Gaza : opération N+1

Les ignominies envers Gaza sont toujours étroitement liées aux élections américaines : souvenez vous, il y a quatre ans, juste avant les élections aux USA, Israël avait sauvagement attaqué la bande de Gaza.

Il y a deux mois, je discutais avec un ami, grand baroudeur de par le monde, et nous étions tombé d'accord pour deviner une nouvelle attaque d'Israël envers Gaza ; nous avions imaginé la date dans les dix jours avant l'élection US, comme en 2008. Mais en fait, mon pote et moi, nous n'avions pas assez réfléchi (l'apéro, sans doute...) : il y a quatre ans, l'attaque meurtrière juste avant les élections, n'avait pas engendré une majorité pour les républicains ; alors cette fois-ci, ils se sont dit "on ne va pas reprendre des risques à tenter le coup à nouveau, on va laisser venir, et on verra après les élections". Résultat électoral : Obama réélu. Bon, ben on peut y retourner. Juste après sa réélection, ça le mettra à l'épreuve, et ça renforcera l'opposition républicaine.

Et les gazaouis dans tous ça ?

Gaza: un massacre qui change le visage de la guerre

Pas moins de 10 membres de la famille al-Dalo ont été touchés par les attaques, y compris un enfant de 11 mois, qui a succombé à ses blessures.

Pas moins de 10 membres de la famille... (PHOTO WISSAM NASSAR, THE NEW YORK TIMES)
(Bande de Gaza) Il était environ 14h30, dimanche, quand Jamal al-Dalo a entendu à la radio l'annonce du dernier raid aérien à Gaza. L'homme dans la cinquantaine se trouvait alors dans la petite épicerie qu'il tient à quelques rues de chez lui, dans Cheikh Radwan, l'un des beaux quartiers de la ville.

Quand Jamal a compris que le F16 avait visé un immeuble de sa propre rue, son coeur s'est emballé. Puis, voisins et amis ont commencé à téléphoner. Sa maison de deux étages venait de s'effondrer, tuant sur le coup sa soeur, sa femme et ses deux filles ainsi que son fils, sa belle-fille et leurs quatre enfants.

Au total, 10 membres de la même famille, âgés de 11 mois à 75 ans, étaient ensevelis sous les décombres. Deux voisins de la famille al-Dalo ont également été tués par la même frappe.

L'armée israélienne a commencé par se justifier en désignant l'un des fils de Jamal al-Dalo, Mohamed, comme une figure importante du Hamas, le mouvement islamiste qui gouverne la bande de Gaza.

«Mais Mohamed n'était qu'un policier ordinaire, il n'avait aucune responsabilité militaire», s'est exclamé son père, hier, pendant que ses proches venaient lui présenter leurs condoléances devant les ruines de sa maison anéantie.

Jamal al-Dalo était anéanti, lui aussi. Assis sur un muret à côté du seul autre survivant des habitants de la maison, son petit-fils de 17 ans, il fixait d'un regard vide les bulldozers qui fouillaient encore les décombres à la recherche de deux corps: ceux de son fils policier et de sa fille Yara, 20 ans.

Au milieu des gravats, un tricycle en plastique mauve, des fragments de vaisselle et un vieux tapis témoignaient d'un quotidien disparu.

«C'est injuste, injuste», répétait Jamal al-Dalo, les yeux brouillés par les larmes.

Mais le bombardement qui lui a arraché presque tous ses proches ressemble de plus en plus à une erreur. Hier, l'armée israélienne était beaucoup moins affirmative. «L'objectif de la frappe était un officier de haut rang du Hamas, Yehiya Rabiya, et la maison d'où il commandait et contrôlait ce qu'il avait à commander», a dit une porte-parole de Tsahal, qui n'a pas voulu être nommée. Puis elle a ajouté: «Il est possible que les morts n'aient pas été impliqués dans ces actions.» Bref, l'armée israélienne «fait enquête».

Onde de choc

 Ce bombardement a causé une onde de choc dans la bande de Gaza. Il a aussi donné un nouveau visage à l'offensive Pilier de défense, lancée il y a une semaine.

