Alexis Tsipras : le choix de la politique anti-europe au détriment des convictions de réelle gauche

1. Qui est Alexis Tsipras et son parti Syriza ?

SYRIZA (mot grec :signifiant « Coalition de la gauche radicale ») est un parti politique grec de gauche.
Syriza trouve ses origines dans une coalition de partis de gauche et d'extrême gauche fondée en 2004. Celle-ci comprenait un large spectre de formations politiques (treize au total) et de politiciens indépendants, comme des sociaux-démocrates, des populistes de gauche , des écologistes, des communistes pro-européens et des eurosceptiques. Aléxis Tsípras, ancien président de Synaspismós, le mouvement le plus important de la coalition, en devient le président le 4 octobre 2009. La coalition est transformée en parti en 2013. Syriza est membre du Parti de la gauche européenne.
En 2012, Syriza devient la deuxième force politique de Grèce au Parlement et le principal parti d'opposition au gouvernement d'Antónis Samarás. Il devance le parti du Premier ministre (Nouvelle démocratie) lors des élections européennes de 2014, en obtenant 26,58 % des suffrages et six sièges. À la mi-2014, des sondages d'opinion indiquent que Syriza est devenu le parti le plus populaire du pays.
Syriza est décrit comme un parti antisystème, dont le succès a crée « une onde de choc dans l'Union européenne ». Bien que sa ligne politique soit moins radicale qu'à ses débuts, il est parfois décrit comme populiste. Il est également considéré comme un parti eurosceptique, bien qu'il ne prône pas la sortie de la Grèce de la zone euro ou de l'Union européenne. En outre, bien que le parti compte de nombreux adhérents de religion chrétienne, il défend la laïcité et dénonce les privilèges dont bénéficie l'Église orthodoxe de Grèce en tant que religion d'État.

Aléxis Tsípras a grandi à Athènes ; son père était un petit entrepreneur de construction. Il poursuit des études d'ingénierie civile à l'université polytechnique nationale d'Athènes. Après avoir obtenu son diplôme d'ingénieur en 2000, il continue ses études en aménagement du territoire dans le cadre d'un programme inter-départemental de l'UPNA, tout en travaillant comme ingénieur civil dans l'industrie du bâtiment.
Dès la fin des années 1980, il s'engage dans les Jeunesses communistes grecques (KNE). Au début des années 1990, en tant qu'élève du lycée d'Ambelokipi, il est politiquement actif dans la révolte des lycéens contre la loi controversée du ministre de l’Éducation et des Affaires religieuses du moment, Vasilis Kontogiannopoulos. Il devient un membre influent du mouvement lycéen après avoir été invité par la journaliste Anna Panagiotarea à une émission télévisée.
En tant qu'étudiant à l'université, il rejoint le mouvement de rénovation de la gauche et devient membre du bureau exécutif du syndicat des étudiants de l’École d'ingénieurs civils et représentant des étudiants au Sénat de l'Université. De 1995 à 1997, il est membre élu du comité central de l'Union nationale des étudiants de Grèce.
Tsipras demeure au Synaspismós après le départ de la coalition du Parti communiste grec (KKE). Il devient le premier secrétaire politique de la section de la jeunesse du Synaspismos, Neolaia Syn, de mai 1999 à novembre 2003, avant de laisser la place à Tasos Koronakis. Il parvient de façon très efficace à maintenir la ligne politique du parti, en s'imposant face à ses rivaux politiques de gauche comme de droite. Il prend une part active à la création du « Forum social grec » et participe à toutes les manifestations internationales contre la mondialisation néolibérale. En décembre 2004, lors du 4e congrès du Synaspismós, il est élu membre du comité politique central du parti, puis au secrétariat politique, où il devient responsable des questions de la jeunesse et de l'éducation.
Il est élu président du Synaspismós lors du 5e congrès du parti, le 10 février 2008, après que le président sortant, Alékos Alavános, a décidé de ne pas se représenter pour raisons personnelles. Il est alors âgé de 33 ans et devient le plus jeune responsable jamais élu à la tête d'un parti politique parlementaire en Grèce.
Lors des élections législatives d'octobre 2009, il est élu député de la première circonscription d'Athènes et est élu à l'unanimité président de son groupe parlementaire par le secrétariat de SYRIZA.
Lors des élections européennes de 2014, il est le candidat à la présidence de la Commission européenne du Parti de la gauche européenne. Pour le politicologue grec Anreas Drimiotis « en parcourant les capitales du continent, il a acquis du charisme, de l'éloquence, mais son discours reste toujours empreint d'une idéologie d'extrême gauche. Il promet d'augmenter les salaires, de nationaliser les compagnies privatisées ou de supprimer nombre de taxes mais on ne sait pas s'il veut ou non de l'euro ».

