Géopolitique des maladies exotiques

1 MILLIARD DE MALADES OUBLIÉS

Chaque année, plus d’un demi-million de personnes meurent de maladies négligées. L’Organisation mondiale de la santé en recense dix-sept ; elles touchent particulièrement les territoires isolés, défavorisés ou les zones de conflit. Le Dessous des Cartes cherche à comprendre pourquoi ces maladies infectieuses tropicales continuent à ne pas faire l’objet de recherche permettant de développer les médicaments appropriés.


Le cas de la peste

Le cas de la peste

L’Organisation mondiale de la santé recense dix-sept maladies négligées. Parmi elles, on trouve des maladies provoquées par des virus et des bactéries. Prenons le cas de la peste, une maladie qui est connue mais persistante, dont vous voyez ici les foyers les plus importants en Afrique et en Asie. Après un syndrome grippal, le sujet infecté présente une faiblesse généralisée qui peut ensuite conduire à la mort. Chaque année, il y aurait en moyenne 600 cas déclarés et environ 60 morts. Un chiffre qui varie beaucoup d’une année à l’autre.
 

 
Un autre exemple de maladies négligées : la dengue

Un autre exemple de maladies négligées : la dengue

Regardons maintenant le cas de la dengue qui touche chaque année 50 millions de personnes et en tue quelques 100 000. Les symptômes – fièvre incapacitante, douleurs, céphalées intenses – peuvent évoluer vers des complications potentiellement mortelles.
 

 
Les maladies négligées provoquées par des parasites

Les maladies négligées provoquées par des parasites

Mais la majorité des maladies négligées sont provoquées par des parasites. Comme le parasite de la bilharziose, auquel 600 millions de personnes sont régulièrement exposées, et qui tue près de 300 000 personnes chaque année.
 

 
Les pays touchés par les maladies négligées

Les pays touchés par les maladies négligées

Maintenant regardez cette carte. Vous voyez en jaune, les pays où sévissent une à deux maladies négligées ; en orange, ceux qui sont exposés à entre trois et cinq maladies négligées ; en rouge, les pays où les populations peuvent contracter plus de cinq maladies négligées. On constate que les pays les plus touchés se trouvent en Afrique et en Amérique du Sud. Globalement, 17 % de la population mondiale est affectée par une maladie négligée, et quelque cinq cent mille personnes en meurent chaque année.
 

 
Maladies négligées et revenu national brut

Maladies négligées et revenu national brut

Qu’est-ce que ces maladies ont en commun ? Si on prend le critère géographique, on voit qu’elles touchent essentiellement les régions tropicales et subtropicales. Et si on prend le critère du revenu national, on constate que les deux tiers des pays concernés sont ceux dont les revenus sont les plus faibles. Les maladies négligées sont donc avant tout liées aux mauvaises conditions de vie et à la pauvreté en général. Ce qui rend impossible l’achat de médicaments.
 

 
La zone d’influence de la mouche tsé-tsé

La zone d’influence de la mouche tsé-tsé

Au XXe siècle, certaines maladies négligées semblaient sur le point d’être éradiquées. Regardez, sur le continent africain, la zone d’influence de la mouche tsé-tsé qui transmet la maladie du sommeil. Elle provoque fièvres, maux de tête, douleurs articulaires et, plus tard, troubles neurologiques. L’absence de traitement peut entraîner la mort.
 

 
La maladie du sommeil contrôlée en AOF, en AEF, au Congo Belge

La maladie du sommeil contrôlée en AOF, en AEF, au Congo Belge

À l’époque coloniale, dans les années 1930, en Afrique occidentale française (AOF), en Afrique équatoriale française (AEF) et au Congo belge, à la suite d’épidémies meurtrières, des agents de santé avaient été mobilisés. Ils allaient de village en village pour des opérations de contrôle, de dépistage massif et de lutte contre la mouche tsé-tsé. Et trente ans plus tard, en 1960, au moment de la décolonisation, la maladie semblait contrôlée. Faute de financement, les nouveaux États indépendants ont dû interrompre les actions de contrôle, et la maladie a fait sa réapparition. 
 

 
Les foyers actuels de la maladie du sommeil

Les foyers actuels de la maladie du sommeil

Les foyers actuels de la maladie du sommeil sont principalement en Afrique centrale et surtout en République démocratique du Congo. Ce pays concentre à lui seul 2/3 des malades, notamment à l’ouest et dans la province orientale.   
 

 
La maladie du sommeil en RDC

La maladie du sommeil en RDC

Cette province est la plus grande du pays, aussi grande que l’Espagne, elle est couverte pour moitié par la forêt équatoriale. Le manque de personnel et de structures de santé y est très prononcé, on compte un médecin pour 40 000 personnes, soit encore moins que la moyenne nationale, qui est de quatre médecins pour 40 000 personnes. De plus, à la frontière avec l’Ouganda, l’insécurité et les combats ont provoqué le déplacement de quelque 200 000 personnes.
 

 
La mise au point d’un nouveau médicament

La mise au point d’un nouveau médicament

Plusieurs phases sont nécessaires pour mettre au point un nouveau médicament. D’abord, la recherche fondamentale qui permet d’identifier des molécules potentiellement efficaces. Cette phase dure en moyenne de deux à cinq ans. Ensuite les phases de recherches pré-cliniques, avec des tests chez l’animal, qui durent également entre deux et cinq ans. Puis viennent des tests cliniques chez l’homme, sur cinq à sept ans en moyenne. Et enfin, l’enregistrement et la fabrication qui prennent à nouveau de cinq à sept ans en moyenne.
 

 
Le DNDI

Le DNDI

Durant la dernière décennie, des partenariats entre organismes privés et publics ont été créés, à l’image du DNDI (Initiative pour les médicaments pour les maladies négligées). DNDI est une organisation sans but lucratif, créée en 2003 par les sept partenaires que vous voyez sur la carte. Elle fonctionne comme un laboratoire qui travaillerait sans mur, et elle noue des partenariats au Nord et au Sud avec des instituts publics, des compagnies pharmaceutiques, des universités, des ONG, en associant à chaque fois des acteurs locaux.
 

 
Le DNDI et le traitement NECT en 2010

Le DNDI et le traitement NECT en 2010

Sur cette maladie du sommeil, que nous étudions aujourd’hui, le DNDI a cherché à associer deux traitements déjà existants, pour améliorer leur efficacité, et traiter plus rapidement les patients atteints de cette maladie. Le développement de ce traitement, appelé NECT a duré cinq ans et a coûté cinq millions d’euros. Il est plus efficace, moins dangereux, moins lourd à transporter que les précédents traitements, et c’est finalement la première innovation thérapeutique pour cette maladie depuis vingt-cinq ans. Mais il faut encore quatorze perfusions pour l’administrer.
 

 

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Date de dernière mise à jour : 12/11/2013

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