Brésil : Les escadrons de la mort

 

                                                       

 

Brésil :

Le rôle des " escadrons de la mort " : " nettoyer " les rues

Au Brésil, qui compte plus de 150 millions d’habitants, près de la moitié de la population a moins de dix-huit ans. Selon l’UNICEF, 13 millions d’entre eux vivent dans la misère la plus totale. La pauvreté extrême amène 7 millions de gosses à vivre dans la rue, pour éviter la mort. Ils se concentrent notamment dans les métropoles du pays, et notamment à Rio de Janeiro. Petits boulots, exploitation, misère, drogue, répression… tel est le quotidien de ces enfants, âgés en moyenne de sept à quinze ans, reconnaissables à leur sac plastique plein de colle qu’ils tiennent dans leur main.

Ils sont considérés comme des " nuisances ", voire comme un " véritable fléau social ". Citons, par exemple, le président des commerçants de Rio, qui n’hésite pas à déclarer qu’en tuant un jeune des bidonvilles " on rend service à la société "… Sous le prétexte de délinquance, ceux-ci sont la cible depuis de nombreuses années de milices, de tueurs professionnels, mais surtout des trop célèbres " escadrons de la mort " qui, chaque jour, procèdent à des " exterminations ". Ces escadrons sont grassement payés par les associations de commerçants. En font partie notamment des membres, actifs et retraités, de la police militaire brésilienne. Beaucoup d’entre eux les dirigent. Il s’agit, en fait, d’une véritable organisation du crime dont le seul et unique but est de " nettoyer " les rues brésiliennes. Les chiffres officiels, bien en deçà de la réalité, font état, entre 1988 et 1990, de quelque 4.611 enfants de la rue assassinés dans 17 des 23 Etats que compte le Brésil, soit, en moyenne, 4 par jour. On note d’ailleurs que ces meurtres frappent une proportion toujours plus grande d’enfants de couleur. Ils seraient d’ailleurs majoritairement visés.

Dans un rapport publié en 1992, la Fédération internationale des droits de l’homme s’est inquiétée de la situation de ces enfants de la rue. La FIDH a notamment enquêté sur la quasi-impunité dont bénéficient les auteurs de ces assassinats. Plus de 70% des enquêtes n’aboutissent jamais, en raison des protecteurs des " escadrons de la mort ", que l’on retrouve dans toutes les sphères de l’Etat et de la justice. Amnesty International a également consacré une étude aux enfants de la rue brésiliens. L’organisation y dénonce " la torture, le meurtre et la disparition " de milliers d’enfants.

Après des années de silence, les autorités fédérales semblent avoir commencé à agir. Un rapport de la Chambre des députés a même indiqué que la participation des membres de la police civile et militaire à des meurtres d’enfants était " loin d’être exceptionnelle ". Pour se protéger et sensibiliser la population à leur triste sort, les enfants de la rue se sont organisés. Le plus important rassemblement se nomme le " Movimento nacional de meninos et meninas de rua " (Mouvement national des garçons et filles de la rue). Ses dirigeants font sans cesse l’objet de menaces de mort. En novembre dernier, l’un d’entre eux, responsable de l’organisation à Espirito Santo, a été retrouvé mort sur une colline de la ville, avec deux balles dans la tête. Il avait été arrêté par la police deux jours auparavant. Il avait treize ans.

 

Autre article bien plus récent.... Mécontent :

                 

 

Les autorités de Rio ne doivent pas abandonner la lutte contre les « escadrons de la mort » et la corruption au sein des forces de police de la ville, a déclaré Amnesty International ce vendredi 1er avril, en réaction au massacre qui s’est produit la nuit dernière à Rio de Janeiro.

Au moins trente personnes, parmi lesquelles des enfants, auraient été tuées dans deux attaques séparées, apparemment menées par un « escadron de la mort » dans le quartier Baixada Fluminense de Rio de Janeiro. Selon les informations reçues, des hommes circulant à bord d’une voiture auraient tiré sans discrimination sur les victimes.