2. 2015 : élection et majorité parlementaire

Avec 36,34% des voix et 149 députés sur 300, ratant la majorité absolue de 2 sièges, la victoire du parti anti-austérité Syriza, est presque totale. En devançant de plus de 8,5%, le parti du Premier ministre sortant, Antonis Samaras, ce vote est un désaveu cinglant pour la droite, mais également pour le Pasok, parti de gauche historique du paysage politique grec avec lequel il a gouverné depuis juin 2012.
La stratégie de la peur ne s'est pas avérée payante pour le parti au pouvoir qui marque un net recul de 6,23 % et 76 sièges au lieu de 129.
Malgré une légère baisse d'audience, Aube dorée devient le 3e parti politique de la Grèce en obtenant 6,28% et 17 sièges.
Le parti de centre gauche, To Potami, est l'autre vainqueur de cette élection qui obtient avec 6,05% et 17 sièges pour sa première participation.
L'autre grand perdant de cette élection est le parti de la Gauche démocrate (DIMAR) qui ne recueille que 0,49 % des voix et n'est plus représenté à la Vouli.
Et …
Syriza, afin d’obtenir une majorité législative lui permettant de gouverner, décide de s’associer avec  …

Les Grecs indépendants (grec moderne : (AN.EL) est un parti politique grec de droite, né le 24 février 2012 d'une scission des plus à droite des membres de la Nouvelle Démocratie. Il constitue un groupe parlementaire de dix députés au Parlement grec. Son leader est Pános Kamménos. Le 6 mai 2012, le parti obtient 33 députés aux élections législatives. Le 25 mai 2014, il remporte un siège de député européen, qui s'inscrit au groupe parlementaire des Conservateurs et réformistes européens.
Le parti AN.EL. a été fondé le 24 février 2012 par Pános Kamménos après son exclusion en novembre 2011 du parti de centre-droit Nouvelle Démocratie suite à son vote de défiance au Parlement contre la coalition de Loukás Papadímos6. Une dizaine de députés de Nouvelle Démocratie constitueront le nouveau groupe parlementaire.
Arrivé 6e lors de l'élections législatives de 2015 avec 4,75 % et 13 députés, le parti de droite souverainiste des Grecs indépendants, opposé aux mesures d'austérité, forme une coalition, avec le parti anti-austérité de gauche, Syriza, permettant à Aléxis Tsípras d'être nommé Premier ministre dès le lendemain des élections, le 26 janvier 2015 afin de pouvoir former et participer à un nouveau gouvernement.

Sur le plan social, AN.EL. est un parti ultra-conservateur : refus de l'immigration, rejet du multiculturalisme et maintien de la présence de l'Église orthodoxe de Grèce dans les rouages de la société et particulièrement dans l'Éducation.

On peut lire ici, quelques détails non négligeables sur ce parti :

    Qui sont les « Grecs indépendants » (ANEL) ?

