Socialistes de droite ou de gauche ?

Pour Valls, Hamon a commis "une faute politique"

Le porte-parole Benoît Hamon a pris des positions plus à gauche que la ligne officielle du PS sur la réforme des retraites.

Le député PS Manuel Valls a mis en garde dimanche sur Radio J le PS contre une "mélenchonisation des esprits" au PS. Dans la ligne de mire: les positions du porte-parole du parti, Benoît Hamon, sur les retraites, plus à gauche que la ligne officielle du mouvement.

Benoît Hamon a affirmé cette semaine que les orientations du PS sur les retraites, prévoyant notamment l'allongement de la durée de cotisation, seraient renégociées avec les syndicats si les socialistes arrivaient au pouvoir en 2012.

"Dire que nous pourrions revenir sur l'allongement de la durée de cotisation que nous avons intégrée dans notre projet (...), c'est une faute politique", a tranché Manuel Valls, député-maire d'Evry (Essonne).

"Quand on est porte-parole du PS, il faut non seulement défendre le projet que nous avons adopté, qui intègre l'allongement de la durée de cotisation, et aussi être bien conscient --et Benoît est un garçon particulièrement intelligent-- que l'élection de 2012 se joue sur la question de la crédibilité et de la vérité", a poursuivi l'élu.

"Il y a toujours, dans l'histoire du PS, cet inconscient qu'il faut être toujours très à gauche, qu'on doit regarder en permanence du côté d'une gauche de la gauche ou de l'extrême gauche, qui n'a pas envie de gouverner", a-t-il poursuivi. "Faisons attention à la mélenchonisation des esprits". "Quand le leader du Parti de gauche sort un livre dans lequel il explique qu'il faut que 'tous s'en aillent' reprenant des slogans populistes, qu'il insulte les journalistes, il ne fait pas oeuvre utile concernant la démocratie", a ajouté Manuel Valls.

Jean-Luc Mélenchon, ex-PS, président du PG, publie un ouvrage intitulé Qu'ils s'en aillent tous.

Benoît Hamon a pourtant des positions bien mesurées, bien en-deçà de ce que demandent les citoyens. Mais c'est encore beaucoup trop pour un Valls dont on se demande pourquoi il fait encore mine de militer au PS, au lieu de l'UMP. Grâce à des personnes comme lui, son parti a complètement basculé à droite, et la secrétaire générale Martine Aubry ne le désavoue pas, au contraire. Plus que jamais, dans le clivage droite-gauche, ce mouvement se détermine à droite toute. Cela rappelle le clivage aux USA, où les partis de gauche, qui existent, sont complètement marginalisés par les deux grandes formations de droite. Mais que font les militants de base ? S'ils partaient massivement, cela ferait peut-être réfléchir ceux qui ne sont pas tout-à-fait autistes à la tête de la "maison Solferino".

Babelouest / Dazibaoueb

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Commentaires (1)

pierrot de la niche
  • 1. pierrot de la niche | 05/11/2010

En 2012, pour les candidats qui ont une chance, on aura donc le choix entre le sarkozysme, le socialisme ( à droite ) et l'extrême-droite...

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