La face cachée de Dubaï

La face cachée de Dubaï

En tant que touristes, il n’y a aucune raison que la face cachée de Dubaï ne se dévoile à vous. Tout au plus, serez vous surpris par la noria de bus alimentant 24 heures sur 24 les gigantesques chantiers de Dubaï (qui s’allument comme des sapins de Noël dés que le soleil décline) permettant aux tours de monter d’un étage par jour.
A Dubaï, le dictionnaire est plus léger que chez nous car certains mots n’y figurent pas, comme : impôt, taxe, fisc, chômage, mais aussi, syndicat, code du travail, droit de grève, sécurité sociale, retraite, allocation, …etc.
 

  

                         Dubaï 1991                                         Dubaï 2006

Sur le million d'habitants de Dubaï, plus de 80% sont des étrangers, dont des dizaines de milliers d'ouvriers asiatiques (principalement des Indiens, des Pakistanais, des Bangladeshi et, depuis peu, des Chinois) venus travailler sur les nombreux chantiers de construction de la ville, suants à grosses gouttes sous un soleil de plomb (au plus fort de l’été le mercure monte à 50 °C à l’ombre).

 

La démesure a un prix

Ses réserves pétrolières s’épuisant, Dubaï, un des sept membres de la Fédération des Emirats arabes unis, a décidé de réagir et entreprend depuis quelques années une complète reconversion de son économie. Avec, au cœur du projet, l’ambition de devenir un des pôles majeurs du tourisme mondial et la première destination du tourisme de luxe. Un pari sur le point d’aboutir car Dubaï n’a pas lésiné sur les moyens. Parmi les constructions les plus folles, l’hôtel le plus haut du monde, dont l’architecture imite la voile d’un bateau. Ici, pas de chambres. Seuls les amateurs de suites seront reçus, moyennant 1 000 à 28 000 dollars la nuit. C’est aussi à Dubaï que l’on doit la première piste de ski intérieure dans un pays où la température dépasse régulièrement les 40 degrés.

            

Mais le projet le plus incroyable est la création d’îles artificielles paradisiaques. Car Dubaï ne dispose que d’une courte façade littorale, qui a été rapidement submergée d’hôtels et autres infrastructures touristiques. Pour remédier à ce manque de place, Dubaï a lancé la construction de quatre grandes îles artificielles qui devraient accroître de plusieurs centaines de kilomètres la longueur de son littoral. La première, qui devrait être totalement achevée cette année, a déjà accueilli ses premiers habitants. Elle fait partie d’un ensemble de trois îles en forme de palmiers, qui abriteront appartements, villas et hôtels de luxes. La quatrième devrait, quant à elle, prendre la forme d’un planisphère.

                   

Si ces projets suscitent l’admiration des architectes et ingénieurs du monde entier, ils inquiètent fortement les écologistes. Les millions de m3 de sable extraits pour la construction des îles risqueraient de nuire au milieu marin, selon l’association WWF. De plus, l’augmentation subite de population devrait accentuer la pression sur les ressources en eau et en électricité et augmenter la pollution et la quantité de déchets. " Sur la question écologique, tout reste à faire, explique un spécialiste de Dubaï du CNRS. Mais par rapport à de véritables enjeux environnementaux, l’impact de Dubaï n’est rien comparé à la Chine ou aux Etats-Unis. "

L'envers du décor

Les projets de Dubaï posent un autre problème : le mauvais traitement que subissent les ouvriers émigrés travaillant sur les chantiers touristiques. 

Dans ce pays où les ouvriers du bâtiment triment jour et nuit, l’employeur confisque le passeport en échange du permis de travail et à la fin du contrat reconduit le travailleur immigré à l’aéroport. Et même si les autorités exigent que les travailleurs soient bien traités par l’entreprise qui les emploie, certaines sociétés ne s’embarrassent pas toujours avec la réglementation (très simplifiée d’ailleurs).
Généralement mal logés et sous-payés, les ouvriers étrangers (femmes et enfants restent au pays), en majorité asiatiques et employés dans le secteur du bâtiment, expriment, depuis peu, de plus en plus ouvertement leur malaise.
Leur lieu de résidence est souvent un camp de baraques inachevées, établi à la lisière d'une cité résidentielle, et les cuisines, sans confort ni hygiène, ne sont que les dizaines de réchauds à gaz des locataires. Le salaire mensuel ne dépasse guère les 600 dirhams (en fait de 100 à 180 euros selon la nationalité du travailleur) et le droit de grève comme le droit de former des syndicats n'existent pas à Dubaï. Non couverts par les assurances, les accidents du travail sont légion et on dénombre un taux de suicide très élevé parmi cette population. Voir, à ce sujet, les superbes photos de Stéphane Compoint sur les ouvriers de Dubaï

Derrière le paradis pour touristes, l'enfer pour les ouvriers du batiment

Indiens, Népalais, Pakistanais, Sri Lankais, Chinois, ils sont près de 800 000 à travailler sur les chantiers pharaoniques de Dubai. Recrutés pour un minimum de trois ans, entassés dans des camps insalubres et coupés du reste du monde, ces esclaves des temps modernes gagnent moins de 300 euros par mois. Près de 900 d'entre eux auraient succombé à un accident du travail en 2004.

