Les diamants tachés de sang de la Sierra Leone

Sierra Leone: La guerre des diamants




L
e Sierra Leone vit depuis 9 ans la guerre civile. Cette ancienne colonie britannique, dont le sol est si généreux en minéraux (diamants, or, fer..), a accédé à son indépendance en 1961. Pourtant, la plupart de ses mines sont restées propriété des anciens colonisateurs qui se sont regroupés en différents consortiums d'exploitation. Le 23 mars 1991, le Front révolutionnaire uni (Ruf), avec à sa tête un ancien sous-officier de l'armée coloniale britannique, Foday Sankoh, déclencha une offensive en s'emparant de l'est du pays... et, surtout, des richissimes gisements de diamants qui abondent dans cette région.

Depuis, le Sierra Leone est en guerre. Une guerre sans idéologies véritablement opposées, sans principes antagonistes, une guerre où les deux parties, le gouvernement central et les rebelles de l'est, s'entre-tuent au nom du contrôle des richesses du pays. Il y a à peine un an, les troupes de Sankoh entraient dans la capitale, Freetown. Face à eux la force de paix ouest-africaine (ECOMOG) à été impuissante. 6300 cadavres, sans compter les personnes qui avaient été horriblement mutilées, voici le bilan du massacre. Quelques mois plus tard, le 7 juillet 1999, un accord de paix devait être signé entre le président, Ahmed Tejan Kabbah, et le chef des rebelles, Foday Sankoh. Comme si rien ne s'était produit, les deux parties se mirent d'accord sur une loi d'amnistie ainsi que sur une répartition du contrôle des mines de diamants.

Les miliciens du Ruf devaient céder le contrôle des précieux gisements aux forces de l'Onu, qui, depuis le 29 décembre a envoyé 11.000 casques bleus sur place. Seulement, les hommes de Sankoh devaient soudainement changer d'avis... en emprisonnant au moins 500 casque bleus: ceux-là même qui avaient pour mission de s'emparer des rebelles... et des mines de pierres précieuses!

Le contrôle des mines de diamants est la réponse clef à la crise qui est en train de devenir endémique en Sierra Leone. Si les exploitations de pierres précieuses appartiennent souvent aux "cartels", avec leur siège au Royaume-Uni, la capitale internationale des transactions est toujours Anvers, en Belgique. Or, il est intéressant de constater que la principale société de courtage en diamants, De Beers, a déménagé de Sierra Leone dès que les mines de diamants sont tombées dans les mains des miliciens rebelles... Pour rouvrir, en suite, ses bureaux dans les deux pays voisins, la Guinée Conakry et le Liberia. Ce dernier, dont le sol est assez pauvre en diamants, a exporté en ces deux dernières années pour 300 millions de dollars de pierres, et cela, pendant que les exportations de Sierra Leone descendaient à seulement 30 millions.

Pendant que les marchands d'Anvers financent les rebelles, l'armée de Sa Majesté a débarqué à Freetown. Se metteront-ils un jour d'accord, ou continueront-ils à sponsoriser le massacre?


La majorité des guerres aujourd’hui sont des guerres civiles. Bien que les conflits internationaux suscitent une immense attention dans le monde entier, ils sont cependant rares. La guerre de Sierra Leone a débuté en 1991 pour officiellement se terminer le 1er janvier 2002. Un conflit qui a duré onze ans, qui a causé la mort de 200'000 personnes et en a déplacé 2'000'000 d’autres. Onze ans de campagnes d’amputations massives, de viols, de mutilations, d’esclavage, de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Onze années d’un défoulement de violences inouïes dont les traces béantes de l’horreur et les traumatismes sont encore terriblement palpables.

Une guerre de 1991 à 2002. Des dates qui ne sont pas anodines, elles sont le trait d’union de deux espaces historiques, elles jalonnent le passage du XXème au XXIème siècle. Onze ans d’un conflit qui, lui non plus, n’est pas anodin puisqu’il est sur tous les plans le conflit type et emblématique de notre époque.

Créé par la résolution 1315 du Conseil de Sécurité de l’ONU, le Tribunal Spécial pour la Sierra Leone est compétent, selon ses statuts, pour juger ceux qui portent la responsabilité des plus sérieuses violations du droit humanitaire, crimes contre l'humanité et violations aux Conventions de Genève durant le conflit, et particulièrement du mois de novembre 1996 à 2002. Le Tribunal juge actuellement les principaux criminels inculpés par la cour et son procureur. Charles Taylor est considéré comme le principal accusé.

