Avec les satellites de Skybox, Google devient Big Brother

Le géant américain poursuit sa politique de conquête et vient de s'offrir, pour 500 millions de dollars, les satellites et les technologies de Skybox. Des outils qui viennent compléter son arsenal et en font un Big Brother, même en dehors du réseau Internet, s'inquiète Wired.
 
Le siège social de Skybox en Californie, le 10 juin -AFP/Justin Sullivan
Le siège social de Skybox en Californie, le 10 juin -AFP/Justin Sullivan
 
Sur Internet, nul ne pouvait échapper à l'oeil de Google. Mais "aujourd'hui, avec l'acquisition, pour 500 millions de dollars, de Skybox, une start-up qui prend des photos et des videos haute résolution à partir de satellites low-cost, Google peut étendre son champ d'action largement hors du réseau", souligne Wired, dans un article consacré à l'annonce de la dernière acquisition de la firme américaine, le 10 juin. 

Grâce à son savoir-faire dans la transformation de grandes masses informes de données en centres de profits, Google va mettre la main sur un flux sans précédent d'images aériennes, indique Wired. "Mais il va falloir mettre des garde-fous dans cette immense observation du monde. Car Google aura une fenêtre d'observation de notre vie quotidienne, que l'on utilise ses outils, ou non".

Du pain-bénit pour les théoriciens du complot

De fait, même si la transaction n'est pas encore faite, Google semble avoir misé sur le bon cheval, indique The Atlantic. Non seulement Skybox lance de nombreux satellites à bas coûts, mais elle a constitué une véritable base de données à partir des images qu'elle a récoltées. Un "cloud" sur lequel elle  travaille pour la mise au point de ses propres applications : estimer, par exemple, les réserves de pétrole de l'Arabie Saoudite, un véritable cas étudié par l'entreprise, indique Wired.

Quand on couple ces observations à la masse de données déjà traitées par Google, tout, ou presque, est possible. De quoi alimenter de nombreux théoriciens du complot, indique Wired. Le PDG de Skybox, Tom Ingersoll, aurait d'ailleurs affirmé que le gouvernement américain était intéressé par son entreprise et ses images. Quoi de plus normal ? Avec l'entrée en lice de Google, cela commence à ressembler beaucoup à un monde dans lequel la NSA dirigerait un serveur Internet pour espionner les citoyens américains, conclut Wired.

Source : Courrier international / Virginie Lepetit / 11 juin 2014

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Date de dernière mise à jour : 12/06/2014

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