De wikileaks à l'islam, en passant par Kadhafi

Wikileaks et la création de l’ami public numéro 1

Au sujet de Wikileaks, je suis plus que méfiant, et je me demande comment on peut croire que tout à coup, surgi de nulle part, un Zorro du net vienne nous informer pour notre bien. Pour moi, wikileaks c’est le 11 septembre appliqué au net, en quelques sortes.

Les infos diffusées ne sont pas dans un but de paix dans le monde, loin s’en faut, mais plutôt dans un but de division (pour preuve, sans aller chercher loin, les réactions à mon article sur Bellaciao, provenant pourtant de gens du  même bord). On imagine ce que ça pourra donner, non pas entre camps opposés, car ceux-ci resteront sur leurs positions, mais entre personnes non informées auparavant ou influençables…

Pour ce qui est des liens entre Assange et la CIA, voilà mon avis :
La CIA a bien créé un ennemi public numéro 1 en la personne de Sadam Hussein, qui n’était pourtant pas un agent de la CIA. Idem plus tard avec Ben Laden.
Le coup de l’ennemi public number one s’essoufflant, les gens s’informant mieux, y croyant de moins en moins, maintenant avec Assange et wikileaks, je pense qu’ils essayent de créer un ami public numéro 1. Une fois la popularité reconnue et  la confiance quasi-planétaire acquise, ils pourront l’utiliser afin de divulguer leurs propres infos de propagande.
L’information libre par internet, celle-là même qui fait que désormais on doute pour Ben Laden et le 11 septembre est un atout de plus dans l’histoire, car le fait d’utiliser l’internet lui-même, comme outil de ce nouveau héros est d’autant plus judicieux, non ?

Il y aurait beaucoup à dire encore, et je pense que l’on n’est qu’au début de nos surprises…

Les révolutions du Maghreb et la peur de l’Islam


- En Tunisie, Ben Ali est un laïque : sa chute engendre la peur que l'islam prenne le pouvoir ...
- En Egypte, Moubarak est un pro-israëlien : sa chute engendrerait la peur que les pro-palestiniens (et donc l'islam) prennent le pouvoir...
- Quand on voit, de plus, que les fuites de wikileaks ont essentiellement diabolisé l'Iran ...

Le communisme n'existe plus depuis la chute du mur de Berlin et la fin de l'URSS ; pour justifier son colonialisme économique prédateur et guerrier, les USA se sont trouvé un nouveau mouton noir : l'Islam.

J'espère me tromper, et je souhaite réellement l'accés à la démocratie des peuples opprimés de Tunisie, d'Egypte, et de ceux qui vont suivre ; mais permettez-moi de trouver ces émancipations soudaines assez ... louches.

Kadhafi, l’électron libre...

La Libye n’est pas comparable à l’Égypte. Son dirigeant, Mouammar Kadhafi, n’a pas été une marionnette de l’impérialisme comme Hosni Moubarak. Durant de nombreuses années, Kadhafi a été l’allié de pays et de mouvements combattant l’impérialisme. En prenant le pouvoir en 1969, à la faveur d’un coup d’État militaire, il a nationalisé le pétrole libyen et a utilisé une grosse partie de cet argent pour développer l’économie libyenne. Les conditions de vie se sont considérablement améliorées, pour le peuple.

Pour cette raison, les impérialistes étaient bel et bien décidés à écraser la Libye. En fait, en 1986, les États-Unis ont lancé des frappes aériennes sur Tripoli et Benghazi, lesquelles avaient tué 60 personnes, dont la petite fille de Kadhafi – chose que l’on mentionne rarement dans les médias traditionnels. Des sanctions dévastatrices ont été imposées à la fois par les États-Unis et par les Nations unies, afin de couler l’économie libyenne.
 