«Durant les premiers jours, l'armée israélienne faisait très attention et ne visait que les infrastructures du Hamas», explique l'analyste Mukhamar Abu Saeda, politologue à l'Université Al Azhar.

Selon lui, beaucoup de gens à Gaza critiquaient alors le Hamas et se demandaient pourquoi il multipliait les gestes de provocation, au risque de les entraîner dans une guerre dont ils n'avaient pas envie.

Le massacre de toute une famille a rendu les Gazaouis très nerveux. «Chacun a peur, maintenant, d'être victime d'une autre erreur.»

Devant la tragédie de la famille al-Dalo, les voix critiques se sont tues. Le mouvement islamiste qui a empoisonné la vie des Palestiniens de Gaza depuis son arrivée au pouvoir, il y a cinq ans, avec ses exigences rigoristes, peut maintenant compter sur leur appui, explique Mukhamar Abu Saeda. «Les gens sont en colère contre Israël, pas contre le Hamas.»

Cette colère était visible aux funérailles de la famille al-Dalo, hier. Les corps de huit victimes ont été transportés de la morgue jusqu'à leur quartier, où étaient rassemblés leurs proches.

La tête et les pieds des enfants dépassaient des drapeaux du Hamas ou des drapeaux palestiniens qui faisaient office de linceuls. «De quoi ces enfants sont-ils coupables?», a crié un homme en brandissant le corps du bébé de 11 mois. «Nous nous vengerons, nous détruirons Tel-Aviv.»

Un mégaphone crachait un chant funèbre du Hamas: «Les martyrs vont au tombeau avec leurs armes.»

Tous n'étaient pas aussi enragés, mais l'amertume et la frustration étaient omniprésentes. «Si tout ça, c'est le résultat d'une erreur, alors je veux savoir qui en portera le blâme», a indiqué Ayoub, cousin de Jamal al-Dalo.

«Même les gens qui soutiennent la paix changent d'opinion quand ils voient une telle tragédie.» Pour ce professeur de chimie, la paix requiert un équilibre. «Quand on constate qu'il y a eu trois morts en Israël et plus de 90 à Gaza, tout ce qu'on veut, c'est se venger.»

Une procession s'est ensuite rendue à la mosquée, où l'imam a averti que «le sang n'aura pas coulé pour rien». En plein milieu du prêche, une roquette a fendu l'air avec un bruit assourdissant, en direction d'Israël.

Huit nouvelles tombes ont été creusées hier au cimetière de Cheikh Radwan. Cinq pour les morts de la famille al-Dalo, une pour leurs voisins et deux autres pour des cousins tués la veille, sur leur moto, au moment où ils allaient livrer de la nourriture à des membres de leur famille. Des morts inutiles qui donnent l'impression aux Gazaouis qu'Israël poursuit une oeuvre de destruction, dont chacun pourrait constituer la prochaine cible.

Source : http://www.lapresse.ca/international/dossiers/offensive-israelienne-a-gaza/201211/20/01-4595625-gaza-un-massacre-qui-change-le-visage-de-la-guerre.php

Gaza sous un tapis de bombes

 Les raids aériens israéliens ont fait lundi 23 morts à Gaza, portant à plus de 100 le nombre de tués en six jours d’offensive.  Photo AFP

L’opération « pilier de défense » se poursuit, toujours plus meurtrière pour la population civile. Ziad Medoukh, universitaire, répond à nos questions.

Quelle est la situation à Gaza ? Les civils paient un lourd tribut…

« C’est terrible. C’est dur, très dur. Les bombardements ne cessent pas. C’est bien pire que lors de l’opération Plomb durci de 2008-2009. À l’époque, l’armée israélienne tirait les missiles un par un et, avant de cibler une maison, les militaires prévenaient les occupants par des messages. Cette fois, ils envoient des salves de missiles, cinq ou six en quelques secondes. Les dégâts sont énormes. À deux kilomètres du point d’impact, les maisons tremblent. Il y a des tirs directs sur des immeubles occupés par des civils. »

Vous êtes vous-même le voisin de la famille Al-Daloo qui a été massacrée dimanche par un missile. Comment expliquer une telle violence à l’encontre de civils ?

