Angry Birds, Google Maps, Facebook... La NSA espionne aussi les applis

A chaque lancement d'une application, la NSA et son homologue britannique récupèrent la localisation de l'utilisateur et ses contacts.

L'agence américaine de renseignement NSA chargée des interceptions de communications, mais aussi son homologue britannique GCHQ, ont collecté une incroyable quantité des données sur les utilisateurs d'applications pour smartphone, que ce soit Angry Birds, Facebook ou Google Maps, révèle le "New York Times" lundi 27 janvier.

Après les révélations sur la collecte des métadonnées téléphoniques, sur la récupération des SMS ou encore la surveillance des plateformes de jeux en ligne, de nouveaux documents fournis par l'ancien consultant Edward Snowden dévoilent encore un peu plus la portée des activités de surveillance de la NSA.

Selon le "New York Times", à chaque fois que quelqu'un utilise une application sur son smartphone, ce programme fait apparaître quantité de données sur la localisation de l'utilisateur ou encore la liste de ses contacts, des données que la NSA et le GCHQ récupèrent dans le cadre de leurs vastes programmes de collecte.

Un rapport cité par le quotidien note ainsi que toute mise à jour du système d'exploitation Android envoie sur le réseau 500 lignes de données sur l'historique du smartphone et son utilisation, des données captées par les agences de renseignement.

De son côté, Apple avait déjà été accusée d'avoir implémenter une porte dérobée (backdoor) dans ses produits, notamment les iPhone, affirme l'Allemand "Der Spiegel". Le groupe américain a toutefois dit n'avoir "jamais travaillé" avec l'agence américaine. "Nous ne sommes pas au courant du programme incriminé de la NSA qui viserait nos produits", a commenté Apple.

767 millions de dollars par an

Sollicitée, la NSA s'est retranchée sur sa ligne de défense désormais habituelle en affirmant que "les communications des personnes qui ne sont pas des cibles étrangères valides n'intéressent pas la NSA".

[L'agence] ne dresse pas le profil des Américains ordinaires. Nous collectons seulement les communications qui sont autorisées par la loi pour des raisons de surveillance et de contre-espionnage de cibles étrangères, quels que soient les moyens techniques utilisés par les cibles", a affirmé une porte-parole de la NSA, Vanne Vines.

Un utilisateur de Facebook sur smartphone. (HERVE PETITBON LE MANS/LE MAINE LIBRE/MAXPPP)Cette surveillance des applications de smartphone est décrite comme une "pépite" dans un document de la NSA publié par le "New York Times".

Pour la seule année 2007, l'agence américaine aurait consacré 767 millions de dollars à ce programme, quatre fois plus que l'année précédente, selon un autre document cité par le quotidien.

Face au scandale sur l'ampleur de la surveillance de la NSA, le président Barack Obama a annoncé un encadrement plus strict de ses activités de collecte des métadonnées téléphoniques (les informations concernant la durée des appels et les numéros appelés sur un téléphone).

Rien n'a cependant été dit sur la surveillance des programmes informatiques susceptibles de laisser un accès aux données personnelles.

"Les Américains décideront si la NSA va trop loin"

Par ailleurs, le ministre de la Justice Eric Holder et le directeur de la sécurité nationale James Clapper ont annoncé lundi que les grands groupes d'internet seraient autorisés à dévoiler "plus d'informations que jamais" sur leurs clients, notamment le nombre de comptes clients surveillés à la demande des agences de renseignement.

"Bien que ces métadonnées étaient classées secrètes jusqu'à aujourd'hui, le directeur du Renseignement national a déterminé que l'intérêt du public de les voir publiées l'emportait désormais sur les préoccupations de sécurité nationale", peut-on lire encore dans le communiqué.

"Conformément aux directives du président [Obama] dans son discours du 17 janvier", les nouvelles méthodes mises en place par le gouvernement permettent aux groupes américains d'internet de rendre publics le nombre de requêtes qu'ils ont reçues du renseignement national, le nombre d'ordres émanant du FISC et le nombre de comptes clients placés sous surveillance, précise le ministre de la Justice dans sa lettre aux géants d'internet. Ils auront la possibilité de donner ces informations par groupes de 1.000 ou de 250.

Nous sommes satisfaits que le ministère de la Justice ait accepté que nous et d'autres groupes puissions divulguer ces informations", ont réagi dans un communiqué commun Facebook, Google, LinkedIn, Microsoft et Yahoo!. "Le grand public a le droit de connaître le volume et le type de demandes de sécurité nationale reçues."

"C'est une victoire pour la transparence et une étape déterminante pour maîtriser une surveillance excessive par le gouvernement", s'est félicité Alex Abdo, avocat de la puissante Union américaine de défense des libertés (ACLU). "Les entreprises doivent être autorisées à donner des informations de base sur ce qu'elles fournissent au gouvernement, afin que les Américains puissent décider par eux-mêmes si l'espionnage de la NSA va trop loin", a-t-il ajouté.

Source : http://obsession.nouvelobs.com/high-tech/20140128.OBS3986/angry-birds-google-maps-facebook-la-nsa-espionne-aussi-les-applis.html

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Date de dernière mise à jour : 28/01/2014

×