La mondialisation serait préhistorique !

Les cartes qui changent l'histoire...

 Recherches de  Enrique García BARTHE  
Email de l'auteur :   egbartheyahoo.com.ar

Traduction de Sylvie MOLERO

 


Communication présentée lors du IVème congrès argentin des américanistes
qui s'est tenu du 4 au 5 octobre 2001 à l'université d'El Salvador de Buenos Aires, Argentine.


Découverte des cartes qui changent l'histoire...

   La possibilité que l'Amérique ait été découverte avant les voyages de Christophe Colomb a fait couler beaucoup d'encre.

  En ce qui concerne l'histoire officielle, même si les érudits affirment avoir l'esprit ouvert et ne pas être opposés à une telle possibilité, ils en refusent systématiquement les preuves avec des arguments aussi peu scientifiques que : « ce n'est pas possible », « il n'y a pas de preuves », « c'est faux », « c'est peu crédible », « il n'y a pas de faits antérieurs qui le confirment », « ils n'étaient ni assez développés, ni assez savants pour cela », etc., etc.

  Mais, malgré les prises de position anti-scientifiques de ces érudits qui avancent des arguments sans les prouver, il existe des chercheurs qui ont pu rassembler et présenter des indices et des preuves de ce que l'on peut appeler « la Mondialisation Préhistorique ».

  Après avoir découvert en Patagonie argentine l'existence de pierres gravées de symboles sémitiques, probablement d'origine cananéenne, j'entrepris des recherches sur la possibilité de voyages transocéaniques dans l'Antiquité. Le moment était venu pour moi d'utiliser les connaissances acquises des années plus tôt, alors que j'étais cartographe au Service d'Hydrographie Navale de l'Armée Argentine en les appliquant à l'étude des cartes anciennes. La réussite de cette tâche ardue n'était pas assurée car les reproductions de cartes anciennes sont difficiles à se procurer, ce que je pus vérifier après un long et inutile périple dans les bibliothèques à la recherche de ce matériel.

  Et bien que je pensais que tout avait été étudié et publié sur les cartes anciennes, j'avais besoin de trouver une donnée, une piste, un indice qui m'aurait servi à développer l'hypothèse de la navigation dans l'antiquité.

  Avant de plonger au cour du sujet, je tiens à prévenir le lecteur qu'étant donné la variété des formes employées par les différents auteurs pour transcrire la plupart des noms, j'ai opéré un choix arbitraire vu qu'il n'existe pas une forme plus correcte qu'une autre, même si certains linguistes sont persuadés de détenir la vérité.

  Le Pr. Paul Gallez a démontré sans équivoque que l'extension continentale de la Chine vers le sud, visible sur d'anciennes cartes telle celle de Ptolémée de Hamer ( Martellus ), correspond à l'Amérique du Sud, en identifiant les côtes, les fleuves, les montagnes et un réseau de distorsion.

  Un autre chercheur, le Dr. Dyck Edgar Ibarra Grassoa a découvert que le Signus Magnus ou Mégas Kolpios ( le Grand Golfe ) qui apparaît à l'est sur d'anciennes cartes n'était rien d'autre que l'Océan Pacifique.

  L'Amérique du Sud apparaissait ainsi sous le nom d'Indes Orientales ou Indes Méridionales.

Fleuves d'Amérique sur la carte d'Enricus Martellus en 1489
- cartes publiées par Paul Gallez

1 - RIO ORINOCO <> 2 - RIO AMAZONAS <> 3 - RIO TOCANTINS  <> 4 - RIO SAN FRANCISCO <> 5 -RIO PARANÁ
6 - RIO PARAGUAY  <> 7 - RIO NEGRO <> 8 - RIO COLORADO <> 9 - RIO CANANEA

   Ces découvertes m'amenèrent à penser que ceux qui avaient réalisé un tel travail cartographique de l'Amérique du Sud sur ces anciennes cartes ne pouvaient avoir ignoré l'existence de l'Amérique Centrale et de l'Amérique du Nord. Il devenait évident que si l'extension de la Chine vers le sud représentait l'Amérique du Sud, le continent américain avait été visité. Dès lors, comment auraient-ils pu ignorer l'existence de l'Amérique du Nord ?

  Mais s'ils connaissaient son existence, où était-elle ? La réponse c'est qu'un glissement du continent américain avait été réalisé sur les cartes.

  Le glissement de l'Amérique du Sud aboutissait dans l'océan, cela ne posait donc pas de problème de superposer sa représentation. Par contre, le glissement de l'Amérique du Nord se superposait sur l'Asie, il fallait donc choisir entre deux représentations ou un mélange des deux. Mais les géographes trouvèrent une autre solution.