Le conflit de Sierra Leone a été, dès son origine, tout au long de son déroulement et jusqu’à son issue, le théâtre saisissant et vertigineux des grandes lignes de force de notre temps et de ses acteurs: la finance, le commerce des ressources naturelles -en l’occurrence celui des diamants les plus prisés du monde-, la vente d’armes, l’entreprise privée dans la guerre, le couple américano-britannique, la crise de l’ONU, la realpolitik, le terrorisme, le Hezbollah et Al-Qaïda, la guerre en Irak, l’éveil et l’aspiration de la justice internationale.

Tous ces éléments se sont emboîtés dans un spectaculaire puzzle, une mécanique de thriller qui se dévoile aujourd’hui à la manière d’un roman d’espionnage.

La question des diamants de Sierra Leone est au cœur même du conflit. En effet, que ce soit dès l’origine du conflit, puis durant son déroulement jusqu’à son issue et la période post-conflit, les diamants et leur commerce ont été et restent décisifs.

Ce sont bien souvent des jeunes « rebelles », exploités dans les mines de diamants, qui sont venus gonfler les rangs du RUF (le Front Révolutionnaire Uni), le groupe armé qui mit à feu et à sang le pays. Ce sont les zones diamantifères qui ont servi de bases arrières aux rebelles; les diamants jouant le rôle de moteur financier de la guerre. Enfin, aujourd’hui ce sont les compagnies de mercenaires sud-africaines et britanniques, engagées durant le conflit par le gouvernement sierra-léonnais pour faire face au RUF, avec l’appui, l’encadrement et la logistique de la Grande-Bretagne de Tony Blair, qui ont été récompensées avec l’attribution de concessions et qui aujourd’hui exploitent les plus grandes mines de diamants de Sierra Leone.

Le 4 juin 2007 a commencé, à La Haye, le procès de Charles Taylor, l’ancien président du Libéria, seigneur de guerre, considéré comme l’un des plus brutaux criminels de guerre de notre temps et le principal instigateur du conflit en Sierra Leone.


 

UN ACCORD DE PAIX VICTIME DES CONVOITISES

Guerre et diamants en Sierra Leone

L’INTERMÈDE aura été de courte durée : la paix signée, en juillet 1999, entre le gouvernement de Freetown et les rebelles du Front révolutionnaire uni (RUF) s’est brisée, début mai 2000, avec la capture de 300 casques bleus par la rébellion. L’arrestation de M. Foday Sankoh, chef du RUF, par les Britanniques, le 10 mai, n’a pas mis fin aux affrontements. En effet, la guerre civile a pour toile de fond la lutte sans merci que se livrent les compagnies minières internationales pour le contrôle du diamant sierra-léonais.

Par Andres Perez

On le savait depuis longtemps : l’économie criminelle peut ronger des Etats et des peuples entiers. Mais les récents événements de Sierra Leone ont fourni la preuve qu’elle peut aussi détourner en sa faveur toute une opération de maintien de la paix dirigée par l’Organisation des Nations unies (ONU) et soutenue par les principales puissances étrangères. Plus vaste opération de maintien de la paix de l’ONU dans le monde avec ses 9 000 hommes, la Mission des Nations unies en Sierra Leone (Minusil) devait mettre fin à une horrible guerre civile vieille de dix ans et envoyer un message d’espoir à toute l’Afrique, éclairant la prochaine mission au Congo Kinshasa. 

ar il ne faut pas se tromper de protagonistes. Même barbares, drogués ou enrégimentés par les seigneurs de guerre, de jeunes hommes armés et aux abois ne pouvaient seuls mettre à genoux la Minusil. Les Nations unies ont été piégées par quelque chose d’autre, quelque chose de plus nouveau et tentaculaire : l’affrontement entre deux réseaux rivaux soutenus par des hommes d’affaires qui cherchent à faire main basse sur les ressources minières. En effet, en refusant de décréter un embargo sur les diamants sierra-léonais, voire une zone d’exclusion économique, comme le demandaient de nombreux experts, le Conseil de sécurité et le secrétaire général de l’ONU  ont laissé le champ libre à un affrontement mafieux dont leurs soldats sont devenus les pions.

D’un côté, le camp rebelle, le Front révolutionnaire uni (RUF), véritable maître du territoire, contrôle la moitié du pays et fait régner l’insécurité sur l’autre moitié, rendant impossible toute activité minière lourde comme celle que voudraient démarrer les petites compagnies (« junior companies »). Il s’appuie sur la zone d’influence guerrière et commerciale de M. Charles Taylor, aujourd’hui président du Liberia, aussi appelée « Taylorland » . A Monrovia, base arrière de ce dernier, se négocie une bonne partie du diamant de contrebande sierra-léonais, drainant environ 200 millions de dollars par an « en connexion avec les marchés des armes, de la drogue et du blanchiment d’argent partout en Afrique » et ailleurs.