Cliquez sur l'image pour voir le diaporama.

Témoignage :

Salamat Razzat a 27 ans, quatre enfants, et vit avec onze autres hommes dans une pièce de trois mètres sur huit. Le jeune père de famille a quitté son Rajastan natal il y a trois ans pour venir travailler sur les innombrables chantiers de construction de Dubaï. Il vient tout juste de finir de rembourser la dette de 80 000 roupies (2000 $ CA) qu’il a dû contracter en Inde pour pouvoir entrer aux Émirats arabes unis.

"Une fois tous les deux ou trois mois, j’envoie 10 000 roupies (250 $ CA) à ma famille, explique-t-il. Je ne peux pas en envoyer plus, tout est cher ici, je dois payer ma nourriture."

L'Asie en érection (

Burj_dubai_3d

Burj_dubai_juillet_2007

Burj_dubai_comps Burj Dubaï (la Tour de Dubaï, en arabe : برج دبي) est devenue samedi dernier le plus haut bâtiment du monde, avec 512,1 m et 141 étages, dépassant la Taïpei Tower, haute de 508 m.

Depuis l'annonce de sa construction, en 2003, Burj Dubaï connu plusieurs changements : à l'origine, ce gratte-ciel devait culminer à 560 mètres mais, à l'annonce de projets concurrents plus élevés, le projet a été redessiné une première fois pour pouvoir atteindre une hauteur de 705 mètres (dont une flèche de 30 mètres) pour 166 étages.

Aujourd'hui la hauteur finale est tenue secrète et les rumeurs font état d'une hauteur qui pourrait varier entre 800 et plus de 900 mètres pour son inauguration, prévue le 30 décembre 2008.

Cette super-structure de béton et de métal est conçue comme une ville à part entière : elle accueillera une mixité d'usages totale ; avec ses logements, bureaux, commerces, hôtels, etc, il sera possible de vivre dans ce gratte-ciel 365 jours par an.

Burj Dubaï s'inscrit dans le cadre d'une compétition du gratte-ciel le plus haut, qui a longtemps été l'apanage des Etats-Unis (jusqu'à la Sears Tower, de Chicago, en 1974) et qui, depuis une dizaine d'années, s'est déplacée en Asie, avec les Tours Petronas de Kuala-Lumpur (1998), la Taïpei Tower (2004), à Taïwan et quelques autres projets pharaoniques en cours.

Au-delà de la symbolique de puissance recherchée, ces gratte-ciels marquent une tendance de l'architecture à développer les villes en hauteur, pour optimiser les terrains urbains ou minimiser les transports.

J'ai toujours été séduit par les beaux gestes architecturaux. J'ai moins de goût pour les camps de concentration. Même en érection.

 

Dernier projet fou, fou, fou :  http://www.villiard.com/hotel-dubai.html

 

Vous l’aurez compris Dubaï pratique une politique ultra libérale à des années lumières des théories prônées par nos trois " B " nationaux (Bové, Besancenot, Buffet). Est-ce un bien ou un mal ? C’est à vous de juger sur place, pas à nous, notre rôle d'informateurs s’arrête ici.

           

 

 

 


 


 

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Commentaires (2)

Erotica51
  • 1. Erotica51 | 01/10/2007

Hello mon Revolutionnaire

L'article que tu as fait sur Dubaï montre bien combien les riches se moquent du bien être des ouvriers qui suent sang et eau pour satisfaire leur ego demesuré.

La pauvreté engendre unemain d'oeuvre à bon marché. Il faut survivre...c'est ce qui arrive en France.

Je lirai la suite des autres articles dans les jours qui viennent et te dirai ce que j'en pense. Tu fais du bon travail !!! Bravo !

Grosses bises

Marie Ange

Guim's
  • 2. Guim's | 28/01/2010

L'esclavagisme De La Luxure ! J'adore ca !... Symbole de l'individualisme primaire pour ceux qui peuvent se permettre de l'être...

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