BOMBARDEMENTS DE NÎMES ET RESISTANCE GARDOISE

 

Caserne des pompiers, 23 rue Notre-Dame, Nimes - Le 27 mai 1944.

  Ce samedi matin du 27 mai 1944, une importante flotte aérienne de près de 700 appareils, appartenant à la 15eme US Air Force, composée « Flying Fortress », les fameux B17 et de chasseurs P-38, « les Lightning », part d’Italie et passe par la Corse avec pour objectif les agglomérations situées entre Nice et Montpellier : c’est la préparation de l’opération Anvil (enclume). Son but est de déstabiliser les défenses Allemandes en multipliant les objectifs, gares de triage, ateliers ferroviaires ainsi que les infrastructures pour préparer le débarquement de Provence du 15 août 1944, ce nom sera changé en Dragoon à partir du 1er août pour dépister les services de renseignement allemands.

  Quatre vagues fondent sur Nîmes vers 10h, 2 dans l’axe route de Sauve, gare des marchandises et 2 dans l’axe route de Montpellier, gare des marchandises, elles volent entre 5 et 7000 mètres, elles seront forcément imprécises. Elles larguent plus de 450 bombes, près de 100 impacts seront recensés dans Nîmes. Le bilan sera lourd pour les civils, 271 morts, 289 blessés, 443 immeubles détruits et 5000 sinistrés, une morgue provisoire sera installée au Lycée Daudet.

  

 

Chronologie des événements tirée de la « main courante » du corps des pompier de Nîmes dressée par le lieutenant Domergue. Le corps comprenait  près de 60 officiers, sous officiers et sapeurs sous le commandement du capitaine Paul Ritter.

10h05 L'alerte aérienne est donnée. C’est en plein jour que les hurlements des sirènes se firent entendre, peut après on pouvait apercevoir volant très haut, les avions qui laissèrent tomber leurs chapelets de bombes.

 10h18 Chute des premières bombes qui provoquent une quinzaine d’impacts, elles tombent quartier Cadereau et quartier rue Ruffi.

 10h20 Deuxième série d’impacts entre la place de l’Ecluse et la rue Notre Dame (sur la caserne des Sapeurs Pompiers et sur l’école d’apprentissage de couture de la chambre de commerce), elles provoquent 8 blessés et un mort parmi les pompiers et au moins 13 morts parmi les élèves de l’école. Trois ambulances des pompiers seront immobilisées dans l’entrepôt de la rue de l’écluse bloquée par une bombe non explosée. Quelques années plus tard les Pompiers de Nîmes recevront par décret ministériel (du 6 avril 1951) la Fourragère, bleu, blanc, rouge, honneur rarissime que très peu de corps de pompiers ont obtenus.

 10h25 Troisièmes série d’impacts,  quartier Richelieu et Hôpital Gaston Doumergue.

 10h35 D’autres impacts sont relevés Boulevard Gambetta à proximité de la Poste St Charles.

 10h40 Une nouvelle série de bombes tombe dans le quartier de la rue Sully, avec près de 25 impacts. (grand incendie des moulins de la rue Sully)

 10h50 Une dernière série de bombes frappe à proximité du cimetière le quartier Jeanne d’Arc.

 11h30 l’alerte est levée et les premiers bilans apparaissent.

- Les premiers bilans de la presse du lendemain : Marseille 500 morts, 1200 blessés ; Avignon 300 morts, 600 blessés ; Nice 316 morts ; Nimes 200 morts, 150 blessés

Les premiers moments de stupeur et d’affolement passé, aussitôt les équipes des secouristes constitués du personnel de la défense passive renforcés de bénévoles se dirigeaient vers les divers points de chute. Les pompiers d’Alès et d’Uzès arrivés en renfort sont déjà opérationnels dans la ville à 11h30 et renforcent les équipes en place.

 Un deuxième bombardement opéré par la RAF, le 12 juillet, début de l’alerte à 11h12 et fin d’alerte à 12h29, le largage des bombes sera opéré à plus basse altitude, il sera plus précis et ne touchera pratiquement pas le centre ville, à l’exception du cimetière St Baudile, à nouveau l’hôpital Gaston Doumergue et une partie du quartier Bruyère. Ne faisant que 23 blessés il sera moins meurtrier.

   Bien sur la presse d’occupation s’emparera de ce terrible évènement. La propagande sera alimentée par des récits détaillés, la guerre des communiqués fera rage.

 

Impacts des bombes, quartier de la gare des marchandises qui sera curieusement épargnée, ce manque de précision évidente des bombardements en haute altitude, sera mis en évidence par la presse devenue sous l'occupation un outil de propagande.

Nous relevons dans la presse ce titre « Les Libéra-tueurs…sont passés. Par temps clair et visibilité parfaite, nos AMIS ANGLO-SAXONS n’ont pas eu le courage de descendre sur leurs objectifs… »

Un avis des Armées de l’air américaines, ne se fait pas attendre : «  Les Américains montrent qu’ils ne sont pas insensibles aux souffrances endurées par les habitants des zones qu’ils bombardent à haute altitude mais la destruction des communications de l’ennemi est une nécessité militaire. C’est un gage de votre libération. »

 Après les bombardements, les résistants emprisonnés seront contraints de déterrer les bombes non explosées.

 Quoi qu’il en soit la période qui a précédé ces bombardements aura vue dans tout le département et à Nîmes en particulier un grand nombre de résistants ou otages, faits prisonniers, torturés, fusillés ou pendus, les nîmois ayant vécus le terrible évènement du mois de mars "les pendus de Nîmes" étaient devenus insensible à la propagande de l’occupant.

 

  Au cours de la période précédant le débarquement en Méditerranée, de janvier à août 44, la résistance renforcera son action militaire.

Tout au début de l’année 1944, des résistants du maquis de Bir-Hakein font une descente dans les entrepôts d’une fabrique de vêtements militaires Allemands à St Jean du Gard, ils soustraient ainsi plusieurs milliers de vêtements d’hiver destinés aux divisions allemandes du front de l’est.  Quand nous voyons des images documentaires de soldats allemands en déroute et grelottant de froid par manque d’habits chauds, une petite pensée pour les exploits de nos résistants cévenols s’impose.

  En ce début d'année 1944 le maquis recevra de nombreux volontaires et multipliera ses actions, mais la réaction de l'occupant sera brutale et barbare.

 LES PENDUS DE NIMES
 

route d'Uzès

route de Beaucaire

Boulevard Jean-Jaurès

  « Suite à des actions de la résistance, les Allemands les traquent vainement, ils prennent 15 otages le 2 mars 1944 « pour l’exemple », ils leur font faire le tour de la ville, ils pendent 6 premiers otages au pont de chemin de fer de la route d’Uzès, une des 6 cordes casse l’otage est achevé d’une balle de revolver (la plaque apposée sur cet emplacement indique 7 pendus ?). Ensuite au viaduc route de Beaucaire, 3 hommes seront pendus, les six derniers seront pendus aux arbres de l'avenue Jean Jaurès non loin du  pont de l'ancien de fer de la Camargue. Les victimes ainsi exposées au public portaient accroché au coup une pancarte avec l’inscription « Ainsi sont traités les terroristes. » Les cordes resteront en place, pour marquer les esprits, jusqu’à la libération de Nîmes le 24 août 1944. »

 

EN SAVOIR PLUS

> Article Midi Libre du 22 mai 2005

 Article Georges Mathon avec Philippe Ritter, mai 2005. (http://www.nimausensis.com/Nimes/Nimes1944.htm)

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