La pierre précieuse arrivée de Sierra Leone devient automatiquement « libérienne ». Ce système profite aux compagnies telles De Beers ou Lazare Kaplan International, car l’extraction artisanale pratiquée en zone rebelle ou milicienne sierra-léonaise, ainsi que la vente par le biais de la contrebande permettent d’acheter au prix bas des pierres en brut qui se comptent parmi les plus parfaites au monde et qui sont négociées ensuite à 270 dollars par carat en moyenne, avant la taille. Les opérateurs qui ont accès à ces pierres peuvent ainsi conserver la plus grande marge de bénéfice .

De l’autre côté, les « légitimistes », autour du président Ahmed Tejan Kabbah. Son gouvernement comprend le puissant vice-ministre de la défense, M. Samuel Hinga Norman, chef de la milice Kamajor, et M. Johnny Paul Koroma, ancien putschiste et tortionnaire, et sa milice. L’Etat ne fournit plus aucun service aux citoyens depuis quinze ans. Pourtant, il bénéficie toujours de la reconnaissance internationale qui lui permet de signer des contrats avec les compagnies minières canadiennes, belges, nord-américaines, britanniques ou sud-africaines. Mètre carré par mètre carré, toute la « Sierra Leone utile » a été hypothéquée sous forme de concessions de diamants, de rutile, de bauxite et d’or, notamment.

Quatre compagnies se taillent la part du lion : Global Exploration Corporation, Rex Mining Corporation, DiamondWorks (BranchEnergy et BranchMining) et Sierra Rutile-Nord Ressources. Au moins deux de ces compagnies, Rex et DiamondWorks, ont fait valoir leurs concessions en Sierra Leone pour augmenter leur capitalisation boursière sur le Toronto Stock Exchange en 1999, alors même que la paix n’était pas encore signée, alors même qu’elles ne pouvaient pas mettre un pied sur ces sols contrôlés par les rebelles. Chacune de ces firmes détient des réseaux d’agents qui leur permettent de maintenir à peu près en état leurs installations.

C’est bien le choc brutal de ces deux alliances rivales qui a brisé tout espoir de paix et changé la nature de la mission de l’ONU, après avoir propagé pendant dix ans une guerre dont la seule victime est la population civile et surtout les enfants. Et c’est parce que l’enjeu est bien réel et de taille - plus de 1 milliard de dollars annuels de joyaux mis en vente dans les bijouteries, le deuxième gisement de rutile au monde et des dépôts de bauxite pouvant influer sur les cours - que l’ancienne puissance coloniale, la Grande-Bretagne, sort des coulisses et déploie sa force militaire pour soutenir l’Etat de Sierra Leone, sans avoir besoin d’utiliser le rideau de fumée des mercenaires de Sandline International, comme elle avait fait jusqu’à présent.

Vu l’enjeu, M. Charles Taylor, en mal de reconnaissance, se voit obligé d’accepter d’être considéré de facto comme responsable de la sécurité des casques bleus pris en otage par les rebelles du RUF au mois de mai 2000.

« The kalashnikov lifestyle is our business advantage » (« Le style de vie kalachnikov est un avantage pour nos affaires »)  chantent les enfants-soldats du RUF. Quand ces gamins armés, doublement frappés par la guerre parce que nés condamnés à vivre en bourreaux et à mourir jeunes, ont vu les casques bleus approcher des zones diamantifères, en mars dernier, ils n’ont pas vu venir des représentants d’une communauté internationale désireuse de superviser leur désarmement et de leur offrir gentiment éducation, santé, protection sociale et travail. Mais, au contraire, une faction de plus qui voulait s’approprier leur territoire afin de leur ôter la source de leur richesse et de leur vie, leur enlever l’excitante aventure commerciale et guerrière qu’ils croient être en train de vivre grâce au Taylorland.

Dans l’esprit de ces jeunes , les casques bleus qui portaient le sigle « UN » n’étaient pas différents des mercenaires Gurkhas Security Guards engagés par les compagnies privées en 1994, des hommes d’Executive Outcomes (1996), de ceux de Sandline International (1997) ou des LifeGuards qu’ils tiennent à distance depuis 1998. D’ailleurs, la radio britannique BBC leur avait annoncé en décembre 1999 que les bataillons indiens de casques bleus comptaient des gurkhas, appelés à intervenir dans les régions diamantifères. On sait même qu’une réunion s’est tenue en mars 1999 entre des responsables des Nations unies et des dirigeants de plusieurs armées privées, dont Executive Outcomes, Sandline International et l’israélienne Levdan, afin d’étudier des formules de travail conjoint .

Attributions frénétiques de licences

Tout accord de paix était sapé à la racine par les opérations des compagnies minières. Dans un premier temps, entre février et juin 1999, alors que l’accord de paix de Lomé entre le RUF et le gouvernement était en perspective, les petites compagnies se livrent à une bataille rangée pour racheter ou revalider, avec le gouvernement de Freetown, des concessions de diamants sur des territoires qui, en fait, sont toujours sous contrôle rebelle.

