La révolution en Thaïlande ?

Thaïlande: pourquoi le pays est-il dans l'impasse?

Créé le 18.05.10

TENSIONS - Les discussions sont au point mort...

Pas de confrontation majeure ce mardi, mais les tensions persistent. Le pouvoir thaïlandais a rejeté les appels répétés au cessez-le-feu des «chemises rouges» et exclu toute forme de négociation avant que les manifestants ne quittent Bangkok. Des colonnes de fumée noire dans le ciel de la capitale ont témoigné d'une tension persistante, après des violences qui ont fait 39 morts et 300 blessés en quelques jours. Comment a-t-on pu en arriver là? Décryptage.

Qui sont les forces en présence?
D’un côté, les «chemises rouges», c’est-à-dire les opposants au pouvoir en place. Il s’agit des militants du Front uni pour la démocratie contre la dictature (UDD), qui soutiennent l’ex-Premier ministre en exil Thaksin Shinawatra. Ils réclament son retour, mais le mouvement manque d’unité, avec des revendications diverses.

De l’autre, les «chemises jaunes», qui sont les opposants à Thaksin. Concrètement, on retrouve l'Alliance du peuple pour la démocratie, soutenue par les élites de Bangkok (palais royal, armée, hauts fonctionnaires, milieux d'affaires...). Ce sont eux qui ont provoqué le départ de Thaksin.

A quand remonte la crise?

Depuis le départ de Thaksin Shinawatra, le premier ministre actuellement en exil, qui a été renversé en 2006 par des militaires. Depuis, jaunes et rouges s’affrontent régulièrement dans le pays.

Et la phase actuelle, d’où vient-elle?
Après la décision de la Cour suprême de confisquer une partie de la fortune de l’ancien Premier ministre, des dizaines de milliers de «rouges» ont réclamé, le 14 mars, le départ du chef du gouvernement actuel, Abhisit Veijajiva.

Le 10 avril, de violents affrontements ont opposé les manifestants et les forces de l’ordre. Malgré la proposition, le 3 mai, par Abhisit, d’une «feuille de route» pour sortir de la crise, proposant notamment des élections en novembre, le blocus continue. Les rouges réclament alors des engagements fermes sur la date de dissolution de la chambre basse du parlement.

Alors que les manifestants n’ont pas évacué les quartiers occupés de Bangkok, Abhisit décide d’annuler, le 13 mai, la tenue des élections anticipées. Les tensions montent, le général rouge Khattiya Sawasdipol est tué dans des affrontements, alors que l’état d’urgence s’étend.

Que fait le roi?
Le roi Bhumibol Adulyadej, considéré comme un pilier essentiel de la société thaïlandaise, a été appelé à la rescousse pour les «chemises rouges», dimanche. Mais le monarque âgé de 82 ans est aujourd’hui très en retrait de la vie publique et reste silencieux. Physiquement très affaibli, il est hospitalisé depuis septembre. Fin avril, il avait exhorté les magistrats à remplir leur devoir, sans parler des affrontements. En 1992, c’est pourtant lui qui avait déjà mis fait à un conflit.

Et maintenant?
Les manifestants, qui ont fait appel à une médiation de l’ONU, ont également contacté un proche du Premier ministre, proposant un cessez-le-feu. Du côté des autorités, on affirme qu’il n’y aura «pas de négociation» avant la dispersion des «chemises rouges».

Source : 20 minutes.fr

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