Maisons de redressement, le retour ?

Une dizaine d’internats en 2011 pour les élèves «les plus durs»

Nicolas Sarkozy le 22 avril dernier.

Devant une brochette de ministres, préfets et inspecteurs d'académie, Nicolas Sarkozy s'exprimait ce mercredi sur son thème fétiche, la sécurité, appliqué aujourd'hui à l'école. Le président a énuméré toute une série de mesures et expérimentations pour la plupart déjà annoncées à l'issue des Etats généraux sur la sécurité à l'école, ou lors de son récent déplacement en Seine-Saint-Denis le 20 avril. On reprend donc:

- La généralisation du diagnostic sécurité dans tous les établissements d'ici juin 2010. Avec la mise en place, si besoin, de dispositifs de vidéosurveillance, clôture ou portique de sécurité.

- Doubler les effectifs des équipes mobiles de sécurité (EMS), ces policiers et anciens surveillants qui interviennent dans les lycées en cas de crise.

- Renforcer la coopération entre l'école, la police et la justice, notamment, en accordant un bureau permanent à un policier dans les 53 établissements considérés comme «les plus exposés à la violence». Le président précise: «le chef d'établissement peut refuser mais doit le faire par écrit», sur le mode «chacun va devoir assumer ses responsabilités».

Nicolas Sarkozy souhaite aussi améliorer l'échange d'informations entre le chef d'établissement et le procureur. «Un chef d'établissement doit savoir si un élève est poursuivi par ailleurs pour des faits graves».

- Rendre systématique le déclenchement de la procédure disciplinaire en cas d'agression d'un membre du personnel enseignant.

- Sur le choix des sanctions, le président a reconnu les effets pervers de l'exclusion, comme cela avait été souligné lors des Etats généraux de la sécurité à l'école. «Il faut arrêter d'exclure pour un oui ou pour un non», a déclaré Nicolas Sarkozy, «nous devons préférer des travaux d'intérêt général».

- Sur la formation des enseignants, il a repris l'idée de «modules de tenues de classe» pour les nouveaux profs et de formations spécifiques pour faire face à la violence. «Tenir une classe, n'est pas une seule affaire de charisme», a t-il martelé.

- «Stabiliser les équipes enseignantes doit être notre priorité absolue», a t-il dit. Certains chefs d'établissement, à titre d'expérimentation, pourront recruter eux-mêmes leurs profs dès la rentrée.

- Sur la lutte contre l'absentéisme, il a insisté sur les chiffres: «7% d'élèves absents en moyenne», avant de reprendre texto la proposition de loi (en pdf) du député Eric Ciotti prévoyant la suspension des allocations familiales dès la quatrième absence injustifiée d'un élève dans le mois. Ce matin, l'ancien Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, s'est prononcé contre cette mesure, estimant qu’«il fallait davantage aider les familles plutôt que les sanctionner».

- Concernant «les élèves décrocheurs», il a évoqué le «no man's land» entre 16 ans (fin de l'obligation scolaire) et 18 ans. «Il faut un outil puissant de partage des informations pour qu'on ne perde pas ses jeunes décrocheurs de vue. Sinon, comment les aider ?», a lancé le président en substance, faisant là référence à la création à venir de ce que certains appellent déjà «le fichier des décrocheurs».

- Ouverture de 11 internats d'excellence, sur le modèle de celui de Sourdun. L'idée avait été lancée en janvier 2009: il s’agit de créer des établissements accueillant des élèves «méritants» - bosseurs, motivés et de milieux défavorisés - afin de leur offrir les mêmes chances de réussir qu’aux autres. Lire notre reportage à Sourdun.

- Enfin, pour les «ados ingérables», entre 13 et 16 ans, «pour qui on a tout essayé», seront mis en place des internats, «basés sur l'apprentissage de la règle, le goût de l'effort». En pratique, ces établissements spécialisés accueilleront entre 20 et 30 jeunes, exclus au moins une fois de leur collège, avec au programme : cours de sport l'après-midi et découverte des métiers. Ils seront encadrés par des éducateurs judiciaires et des profs.

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