  Trois cartes précolombiennes publiées par le Pr. Gallez attirèrent mon attention.

  Il s'agit des trois cartes suivantes :

  • 1440 - Nova cosmographia per totum circulum
    - Planche n° XIII Dana Benett Durand
  • 1448 - Mappemonde d'Andreas Walsperger
    - Planche n° XV Dana Benett Durand
  • 1470 - Carte de la Stiftsbibliothek de Zeitz
    - Planche n° XVI Dana Benett Durand

 

  Je parlerai de ma découverte de l'existence de l'Amérique sur des cartes précolombiennes connues, ce qui ne doit pas être confondu avec la découverte de cartes d'origine inconnue.

  En prenant par exemple la carte Per Totum Circulum 1440, reconstituée par Dana Benett Durand, dont la toponymie est l'une des plus complète, exception faite de quelques références individuelles, je la désignerai par sa date. Les traiter une par une serait inutile car ces cartes ne présentent pas de différences fondamentales et ce travail serait laborieux et probablement peu convaincant.

  L'origine arabe de ces cartes circulaires a été reconnue. Mais alors la question se pose : de qui les ont-ils héritées ? Le fait qu'elles soient centrées sur Jérusalem et qu'elles doivent elles lues à l'envers, donc le nord en bas, nous donne une indication sur leur ancienneté et leur origine moyen-orientale.

  Nous trouvons sur deux de ces cartes la légende indiquant qu'elles ont été tracées sur 180° comme " le veut " la géographie de Ptolémée. Nous retrouvons dans cette expression " le veut " toute la tragédie de Galilée, à l'égard de ce qu'il faut accepter, de ce dont on ne peut douter et que l'on ne doit pas changer. Il est important de préciser que les cartes selon Ptolémée de cette époque, comme celle de Donnus Nikolaus Germanus de 1474, présentaient clairement 180°. Mais il n'est ni certain ni exact qu'avant le XVIe siècle les géographes considéraient que la terre était plate.

  A une époque où sévissait l'inquisition, l'obligation d'apposer la mention " comme le veut Ptolémée ", montre qu'ils n'étaient pas convaincus par ce qu'ils faisaient mais qu'ils étaient obligés de suivre les idées obscurantistes du géographe romain Claude Ptolémée qui étaient toujours en usage et qui écartaient et rejetaient la science grecque de Pythagore, Démocrite, Hipparque, Eratosthène, Aristarque et tant d'autres.

  Bien que Ptolémée ait écrit ses ouvrages en grec et non en latin, il est évident qu'il avait été instruit par " l'Ecole Obscurantiste Romaine ", car alors même qu'il cite les noms d'Alexandre le Grand, Diogène, Dioscorus, Flaccus, Philémon, Théophile et d'autres encore, il semble ignorer de qui il s'agissait en les désignant " un tel. ".

  La forme d'un rond ne permet pas de différencier un cercle d'une sphère. Une sphère est un objet tridimensionnel qui, une fois projeté sur un plan bidimensionnel, perd la perspective qui permet de l'identifier et ne peut être représenté que par un cercle. Dans le cas de ces cartes, il ne s'agit pas de la représentation d'un plan dans un cercle mais d'une demi sphère.

  Les cercles qui entourent le centre de la carte et les lignes qui les croisent correspondent aux parallèles ( les cercles ) et aux méridiens ( les lignes ) d'une projection de type polaire ( voir image ), centrée non pas sur le pôle mais sur Jérusalem. Les cercles de 30°, 60° et 90° indiquent la courbure de la terre, le cercle de 90° qui entoure la carte indique le rayon de la demi sphère et comme le veut Ptolémée deux rayons de 90° forment un diamètre de 180°.

  Cela explique pourquoi que ces cartes reproduisent la forme d'une demi sphère soit 180°. La sphéricité est également confirmée par l'indication des pôles et des terres repoussées vers l'horizon circulaire, prouvant ainsi l'existence de globes terrestres dans l'Antiquité.

  On sait que la terre est ronde depuis l'Antiquité. Dès le IIIe siècle avant J.C., Eratosthène avait mesuré assez approximativement son contour. La statue grecque d'Atlas portant sur ses épaules un monde sphérique démontre que les grecs savaient que la terre était ronde mais aussi qu'ils étaient capables de reproduire leur monde en le gravant ou en le dessinant sur une sphère et ensuite de lui incorporer les découvertes que les marins ramenaient de leurs expéditions. Il suffisait alors qu'un artiste s'assoie devant la sphère et qu'il copie ce qu'il voyait sur un plan avec la distorsion produite par la courbure et les imprécisions et déformations spécifiques aux cartes anciennes.