Après l’invasion de l’Irak par les Américains, en 2003, et la destruction d’une grande partie de Bagdad via une campagne de bombardement orgueilleusement baptisée « shock & awe » (choc et terreur) par le Pentagone, Kadhafi a tenté d’écarter d’autres menaces d’agression contre la Libye en faisant d’importantes concessions politiques et économiques aux impérialistes. Il a ouvert l’économie aux banques et sociétés étrangères, il a abondé dans le sens des demandes d’« ajustements structurels » émanant du FMI, privatisant ainsi de nombreuses entreprises de l’État et réduisant fortement les subsides de l’État à l’alimentation et au carburant.
(Source : www.michelcollon.info )

Ce qui semble louche dans tout ça

Je commencerais par le plus gros : l’agenda ! Tout a commencé en Tunisie : révoltes, émeutes, Ben Ali s’enfuit, le peuple a gagné.
Deux jours plus tard, c’est l’Egypte qui se soulève. Même topo : révoltes, émeutes, un peu plus de sang et de répression, mais au final Moubarak démissionne.
Deux jours plus tard, c’est au tour de la Libye : révoltes, émeutes, répressions, et Kadhafi qui ne veut pas partir (même si les médias lui avaient déjà attribué une fuite vers le Vénézuela …Ben voyons, Chavez n’est plus à ça près).
Pour des révolutions « planétaires », je trouve le calendrier super bien géré, non ?
De plus, la progression est linéaire : tout d’abord un petit dictateur, puis un plus grand, puis un tyran …

Ensuite, en vrac, juste quelques questionnements :
- Et pourquoi les USA veulent intervenir alors qu’ils ne l’ont pas fait en Tunisie ou en Egypte ? Parce que ça dépasse les bornes et qu’il y a trop de sang versé ? Alors dans ce cas … (voir questionnement 2 ci-dessous)
- Pourquoi les USA ne sont pas intervenu dans la bande de Gaza, quand Israël est allé « expliquer son point de vue », chars à l’appui ?
- Et pourquoi, non seulement les USA ne bronchent pas, mais en plus les médias non plus, car ils ne relatent rien, au sujet des révoltes au Bahrein, au Koweit, en Arabie Sahoudite ?
- Redevenons franchouillards : et comment ça se fait que pour les vacances de noël, MAM était en Tunisie, Fillon en Egypte et Guaino en Libye ? N’y a t’il pas d’autres destinations tout autant « exotiques » pour partir en vacances ?
- Et comment ça se fait, si c’est vraiment des mouvements issus du peuple que l’Algérie et le Maroc, bien        plus proches historiquement du premier pays libéré, ne se soulèvent pas ?
- …/… (à compléter)

Et si …

Et si tout ceci n’était qu’un scénario pour enfin se débarrasser de Kadhafi ? Car cet homme là, gène, dérange depuis son arrivée au pouvoir, preuve en est (rien de moins que les USA, l’OTAN, l’ONU et la CIA) :

Tentative d’assassinat par l’OTAN en 1980
 
« La tragédie d'Ustica est le nom généralement retenu en français pour désigner l'accident du vol 870 Itavia, un DC-9 civil, qui s'abîma en mer Tyrrhénienne, près de l'île d'Ustica (nord de la Sicile), le 27 juin 1980, lors d'un vol Bologne-Palerme. En italien, on parle de strage d'Ustica (« attentat d'Ustica »).

Les 81 personnes à bord sont décédées dans la catastrophe, et les causes de l'accident n'ont jamais été éclaircies. Rapidement écartée, la thèse de l'accident a fait place à des soupçons d'attentats, d'autant plus crédibles étant donné le contexte de l'époque. Depuis 1999, l'enquête du magistrat italien Rosario Priore s'oriente vers la thèse d'un tir de missiles d'un avion de l'OTAN, qui aurait été français ou américain: celui-ci aurait abattu par erreur le DC-9 en pourchassant un MIG-23 libyen qui se serait dissimulé derrière (technique courante pour échaper à la detection radar) . Cette thèse avait déjà été évoquée par la Commissione Stragi (it) établie en 1988.