« Un massacre de cette ampleur ne s’était pas produit à Rio depuis 1993, année des massacres de Candelária et Vigário Geral. Tout espoir de voir de tels actes rangés parmi les horreurs du passé a été brisé par les évènements de la nuit dernière, qui ont montré jusqu’où les « escadrons de la mort » étaient déterminés à aller pour semer la terreur et résister aux tentatives des autorités pour mettre un terme à leurs activités », a déclaré Amnesty International.

Selon les informations qui nous sont parvenues, le secrétaire à la Sécurité publique de l’État de Rio aurait déclaré qu’il était très probable que la police militaire soit impliquée dans ces homicides.

Il aurait également dit croire que le massacre avait été perpétré en représailles à l’arrestation de huit policiers militaires dans le quartier de Baixada jeudi 31 mars. Ces hommes avaient été filmés en train de se débarrasser des corps de deux hommes au petit matin devant une station de police locale. La tête décapitée de l’un des hommes, enlevé quelques heures plus tôt à la sortie d’un bar selon des témoins, avait été jetée par dessus le mur d’enceinte du commissariat.

L’homicide de ces deux hommes et le massacre de la nuit dernière seraient une réponse à la répression engagée par la police militaire du Baixada Fluminense contre les « escadrons de la mort » et les activités criminelles de certains membres de la police militaire dans le quartier de Baixada Fluminense. Cette répression s’inscrit dans le cadre d’une campagne générale de lutte contre la corruption et le crime au sein des forces de police de Rio baptisée « Couteau dans la chair ». Des « escadrons de la mort », souvent liés à des politiciens locaux et à des compagnies de sécurité privées et composés principalement de policiers ou d’ex-policiers, agissent dans le Baixada Fluminense depuis les années 60.

« Les autorités de Rio doivent poursuivre leurs efforts afin de traduire en justice les responsables des faits qui se sont produits la nuit dernière. »


Complément d’information

Il y a presque douze ans de cela, le Brésil et le monde découvraient avec horreur le terrifiant assassinat d’enfants des rues dormant devant l’église Candelária au centre de Rio de Janeiro. À peine quelques semaines plus tard, le meurtre sans raison de vingt-et-un résidents de Vigário Geral, une commune de la banlieue de Rio, contribuait à asseoir la réputation de Rio de Janeiro comme l’une des villes les plus violentes au monde. Le choc fut encore plus grand lorsque des preuves firent apparaître que les deux massacres avaient été commis par des membres des forces de la police militaire de Rio, des personnes payées, formées et équipées par l’État pour protéger la société de la criminalité et de la violence.

 
Et un roman qui en dit long et qui sent le vécu :
                                                                                                     
                             


Aujourd'hui, dans certaines villes du Brésil, la chasse aux enfants est ouverte. Des tueurs, commandités par des commerçants las d'être pillés, assassinent des enfants. Le prétexte ? Ces enfants des rues sont considérés comme irrécupérables. Les tueurs ? Des policiers rassemblés en escadrons de la mort qui jouissent d'une grande impunité. Les enfants sont souvent torturés avant d'être exécutés, et leurs corps restent exposés dans les favelas à titre d'exemple. Les familles terrorisées se taisent et les corps sont jetés dans des fosses. Ce livre, bouleversant et courageux, rompt la conspiration du silence qui entoure l'un des drames les plus atroces de notre temps, drame qui dure depuis trop longtemps. Il fait entrer le lecteur dans un univers d'autant plus terrifiant qu'il est vrai. Ce qui se passe au Brésil est peut-être une alerte pour toutes les grandes cités modernes. En proposant une enquête fondée sur des témoignages précis, l'auteur fait sans doute oeuvre de prévention. Il doit être entendu. 
(Editions du Jubilé -)

 

Article à paraître prochainement : "les enfants des rues".

