Police milice ? Attention, méfiance !

Une garde à vue de 43 heures pour rien

POLICE - Deux frères auraient subi des violences physiques et psychologiques avant d'être relâchés sans convocation…

Une nouvelle affaire qui pourrait s’ajouter au lourd dossier des garde à vue abusives. Deux frères de 18 et 19 ans ont porté plainte pour violences physiques et psychologiques contre des policiers du commissariat de Gagny. Ils auraient passé 43 heures en garde à vue, le week-end dernier, pour un motif peu clair, avant d’en ressortir sans convocation mais couverts d’ecchymoses, comme le raconte vendredi France Info.

Un attroupement dispersé par des gaz lacrymogènes

Samedi dernier, en partant à une soirée en boîte, un jeune homme se fait arrêter et est conduit au commissariat de Gagny pour un contrôle d’alcoolémie. Ses amis, une quinzaine de personnes, inquiets du sort du jeune homme, se retrouvent devant l’hôtel de police. Et la situation dégénère.

Selon la plainte déposée, un policier demande à Raphaël, 19 ans, de dégager. Il frappe le jeune homme au ventre et l’entraîne à l’intérieur du commissariat. Son frère tente alors de s’interposer, mais il est plaqué au sol et finit lui aussi en cellule. Dehors, les agents utilisent des gaz lacrymogènes pour disperser le reste du groupe, alors que les deux jeunes gens entament 43 heures de garde à vue.

Giflé à trois reprises

Nicolas Bénazet, l’un des gardés à vue, raconte: «J’ai été giflé à trois reprises. Et durant ma garde à vue, un policier est entré dans ma cellule, il était suivi de cinq collègues. Il m’a dit : je n’ai plus d’arme, plus de matraque, plus de plaque. Et que si je voulais le frapper, il ne fallait pas que je le loupe, parce que moi, il ne me louperait pas. J’ai eu peur, j’ai vraiment cru qu’il allait me frapper».

Le jeune homme ne répond pas à l’intimidation. 43 heures plus tard, lui et son frère ressortent du commissariat, sans aucune convocation judiciaire, aucune poursuite. Ils font constater par un médecin les traces et les ecchymoses qu’ils portent à l’issue de la garde à vue et viennent de déposer une plainte pour violences commises par des personnes dépositaires de l’autorité publique.

 


Fusillade de Dammarie-lès-Lys : l'incroyable erreur

La vidéo fournie par les autorités françaises et espagnoles pour tenter d'identifier les présumés membres de l'ETA qui auraient participé à la fusillade au cours de laquelle un policier a été tué, montrait en fait des pompiers catalans en vacances.

  La vidéo avait été fournie vendredi. Les images, filmées un jour avant la fusillade au cours de laquelle un policier français devait être tué à Dammarie-lès-Lys, probablement lors d'une rencontre avec des membres de l'organisation séparatiste basque ETA, montraient cinq jeunes hommes à l'entrée d'un supermarché d'une localité voisine, l'un deux poussant un chariot. Un communiqué de la police espagnole précisait alors : "Les forces de sécurité d'Espagne et de France distribuent des images de cinq terroristes de l'ETA, obtenues par des caméras de surveillance d'un supermarché de Dammarie-les-Lys (près de Paris) et demandent la collaboration citoyenne pour les identifier et les localiser". Un extrait de la vidéo avait été largement diffusé, de même que les images des visages des cinq hommes. Un appel à témoin avait été lancé.

Mais la piste semble devoir ne mener nulle part. Première approximation : le supermarché d'où proviennent les images ne se situe pas à Dammarie-lès-Lys, mais à Villiers-en-Bière, à quelques kilomètres de là. Deuxième problème : les visages des cinq hommes présents sur cette vidéo ont été identifiés. Ce sont leurs familles qui les ont reconnus en voyant leurs images. Les fameux suspects recherchés sont des pompiers catalans en vacances en France, pour y pratiquer l'alpinisme. Selon les médias espagnols, leurs proches, en voyant leurs visages apparaître à la télévision, se sont empressés de leur téléphoner. L'agence espagnole Europa Press assure de son côté que les pompiers de Catalogne ont reçu des appels des cinq hommes concernés, une fois que ceux-ci ont été alertés par leurs familles. Or la Catalogne n'est pas le Pays basque, et il paraît difficile aujourd'hui de continuer à faire endosser aux cinq pompiers catalans l'habit de suspects.