Un parti né en février 2012 d’une scission de ND, Kamménos refusant de voter le mémorandum qui liste les réformes à accomplir en Grèce. Pour le reste, on ne connaît pas son programme, si ce n’est son opposition virulente aux politiques d’austérité (pour Kamménos, l’Europe est soumise aux « néo-nazis allemands ») et sa volonté de mettre fin à l’immigration. « C’est un parti d’opportunistes, sans idéologie précise, un parti de réaction de la classe moyenne supérieure », résume l’historien grec Nikolas Bloudanis. « En France, il regrouperait la droite de l’UMP et la gauche du FN ». Une sorte de Nicolas Dupont-Aignan, qui est d’ailleurs l’un de ses alliés sur le plan européen, en infiniment plus sulfureux. De fait, les déclarations de Kamménos et celles de ses affidés permettent de dresser un portrait de cette formation : elle est à la fois complotiste, xénophobe, défenseur de l’église orthodoxe, antisémite, homophobe, europhobe, pro-russe, anti-turc et on en oublie surement dans la liste.
Kamménos, parfait francophone, a ainsi écrit un livre en 1990 qui accusait sans preuve le PASOK et Andreas Papandréou (le père de George) d’être derrière les terroristes d’extrême gauche de l’organisation du 17 Novembre. Plus récemment, il a défendu publiquement l’existence des fameux « chemtrails », ce qui lui a valu le surnom « d’aspergé ». Il réclame à l’Allemagne des réparations de guerre ou encore estime que les Juifs ne payent pas d’impôts en Grèce contrairement aux autres citoyens. Ses dérapages, à la limite de la débilité, sont sans fin. Son entourage n’est pas plus reluisant. Ainsi, un député de son groupe, Nikos Nikolopoulos, a envoyé un tweet en août dernier, au Premier ministre luxembourgeois, le libéral, Xavier Bettel, au lendemain de l’adoption du mariage gay : « de l’Europe des Nations à l’Europe des pédés… Le Premier ministre luxembourgeois s’est fiancé à son chéri ».
Source : http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2015/01/une-coalition-contre-nature-et-fragile-aux-commandes-de-la-gr%C3%A8ce.html


3. Le mariage de la carpe et du lapin ?

On a beau lire ici, par exemple,  http://rue89.nouvelobs.com/2015/01/27/militant-gauche-suis-choque-lalliance-entre-syriza-les-grecs-independants-257340 que oui, mais non ; que pas si gauche pour l’un, pas si droite pour l’autre ; que certaines valeurs ou crises graves nécessitent parfois des alliances surprenantes ;  … non merci, très peu pour moi !

Car personnellement, je suis moi aussi pour les valeurs anti-austérité, mises en avant par Syriza, je suis pour l’annulation de la dette, comme l’a fait l’Argentine, il y a quelques années, ce qui l’a sorti de SA crise.
Je suis contre la soumission au FMI et la BCE, contre le dictat de la troïka européenne.
Je suis carrément contre l’Europe, en tous cas, de la façon dont elle s’est auto-instaurée, malgré notre referendum !
Elle n’est pas viable car elle tire vers le haut ses pays « pauvres »,  les appauvrissant  encore plus avec cette fameuse dette qu’on leur impose, afin de « s’intégrer » (sic) au système des pays dominants. Dette qui ne pourra jamais être remboursée, car basée sur un système revolving, pourtant interdit auprès des particuliers, dans la plupart des pays. Le revolving c’est :  pour schématiser et faire simple, disons qu’on emprunte avec intérêts pour rembourser des intérêts, et que donc la dette persiste et persistera toujours.
Je suis donc totalement en accord avec la vision de Syriza.

Mais … !
Je ne connais pas la Grèce, si ce n’est au travers de ce que je lis d’elle ; je n’y ai même jamais mis les pieds, même pas en touriste, je vous l’avoue. Je vais donc transgresser ma pensée à un niveau local, même si la situation n’est pas comparable, je sais, je sais !
Donc je suis français, je suis de gauche radicale, et je suis, lâchons le mot à la mode, « eurosceptique ». Je suis suivi par presque 37 % d’électeurs, et je suis donc de loin, le plus grand parti de France actuel. Il me manque deux sièges pour avoir la majorité absolue à l’assemblée.
Et bien jamais de la vie, il ne me viendrait à l’idée de m’associer au Front National, ou même à « son aile gauche », qui est anti-système comme moi, anti-europe comme moi, qui se revendique même anti-capitaliste comme moi. J’aurais l’impression de me prostituer, de trahir mes enfants et ma femme qui subissent au quotidien mes convictions. Mais … c’est vrai, je ne suis que politisé et pas politicien !
S’associer aux éternels partis libéraux de droite ou de gauche qui se succèdent aurait été ridicule, c’est sûr ; mais aller s’associer avec Kamménos … ? ? ?
D’autant plus qu’il existe en Grèce un parti communiste qui a fait un meilleur score que les Grecs Indépendants, aux élections, et a obtenu deux sièges de plus.

Alors Syriza, eurosceptique, je veux bien le croire, mais permettez moi aussi, si je dois désormais porter un jugement sur eux, que celui-ci soit « gauche-sceptique » !

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Date de dernière mise à jour : 30/01/2015

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