La Higuera : 8 oct 2007

Le lundi 08 octobre 2007

 

Un paysan bolivien raconte la mort du «Che»

Philippe Zygel

Agence France-Presse

La Higuera, Bolivie

«Il était venu pour nous aider et il est tombé dans un piège». Manuel Cortez, un paysan bolivien de La Higuera, n'oubliera jamais sa rencontre avec le «Che», peu avant sa capture et son exécution dans l'école du village il y a quarante ans.

Ce cultivateur de maïs de 63 ans est l'un des rares habitants encore en vie ayant croisé la route d'Ernesto «Che» Guevara, qui passa onze mois dans le maquis du sud-est bolivien pour allumer un foyer révolutionnaire en Amérique du sud.

«On ne connaissait pas bien les guérilleros à cette époque. On en avait peur. L'armée nous disait qu'ils venaient nous prendre nos terres», explique cet homme maigre aux sourcils broussailleux, dans un entretien à l'AFP.

Le 26 septembre 1967, le «Che» fait irruption dans le village, présentant ses compagnons d'armes.

«Les gens se sont enfuis quand ils sont arrivés. Il m'a dit : +je suis le Comandante Che Guevara, nous ne venons pas là pour vous tuer, mais pour partager+», raconte Manuel Cortez, qui se rappelle de son «regard pénétrant» et de ses crises d'asthme qui l'empêchait de parler.

Rassurés, les villageois se rapprochent et partagent avec les guérilleros un petit festin autour d'un cochon à la braise. Le même jour, un combat fait trois morts parmi les rebelles mais le «Che» parvient à s'enfuir à dos de mule.

Le 7 octobre, à la veille de la capture, le paysan se souvient de l'arrivée de 1.800 soldats dans le minuscule hameau de La Higuera, perché sur les hauteurs du maquis: «Ils savaient où le Che allait passer et avaient préparé une embuscade».

Le lendemain, l'armée anéantit la guérilla, prise au piège dans la Quebrada (ravin) del Churo. Manuel Cortez revoit les militaires escortant le «Che»: «Il était blessé à la jambe, avec le regard triste, les cheveux défaits».

Cette nuit-là, les soldats boliviens «ont fait la fête et se sont saoulés à la bière». «Je me rappelle un qui disait à l'autre en riant: +tu le tues ou c'est moi+», poursuit le paysan.

Le 9 octobre, «plusieurs rafales de mitraillettes» retentissent à l'intérieur de l'école où était détenu le guérillero, troublant le silence du village: «J'ai compris qu'ils avaient tué le Che. J'ai couru et je l'ai vu, la poitrine en sang. Les soldats sautaient de joie, se donnaient l'accolade».

Quarante ans plus tard, Manuel Cortez, qui vit seul dans la même masure en terre et en bois, assure que ces souvenirs sont «gravés pour toujours dans sa tête». «J'avais beaucoup d'affection pour le Che. En fait, il luttait pour les pauvres. Je n'oublierai jamais le Comandante».

Le village, où trône un buste géant du guérillero, s'est depuis transformé en un petit mausolée à la mémoire du «Che», dont l'effigie orne la plupart des maisons.

L'école a été transformée en musée et les slogans inondent les murs: «Ernesto, ton combat est le chemin de nos vies», «Tu vis pour toujours, Che Comandante».

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Commentaires (1)

testart
  • 1. testart | 01/02/2008

le che est toujour parmis nous,car il dèfendait une cause juste,et les pauvres,alors il faut que sa mèmoire soit intacte,et il doit savoir dans son nouveau monde qu il y a des gens qui continurons son combatalors mon souhait que ceux qui peuvent dèposer des fleurs sur ce buste gèant pour nous qui ne pouvons le faire ,et bien le fasse pour nous,et continu a fleurir ce buste en sa mèmoir merci pour nous

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