Deux membres du commando identifiés ?

D'où venait l'erreur ? Apparemment, c'est le témoignage d'un ancien policier à la retraite ayant aperçu à l'hypermarché un groupe parlant espagnol qui avait amené les enquêteurs à visionner les images de vidéosurveillance. Les policiers français impliqués dans la fusillade ont cru ensuite reconnaître sur les images les protagonistes du crime, assure-t-on de source proche du dossier. C'est cet élément qui aurait convaincu les autorités de lancer une réquisition aux médias, une méthode rare. L'erreur semble être en tout cas allée assez loin, puisque les pompiers catalans qui figuraient sur ces images ont été entendus dans un commissariat de Melun, selon Frédéric Péchenard, directeur général de la police nationale. Le ministre espagnol de l'Intérieur a reconnu samedi la méprise, et admis qu'on "aurait pu faire mieux". En revanche, le syndicat Synergie Officiers a apporté son soutien aux enquêteurs et a dénoncé un "battage médiatique flicophobe" à propos de cette bourde.

Quoiqu'il en soit, l'audition au commissariat de Melun de 10 pompiers catalans (les cinq filmés et cinq autres faisant partie du groupe de vacanciers) a pris fin samedi en milieu d'après-midi. Une policière a annoncé samedi vers 15h45 que l'audition de ces personnes, qui s'étaient d'elles-mêmes présentées au commissariat samedi matin, avait pris fin "il y a une heure" et qu'elles avaient quitté le commissariat. Elles auraient quitté le commissariat par une porte dérobée. Les dix pompiers devraient regagner Barcelone samedi en fin de journée et y donner une conférence de presse, selon une autre source.

Dans l'enquête sur la fusillade mortelle, l'enquête se poursuit néanmoins, et la police recherche toujours les membres en fuite d'un commando de l'ETA. La police française a déjà arrêté l'un d'eux, un homme de 27 ans qui s'est identifié lui-même comme un membre de l'ETA. L'agence Vasco Press, citant des sources anti-terroristes, avait affirmé que l'un de ces membres était Mikel Karrera Sarobe, alias "Ata", considéré par la police comme le chef des opérations militaires du groupe. Selon Vasco Press, un autre membre d'ETA aurait été identifié en compagnie de "Ata" : Arkaitz Aguirregabiria del Barrio, responsable de la formation des nouveaux membres de l'organisation. Interrogé à l'issue du conseil des ministres, le chef du gouvernement socialiste espagnol José Luis Rodriguez Zapatero s'était contenté de dire que les étarras présumés recherchés dans ce dossier "ne sont pas de second plan".

La France constitue la principale base-arrière d'ETA, où l'organisation entrepose notamment son matériel. Elle s'y rend responsable de vols de véhicules, d'armes ou d'explosifs, utilisés pour des opérations en Espagne, mais elle n'a jamais visé directement les intérêts français. Trente-quatre de ses membres présumés ont été interpellés depuis le début 2010, dont sept en France, selon le ministère espagnol de l'Intérieur. Plusieurs de ses chefs présumés ont été arrêtés ces derniers mois ou ces dernières années en France. Ainsi, Ibon Gogeascoechea Arronategui, présenté comme le "chef militaire" de l'organisation, a été arrêté à la fin février dans le nord-ouest de la France. Sur ce thème de la lutte contre l'ETA, Nicolas Sarkozy aura un déjeuner de travail mardi avec le chef du gouvernement espagnol, après la cérémonie d'obsèques du policier à laquelle tous deux assisteront.

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