  Personne ne peut douter que les cultures de cette époque étaient parfaitement capables techniquement et artistiquement de réaliser cela, ce qui écarte l'hypothèse répandue par certains auteurs qui invoquent une participation extraterrestre avec des projections prises depuis l'espace.

  Pour confirmer cela, il suffit de regarder le globe terrestre actuel centré sur Jérusalem et de voir la concordance avec le type de projection utilisé sur ces cartes. On peut aussi voir l'étendue des connaissances possédées à l'époque pour réaliser ces cartes sur lesquelles les deux hémisphères durent être déplacés ou ajustés pour obtenir les 180° requis. Lorsque l'on regarde la projection terrestre à la verticale de Jérusalem, nous constatons l'absence de l'Australie et de l'Amérique car ces continents se trouvent de l'autre côté de la sphère terrestre et il s'agit précisément des terres qui sont déplacées et surélevées dans la projection antique pour obtenir les 180°.

Projection de la sphère terrestre centrée sur Jérusalem comparée
avec la carte de Pertolum Circulum de 1440

   Il est possible que Ptolémée ait non seulement corrigé Martin de Tyr en l'épurant, mais il a peut-être été aussi le premier à placer les pôles sur un axe suggérant la rotation terrestre en accord avec le système horaire, comme nous pouvons le constater sur les différentes reconstitutions de sa carte qui partent d'un côté de l'ouest de l'Afrique dans les îles Fortunées avec le méridien 000° jusqu'à l'autre extrémité à Catigara à 180° comme points fixes dans chaque cas. Nous pouvons donc supposer que l'habitude de centrer les cartes sur Jérusalem, ou sur n'importe quel autre endroit, est antérieure à Ptolémée et bien que quelques géographes l'aient encore utilisée, elle a fini par disparaître.

  Il est très possible que les cartes d'Hipparque, Eratosthène, Marin de Tyr, Strabon, Pomponne Mêla, etc... aient ressemblé à ce type de projection centrée sur Jérusalem et sur lesquelles on constate, comme dans les cartes du XVème siècle copiées par les moines allemands, une Mer Caspienne apparemment déviée vers le nord et un accès à l'océan. Etant donné que les cartes de ces anciens auteurs n'ont pas été retrouvées, il est possible qu'elles aient été mal reconstituées, incluant un critère ultérieur imposé par Ptolémée.

  J'imagine la difficulté pour les géographes de placer les 360° de la sphère dans les 180° d'une demi sphère représentée dans un cercle. La solution adoptée est représentée dans ces cartes : faire pivoter et déplacer la demi sphère ( hémisphère ) invisible dans cette projection centrée sur Jérusalem, la superposer sur l'autre, déplacer l'Amérique d'environ 130° et superposer l'Amérique du Nord sur l'Asie, comme dans la reconstitution de la carte de Zeit de 1470 réalisée avec une carte actuelle.

  Dans cette animation qui montre comment s'effectuent ces glissements sur la carte de Zeit ( 1470 ) de la bibliothèque de Stifts, nous pouvons voir comment l'Amérique se détache de l'Asie, comment l'Australie passe de l'Atlantique à l'océan Indien en reprenant sa position réelle et comment la Papouasie Nouvelle Guinée, qui apparaît comme une grande péninsule, se sépare de l'Amérique du Sud et redevient une île.

Croquis de la carte de la bibliothèque de Zeitz
Reconstruction de la carte de Zeitz à partir d'une carte actuelle

   Ces glissements, qui compliquent l'interprétation de ces cartes, se démontrent facilement car le Lagon Méotique que l'on peut parfaitement identifier à la Mer Noire mais sans son nom, se retrouve aussi plus au nord sous le nom de " Mer Meotiden " et près de la région de Tanaïs ( Ri Don ) " Tanaiberg " on les retrouve sur les terres de Sibérie projetées à 90° en direction du pôle nord et l'on explique que c'est un pays très vaste où il n'y a pas de constructions et que ses habitants sont des nomades et des barbares qui ne furent conquis ni par Alexandre le Grand ni par les romains. " Das lant der Sachien ist gar ain weitt lant und ist nit baut und ist ain poesz volck daz sy weder Allexander noch den Romer hye unter tang wurden " Cette légende est accompagnée d'une illustration qui montre un roi scythe et sa cavalerie, si célèbre et redoutée, et des tentes typiques des tribus nomades d'Asie. Une autre légende dit " Dy leut von Scithien habent kain pleibentenstat zyehent hyn und her von keiten " qui signifie que les scythes sont des nomades, qu'ils ne restent pas au même endroit et qu'ils se déplacent continuellement d'un endroit à un autre selon le mode de vie des Tartares Mongols. Auparavant le terme scythe était utilisé pour désigner ceux qui vivaient à l'est des tribus germaniques jusqu'aux confins de la Sibérie comme les Tartares et les Mongols.

