La bataille de Santa Clara.

LA BATAILLE DE SANTA CLARA

Entre le 19 et le 31 décembre 1958, les villes de Guayos, Caibarien, Zulueta, Sancti Spiritus, Manicaragua, Placetas et Cabaiguan, entre autres, tombent comme Fomento.

Pendant de temps, a lieu le siège et la prise de Yaguaguay par les forces de Camilo Cienfuegos qui est resté dans l'histoire comme le "Héros de Yaguajay" et la bataille de Santa Clara.

Nous sommes le 28 décembre et l'offensive de l'Armée Rebelle sur la capitale de la province de Las Villas, Santa Clara, arrive à son point culminant.

             

A l'aube du 28 décembre, les guérillas unifiées sous le commandement du Che, commencent la bataille de Santa Clara, un point clef du centre du pays, qui , compte tenu des forces que la dictature y avait concentrées, semblait inexpugnable. Le régiment Leoncio Vidal, de la Garde rurale, disposait de 1300 hommes et l'escadron 31 de 250 soldats. 300 hommes défendaient le Quartier Général de la Police. Santa Clara possédait la caserne la plus importante du centre du pays.

La dictature avait, de plus, des unités de réserve sur place et la force aérienne, utilisée à plein, faisait des ravages dans la population.

Les forces rebelles étaient formées de quelque 300 hommes dont l'armement était très inférieur à celui de l'armée. Elles ont disposé néanmoins tout au long de la bataille d'un appui fondamental: la coopération de la population qui a maintenu informé les rebelles, a dressé des barricades et a bloqué la circulation en stationnant des voitures en travers des rues pour empêcher les chars de l'armée de manoeuvrer. Elle a même fabriqué des cocktails molotov etc... Le Che est intervenu sur les ondes de la radio locale pour appeler la population à coopérer avec l'Armée Rebelle.

Le 29 décembre, la bataille en tant que telle commence. L'Université sert tout d'abord de QG, avec l'appui des professeurs et des étudiants.

On se bat dans tout Santa Clara. Un des points forts de l'armée est le train blindé composé de 22 wagons dans lesquels venaient 400 soldats fortement armés.

Le train encerclé dans la ville, manoeuvre pour se retirer sans savoir que, sur ordre du Che, la voie ferrée a été coupée. La locomotive et plusieurs wagons déraillent et lorsque les rebelles attaquent au cocktail Molotov , la chaleur à l'intérieur du convoi blindé devient insuportable et, en quelques heures, les soldats se rendent avec tout leur arsenal.

C'est le Che en personne qui dirige cette action décisive pour la prise de la ville. Le 1er janvier, alors que le dictateur Batista a déjà fui Cuba, seule la caserne Leoncio Vidal reste aux mains de l'armée. Le commandant de la place demande à parler au Che pour tenter de le convaincre de prolonger la trêve.

Le Che répond: " Commandant, mes hommes ont d'ores et déjà parlé au nom de notre commandement. L'alternative est: reddition sans conditions ou feu, mais un feu véritable, sans aucune trêve. La ville est d'ores et déjà entre nos mains. A midi trente, je donne l'ordre de reprendre l'attaque avec toutes nos forces; nous prendrons la caserne coûte que coûte. Vous porterez la responsabilité du sang qui coulera. De plus, vous devez savoir qu'il est possible que le gouvernement des Etats-Unis lance une intervention militaire à Cuba et si cela se produit, votre crime sera plus grand, parce que vous appuirez un envahisseur étranger. Dans ce cas-là, il ne nous restera qu'à vous donner un pistolet afin que vous vous suicidiez, car, en connaissance de cause, vous seriez coupable de haute trahison."

L'officier de Batista demande à se réunir de nouveau avec son état major et celui-ci décide d'accepter la proposition de reddition sans conditions faite par le Commandant rebelle.

                             

Le jour de la veillée solennelle du 18 octobre 1967, Fidel Castro analyse la part qu'a pris le Che dans la campagne de Las Villas et la prise de Santa Clara:

"Che était un soldat insurpassable; Che était un chef insurpassable, Che était, sur le plan militaire, un homme d'une capacité extraordinaire, d'un courage extraordinaire, d'une impétuiosité extraordinaire. Si tant est qu'il ait eu comme guérillero, un talon d'Achille, ce talon d'Achille était son excessive impétuosité, son mépris absolu du danger...

Che était un maître de la guerre, Che était un artiste de la lutte de guérilla et il l'a démontré à d'inombrables reprises, mais il l'a démontré surtout lors de deux prouesses extraordinaires, une d'elle est "l'invasion" à la tête d'une colonne poursuivie par des milliers de soldats sur un terrain parfaitement plat et totalement inconnu, au cours de laquelle il a réalisé avec Camilo un extraordinaire exploit militaire. Mais, de plus, il l'a démontré au cours de la campagne fulminante qu'il a menée à Las Villas, et il l'a démontré par dessus tout lors de son attaque audacieuse contre Santa Clara dans laquelle il a pénétré avec une colonne d'à peine 300 hommes; dans une ville défendue par des tanks, l'artillerie et plusieurs milliers de soldats d'infanterie.

Ces deux exploits ont confirmé son caractère de chef d'une capacité extraordinaire, de maître, d'artiste de la guerre révolutionnaire."

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