Priore ainsi que l'ex-président de la République Francesco Cossiga ont évoqué une tentative d'assassinat de Kadhafi. Deux mois auparavant, le président du Tchad, Goukouni Oueddei, avait annoncé à Tripoli la fusion de son pays avec la Libye, ce qui avait suscité la forte réprobation de la France … »

Reagan bombarde la Libye

Le 15 avril 1986, les Etats-Unis, sous la présidence de Ronald Reagan, qui a affirmé avoir "des preuves irréfutables" que Mouammar Khadafi a ordonné cet attentat, bombardent Tripoli et Benghazi au cours d'une opération baptisée "El Dorado Canyon" en représailles à l'attentat perpétré contre la discothèque "La Belle" à Berlin, fréquenté par les ressortissants américains, faisant 1 mort et 200 blessés, dont 63 soldats américains. Une de ses filles adoptives, Hannah, est tuée. Le colonel Kadhafi est blessé.

La CIA a financé l’opposition au régime de Kadhafi

Fondé en 1984, le FNSL (front national de sauvegarde de la Libye) a lancé une vaste campagne pour renverser Kadhafi en Libye, en établissant une station de radio à ondes courtes, un camp d'entraînement militaire de commandos et a également publié un bulletin bi-mensuel, Al Inqadh (le Salut). Selon diverses sources, l'Agence centrale de renseignements américaine, la CIA, a formé et financé le FNSL.

Une autre source indique que le FNSL a été l'un des sept autres groupes d'opposition libyenne qui ont fondé la Conférence nationale pour l'opposition libyenne (CNOL) en juin 2005 lors de la première conférence tenue par la CNOL à Londres, en Angleterre. Le FNSL et trois autres organisations se sont retirés de cette alliance en février 2008 à cause de points de vue divergents. Le FNSL a poursuivi sa campagne médiatique, utilisant principalement les médias en ligne. « Bien que relativement plus faible qu'avant et sans méthode claire pour réaliser son objectif de renverser le régime de Kadhafi en Libye, le FNSL continue d'être reconnu comme le mouvement principal d'opposition au régime du colonel Kadhafi en Libye. » (Left Source)

L’embargo de l’ONU

En 1989, l'ONU vote des sanctions économiques et diplomatiques à l'encontre de la Libye qui sera soumise à un embargo entre 1990 et 1999.

Les sanctions sont un instrument à la disposition du Conseil de sécurité agissant en vertu du chapitre VII de la Charte des Nations Unies, c'est à dire en cas de menace contre la paix, de rupture de la paix ou d'acte d'agression. Utilisées seulement deux fois pendant la période de la guerre froide, de 1945 à 1990, contre la Rhodésie (1968) puis l'Afrique du Sud (1977), les sanctions se sont multipliées depuis la disparition de l'URSS et la fin de la bipolarisation Est/Ouest des relations internationales. C'est ainsi que les années 1990 ont pu être désignées comme la "décennie des sanctions". Pas moins de 15 régimes de sanctions ont été décidés par le Conseil de sécurité de 1990 à 2000, dont la Libye de Kadhafi.

Les enjeux

L’éternel impérialisme géopolitique

L’impérialisme et le colonialisme « officiels » ayant été « abolis », l’économie a pris le relais sur la politique ; les gouvernements sont (soi-disant) démocratiques et indépendants ; par contre les grosses sociétés occidentales qui pillent les ressources locales, brassent des bénéfices supérieurs au PIB des pays « économiquement colonisés ».

Kadhafi, qui a commencé sa gouvernance par la nationalisation du pétrole, qui avant lui, était aux mains de grosses sociétés étrangères, est un « boulet » pour l’atlantisme. Intelligent cruel, charismatique négociateur, il représente un contre-pouvoir au capitalisme prédateur occidental.

De plus, à mi chemin entre le maghreb et le moyen-orient , vous pouvez facilement imaginer … l’interêt que cela représente.

L’éternel capitalisme ravageur

La Libye possède un sous-sol très riche : pétrole et gaz (entre autres) y foisonnent.

