Quand les poubelles font la nique au pétrole

Football : dimanche soir, le Montpellier Hérault Sporting Club a été sacré champion de France, après une saison exemplaire, juste devant le PSG qui y avait pourtant crû jusqu'au bout.

Cette victoire, la première pour ce jeune club, représente tout un symbole, car c'est la victoire du sport et de la volonté qu'il génère, sur le marketting et l'argent de la gloire.

Pourquoi ce titre pour l'article ?

Le MHSC (Montpellier Hérault Sporting Club), c'est le club de Louis Nicollin ; et Louis Nicollin, c'est le prince de la poubelle. En effet, "Le groupe Nicollin est un ensemble d'entreprises de nettoyage urbain, de ramassage et de retraitement des déchets ménagers et industriels. Il est dirigé par l'entrepreneur français Louis Nicollin. Il est aujourd’hui le 3e opérateur français dans son secteur." (source wikipedia). Le club de Montpellier Hérault est financé en majeure partie par le fameux Loulou !

Le PSG, c'est le club des stars, des contrats, du marketting, des transferts honéreux, et surtout, c'est un club financé depuis le début de la saison, à 70 % par Qatar Investment Authority (fond d'investissement souverain de l'émirat du Qatar, présidé par le cheikh Tamin ben Hamad-al-Thani), et depuis le 6 mars dernier, à 100 % , le QIA ayant racheté les 30 % de part restantes !

Pourquoi ce résultat est surprenant ?

Pour mieux apprécier les différences entre ces deux clubs, je vous propose d'étudier celà sous forme de tableau :

  MONTPELLIER PSG
Président (saison 2011-2012) Louis Nicollin (pur produit local) , président depuis 38 ans

Benoit Rousseau (ancien d'HEC) de juillet à novembre 2011

Puis Nasser Al-Khelafi (tennisman de haut niveau et homme d'affaire qatarien, proche du cheikh)

Entraineur (saison 2011-2012) René Girard (pur produit régional -il est gardois-), depuis 2009

Antoine Kambouaré (ancien footballeur calédonien) de 2009 à l'inter-saison de cette année, où il a été remercié, après avoir remporté le titre honorifique de champion d'automne.

Remplacé depuis par Carlo Ancelloti (ancien foootballeur), ayant déjà été entraineur de l'équipe nationale d'Italie, de Parme, de la Juventus, du Milan AC et de Chelsea.

 Budget (saison 2011-2012)

 33 millions d'euros (14 ème budget de la ligue 1).

Budget identique à celui de la saison précédente.

Si on écarte les clubs promus de L2 (à budget obligatoirement plus faible), seuls Valenciennes (12ème) et Brest (15ème) fonctionnent avec un budget inférieur au MHSC.

 150 millions d'euros (1er budget de la ligue 1, ex-aequo avec l'Olympique Lyonnais).

Ce budget de 150 millions d'euros représente quand même une hausse de 70 millions d'euros par rapport à la saison dernière...

 Effectif (saison 2011-2012)

25 joueurs

11 formés au club (soit 44 %)

5 proviennent de l'étranger (soit 20 %)

 32 joueurs

9 formés au club (soit 28 %)

15 proviennent de l'étranger (soit 47 %)

 Recrutements (saison 2011-2012)

 8 joueurs, soit :

2 nouveaux contrats pros

1 joueur de ligue 1 (pour 2 millions d'euros)

3 joueurs de ligue 2

1 joueur de CFA

1 joueur de CFA 2

Total coût recrutements : 2 millions d'euros

"vente" d'1 joueur pour 2 millions d'euros

Bilan investissement transferts sur la saison = 0 euro

10 joueurs,soit :

1 joueur de ligue 2

5 joueurs de ligue 1 (pour 23,2 millions d'euros)

4 joueurs du championnat italien (pour 60,5 millions d'euros)



Total coût recrutements : 83,7 millions d'euros

"Vente" d'1 joueur pour 1,8 millions d'euros

Bilan investissement transferts sur la saison  = 81,9 millions d'euros



 Fonctionnement du club

 Le Montpellier Hérault Sport Club est une société anonyme sportive professionnelle (SASP) au capital de 610 000 euros.

Cette société est liée par convention à l'association loi de 1901 de l'Association sportive Montpellier Hérault Sport Club qui gère le centre de formation et les équipes amateurs du club.

L'association est titulaire du numéro d'affiliation de la Fédération française de football, la SASP possède 100 % du capital.

Le Montpellier HSC est dirigé par un conseil d'administration dont le président est, depuis 1974 Louis Nicollin.


 

 1973-1978, l'ère HechterDaniel Hechter est un créateur de mode français de renommée mondiale.

1978-1991, l'ère Borelli : Francis Borelli  est un éditeur et publicitaire français.

1991-2006, l'ère Canal+ : En 1991, Canal+ investit dans le PSG et Michel Denisot devient président-délégué du club.

2006-2011, l'ère Colony Capital : En juin 2006, Canal+ revend le club à des fonds d'investissement américain (Colony Capital). Alain Cayzac est nommé président du club le 20 juin 2006.
Colony Capital est une firme internationale de fonds d'investissement privés basée à Los Angeles (Californie, É.-U.). Son fondateur est le milliardaire Henry Sturgis Morgan
Diplômé d'HEC.
Alain Cayzac débute sa carrière de publicitaire en 1969 puis co-fonde en 1972 l'agence RSCG avec Bernard Roux (R), Jacques Séguéla (S) et Jean-Michel Goudard (G). Il en devient le président en 1984. Après la fusion avec Eurocom en 1991, il garde la présidence. Il devient ensuite vice-président d'Havas en 1997 qu'il quitte en décembre 2005.

