France télévision au service du grand capital

France Télévisions est un groupe français de radio et de télévision, dont le capital est exclusivement détenu par l'État français. (source wikipedia)
France 2 et France 5 font, entre autres, partie de ce media d’état.

Personnellement, je ne suis pas un grand adepte de la télévision ; j’y préfère, et de loin, internet où l’on peut choisir ses sources, plutôt que de les subir en rabâchage constant.
Pourtant, que le dieu des grands athées me pardonne, il m’arrive parfois, le week-end, de trainer sur le canapé, avec mon staff familial, devant cet écran, désormais devenu plat, passant lors de sa métamorphose, discrètement, doucement, mais surrement, de cathodique à plus trop « catholique ». Mais bon , là, sont plusieurs autres débats.
Et, en à peine deux semaines, moi qui ne fait que passer très occasionnellement devant cet outil sonore et lumineux, je suis tombé sur :

 Vendredi 28 octobre, France 5 : Empreintes « Michel-Edouard Leclerc, de quoi je me M.E.L ? »

 Jeudi 10 novembre, France 2 : Complément d’enquête « Médicaments, contre-enquête sur un scandale » (Reportage sur Servier).

 Vendredi 18 novembre, France 2 : Un jour un destin  « Bernard Tapie, l’aventure, c’est l’aventure » .

Un peu beaucoup en si peu de temps, non ? Surtout en cette période de crise du capitalisme…

Maintenant, détaillons un peu :
 

Quand la télévision fait l’apologie du capitalisme...


1. Michel-Edouard Leclerc, le Che Guevara de la grande distribution

EMPREINTES - MICHEL-EDOUARD LECLERC, DE QUOI JE ME M.E.L ?

Auteur : PASCAL MORET, FABRICE PAPILLON
Durée : 50 minutes
Realisateur : PASCAL MORET, FABRICE PAPILLON
Production : SCIENTIFILMS
Participation : FRANCE TÉLÉVISIONS
 
 
Resumé:

Alors que le groupe Leclerc fête ses 60 ans, Michel-Edouard Leclerc revient sur ses 30 ans à la tête de ce groupement d'achat devenu le premier distributeur en France, pesant 35 milliards d'Euros de chiffre d'affaire par an et employant 92 000 salariés dans 600 magasins.

Le groupe Leclerc a vu le jour dans les années 50, à Landerneau en Bretagne, où Edouard Leclerc, père de Michel-Edouard, propriétaire d'un petit magasin, allait inventer un mouvement associatif de distribution.

Aujourd'hui, Michel-Edouard est un patron élu et s'il est le fils de son père, c'est plus dans l'innovation et la détermination pour mener des combats avant-gardistes : l'essence moins chère, la parapharmacie, les sacs réutilisables, aujourd'hui le Bio et l'électroménager asiatique...

Des combats qui lui valent des ennemis, mais assurent sa renommée auprès des consommateurs. Et pourtant, au départ, Michel-Edouard voulait être missionnaire...
 
 
 
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Lu dans "l'humanité"  du 20 Septembre 2011:

Le tribunal des prud’hommes de Tarbes a ordonné hier la réintégration de Florence Andrieu et de Cyrille Panassac, licenciés pour avoir manifesté et fait grève en mars 2009.

Florence Andrieu et Cyrille Panassac, qui travaillaient à l’espace culturel (livres, CD…) de l’immense centre commercial, avaient participé le 19 mars 2009 à une grève et une manifestation dans les rues de Tarbes. Une photo où on les voit porter une banderole (« Leclerc : les salaires les plus bas ») fut publiée dans la presse locale. Ils avaient aussi entrepris de créer une section CGT. Le centre Leclerc les a licenciés pour raison économique !

Depuis, ces deux salariés, soutenus par plusieurs syndicats et partis de gauche, mènent une longue bataille contre la direction de l’hypermarché. Celle-ci a fait traîner les procédures, espérant sans doute user la partie adverse. Le 18 octobre, après de longs mois d’attente, le juge départiteur a fait pencher la balance en faveur des plaignants. « Le motif économique n’était qu’un prétexte pour s’attaquer à la liberté de grève et la liberté syndicale, commente Me Pauline Le Bourgeois, avocate des salariés. Ce jugement est la reconnaissance d’un fait de discrimination. »
 
 
 
 
 
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Témoignages d'anciens salariés :
 
 
 
 
 
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Entreprise déplorable.
Ils enchaînent les jeunes en CDD. Les autres contrats sont en majorités des CDI à mi-temps.
Emplois du temps donnés seulement 1 semaine à l'avance et rien n'est fait pour vous arranger si vous avez un RDV de prévu.
Idem les horaires lamentables (8h-10h puis 16h-20h30) par exemple.
Les chefs de caisses sont exaspérantes, hautaines et vous prennes pour des idiotes.
Obligé de mentir sur ses études pour être prise rien qu'en CDD.
Constamment surveillé, pas le droit de parler à une collègue.
Heures supp non payées.
1 seule hôtesse de caisse doit assurer l'ouverture.
De ce fait, préparation seule de 16 caisses en 30min car on vous oblige à être présente à 8h00 alors que vous n'êtes payées qu'à partir de 8h30 car ouverture magasin 8h30...
Temps de pause minutés à la seconde près.
Obligation de porter des vêtements hideux et même pas propre au moment de l'embauche.
Des responsables qui vous mettent plus bas que terre et se moque de vous.
A FUIRRRR!!!!!