« Oui, j’habite à 500 mètres de la famille Al-Daloo. Le bombardement de dimanche a tué chez eux 12 personnes dont 7 enfants et adolescents, 3 femmes et 2 personnes âgées. Ce sont des civils, pas des combattants, des gens qui n’avaient rien à se reprocher. C’est un carnage. Tout le monde est choqué ici. »

Quel est l’état d’esprit de la population ?

« Nous sommes inquiets pour la suite. C’est l’incertitude totale. Les habitants de Gaza espéraient qu’il y aurait une pression internationale plus forte pour l’arrêt des bombardements. Il y a un sentiment d’abandon mais, malgré tout, Gaza résiste. »

Des moments de trêve ont-ils été respectés ?

« Au contraire, nous avons vécu le début de semaine le plus sanglant depuis le début des hostilités. Il y a déjà une centaine de morts dont beaucoup d’enfants, et près d’un millier de blessés. Les infrastructures sont touchées, les écoles, les mosquées, les stades… La communauté internationale doit assumer ses responsabilités et faire cesser le massacre et cette folie de l’armée israélienne. »

Le Hamas et les brigades Al-Qassam tirent également beaucoup de roquettes en direction d’Israël. C’est un cercle vicieux. Comment interrompre le cycle de la violence ?

« Oui, ils tirent beaucoup. Chacun provoque l’autre, chacun veut montrer qu’il est le plus fort, mais, pendant ce temps, c’est la population qui souffre. »

Y a-t-il un début de pénurie alimentaire dans la bande de Gaza ?

« Pas encore. Les gens s’approvisionnent tôt le matin puis ils se cachent chez eux. Il n’y a pas encore de pénurie car la frontière avec l’Égypte reste ouverte. »

Vous êtes un militant palestinien de la paix. Quel message voulez-vous envoyer au monde aujourd’hui ?

« Malgré tous ces massacres, il faut rejeter la haine. Nous voulons vivre en paix et en sécurité. J’appelle la communauté internationale à agir. »

Source : http://www.bienpublic.com/actualite/2012/11/20/gaza-sous-un-tapis-de-bombes

Nous accusons ! La sourde oreille des grands médias sur la situation et la gravité des atrocités commises par Israël à Gaza.

 
Tandis que les nations d’Europe et d’Amérique du Nord commémoraient, le 11 novembre, les pertes militaires de guerres passées et présentes, Israël ciblait des civils. Le 12 novembre, à l’orée d’une nouvelle semaine, les lecteurs étaient inondés, pendant leur petit-déjeuner, de comptes rendus déchirants relatant les pertes humaines militaires passées et actuelles. Cependant, on semblait taire le fait essentiel selon lequel les pertes humaines les plus importantes lors des conflits armés contemporains touchent les populations civiles. Le matin du 12 novembre était également marqué par une absence criante d’information relatant les attaques militaires sur Gaza qui se sont poursuivies pendant tout le week-end. Une recherche superficielle confirme cette omission sur le réseau de télévision canadien Canadian Broadcasting Corporation (CBC) et les journaux canadiens dont le Globe and Mail, la Gazette de Montréal et le Toronto Star. De même en ce qui concerne le New York Times et la BBC.
Selon le rapport du Centre palestinien pour les droits de l’hommedaté du 11 novembre, cinq civils palestiniens, dont trois enfants, avaient été tués dans la Bande de Gaza dans les 72 heures précédentes, en plus de deux membres de la sécurité palestinienne. Quatre de ces décès étaient dus à des tirs d’obus de Tsahal sur des enfants jouant au football. De plus, 52 civils ont été blessés, dont six femmes et 12 enfants. (Depuis que nous avons commencé à rédiger ce texte, le nombre de victimes palestiniennes a d’ailleurs augmenté et continue de croître.)

