L'ami Cienfuegos

Camilo Cienfuegos etait  un vrai Cubain, un homme du peuple, issu des classes populaires de La Havane, disparu des plus hautes sphères du pouvoir, au sommet de sa gloire, à moins de 30 ans. Camilo, le toujours souriant seigneur, cubain jusqu’au bout des ongles. Le turbulent, fêtard,, séducteur, playboy, macho, bagarreur, insouciant, téméraire, indiscipliné (et on en passe) a tout pour plaire. Ajoutez à cela que le commandant Camilo Cienfuegos, toujours coiffé d’un chapeau de cowboy, et caché derrière son sourire, une fois engagé dans une mission, savait mettre sa fantaisie au service de l’efficacité. Jamais son courage, son engagement ou sa fidélité n’ont pu faire l’objet du moindre doute. Sur le terrain, sa témérité se muait en courage, son insouciance en soin du détail, son indiscipline en  services accomplis, et son insolence ne pouvait que le servir.
L’histoire unit pour toujours Camilo et le Ché en amis intimes. Un passage au musée de la révolution, un regard posé sur la correspondance entre les deux hommes, convaincra les plus septiques. Il en émerge un grand respect réciproque et de la surprise sur le ton ironique et les taquineries de Camilo. Leur amitié transparait clairement dans nombres d’allusions intimes dont abusait largement Camilo. Aucun barbudo ne se serait permis le dixième du quart des boutades de Camilo envers le très sérieux Guevara. La disparition précoce du frère de lutte a très profondément affecté le Ché.
Camilo était Camilo, guerillero complet. Il n’avait pas la culture des livres, mais il était doté à l’extrême de l’intelligence naturelle du peuple. Camilo fut aimé de tous ; le seul commandant de la Sierra Maestra à faire une telle unanimité, jusque dans la communauté cubaine de Miami.

 Biographie

Naissance : 6 février 1932
La Havane, Cuba
Décès : disparu le 28 octobre 1959 (à 27 ans)

Origine : Cuba
Allégeance : Armée Rebelle, Forces armées révolutionnaires
Grade : Comandante
Commandement : Colonne n°2 "Antonio Maceo" de l'Armée Rebelle
Faits d’armes : Révolution cubaine
Autres fonctions : Chef de l'État major de l'armée
Camilo Gorriarán Cienfuegos est un révolutionnaire cubain ; après les frères Castro et le Che, il est le plus célèbre des barbudos qui débarquèrent du Granma.

Révolution cubaine

Ses parents étaient des réfugiés anarchistes espagnols.
Issu d'une famille pauvre, il émigre aux États-unis où il est travailleur clandestin jusqu'à ce que les autorités de l'immigration l'expulsent.
De retour à La Havane, il participe aux luttes étudiantes contre la dictature de Fulgencio Batista au cours desquelles il fut blessé par balle et arrêté. Il est fiché par la police comme communiste. Il rejoint alors le Mexique et s'unit à l'expédition du Granma. Débarqué à Cuba le 2 décembre 1956, il fait partie de la vingtaine d'hommes commandés par Fidel Castro qui donne naissance à l'Armée Rebelle. En 1958, il commande la Colonne n°2 « Antonio Maceo » (du nom d'un combattant indépendantiste cubain) qui effectue une avancée décisive vers La Havane. Le 2 janvier 1959, il entre victorieusement dans la capitale et prend le contrôle du Camp Militaire de Columbia, quartier général de l'armée de Batista.

Cienfuegos et CastroFondateur du Ministère des Forces Armées Révolutionnaires avec Raúl Castro et Chef d'État Major, il est dépêché par Fidel Castro pour arrêter Huber Matos, accusé de sécession (ce dernier est condamné fin 1959 à 20 ans de réclusion, 

Disparition

Le 28 octobre, le petit avion, un Cessna 310, dans lequel Camilo s'est embarqué pour rentrer à la Havane disparaît purement et simplement du ciel cubain. Une énorme opération de recherche à laquelle participe son grand ami Che Guevara est lancée. La marine est mobilisée ainsi que les paysans et l'armée pour ratisser le territoire mais sans succès. On ne retrouve aucune trace de l'appareil.

La thèse de l'accident reste sujet à controverse, de part d'Huber Matos, qui déclara en 1987 dans Nadie escuchaba, que Cienfuegos aurait signé son arrêt de mort en assurant à Fidel Castro qu'il n'y avait pas de complot de la part de Matos. Benigno, un compagnon du Che, accuse lui les frères Castro. Quant à Juan Vivès, il invoque un motif politique quant à la nomination de Raúl Castro au ministère de la défense. Serge Raffy, dans son livre « Castro, l'infidèle » écrit que le petit Cessna où se trouvait Cienfuegos reçut un message radio, et dévia sa route au-dessus de la mer : un sauvetage à effectuer pendant qu'au même moment un avion de chasse cubain était envoyé à la poursuite d'un avion « venu des USA, qui avait lancé des bombes incendiaires sur les plantations ». Des témoins, ajoute Raffy, auraient vu au même moment une boule de feu au-dessus de la mer, et auraient du reste rapporté l'incident aux forces de police locale...

