Les douceurs de la CIA

Insectes, nudité, simulation de noyade : l'éventail des supplices sous Bush

De la gifle humiliante à la simulation de noyade en passant par le confinement en compagnie d'insectes, les techniques d'interrogatoires antiterroristes de l'ère Bush, révélées jeudi 16 avril par l'administration Obama, font froid dans le dos.


L'éventail des méthodes d'interrogatoire détaillées avec une précision quasi-scientifique dans quatre mémos secrets rédigés par les avocats du département de la Justice Jay Bybee en 2002 et Steven Bradbury en 2005 est "graduée", de l'intimidation du suspect en l'attrapant brusquement par le col à la simulation de noyade, comme le précise le premier mémo datant d'août 2002.

TECHNIQUE DU MUR : La technique du mur (walling) consiste à placer la personne interrogée contre un mur flexible. L'enquêteur tire la personne vers lui, puis la repousse violemment contre le mur.

GIFLE : Vient ensuite la frappe au visage "avec les doigts légèrement écartés", recommande le texte. Son but est de "provoquer la surprise et/ou l'humiliation".

CONFINEMENT : Le confinement est également recommandé: "pas plus de deux heures" quand le détenu peut seulement être assis et "jusqu'à 18 heures" quand il est dans un espace plus grand lui permettant de se tenir debout.

FATIGUE MUSCULAIRE : Le prisonnier "est placé de 1,20 à 1,50 mètre d'un mur" et il lui est ordonné de ne pas bouger.

PRIVATION DE SOMMEIL : La privation de sommeil constitue une étape supérieure. Selon un mémo de mai 2005, elle a été utilisée jusqu'à 96 heures d'affilée, bien que 180 heures constitue la durée maximale autorisée.

INSECTES : L'utilisation d'insectes est recommandée dès le premier mémo de 2002, dans lequel les enquêteurs sont encouragés à dire à un détenu, en l'occurence le Palestinien Abou Zubaida, qu'il s'agit d'un "insecte qui pique". En réalité, l'utilisation d'un insecte inoffensif comme la chenille est conseillée.

SIMULATION DE NOYADE : La simulation de noyade (waterboarding) vient couronner la liste. "L'individu est attaché à un banc incliné", ses pieds sont généralement surélevés. Un linge est placé "sur son front et ses yeux" et de l'eau est versée sur le linge qui est tiré sur le nez et la bouche au cours de l'opération.
La respiration du détenu est "légèrement entravée pendant 20 à 40 secondes", précise le mémo. Le linge est ensuite retiré et l'opération peut recommencer après trois ou quatre inspirations. Au total, cela ne doit pas durer plus de 20 minutes, selon le mémo secret.

NUDITE : Les trois mémos de mai 2005 apportent davantage de précisions. Il est par exemple indiqué dans un document du 30 mai que "la nudité est utilisée pour provoquer un inconfort psychologique, et aussi parce que cela permet à l'enquêteur de récompenser immédiatement le détenu en lui rendant ses vêtements en cas de coopération".

MANIPULATION DIETETIQUE : La "manipulation diététique", ou remplacement du repas habituel par un "liquide fade", peut également être utilisée.


183 "waterboarding" pour le cerveau du 11 septembre


Khalid Sheik Mohamed, le cerveau  présumé des attentats du 11 septembre 2001, a subi 183 fois la technique "waterboarding", consistant à infliger un simulacre de noyade par des interrogateurs de la CIA, rapporte le New York Times. Le quotidien, qui cite une note du ministère de la Justice datant de 2005, ajoute qu'un autre membre présumé d'Al-Qaïda, Abou Zoubaydah, a été interrogé de la sorte à 83 reprises. Toujours d'après la même note, cette technique a été utilisée 183 fois sur Khalid Sheik Mohamed pour le seul mois de mars 2003.

Des actes interdits mais non poursuivis


Barack Obama, a interdit l'usage de cette technique d'interrogatoire. Il prend ainsi ses distances avec son prédécesseur. L'administration Bush considérait effectivement qu'il ne s'agissait pas d'actes de torture. Cependant l'actuel président américain a déclaré jeudi dernier qu'il n'y aurait pas de poursuites à l'encontre des agents de la CIA ayant eu recours au "waterboarding" ou à d'autres méthodes musclées d'interrogatoires.

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Commentaires (1)

Guim's
  • 1. Guim's | 05/04/2011
Si c'est le gouvernement américain qui est à l'origine du 11 Septembre, il gonflé d'avoir fait subir tout cela au soit-disant "cerveau" de l'évènement non ?
Bon ça date quand même pâs mal cette histoire. Le waterboarding est interdit mais quid des autres techniques ?

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