complicité de torture et travail forcé sur le chantier d'un pipeline, construit en 1998.
Une précédente enquête avait été stoppé par la Cour de cassation en 2005, suite à un vice de procédure. L'instruction lancée lundi émane du ministère de la défense, et une audience est prévue dans la dernière semaine d'octobre, qui fixera un éventuel renvoi devant un tribunal.

La CSI dresse une liste des onze
multinationales liées à la junte

La Confédération Syndicale Internationale appelle notamment Total, Caterpillar ou Daewoo à quitter le pays.

 

La Confédération syndicale internationale (CSI) a dressé, mardi 2 octobre, la liste de onze entreprises multinationales accusées de "soutenir le régime brutal" de Birmanie, les exhortant à se retirer de ce pays où des manifestations pour la démocratie ont été réprimées.
Voici la liste de la CSI qui inclut "d'importantes multinationales, en affaires avec la Birmanie, dont Caterpillar (Etats-Unis), China National Petroleum Corporation et China National Offshore Oil Corporation (Chine), Daewoo International et Hyundai (Corée du Sud), Siemens (Allemagne), Gas Authority of India et ONGC Videsh Ltd (Inde), GloxoSmithKline (Royaume-Uni), Swift (Belgique) et Total (France)".

"Meurtres, tortures, et violences"

Dans un communiqué, la CSI, qui est basée à Bruxelles, demande à ces entreprises de "se retirer du pays et 'd'arrêter de soutenir son régime brutal'". Pour le secrétaire général de la confédération, Guy Ryder, "aucune entreprise ne peut affirmer avoir les mains propres si elle fait des affaires dans ou avec la Birmanie, car les généraux prennent leur part dans chaque contrat".
Il indique que "seuls quelques-uns bénéficient des liens de la Birmanie avec les milieux d'affaires étrangers", et que ce "sont eux les véritables auteurs des meurtres, tortures et violences en cours" dans le pays.
Créée en 2006, la CSI revendique 168 millions d'adhérents, dans quelque 300 syndicats nationaux de plus de 150 pays.

Birmanie TOTALitaire - Cliquez pour voir la couv en grand La dictature instaurée en Birmanie par le général Ne Win en 1962 est l'une des plus criminelles du monde. La France travaille pourtant avec la Birmanie. Total, impliquée dans l'exploitation du travail forcé des paysans birmans aussi bien que dans le blanchiment d'argent depuis 1994, est le principal soutien du régime. C'est avec Total que l'État birman, premier producteur mondial d'héroïne, qui n'hésite pas à recourir au viol massif des droits de l'homme pour réprimer l'opposition, trouve sa plus importante source de devises légales.
Ce livre est une plongée au pays de l'horreur – une horreur contemporaine.

Qu'est-ce qu'une dictature aujourd'hui ? Le texte d'Alan Clements décrit
l'horreur à l'état brut.
Ce petit livre au vitriol dénonce aussi la politique de la France en
Birmanie. Dictature terrifiante, le régime birman se fonde sur l'exploitation
à grande échelle du marché de l'héroïne.
Les généraux de Rangoon se sont mis au ban des nations en réprimant
sauvagement le soulèvement populaire de 1988, puis en ne
reconnaissant pas les résultats des élections de 1990 et en assignant à
résidence le leader de l'opposition, prix Nobel de la Paix, Aung San Suu
Kyi.
C'est dans ce contexte que la diplomatie française s'est portée à leur
secours. Total est devenu le premier investisseur étranger en Birmanie.
L'industrie du tourisme français a de même été encouragée aux pays des
mille pagodes.
Ainsi les dictateurs narco-trafiquants se sont vus offrir des sources de
devises qui leur permettent de blanchir l'argent de la drogue, leur
principale source de financement.
Dénoncé récemment par le gouvernement belge, Total, compromis également dans l'exploitation du travail forcé, bénéficie toujours du soutien inconditionnel du gouvernement français, malgré le rapport accusateur de la mission d'information parlementaire sur les activités petrolières, en 1999.
C'est ce scandale majeur de la République qui est ici mis en lumière."La Birmanie et son régime actuel, une narcojunte à l'état brut, exercent depuis leur avènement, 1988, sur certains secteurs politiques, économiques et affairistes français une véritable fascination. Cet engouement pour un régime que toutes les démocraties s'accordent à trouver infréquentable est, depuis une dizaine d'années, encouragé en haut lieu, du Quai d'Orsay au [...] Medef, en passant par l'Élysée, où le président Chirac s'est lui-même fait publiquement le chantre de l'investissement du pétrolier Total en Birmanie ."

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