Néanmoins, ces accusations ne reposent que sur des convictions personnelles. Les avions étaient vieux et peu sûrs à l'époque.  Les commandants, habitués aux dangers des combats, parcouraient tout le pays en prenant des risques inconsidérés, particulièrement Cienfuegos dont la rumeur populaire faisait état de ses folies. Ainsi un jour où il s'était pendu aux patins d'un hélicoptère, il avait ramené le Che à La Cabaña dans ce même appareil qu'il ne savait pas piloter !

Hommages

Pour son ami Le Che, « C'est l'ennemi qui l'a tué, il l'a tué parce qu'il voulait sa mort. Il l'a tué parce qu'il n'y a pas d'avions sûrs, parce que les pilotes ne sont pas assez qualifiés, parce que sur-chargé de travail il voulait être rapidement de retour à La Havane... et c'est son caractère qui l'a tué. Camilo ne mesurait pas le danger, il l'utilisait comme une distraction, il jouait avec lui, il le toréait, l'attirait et le manipulait ; dans sa mentalité de guérillero aucun nuage ne devait le faire dévier du tracé de sa ligne. »

Comme on suppose qu'en voulant échapper à une tempête l'avion de Camilo Cienfuegos s'est abîmé en mer, chaque 28 octobre le peuple cubain lui rend hommage en jetant des fleurs dans la mer et les rivières. A l'occasion de la commémoration du 50 ème anniversaire de la mort de Camilo Cienfuegos, le gouvernement Cubain a décidé de rendre un hommage à la hauteur de sa contribution à la révolution cubaine: le portrait du héros de la Révolution orne désormais la façade du ministère de l'intérieur sur la place de la Révolution de la Havane, aux côtés du portrait du Che, Ernesto Guevara.

 


Camilo de Régine Deforges

Camilo Cienfuegos est considéré comme la troisième figure marquante de la révolution cubaine, avec Che Guevara et Fidel Castro. Né en 1932 dans une famille pauvre de la Havane, Camilo émigre jeune aux Etats-Unis où, travailleur clandestin, il enchaîne les petits boulots. Opposant au dictateur Batista, il rejoint Castro au Mexique et fait partie des guérilléros débarqués à Cuba en 1956. Commandant de la deuxième colonne de l'armée révolutionnaire, c'est un combattant intrépide, enjoué et chaleureux, adoré par ses hommes et la population. Au terme de mois de lutte acharnée, il fait partie des hommes entrant victorieux à La Havane, et promu chef d'Etat Major, il continue de servir la Révolution jusqu'à sa disparition en 1959, lors d'un trajet en avion. Accident ? Complot de la CIA ? Assassinat commandité par Fidel, jaloux de sa popularité grandissante ? Le mystère restera toujours entier.
Si ce livre retrace la vie de Camilo Cienfuegos, ce n'est pas uniquement une biographie car il mêle lettres, témoignages et anecdotes sur le guérilléro à des digressions de l'auteur sur la rédaction de son livre et sur sa fascination pour son personnage. Cette relation, virtuelle et fantasmée entre l'auteur et Camilo donne un ton particulier et intimiste. Séduite par ce bel homme drôle, désinvolte et pourtant passionné et idéaliste, Régine Déforge raconte pourquoi elle a écrit ce texte, ses doutes sur sa capacité et sur sa légitimité à mener à bien ce projet. C'est un aspect déconcertant : on peut être rebuté, ou au contraire séduit par la démarche. Je me suis toujours intéressée à la Révolution cubaine, et j'ai été attirée par ce livre qui met en lumière une figure peu connue du grand public, mais chère au peuple cubain. La partie biographique est riche, mais j'ai parfois été un peu frustrée : ainsi, sur la disparition de Camilo, l'auteur lance quelques pistes intéressantes, mais n'en exploite aucune... Certains aspects auraient donc pu être étoffés. Néanmoins, j'ai été enchantée par la touche "personnelle" du livre. Ce lien, cette relation qui existe entre elle et le "fantôme" de Camilo m'a profondément émue, et elle parvient magnifiquement à faire partager sa fascination pour le guérilléro. Il y a des pages superbes, qui m'ont serré le coeur. C'est, plus qu'un hommage, une déclaration d'amour parfois adressée directement à cet homme qu'elle n'a pas connu, mais qui la touche pour des raisons qui la dépassent. Et cet aspect du livre, qui le rend si spécial, lui donne une dimension unique aux yeux de l'amoureuse de Cuba que je suis.

 
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Camilo
Régine Deforges

Genre : Roman

Collection : Le Livre de Poche 15189

Editée par : Librairie Générale Française

 1ère édition dans cette collection : décembre 2001

 224 pages


Résumé :

Lire le résumé du livre d'occasion Camilo de Régine Deforges S'il n'a pas atteint à la célébrité mondiale de Che Guevara, le révolutionnaire Camilo Cienfuegos, disparu en 1959, dans des circonstances mystérieuses, fait toujours l'objet à Cuba d'une profonde vénération populaire.
Né dans une famille pauvre de La Havane, engagé de bonne heure dans la lutte armée contre le dictateur Batista, il incarne le visage insouciant et joyeux de la révolution. Séduisant, rieur, intrépide, idéaliste, a-t-il été assassiné, comme certains l'ont dit, sur ordre de Fidel Castro?
La romancière de Cuba libre! ne retient pas cette hypothèse. Mettant sous les yeux du lecteur les témoignages les documents, les lettres, elle réussit magnifiquement à nous faire partager sa fascination pour Camilo, et son amour immodéré de Cuba et de son peuple.
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