Les articles qui rapportent les meurtres commis se concentrent en grande majorité sur l’élimination des membres de la sécurité palestinienne. Par exemple, un article de l’Associated Press (AP) publié par la CBC le 13 novembre, intitulé Israel mulls resuming targeted killings of Gaza militants (« Israël réfléchit à la reprise des éliminations ciblées de militants de Gaza ») ne fait aucune mention des morts et des blessés parmi la population civile. Il caractérise les meurtres « d’assassinats ciblés ». Le fait que les pertes humaines soient dans une large mesure des victimes civiles, indique qu’Israël n’est pas tant engagée dans des meurtres « ciblés » que dans des assassinats « aveugles », commettant ainsi à nouveau le crime de punition collective. Un autre article de l’AP paru au bulletin d’informations de la CBC le 12 novembre et intitulé Gaza rocket fire raises pressure on Israel government (« Des tirs de roquettes mettent la pression sur le gouvernement israélien ») est accompagné de la photo d’une femme israélienne regardant un trou dans le plafond de son salon. Et là encore, aucune image, ni aucune mention des nombreuses victimes et des cadavres à Gaza. Dans le même ordre d’idées, la BBC titrait, le 12 novembre, Israel hit by fresh volley of rockets from Gaza (« Israël frappée par une nouvelle pluie de roquettes tirées depuis Gaza »). La même tendance se retrouve dans les grands journaux européens.

La couverture des premiers moments de la présente exacerbation insiste principalement sur les roquettes tirées depuis Gaza, dont aucune n’a causé de blessés ni de morts. Ce qu’on ignore sciemment, ce sont les bombardements touchant la bande de Gaza qui, eux, ont causé de nombreuses victimes, dont des morts et plusieurs blessés graves. Nul besoin d’être un expert en science des médias pour comprendre qu’on a affaire au mieux à des reportages bâclés et biaisés, et au pire à une désinformation pure et simple, basée sur une mauvaise foi délibérée et qui vise à déformer les faits pour tromper les lecteurs.

De plus, les articles mentionnant les victimes palestiniennes à Gaza rapportent systématiquement que les opérations militaires israéliennes était en représailles à des tirs de roquettes et à deux soldats blessés. Cependant, si l’on examine la chronologie des événements, la flambée de violence actuelle a débuté le 5 novembre dernier quand un innocent âgé de 20 ans et souffrant apparemment de troubles mentaux, Ahmad al-Nabaheen, a été tué alors qu’il déambulait près de la frontière. Les médecins ont dû patienter pendant six heures avant d’être autorisés à le secourir, et ils pensent que son décès est très certainement dû à cette attente. Puis, le 8 novembre, un garçon âgé de 13 ans qui jouait au football devant sa maison a été tué par les Forces d’occupation israéliennes qui avaient fait une incursion dans le territoire de la Bande de Gaza avec des chars d’assaut et des hélicoptères. Le fait que quatre soldats israéliens aient été blessés à la frontière le 10 novembre faisait donc partie d’une série d’événements incluant la mort de civils de Gaza, et n’en constituait en aucun cas l’élément déclencheur.

Nous, les signataires de ce texte, sommes récemment rentrés d’un séjour dans la Bande de Gaza. Certains d’entre nous sommes en contact direct avec des palestiniens vivant à Gaza à travers les réseaux sociaux. Pendant deux nuits d’affilée, le 10 et le 11 novembre, les palestiniens de Gaza ont été privés de sommeil à cause du survol incessant de drones et d’avions F16 et de bombardements aveugles de leur territoire densément peuplé. L’objectif de ces opérations semble clair : il est de terroriser la population, objectif atteint d’ailleurs, comme nous pouvons l’affirmer grâce aux témoignages de nos contacts sur place. S’il n’y avait pas eu de messages affichés sur Facebook, nous n’aurions pas conscience de l’envergure des bombardements et du degré de terreur ressenti par les civils palestiniens ordinaires de Gaza. Ceci contraste vivement avec ce que le monde sait du choc ressenti par les citoyens israéliens victimes des tirs de roquettes.