  On démontre ainsi que si la Sibérie est projetée en direction du pôle nord, les terres situées à l'extrême est de la carte et appelées Indes ou Poriana appartiennent aux Indes Orientales qui n'ont rien à voir avec la Sibérie et représentent l'Amérique.

Carte Pertolum Circulum de 1440,
zone Europe et Sibérie.

   L'Australie a été déplacée avec le continent américain et s'est retrouvée située à l'ouest de l'Afrique dans l'océan atlantique sous le nom d'île de " Trivalla " 1440.

  Au sud de l'Afrique le pôle sud est appelé " Polus Antarticus " mais il faut se méfier de la légende qui se trouve dessous car elle s'applique au sud de l'Afrique et signale les régions torrides que l'on trouve là-bas, comme le Kalahari.

  Sous l'Australie on peut lire " Mer von Mittentag " ou Mer du Midi et ensuite " ist unwonhaft von grosz hiez wegen und hat nur ain insel und in dem mer seind vill grausamer merr wunder " qui signifie " qui est inhabitable à cause de la chaleur, il n'y a qu'une île et des monstres étonnants dans la mer ". Cela fait sûrement référence à la chaleur du désert australien et aux baleines, requins baleines, requins blancs etc. que l'on trouve dans les parages.

  Evidemment, on ne sait pas si ces glissements se trouvaient sur les cartes antiques d'origine ou s'ils furent réalisés sur les copies des moines allemands.

  Sur ces trois cartes, le Japon apparaît sous le nom d'île " Dicolzy ". C'est Marco Polo qui le premier mentionnera une île appelée Ciampagu et le géographe Fra Mauro la placera près des côtes chinoises sur sa carte du monde de 1459 ; on remarque que sur cette carte il n'y avait pas assez d'espace pour placer Cipango à 1500 nautiques dans l'océan, comme l'avait décrit Marco Polo. Mais cela ne correspond pas à ce que Polo dit de Cipango.

  Alors que sur les deux cartes de 1148-1470 il n'y a pas de nom sur la Corée, sur celle de 1440 la Corée est positionnée à sa place, en Asie et avant les Indes Méridionales ( l'Amérique ) et porte le nom d' " Ulkania " avec ses chaînes montagneuses.

  De manière étonnante, ces cartes nous montrent que l'île continent de l'Australie était connue, circumnaviguée et cartographiée des siècles avant sa découverte présumée et qu'elle fut déplacée avec l'Amérique d'environ 130° en direction de l'ouest, se retrouvant ainsi dans l'océan atlantique face aux côtes occidentales de l'Afrique. Elle apparaît ainsi sur ces cartes comme une île gigantesque qui n'a pas pu être découverte dans cette région et encore moins cartographiée puisqu'elle n'existe pas à cet endroit, et qui n'est que le résultat du glissement des terres qui étaient inconnues des géographes européens, de manière à obtenir une carte en accord avec la géographie de Ptolémée de cette époque qui comportait 180° maximum.

 Voir l'animation en Flash


 

Source : http://www.ldi5.com/archeo/barthe1.php

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Commentaires (1)

patrig k
Très intéressant ce papier
Il y a eu un reportage dernièrement sur Arte, qui retraçait la "conquête" humaine des continents, et selon les dernières recherches ceux ci auraient abordé le continent amérindien vers -20 000 ans avant JC... Surtout aussi, il est prouvé et quasi certain, que l'homme dit moderne sapiens sapiens, venant du continent africain sur le continent européen vers 100 000 ans av-JC, avait la peau noire, n'en déplaise aux archaïques toubab, Le Pen ton arrière grande mère était une black ... Et d'autre part, que c'est les migrations qui ont fait la richesse de tout temps ...

pour le ;0) à gag

Dommage que Homindus à CAC, dit aussi l'Erectus TPMG ( je traduis: Tout Pour Ma Gueule) est apparut d'on ne sait ou, il va tout foutre par terre ... Certain pensent même que c'est l'AntéChrist ... Non de dieu !

un dernier papier :
http://blogs.mediapart.fr/blog/patrig-k/310712/iter-g4-complexite-et-effondrement-societal

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Date de dernière mise à jour : 15/07/2012

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