Melenchon candidat du FDG : adieu PC, on te regrettera !

Mélenchon ou la revanche des trotskystes

Ce week-end, les militants communistes ont voté: Jean-Luc Mélenchon représentera le Front de gauche à l'élection présidentielle de 2012. Choix étonnant selon Maurice Szafran puisqu'il s'avère que le futur candidat est un ancien trotskyste.


Les militants communistes ont choisi à une large majorité : c'est donc un ex-socialiste, un ex-ministre de François Mitterrand à qui il voue un culte sans retenue, qui sera "leur" candidat à l'élection présidentielle de 2012. Jean-Luc Mélenchon a ainsi réussi son coup, minutieusement préparé depuis, qu'avec éclat, il a claqué la porte de la rue de Solferino.

Cette histoire pourtant ne manque pas d'ironie...

Non pas seulement parce qu'un social-démocrate de vieille engeance s'est imposé à l'appareil du Colonel Fabien; non pas seulement parce que le PCF, à ce point affaibli, n'a même pas été en mesure de résister à cette tentative (réussie) de rapt politico-idéologique ; non pas seulement parce que, pour l'instant, la candidature Mélenchon ne décolle pas dans les sondages, même si l'homme a du talent – beaucoup - et des ressources - quelques unes.

Non, le plus sidérant c'est qu'avant de se convertir à une social-démocratie serait-elle musclée, Jean-Luc Mélenchon a appartenu à la famille trotskyste. Et qui plus est, à l'aile la plus radicalement anti-PCF du trotskysme, le lambertisme plus précisément encore, du nom de son gourou, Pierre Lambert. Voilà qui ne manque pas de cocasserie.

Car il faut tout de même se souvenir...

Dans l'enchevêtrement trotskyste, le groupe Lambert (AJS et OCI jadis, Parti des Travailleurs aujourd’hui) passait à juste titre pour le plus ... stalinien, du moins dans sa psychologie et, surtout, ses méthodes pour le moins musclées. Et ces méthodes, les Lambertistes, et donc Mélenchon parmi d'autres, les ont appliquées contre les ...communistes, les "stals". A coups de poing et de barre de fer, si nécessaire.
 
Tout cela semble si loin...

Si loin ce temps où le parti communiste encadrait la vie politique française.

Si loin ce temps où les batailles entre chapelles trotskystes passionnaient les exégètes de la révolution. Aujourd’hui, tout le monde s'en tape et c'est fort bien ainsi.
 
Mais le rapt du PCF par Jean-Luc Mélenchon n'en reste pas moins chargé de symboles. Fin d'une période ; fin d'une histoire; extinction définitive d'une puissance. Nous avons tant combattu le stalinisme qu'il ne faut pas le regretter. Mais de Jacques Duclos à Jean-Luc Mélenchon, un pan de notre histoire vient de se refermer.
Et voilà comment on finit d'achever un parti qui représentait tout un symbole !
Je vous retranscris ci-dessous, l'article que j'avais écrit en 2009, à l'occasion de la formation du front de gauche pour les élections européennes. Vous remarquerez que j'avais fait preuve d'un certain flair (normal pour un chien ...)

Comment Mélenchon a mis Buffet au placard

Edité le 26/06/2009

(sous-titre : Front de gauche : ne Mélenchon pas tout)

 

L’historique : Jean-Luc Mélenchon quitte le PS le 7 novembre 2008, pour former avec son pote Marc Dollez le parti de gauche.
A peine 10 jours plus tard, le 18 novembre, alliance avec le PC pour les élections européennes de ce jour, sous le nom de « Front de gauche ».

Je ne suis ni un inconditionnel de Marie-Georges Buffet, ni un détracteur de Jean-Luc Mélenchon, mais bon, j’ai quand même un peu l’impression qu’il y a eu envahissement du terrain, là .
Que Jean-Luc Mélenchon quitte le PS car il le trouve trop libéral, pas assez à gauche, c’est bien ; plutôt prometteur même .
Qu’il s’associe avec le PC, après tout, pourquoi pas ? Juste à gauche du PS , c’est bien le PC qui est là ; et juste à droite du PC, on trouve en effet le PS. Combler un espace vide par une association, ça peut être bien…
Sauf que d’un côté on vient de créer un parti il y a 15 jours, et que de l’autre, on absorbe un parti vieux comme le monde, qui, à la grande époque, pas si lointaine, sous Georges Marchais, obtenait plus de 20 % aux présidentielles.
Je n’ai rien contre les unions, mais bon, là, je vois plutôt un hold-up, si je peux me permettre. Deux clampins dissidents fondent un parti et phagocytent le PCF et ses 150000 adhérents (chiffre équivalent à celui des adhérents au PS, et oui ! !).
Communiste dans l’âme, cette histoire me fait plus tanguer vers le NPA ? quittant ainsi le PC, que vers le front de gauche médiatisé seulement au travers de Mélanchon.

J’en arrive à ma conclusion : camarades cocos, réfléchissez bien, et ne Mélenchon pas tout, car le front de gauche a mis Buffet au placard !

Source :    Comment Melenchon a mis Buffet au placard

 

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Commentaires (1)

Tietie007
  • 1. Tietie007 | 07/10/2011

L'ère médiatique demande des aboyeurs et des forts en gueule ...Pierre Laurent est bien sympathique mais il est inaudible car trop discret ...Mélenchon, au moins, on l'entend, avec sa grosse caisse, et tant mieux !

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