 

Si vous êtes parvenu jusqu'au bout de cet article, vous avez bien mérité de sécher vos larmes ou ranger votre haine, en vous divertissant ; ici : http://www.e-monsite.com/forget/rubrique-1092569.html

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Commentaires (9)

Marie51

Terrifiant de voir la cruauté de ce monde impitable vis à vis d'enfants innocents !
L'homme est il né juste pour tuer, assassiner , faire souffrir ?

C'est à se poser la question !!!!
Inadmissible et ecoeurant de s'en prendre à des enfants!

Les adultes feraient mieux de mettre des preservatifs ! les femmes la pilule au lieu de faire des gosses comme l'air que lon respire ! juste pour satisfaire leur envie !

Ah juste une suggestion : les articles devraient porter une date....


Bonne journée à Tout le monde !


Marie51

failli
  • 2. failli | 04/05/2010

je suis profondement ecoeuree.jamais je n'irais au bresil. pourquoi de telles monstruosites sont elles possibles? le genre humain est la pire espece.je suis d'accord pourquoi faire des enfants pour ensuite les abandonner

catherine
  • 3. catherine | 05/12/2010

Effectivement très bon article et avec la date cela serait mieux
Je trouve les deux réactions ci-dessous parfaitement excessives. Surement écrite sur le coup de la colère et du dégout mais quand même très violentes.

Dans un pays pauvre, je ne pense pas que l'on puisse accéder à la contraception aussi facilement que dans le notre. Nous sommes privilégiés. Et quand on à rien d'autre, l'amour est le seul réconfort...

Quand à la deuxième intervention, dans ce cas là il ne te reste pas beaucoup de pays à visiter car des exactions et injustice de la sorte on en voit partout.
Quittes la France aussi car les escadrons de la mort sont une invention bien de chez nous!!!

raphe06
  • 4. raphe06 | 20/04/2011

On s'en fou de vos opinions, l'animal homme est le meme partout. Il a detourné la tete des etoiles et merite maintenant l'extinction.
Ps: aucun reference a la religion nombriliste(dieu m'as fait a son image? sans dec Oo), juste un point de vu scientiphique.

Flor
  • 5. Flor | 03/06/2011



Mon dieu, c'est tellement horrible.
Mon rêve est d'un jour aller au brésil et d'aider ses enfants à vivre mieux. Et surtout de lutter contre les escadrons de la mort.

paul Andrade
  • 6. paul Andrade (site web) | 17/09/2011

j'habite le Brésil, dans une ville, Belém où la violence est quotidienne. C'est vrai qu'il y a des enfants livrés à eux mêmes mais la faute à qui?
Je pense qu'actuellement il y a une véritable lute par ce pays pour porter remède à ce fléau. Mais cela prend du temps.
Paul
De Belém Brésil Etat du Para

Chien Gué , webmaster
  • 7. Chien Gué , webmaster | 18/09/2011

Bien sur, Paul, je pense que tous les lecteurs de ce site savent très bien que le gouvernement actuel lutte contre ce fléau que sont les escadrons de la mort, et se bat pour le logement social afin "d'alléger" les favelas (tout comme à Caracas d'ailleurs).

La faute, comme tu le sous-entends, Paul, est en effet ancienne, elle date de l'époque des dictatures plus ou moins instaurées par les USA.
Les VRAIES démocraties actuelles ont du mal à recoller les morceaux de presque 40 ans de manipulations états-uniennes !

Merci pour ton témoignage, ultra-réaliste, car venu de là-bas :

marcos
  • 8. marcos | 10/08/2012

sim, temos muitos problemas aqui neste país que é enorme e foi explorado por muito tempo...

mas as coisas estão melhorando e eu posso garantir que somos muito mais felizes que qualquer outro povo! e orgulhosos do pais maravilhoso e do incrivel potencial que temos!

obrigada por ser brasileiro!

hervé h
  • 9. hervé h | 14/12/2012

Mon rêve est d'un jour aller au brésil et d'aider ses enfants à vivre mieux


Mais je reste chez moi, dans mon pays...

(Je ne te vise pas en te citant, c'était juste pour l'exemple!)

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Date de dernière mise à jour : 10/01/2012

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