 Notes moyennes
Salaire 2.9
Respect 3.5
Avantages 3.6
Securité 4.1
Equilibre 4
Carrière 2.3
Localisation 5.8
Environnement 4.9
Collègues 5.1
Managers 3.5
Fun 3.3
Parité 5.1
 
 
 
 
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Malgré le poster derrière lui dans son bureau, on est bien loin de ce qu'aurait aimé le Che, non ?
 
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2. Les coulisses de la préparation de l’émission sur Servier
 

Médicaments, contre-enquête sur un scandale

Résumé:
 
 
 
Mediator, c’est le plus grand scandale sanitaire de la décennie. Des centaines de morts potentiels, un laboratoire montré du doigt et des organes de contrôle qui n’ont rien dit…
Pour la première fois, le laboratoire Servier, au coeur de l’affaire, ouvre ses portes et contre-attaque.
Avec ses salariés soudés qui dénoncent une cabale, ses scientifiques outrés qu’on mette en cause leur probité et son patriarche qui défend l’oeuvre de sa vie...

Une fois encore, Bernard Debré, député UMP, urologue, filmé avec sa blouse blanche de grand professeur, est consulté comme expert pour donner son avis sur des questions de... pharmacologie et de conflits d'intérêts. Une fois de plus, il apparaît en véritable M. Loyal, un rôle qui fait sourire les connaisseurs du dossier.
Le numéro de Complément d'enquête diffusé jeudi à 22 h 05 a, lui, a choisi un angle neuf en allant filmer à Gidy (Loiret), dans l'usine qui a fabriqué le Mediator, et au centre de recherche de Croissy (Yvelines). Pour la première fois, une équipe de télévision a eu l'autorisation de s'y rendre. Il faut dire que Laurent Sorcelle, le responsable des relations presse de Servier, a été journaliste à France 3 avant d'intégrer l'industrie pharmaceutique.
L'auteur du reportage, qui n'était pas visionnable hier, Nathalie Sapena, a rencontré des salariés choisis par le laboratoire. « Leur discours est parfaitement calibré, explique-t-elle. Et en même temps complètement sincère. Ils dénoncent un complot médiatique. Pour eux, il n'y a pas de morts et les études qui disent le contraire ne sont que des extrapolations. » Une leçon parfaitement récitée.
Si la nouveauté de ce documentaire réside dans la prise de parole des salariés de Servier, il n'y a pas de révélation fracassante. En revanche, on devine en filigrane le chantage à l'emploi.
 
 
 
 
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Témoignages :
 
 
 
 
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Témoignage 1 (ça commence fort) :
« Nous avons assisté au tournage du sujet chez SERVIER : tout a été entièrement piloté par la direction du laboratoire : questions, réponses, choix des personnes, satisfecits divers, et chercheurs triés sur le volet. Le tout avec la complicité des journalistes de FR2. "Compléments d'enquête" nous avait habitué à plus de neutralité. Les victimes et les malades gravement atteints par les mensonges de ce laboratoire apprécieront... Une glorification de ce labo n'est vraiment pas nécessaire par les temps qui courent... »
 
 
 
 
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Un peu plus loin (témoignage2) :
« J'ai moi même travaillé chez SERVIER en R&D pendant neuf ans, et je dois dire que les pratiques n'ont rien à voir avec les autres labos où j'ai travaillé ensuite...
Le recrutement : l'enquête faite par d'anciens généraux en retraite : pourquoi ont ils demandé à des membres de ma famille (instituteurs) si il y avait des personnes inscrites au Parti Communiste ?
Quand je travaillais à Suresnes, au Centre de Recherche de l'époque, lors des visites de M. SERVIER nous devions donner un jour de congés aux stagiaires de couleur (SERVIER a été condamné pour tenir des fichiers contenant les opinions politiques ou la religion de ses candidats...)
J'ai connu aussi un refus d'engager une thésarde brillante pour le motif qu'elle était... obèse ! Le CRH (conseiller en ressources humaines) m'a dit que M. SERVIER ne voulait pas de gros dans l'entreprise !
Les salaires élevés c'est vrai à tel point que des anciens de SERVIER parlent de "prison dorée". Par contre, un seul écart de langage sur "la Maison" et c'est le licenciement !
Autre anecdote amusante : un comptable détournait de l'argent : SERVIER l'a viré avec une bonne somme mais en lui faisant signer une décharge dans laquelle il promettait de ne jamais parler de cette affaire : tout le monde il est beau chez S. !
Voilà le vrai visage de l'entreprise dans laquelle vous travaillez. »
 
 
 
 
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Anti-communisme primaire, ségrégation, racisme, et le tout au service du bénéfice, même si la mort est au tournant : en effet, Servier vaut bien sa légion d'honneur et une bouée de sauvetage télévisée...(lire "Sarkozy, le légion-donneur").
 