- Le pétrole fournit en 2005 93 % des recettes du pays et 95 % de ses exportations. La part des revenus du pétrole dans le PNB est particulièrement forte puisqu'elle est le double de celle de l'Arabie Saoudite et le triple de celle de l'Iran. En 2006 la production est de 1,8 millions de barils par jour (2010) essentiellement concentré sur le bassin de Syrte dont 270 000 sont consommés sur place et le reste exporté en majorité (85%) dans les pays européens. L'industrie pétrolière est gérée par l'entreprise nationale publique National Oil Corporation (NOC). La Libye est le deuxième producteur de pétrole brut en Afrique après le Nigeria et devant l'Algérie. Les réserves sont de 41,5 milliards de barils. La Libye est et un des acteurs majeurs de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP). Le pétrole libyen est de qualité, peu cher à produire et proche des centres de consommation.
- Le gaz naturel : Voir graphiques http://www.indexmundi.com/fr/libye/gaz_naturel_exportations.html
- Les dérivés du gaz naturel : L’hélium et l’Azote sont deux gaz relativement chers et rares qui sont extraits du gaz naturel en quantité variable, selon les gisements. Concernant l’hélium, gaz rare, autant au sens chimique, qu’économique, il est présent dans le gaz naturel libyen en quantité conséquente, par rapport aux autre gisements mondiaux.

Conclusion (une fois de plus, personnelle, et donc … à vous de voir…)

D’aucuns (de droite), me traiteront de conspirationiste, d’aucuns (de gauche) de membre de la CIA ;  qu’importe !
Si mon article a permis d’ouvrir les yeux à une seule personne, c’est déjà une victoire !
S’il vous a intéressé, interpellé, ou s’il a provoqué réflexion et questionnement chez vous, c’est carrément une satisfaction personnelle, pour moi.

Les abonnés à ma newsletter peuvent zapper, car ils connaissent déjà :
« La révolution gronde un peu partout dans le Maghreb et le Moyen-orient ; la Tunisie et l’Egypte ont renversé leurs gouvernements, la Libye et d’autres, beaucoup moins médiatisés (et pourquoi donc, tiens ?), sont dans la rue à leur tour…
Personne ne peut rester dans l’indifférence, lors de situations historiques telles, alors, face aux médias, et ce qu’ils veulent vous faire penser, et ce qu’ils occultent volontairement, soyez fort de votre jugement : ne vous laissez pas berner, et essayez de voir à qui va profiter " le crime " … »

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Commentaires (2)

clode
  • 1. clode | 06/03/2011
Je vois derrière tous ça que les USA vont s'emparer de toutes les grandes richesses et énergies du monde.
Bagatelle pour un M...
  • 2. Bagatelle pour un M... | 08/03/2011
Je suis au regret de vous dire Chien Guevara que vous ne me décillez pas les yeux, vous prêchez une convaincue. J'adhère totalement à votre analyse sauf en un point. C'est toute la grandeur et la limite de l'analyse purement économiste du marxisme qui parfois pour certains de façon volontaire, d'autres à leur corps défendant recouvrent de leur idéologie le délire expansionniste israélien. Limiter cette guerre à une simple affaire de pétrole c'est se mettre le doigt dans l'oeil jusqu'aux genoux.
N'oubliez pas le programme de Theodor Herzl : Eretz Israël de l'Euphrate ' Iraq jusqu'au Nil) En flinguant Khasafi, ils assurent leurs arrières.

Regardez comment Israël jouant de son image écornée et de l'exaspération que suscite son lobby partout dans le monde pousse à tuer un Juif parce que Juif ou prétendu tel : Khadafi, utilise les plus abjects ressorts de l'antisémitisme !

Comment les vrais faux antisionistes de service les capjpistes, Belle Ciaistes, Alterinfistes, Voltairistes se précipitent pour nous dire qu'Israël enverrait ses mercenaires pour soutenir le vieux lion de Tripoli.
Sans doute pour le remercier d'avoir financé et armé les groupes pro-palestiniens du FPLP dans les années 70, mettant par attentats interposés, à mal la légende d'un peuple sans terre pour une terre sans peuple. N'allez pas trop vite en besogne ne croyez pas que les Islamistes soient propalestiniens, surtout pas les Iraniens, ils sont au contraire les plus grands complices objectifs des sionistes. Sur le sujet renseignez-vous auprès de la résistance irakienne qui n'ont pas pire ennemi que le Mossad allié aux Kurdes et aux Gardiens de la Révolution d'Ahmadinejad.
Ne vous fiez surtout pas aux apparences.

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Date de dernière mise à jour : 10/01/2012

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