Depuis 2011, l'ère Qatar Investment Authority : En 2011, Qatar Investment Authority rachète 70  % des parts du club. Le 6 mars 2012, QIA rachète les 30  % restants à Colony Capital et devient donc propriétaire à 100  % du PSG.




 En guise de conclusion...

Extraits de l'article "Montpellier et Loulou Nicollin : le triomphe des iconoclastes du foot" (nouvelobs.com) :

Montpellier,c'est l'équipe surprise de la saison. Le club de Loulou Nicollin, a remporté dimanche dernier le titre de champion de France de Ligue 1, damant ainsi le pion au favori, le PSG. En football, un vainqueur ne l’est jamais fortuitement. Analyse des raisons de ce succès par Philippe Verneaux,chroniqueur sportif du nouvel observateur :

 Si trente-huit journées ne suffisaient pas à établir une hiérarchie des valeurs, ce serait à désespérer. Et tant pis pour les râleurs, ratiocineurs, supporters à œillères et autres petits jaloux, l’ex-La Paillade a damé le pion aux grands, ou présumés grands, du football de l’hexagone. Tout, sauf un miracle.

 Le Montpellier-Hérault avance depuis des années avec ses moyens limités (33 millions d’euros de budget soit le 14e de Ligue 1) mais qu’il optimise incontestablement mieux que d’autres...

 En termes de ressources humaines, le "rendement" est sans doute imbattable, dans toute l’Europe comprise, exception peut-être des extra-terrestres chypriotes de Nicosie, tombeurs de Lyon en huitième de finale de Ligue des champions.

 Un président omnipotent

 La méthode montpelliéraine procède plus du bon sens que des techniques modernes du foot-business. La notion du temps compte plus qu’ailleurs et l’exemple vient du haut.

 Louis Nicollin, président ô combien iconoclaste depuis trois décennies, a fini par privilégier l’aspect du long terme au fonctionnement bling-bling de ses débuts (transferts record de Cantona et Paille en 1989).

Un recrutement intelligent

 L’effectif du MHSC fait aujourd’hui pâlir d’envie les grosses écuries, Paris, Lyon ou Marseille, sidérées que l’on puisse disposer de talents venus de "nulle part", en tout cas pas achetés à coups de dizaines de millions.

 Comme Olivier Giroud, inconnu il y a dix-huit mois et enrôlé pour trois euros et six sous alors qu'il jouait à Tours, ou Younes Belhanda, pur produit du centre de formation local, à l’instar de plus de la moitié du groupe champion de France.

 Toujours le même refrain pour l’entraîneur, René Girard, bourru parmi les bourrus et quasiment mis au ban du milieu en 2008 à l’issue d’un bras de fer avec la Fédération française de football (FFF), puis convaincu par Nicollin un an plus tard de prendre en main une équipe remontant alors de Ligue 2.

 L’ancien joueur (Nîmes et Bordeaux) le plus fruste et le plus rude de Division 1 est cette semaine devenu le plus inspiré et le "meilleur" entraîneur de Ligue 1…


Extraits de l'article " Le projet pharaonique du Qatar pour le PSG" (France 24.com)

Alors que le Qatar a racheté la participation de 30% qu’il restait à Colony Capital dans le Paris Saint-Germain, le président du PSG, Nasser Al-Khelaifi, confie vouloir investir une centaine de millions d’euros par saison pendant plusieurs années.

 Rien ne semble pouvoir arrêter la volonté d’investir du Qatar dans le PSG.

Voilà donc désormais le Qatar propriétaire à 100% du Paris Saint-Germain : "Nous sommes vraiment heureux de finaliser cette opération, qui confirme notre volonté de nous investir à long terme au PSG et de continuer sur notre lancée pour faire du club un des grands de France et d’Europe", a ainsi déclaré le président Nasser Al-Khelaifi.

 Portrait du cheikh Tamim ben Hamad al-Thani

 Agé de 31 ans, le cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani est devenu le prince héritier du Qatar en 2003 quand son frère aîné, le cheikh Jassem, a renoncé à ses droits. Il a été éduqué au Royaume-Uni, terminant son cursus à l'Académie militaire de Sandhurst, où sont passés le roi Abdallah II de Jordanie, les princes William et Harry ou encore le chanteur James Blunt. On le dit proche de Nicolas Sarkozy, qui l'a élevé à la dignité de grand officier de la Légion d'honneur en 2010. Les deux hommes partagent une passion prononcée pour le sport. Ils ont désormais en commun un profond attachement pour le PSG. Selon certaines estimations, la fortune personnelle de l'émir Hamad ben Khalifa Al-Thani, le père de Tamim, serait de 1,7 milliard d'euros.

 L’homme fort du PSG en a profité pour expliquer sa stratégie pour l’avenir du club parisien. Force est de constater que ce proche du prince héritier du Qatar, le cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani a une idée très simple : investir, encore investir.

 "Nous préférons investir beaucoup et tout de suite"

 Après avoir déjà investi plus de 105 millions d’euros cette saison, Nasser Al-Khelaifi prévoit de continuer sur sa lancée et d’injecter une centaine de millions d’euros lors du prochain marché des transferts. Et ceci pendant encore "cinq ou six ans pour construire une équipe forte"


J'aurais sans doute moins "percuté" si j'étais de Lorient, de Clermont-Ferrand, ou de Savigny sur orge, mais bon, moi, ça me plait, cette victoire d'un "petit poucet" face aux grands ogres. C'est preuve que l'argent ne fait pas toujours la réussite dans tous les domaines, et aussi que le football français, l'air de rien, n'est pas encore totalement corrompu.

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Date de dernière mise à jour : 24/05/2012

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