Selon un rapport non officiel envoyé le 11 novembre par un médecin canadien qui se trouvait à Gaza et qui a apporté son aide au service d’urgences de l’hôpital de Shifa durant le week-end, « les blessés étaient tous des civils présentant de multiples blessures de perforation provenant d’éclats d’obus : lésions cérébrales, blessures au cou, hemo-pneumothorax, tamponnade péricardiale, rupture de la rate, perforations intestinales, membres déchiquetés, amputations traumatiques. Tout ceci sans aucun écran de contrôle, avec peu de stéthoscopes, une seule machine à ultrasons… Plusieurs victimes souffrant de blessures graves mais n’engageant pas leur pronostic vital ont été renvoyées chez elles avant d’être examinées de nouveau le lendemain matin à cause du nombre considérable de blessures graves à traiter. La profondeur des blessures dues aux éclats d’obus donnait froid dans le dos. De petites blessures au demeurant, mais avec des dégâts internes massifs… Et tout cela avec très peu de morphine disponible pour atténuer la douleur. »

Apparemment, ce genre de scènes n’est pas digne d’être rapporté par le New York Times, la CBC ou la BBC.

Les préjugés et la malhonnêteté qui caractérisent la couverture de l’oppression palestinienne par les médias occidentaux ne sont pas nouveaux ; ceci a été amplement documenté. Pourtant, Israël continue à commettre des crimes contre l’humanité avec l’assentiment total et le soutien moral, financier et militaire de nos gouvernements, que ce soit les Etats-Unis, le Canada ou l’Union Européenne. Benyamin Netanyahu est en ce moment même en train de recueillir le soutien diplomatique des pays occidentaux en vue d’attaques à venir sur Gaza, ce qui nous fait craindre qu’une nouvelle opération du même type que « Plomb durci » se profile à l’horizon. En fait, les événements les plus récents confirment qu’une telle escalade est déjà en état de marche, tel que le montre le décompte des morts aujourd’hui. L’absence d’indignation populaire massive face à ces crimes est une conséquence directe de la dissimulation systématique des faits et de la manière distordue dont ces crimes sont rapportés.

Nous souhaitons exprimer notre indignation concernant la couverture médiatique scandaleuse de ces événements dans les grands médias. Nous appelons les journalistes du monde entier travaillant pour des antennes de ces grands médias à refuser d’être instrumentalisés à travers cette politique systématique de manipulation. Nous appelons également les citoyens à s’informer en consultant les médias indépendants et à laisser leur conscience s’exprimer ouvertement de la manière qu’ils jugent la plus efficace et appropriée.

Hagit Borer, Grande Bretagne
Antoine Bustros, Canada
Noam Chomsky, USA
David Heap, Canada
Stephanie Kelly, Canada
Máire Noonan, Canada
Philippe Prévost, France
Verena Stresing, France
Laurie Tuller, France

http://mondoweiss.net/2012/11/nous-accusons-mainstream-media...


L'avis du camarade Bibeau :

POURQUOI CETTE AGRESSION ISRAÉLIENNE CONTRE GAZA ?

robertbibeau@hotmail.com
21.11.2011

À l’évidence, l’armée israélienne sanguinaire n’a pas reçu l’ordre de bombarder l’enclave de Gaza emmurée, surpeuplée (1,6 millions d’habitants) et d’y massacrer femmes et enfants encerclés, à la merci de leurs bombardiers lourdement armés (plus de 100 victimes en 5 jours), afin de stopper une invasion des gazaouis contre les boîtes de nuit de Tel-Aviv !

Combien les correspondants des médias planqués à Jérusalem ont-ils dénombré de F-16 et d’hélicoptères de combats palestiniens dans le ciel israélien ? Aucun bien évidemment. L’assassinat par Tsahal, le 14 novembre dernier, d’Ahmad Jaabari chef militaire du Hamas à Gaza, a brisé la trêve et déclenché la riposte palestinienne, voilà la vérité.