 
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3. Bernard Tapie, le bon prolétaire, bon à tout faire...
 

Un jour, un destin : Bernard  Tapie, l'aventure c'est l'aventure

 Un document inédit de Christophe Widemann. Montage Cédric Delport
Présenté par : Laurent Delahousse
 
 
 
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Résumé :
 
On connaît Bernard Tapie depuis plus de trente ans. Mais qui se cache derrière l'aventurier, l'homme de télévision, l'homme d'affaires, le président de l'OM, le comédien ? Pour mieux le comprendre, il faut remonter aux origines de l'histoire, en banlieue parisienne. Pour la première fois, les témoignages de ses proches sont confrontés à ceux de ses détracteurs. On apprend notamment que Bernard Tapie avait tenté de racheter les châteaux de Jean-Bedel Bokassa. On découvre également comment l'homme d'affaires a préparé son grand oral avec François Mitterrand. De l'ascension à la chute, des coups médiatiques à son expérience de la prison, c'est une nouvelle image de Bernard Tapie qui est donnée par le documentariste Christophe Widemann.
 
 
 
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La critique :
 
IL AURA TOUT FAIT. Président de club de foot, ministre de la Ville, duelliste de Le Pen, chanteur, taulard et comédien. Grimpé au faîte de la fortune, tombé plus bas que terre, il renaîtra de ses cendres. Bernard Tapie, un Phénix ? Comme l'oiseau mythologique, l'homme s'est consumé à son propre feu intérieur. Le monde se divise entre admirateurs et contempteurs, mais tous les interrogés en conviennent : Bernard Tapie, c'est une énergie. Bien sûr, quand ce sont ses père, mère et fils qui en débattent, leur oeil s'allume d'admiration ; les autres sont plus circonspects.
Car l'homme est trouble. Ce fils de prolos, cet ex- vendeur de télévisions qui rachète des entreprises en difficulté pour les revendre une fois requinquées, en raflant une jolie plus-value, ne s'étouffe pas de scrupules. Mais pourquoi éprouver des remords, quand on roule dans la farine un proscrit tel que Bokassa ? En 1979, Tapie explique à l'empereur déchu que l'Etat français va saisir ses châteaux. Seule solution : qu'il lui vende ses biens... pour trois fois rien. La promesse signée, Bernard Tapie s'envole pour le siège de l'Unicef, à New York. Il veut tout donner aux oeuvres. Tapie, nouveau Robin des bois ? La vente sera annulée. Mais cette image de redresseur de torts s'impose. Dans la presse américaine, puis dans le coeur du peuple ensuite : Tapie, c'est la revanche des petits sur les bourgeois. En 1985, 25 % des Français l'imaginent bien Premier ministre. Quand il sera incarcéré dans le Sud, en 1995, les détenus crieront « Allez Tapie ! ». « Ca a du bon d'être iconoclaste, mais à force de tendre l'élastique, il lui est revenu dans la figure », explique Laurent Delahousse, présentateur de l'émission. Même le procureur Eric de Montgolfier en convient : « Si Tapie n'avait pas organisé ce battage médiatique [lors de l'affaire VA/ OM, NDLR], il ne serait pas allé en prison. » C'est en cellule que cette grande gueule apprendra à se taire. Fomentant sa revanche. En juillet dernier, il fera cracher le Crédit lyonnais : la banque devra lui verser 285 millions d'euros, dont 45 au titre de préjudice moral. Un Phénix, disions-nous.
 
 
 
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Un ange en effet, un modèle à copier ...
 
 
 

Epilogue (et perspectives) :
 
Un service public se devrait d'informer, au lieu d'être un isnstrument de propagande gouvernementale (devenant par ce fait, un sévice public ).
En regardant France Télévision :
On voit très bien qui est au pouvoir.
On sent très bien qu'on entre en campagne éléctorale.
On voit très bien planer l'ombre de la crise, avec l'ennemi "dette" et l'ami "croissance".
On sent venir les réformes de rigueur.
 
Encenser les PDG, en cette période de crise du capitalisme, c'est faire l'apologie des pyromanes, pendant que le peuple brule.
France Télévision n'a rien à envier à Goebbels, en diffusant à outrance, des reportages de ce genre.
Ne nous indignons plus, camarades citoyens, révoltons-nous !
 
 

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Date de dernière mise à jour : 13/01/2015

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