Entre février et juin 1999, alors que le sang versé lors de la bataille de janvier à Freetown (6 000 morts en deux semaines, si l’on en croit les estimations) n’avait pas encore séché, l’hôtel de luxe de la capitale se remplit à nouveau de marchands, à la recherche de lots de diamants pour les revendre à Anvers, Bombay, Tel-Aviv ou Maurice, et de représentants des « junior companies », à la recherche de leurs concessions où, après la fin de la saison des pluies, on peut récolter des diamants avec peu d’infrastructure et une main-d’oeuvre très bon marché. Le gouvernement, fraîchement restauré, en mars 1998, par la Force ouest-africaine de paix (Ecomog) et les mercenaires de Sandline International - sorte de succursale « privatisée » des services secrets de Sa Majesté -, se met à attribuer et à revalider des concessions à tour de bras.

Nouvelle ruée vers l’or de « junior companies » avides. Ainsi, la société belge Rex Mining a protesté lorsque le gouvernement a attribué sa concession de la région de Tongo (Sud) à sa concurrente, Branch Energy (enregistré au « paradis » de l’île de Man, mais propriété à 100 % de la canadienne DiamondWorks), liée organiquement aux mercenaires d’Executive Outcomes. Autre phénomène étrange : des formes de start-up ont poussé à partir du bûcher sierra-léonais. Global Exploration Corp (GXC), du Thaïlandais Rakesh Saxena (poursuivi dans son pays pour délits financiers), a affirmé, à la surprise générale, posséder des concessions en cours d’exploitation dans les districts de Kono (Est), Tongo et Comboya (Sud). De son côté, le multimilliardaire minier Jean-Raymond Boulle, célèbre surtout pour avoir signé des contrats d’achat de diamants avec M. Laurent-Désiré Kabila avant même que celui-ci ne soit chef d’Etat, mettait en ordre de marche ses intérêts dans le rutile, à travers sa Sierra Rutile, alliée à Nord Ressources.

Cependant, cette reprise et cette attribution frénétique de licences et de contrats n’avaient pas le feu vert du maître du territoire, le caporal Sankoh, alors gouverneur du Taylorland en Sierra Leone. Les accords de paix, signés à Lomé début juillet 1999, vont lever cette hypothèque : ils prévoient le désarmement des belligérants et la tenue d’élections. Il comporte aussi l’amnistie des crimes de guerre commis par tous les camps, y compris les actes extrêmes des hommes de M. Foday Sankoh, tandis que le gâteau minier est partagé entre le RUF et le gouvernement. L’ONU lance son opération de maintien de la paix, avec déploiement progressif de forces, mais s’abstient de décréter un embargo sur les diamants. M. Foday Sankoh accepte de s’installer à Freetown en tant que vice-président et chef de la pompeuse Commission pour la gestion des ressources stratégiques, la reconstruction nationale et le développement. Fin juillet 1999, les casques bleus démarrent prudemment leur déploiement et, avec la même prudence, commence le retrait des forces du Nigeria. Mme Madeleine Albright, la secrétaire d’Etat américaine, en visite à Freetown, promet 55 millions de dollars en crédits si les engagements de paix sont respectés.

A la surprise générale, M. Sankoh prend au sérieux son poste et exige une révision effective de toutes les licences attribuées et le contrôle de nouvelles négociations avec les compagnies étrangères. Bien évidemment, il prêche dans le désert que lui-même a créé autour de lui avec des massacres : aucun haut fonctionnaire de Freetown ne donne corps à sa commission et la Minusil lui est entièrement hostile. Au même moment, le Conseil de sécurité décide d’augmenter les contingents de casques bleus et d’envoyer trois bataillons prendre le contrôle de la région des diamants. On s’achemine vers une force de 13 000 soldats. L’escalade verbale qui suivra entre M. Sankoh et M. Kofi Annan est d’une étonnante virulence pour un secrétaire général des Nations unies.

La situation se dégrade rapidement à l’automne 1999. Le chef du RUF constate que sa commission est une coquille vide, qui ne se réunit même pas. Il se rend aussi compte qu’il ne peut contrôler ses troupes depuis Freetown. D’autres hommes forts, tel M. Norman, montent en puissance. Quand M. Sankoh constate que la Minusil va véritablement déployer des casques bleus dans son fief, il préfère casser le jeu et replonger dans la brousse. Mais le Taylorland sait lâcher un de ses « gouverneurs » quand ils ne sont plus utiles. Il est capturé par des soldats du Royaume-Uni. La crise des casques bleus pris en otage, le déploiement britannique et la capture théâtrale du chef ex-rebelle auront servi d’écran pour occulter d’autres réalités.

 


 

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