Les sous-fifres journalistiques colportent toujours les mêmes fumisteries empruntées à l’État-major de Tsahal, à l’effet que ces jeux de massacre seraient une guerre entre deux armées de métier; une partie détenant l’arme thermonucléaire, des sous-marins nucléaires et des tanks Merkava; l’autre partie, équipée de vieux pétoires et de quelques rockets artisanaux; les deux «armées de métier» combattant à armes égales sur le champ de bataille israélo-palestinien. Malgré leurs prétentions d’objectivité, ces observateurs «engagés» s’agitent, mais n’éclairent nullement l’horizon, car pour ce faire ils devraient dévoiler la mission de leur ami «bibi» Netanyahou, l’adjudant au Levant de l’impérialisme israélien et de ses alliés européens et américains.

La question demeure : pourquoi cet assaut meurtrier contre Gaza l’enfermée ? Pour résoudre ce mystère il faut retourner un mois en arrière. Le 16 octobre dernier, sans motif apparent, Benjamin Netanyahou, premier-ministre majoritaire à la Knesset de Jérusalem occupée, déclenche des élections anticipées afin de renforcer sa crédibilité face à Barak Obama dont la réélection semblait déjà assurée, n’en déplaise aux sondeurs d’opinion étatsuniens qui ont tenté de maintenir le suspense du scrutin jusqu’à la fin (1).

Quelques jours plus tard, «Bibi» annonçait la coalition du Likoud avec le paria Lieberman, un sioniste hystérique Ministre des affaires étrangères, signifiant en cela que sa faction israélienne n’entendait pas céder aux pressions de ses alliés américains et européens une fois conclue l’élection du Président décevant. «Décevant», ont prétendu certains collabos car quelques âmes bien nées avaient laissé penser qu’Obama mettrait Israël au pas, là où ses prédécesseurs avaient échoué…ou fait semblant d’échouer.

Quelques mois auparavant, un rapport secret – habilement exfiltré via les services secrets iraniens – avait laissé entendre que l’appareil d’État étatsunien – qui fera bientôt face à la pire crise économique-bancaire-boursière-monétaire de son histoire – se questionnait sur l’avenir d’un Proche-Orient sans soldats «hébreux», sans «État» terroriste-sioniste israélien (2).

Pire, le 10 novembre 2012, « quelques jours avant son assassinat, Ahmed al Jabari, l’homme fort du Hamas à Gaza, avait reçu le projet de texte d’une trêve permanente avec Israël qui comportait des mécanismes pour maintenir le cessez-le-feu dans le cas d’éruptions de violence entre Israël et différentes factions de la bande de Gaza. » (Haaretz). (3)

La classe capitaliste monopoliste israélienne a horreur de ces soumissions palestiniennes visant à céder à leurs admonestations et réclamations, lesquelles, nonobstant ses atermoiements, forcera un jour l’État «hébreu» à commencer à discutailler afin d’éventuellement signer un traité visant à concéder un bantoustan sur une portion de terre spoliée au peuple palestinien.

Deux courants de pensée bouleversent la diaspora sioniste en Israël et dans la «communauté internationale occidentale» : le premier courant espère fortement que si Tsahal rend la vie insoutenable aux millions de Palestiniens accrochés à leurs terres ancestrales, ceux-ci finiront par quitter leurs propriétés non encore occupées-spoliées et alors le Grand Israël des boniments de la Torah pourra émerger comme une mystique « Terre promise ».

Le second courant de pensée sioniste, ceux que l’on qualifie de réalistes car moins hystériques, comprend fort bien qu’il est impossible d’exterminer 5 à 8 millions de Palestiniens (selon que l’on comptabilise ou non les ressortissants vivant en apartheid depuis la Nakba au sein de l’État hébreu de 1948). Ceux-là comprennent que les 5 millions de Palestiniens enfermés à Gaza et en Cisjordanie colonisée n’ont nulle part où aller et qu’il faudra donc, tôt ou tard, leur concéder un bantoustan que les laquais de l’Autorité palestinienne administreront sous le joug israélien. Pour eux, l’État hébreu serait mieux aviser de régler cette infâme négociation au plus pressant, pendant que Mahmoud Abbas est toujours en poste malgré son illégitimité.

Nous venons de résumer la cause palestinienne observée du côté impérialiste de la lorgnette. Le dilemme des impérialistes-internationaux se résume à ceci : la conjoncture est-elle favorable pour concéder ce bantoustan aux thuriféraires palestiniens et de le laisser reconnaître par l’ONU ; où vaut-il mieux attendre encore d’avantage dans l’espoir que quelques acres de terres supplémentaires puissent être arrachées à ce peuple prisonnier?

L’autre question à résoudre pour les Sionistes et leurs alliés étatsuniens et européens tient à la mainmise que leurs sous-fifres et leurs larbins palestiniens détiennent réellement sur le peuple palestinien.

Chaque comploteur sioniste comprend qu’il est inutile de céder quelques arpents de désert à Mahmoud Abbas, plénipotentiaire du Fatah, parangon de l’État croupion palestinien – quel qu’en soit le statut pourvu qu’il soit «reconnu par l’ONU» – si demain le Hamas, le FPLP ou le Jihad Islamique peuvent surgir sur l’avant-scène palestinienne répudier le traité de capitulation signé par la ridicule Autorité et quémander la restitution de plus de terres expropriées et exiger davantage de subsides de la «communauté internationale» complice de ces malversations anti-palestiniennes.

Le pire des scénarios pour les sionistes – le plus probable – serait qu’un référendum populaire palestinien – impliquant les réfugiés des camps de la misère dans les pays arabes voisins (Liban, Irak, Jordanie, Syrie, Égypte) – répudie ces ententes licencieuses-frauduleuses. Toute la «négociation-capitulation» serait alors à reprendre dans une position défavorable pour les sionistes spoliateurs de terre et pour leur armée de guerre déglinguée (que le Hezbollah a déjà humiliée).

En tant que représentant politique de la diaspora impérialiste sioniste, Benjamin Netanyahou sait déjà tout cela et il intervient aujourd’hui par ces attaques criminelles contre Gaza la résistante afin de défier ses alliés étatsuniens et européens qui jonglent avec ses flagorneries et voudraient bien le voir s’asseoir à la table de négociation pour enfin céder le bantoustan palestinien à une faction palestinienne en mesure d’imposer ces compromissions au Peuple palestinien en prison.

En exécutant le chef militaire du Hamas et en détruisant le siège de l’organisation à Gaza, Netanyahou tente d’affaiblir cette faction et de donner une chance aux factions rivales (FPLP et Jihad islamique) de s’emparer du pouvoir à Gaza – pour qu’ensuite ces groupuscules – décrétés «extrémistes» par les analystes à la solde des impérialistes – présentent leurs revendications que «Bibi» déclarera irréalistes, exagérées, folles, délurées, justifiant ainsi son refus de nouvelles négociations… ce qui, ses alliés le savent bien, ne fera que reporter l’échéance obligée de ce conflit vieux de 65 années de plus en plus superfétatoire compte tenu du déplacement du centre de gravité géostratégique mondial vers l’Asie-Pacifique.

Le présent épisode des massacres sionistes contre le peuple palestinien martyr n’est que le baroud d’honneur d’une faction impérialiste israélienne déshonorée et désespérée. Le peuple palestinien ne doit rien céder, ne doit rien signer, ne doit rien concéder et il doit persévérer et résister encore et toujours sans désespérer. Le jour viendra où, la conjoncture internationale se détériorant chaque jour davantage pour les impérialistes, y compris pour leur faction israélienne dégénérée, il sera alors approprié pour ce peuple courageux d’imposer ses conditions de règlement pour mettre fin définitivement à cette ignoble occupation qui, nous en convenons, a déjà trop duré.

_______________________

(1) http://www.elwatan.com/international/une-agression-sur-fond-de-campagne-electorale-en-israel-17-11-2012-192582_112.php
(2) http://les7duquebec.org/7-au-front/de-lextinction-de-letat-israelien/
(3) http://www.michelcollon.info/Israel-attaque-Gaza-Michel-Collon.html
(4) http://www.assawra.info/spip.php?article1564
(5) http://www.oulala.info/2012/11/cadavres-exquis-en-palestine-occupee-recit/

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Date de dernière mise à jour : 25/11/2012

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